Bibliographie : Courrier n°16, avril 1992

On a lu, on a vu (Ouvrages, revues, Logiciels, Télématique, Images), On signale (Livres, Rapports, comptes rendus, thèses, Périodiques, Brochures, documents, Vidéogrammes, films, etc.)
Le Courrier de la cellule environnement de l'INRA n°16 ; Les ressources bibliographiques du Courrier.


[R] OUVRAGES, REVUES

Lewis Carroll : Tout Alice et la chasse au Snark (par Patrick Legrand) ; Bulletin agronomique Antilles-Guyane, n° spécial juillet 1991, 103 pp. : Quelle recherche ? Pour quel développement ? (par Patrick Legrand) ; S. Filippini : L'homme incendié, roman (par Patrick Legrand) ; Les nitrates dans les vallées fluviales : Fonctionnement des systèmes et activités humaines (par Claudine Ferron) ; G. Perec : Cantatrix sopranica L. et autres écrits scientifiques (par Patrick Legrand) ; P.-F. Tenière-Buchot : L'ABC du pouvoir, Agir Bâtir Conquérir... et Sourire. Analyse structurelle et tablier des pouvoirs ; méthode et pratique (par Patrick Legrand) ; Y. Kawabata : Les servantes d'auberge (par Patrick Legrand)

[R] Lewis Carroll : Tout Alice et la chasse au Snark
1986, éd. Aubier, Paris, 336 pp.

Découvert par hasard, chez un bouquiniste du quartier Saint-Merri - pas loin de la rue Nicolas-Flamel (à Paris) et de l'ancienne chapelle de style gothique d'une prison médiévale de femmes (quelques belles arcatures, des XIIe et XIIIe siècles, au sous-sol du 14 de la rue des Lombards) - et à un prix défiant toute concurrence, ce beau livre est l'occasion de relire les oeuvres majeures de Lewis Carroll : Les aventures d'Alice au pays des merveilles, De l'autre côté du miroir et ce qu'Alice y trouva et La chasse au Snark, dans une édition aérée, agréable et illustrée par Ralph Steadman.
Ralph Steadman est un dessinateur humoristique anglais, un maître reconnu du genre doté d'une plume à la fois rigoureuse et baroque. Robert Rousso, le dessinateur du Courrier, aime bien Steadman... Et ce Steadman est de l'école de Ronald Searle, que R. Rousso aime bien aussi, et qui, de sa plume griffue, a fait récemment pour la ville de Paris une belle série d'affiches incisives pour tenter d'en appeler au civisme des chiens et de leurs maîtres et les inciter ainsi à composter les caniveaux plutôt qu'à embrenner le talon du passant tranquille.
Quel est le rapport entre Alice et les caniveaux de Paris, me direz-vous ? C'est simple : l'introduction de Steadman au Lewis Carroll qu'il a illustré éclaire d'un jour puissant l'inspiration des affiches de Searle. On y sentait bien une certaine véhémence vigoureuse, on est maintenant assuré qu'elle n'est pas de commande : Searle partage très probablement l'avis de Steadman sur les chiens. "J'ai une certaine aversion pour les chiens. On dirait qu'ils ont emprunté ce qu'il y a de pire dans la nature humaine. Ils sont plus humains que les êtres humains, et encore plus stupides. [...] Le chien salit le trottoir, et pendant ce temps-là l'homme salit le reste de l'univers". C'est en effet ainsi que Steadman justifie l'allure canine qu'il a donnée à certains compères d'Alice.  
Quant à R. Rousso, il aime bien les chiens...
P.L.

[R] Bulletin agronomique Antilles-Guyane, n° spécial juillet 1991, 103 pp. : Quelle recherche ? Pour quel développement ?

Le centre Antilles-Guyane de l'INRA - le CRAAG - jouit au sein du dispositif national de l'Institut d'un statut particulier : inséré dans des contextes géographique, culturel et socio-économique particuliers, il doit répondre à la demande non seulement des départements français d'Amérique mais aussi des pays en voie de développement.
Nécessité d'un développement soutenable réaffirmée par le rapport Brundtland et imminence de la conférence de l'ONU sur l'Environnement et le Développement (Rio-de-Janeiro, juin 1992) aidant, il était normal que, dans le cadre des réflexions suscitées par le projet d'établissement, ce centre s'interroge sur sa pratique, ses objectifs, ses méthodes et ses résultats et les resitue, voire les critique pour les infléchir, dans les perspectives inséparables du développement et de l'environnement. Le ton est rapidement donné : (*)
"La plupart des échecs de la recherche agronomique en pays tropical sont imputables à un manque de connaissance du milieu physique et biologique (transfert de technologies inadaptées, mépris envers le potentiel végétal et animal local,...) et du milieu humain (structures et techniques de développement calquées sur celles d'un pays développé, méconnaissance des cultures et des économies paysannes,...)".
"La prise de conscience de cette réalité a conduit progressivement le centre Antilles-Guyane à orienter la plus grande partie de ses actions vers la connaissance de l'environnement de l'agriculture des zones intertropicales, en rapport avec des stratégies de recherches adaptées au développement".
"La connaissance des milieux devra déboucher sur leur protection et/ou sur une exploitation respectueuse de l'environnement. Les technologies proposées devront donc également répondre à ce dernier impératif."
Ce bulletin rassemble les rapports présentés dans le cadre des journées de réflexion qui se sont déroulées du 14 au 18 mai 1991 : 3 rapports introductifs, 16 rapports thématiques touchant aux disciplines et aux départements investis sur le terrain et balayant des champs aussi variés que l'agropédologie, la technologie des produits végétaux, l'hydrobiologie, la recherche forestière, etc., et 5 rapports décrivant les aspects institutionnels et les dispositifs de collaboration, constituent une somme qui décrit assez bien ce que l'on est en droit d'attendre d'une recherche qui, une fois quitté le confort douillet des grandes incantations comme "développement" , "développement soutenable", "respect de l'environnement" et autres, sent bien que pour passer au concret, ce sont ses problématiques, ses objets, ses méthodes et ses pratiques qu'il faut, si ce n'est mettre en cause, en tout cas sérieusement revisiter.
(*) par G. Anaïs, président du Centre, dans "Problématique de recherche du centre INRA Antilles-Guyane", pp.3-5.
P.L.

[R] S. Filippini : L'homme incendié, roman
1990, éd. Phébus, Paris, 380 pp.

Vous connaissez Giordano Bruno ?
C'est l'un des quelques protagonistes de cette période fantastique où le monde européen bascula : la rupture galiléo-copernicienne. Le philosophe français contemporain qui connaît le mieux les thèses et la vie de ce rebelle brûlé à Rome en février 1600 a réinterprété, quatre siècles plus tard, les derniers jours du condamné. Il imagine une semaine consumée par l'écriture, le bilan, l'orgueil inflexible d'un homme qui semble vouloir par son supplice, rendre irréversible l'évolution des idées, et ce faisant, réussit à ne laisser au bûcher qu'une enveloppe charnelle vide, sidérée en quelque sorte : dernier pied-de-nez à une Inquisition sans avenir.
Auparavant parcourant l'Europe, fuyant, G. Bruno avait fait chavirer ses contemporains et plus d'un des beaux esprits du temps. Il aurait croisé Montaigne dans sa campagne, Shakespeare dans ses bouges, Kepler dans ses étoiles... Comme un galopin inflexible et raisonneur, qui, persuasif tout autant que ludique, aurait suscité bien malgré lui des adeptes, des ligues, des séditions de l'esprit,...
Il faut dire qu'il se serait permis d'affirmer, il est vrai sur la base de prémisses théologiques : "Méditez bien ceci, mes amis : contrairement à celui d'Aristote, mon univers n'est fermé par aucune limite..." (ce à quoi et à Prague, Kepler aurait répondu, avouant implicitement le caractère ad hoc de sa contradiction : "C'est votre univers infini qui ne me plaît pas. Je crains que l'esprit ne s'épuise en vain dans cette immensité où il ne trouvera nul repos dans ses calculs, nulle halte, nulle borne pour le retour...") et que d'autres anarchistes répétaient après lui : "Mon maître [...] a donné sa nécessaire extension à cette théorie (*) en affirmant que l'univers ainsi constitué ne pouvait être qu'infini, non pas fermé...". Que la terre fût ronde, passe ; qu'elle ne fût pas au centre du monde était déjà difficilement acceptable. Mais que l'univers soit infini... Non !
Ca se lit comme un roman d'aventure et ça fait naître un je-ne-sais-quoi de tendresse pour Bruno. Reconstruit avec les risques et les choix inhérents au genre, le quotidien aventurier mais inséparable de la production du philosophe sonne comme un rapport d'Amnesty International.
(*) NDLR : celle d'Aristote.
P.L.

[R] Les nitrates dans les vallées fluviales : Fonctionnement des systèmes et activités humaines
Ministère de l'Environnement-CNRS, Neuilly-Paris, 1991, 51 pp.
Document du groupe travail PIREN nitrates constitué au sein du programme Vallées fluviales du CNRS réalisé avec le concours du ministère de l'Environnement (SRETIE).

Il s'agit d'un travail de synthèse qui, partant de l'étude de quatre systèmes de vallées (Garonne, Durance, Champagne, plaine d'Alsace), fait apparaître la nécessité de prendre en compte tous les aspects de la dynamique des nitrates (spécificités physiques et biochimiques de l'écosystème concerné, modes de mise en valeur agricole, etc.) et, ainsi, aboutit à proposer un schéma méthodologique de diagnostic et de décision à valeur opérationnelle.
Les auteurs de cette brochure introduisent leurs études par un premier constat : la pollution croissante des eaux souterraines, le dysfonctionnement quasi généralisé des systèmes aquatiques superficiels et la prise de conscience de plus en plus grande de ce phénomène par le biais de la pollution au travers de l'altération de la qualité des eaux d'alimentation. Les auteurs portent ensuite leur attention sur une seconde réalité : l'affirmation d'une volonté politique de restauration, de maintien et de protection de la qualité des eaux qui n'a pour l'instant comme principal résultat que la diminution partielle de la pollution occasionnée par les rejets ponctuels, alors que la nécessité d'engager des procédures visant à réduire la pollution diffuse à l'échelle du territoire se fait de plus en plus sentir.
Après avoir fait état de ces remarques préliminaires, les auteurs tentent de démontrer les principales causes à l'origine de ce phénomène de pollution croissante. C'est ainsi qu'il est rappelé qu'une vallée fluviale est tout d'abord le réceptacle des polluants drainés d'une façon ou d'une autre sur l'ensemble des bassins versants, que le seuil de tolérance de l'écosystème a été dépassé par une intensification irraisonnée de l'emprise humaine : endiguement des cours d'eau alluviale, déboisement, drainage des marais, développement de la monoculture - en particulier de la céréaliculture - ont été effectués sans prendre en compte les capacités d'entraînement, de dilution et d'auto-épuration des milieux aquatiques.
La démarche préconisée par les auteurs pour venir à bout de cette pollution diffuse des vallées fluviales par les nitrates est ensuite exposée. Elle procède de trois principes fondamentaux : la nécessité d'une approche pluridisciplinaire permettant la prise en compte de tous les aspects du phénomène, l'approfondissement de la connaissance du fonctionnement des écosystèmes aquatiques au travers de l'étude des transferts surface/nappes, enfin la conception d'outils d'aide à la décision au service des gestionnaires et des aménageurs de ces milieux.
La nécessité d'une approche pluridisciplinaire : les auteurs entendent par là la prise en compte simultanée et structurée des facteurs multiples intervenant dans la variabilité des teneurs en nitrates observées dans les nappes alluviales. Il s'agit d'aborder conjointement et dans une même vue d'ensemble tant l'étude des caractéristiques intrinsèques du milieu que celle des types d'activités humaines pratiquées. Les domaines concernés sont principalement la morphologie des vallées (essentiellement le processus de transport des alluvions), le contexte hydrologique (cartographie des flux longitudinaux, verticaux, obliques ou latéraux, superficiels ou souterrains), le contexte géologique et hydrologique (développement de sols plus ou moins hydromorphes en fonction de la position des différents matériaux par rapport au niveau des eaux souterraines et de surface), enfin l'occupation des sols (développement des cultures spécialisées, céréaliculture progressivement intensifiée au cours des cinquante dernières années).
L'approfondissement de la connaissance du fonctionnement des écosystèmes aquatiques : ici, c'est essentiellement l'étude des transferts surface/nappes dont il est question : cette dynamique de transfert est particulièrement importante dans les zones alluviales en raison de la faible profondeur du toit des nappes. Pour cela, les auteurs attirent notre attention sur l'existence de deux niveaux d'analyse : d'une part, connaître l'origine des nitrates dans les cours d'eau (source diffuses, sources ponctuelles) ainsi que leurs répartitions au sein du système hydrographique (mise en évidence du rapport forte teneur en nitrate / faible débit) et, d'autre part, connaître les facteurs déterminant la fuite d'azote de la surface du sol vers les eaux souterraines (prise en considération de l'importance des apports liés au type d'occupation des terres, de la nature du sol et du sous-sol, du volume de l'écoulement). A l'interface transfert des nitrates-eaux de surface-eaux souterraines, on retrouve le phénomène de fluctuation de la nappe dans la plaine alluviale en fonction des périodes de l'année (la recharge de la nappe correspond à une augmentation du taux d'ions NO3, l'arrêt de l'infiltration à sa diminution).
Concevoir des outils d'aide à la décision au service des gestionnaires et des aménageurs de ces milieux : les auteurs entendent par là souligner la nécessité d'établir un dialogue entre les gestionnaires, les aménageurs, les usagers et scientifiques pour une meilleure appréhension du phénomène. Les outils d'aide à la décision ainsi conçus passent essentiellement par le traitement cartographique dans le but de délimiter les zones sensibles particulièrement touchées par l'augmentation des teneurs en nitrates et de permettre ainsi un ajustement des types de cultures, des travaux culturaux, de la fertilisation et de l'irrigation. Les auteurs proposent également au service des aménageurs des traitements informatiques de données afin d'évaluer l'importance relative des différents processus inter-agissant et de dérouler des scénarios afin de simuler certains impacts et de rendre possible la mise au point de schémas de planification.
Claudine Ferron
DEA Sociétés rurales européennes (Agriculture-Environnement)
Université de Paris X, Nanterre

[R] G. Perec : Cantatrix sopranica L. et autres écrits scientifiques
1991, coll. "La librairie du XXe siècle", Editions du Seuil, Paris, 119 pp.

Le documentaliste, technicien au CNRS, Georges Perec les connaissait bien, ses scientifiques, leur vanité, leurs règles, leurs contraintes et leurs mythes. Il est allé, dans ce petit ouvrage drôle, jusqu'à élever la parodie de communication scientifique non pas jusqu'à la satire, mais plus loin, ailleurs : jusqu'à en faire une méthode expérimentale s'appliquant à démonter le formalisme des écrits des hommes de science, le modèle sous-jacent et partagé quels que soient la discipline ou l'objet, leur symbolique et même leurs perversions.
Il le fait l'air de rien, laissant le neurone libre et fulgurant derrière le clin-d'oeil et le sourire en coin. Il le fait avec un égal bonheur, qu'il investisse le champ de la physiologie (dans un anglais authentiquement scientifique, avec Experimental demonstration of the tomatotopic organisation in the soprano (Cantatrix sopranica L.), celui de l'écologie, celui de la critique littéraire, ou d'autres encore.
Evidemment le lecteur peut s'arrêter à la délectation du canular. Mais il y a mieux à tirer de cet opuscule, qui devrait être périodiquement relu par quiconque appartient à des comités de lecture : un avertissement méthodique et clairement établi sur les risques d'une forme qui, élevée au rang de norme absolue, peut en arriver à faire passer pour vérifiée n'importe quelle thèse.  
119 pages qui valent donc bien d'épais ouvrages d'épistémologie ou de sémiologie de la communication scientifique...
P.L.

[R] P.-F. Tenière-Buchot : L'ABC du pouvoir, Agir Bâtir Conquérir... et Sourire. Analyse structurelle et tablier des pouvoirs ; méthode et pratique
1989, les Editions d'Organisation, Paris, 235 pp.

Aucune situation sociale ou institutionnelle - pas même celles que l'on peut rencontrer et vivre dans un institut de recherche... - n'est à ce point éthérée que les enjeux de pouvoirs n'y ont aucune place. Si tout n'est pas exclusivement pouvoir, tout y participe, tout en est plus ou moins instrument, à un moment ou à un autre. Autant donc être en la matière clairvoyant et disposer de quelques repères méthodologiques qui, en introduisant une distance, permettent non seulement de gérer et de maîtriser des situations au mieux de ses enjeux personnels ou des missions dont sa structure a la charge mais aussi de raison garder, de contrôler l'exercice même des pouvoirs, d'en corriger les dérives, quelles qu'elles soient, ou de résister à la fascination...
Ce manuel de stratégie qui s'appuie sur l'analyse structurelle, a quatre buts principaux :
- mieux comprendre et interpréter les mécanismes de pouvoir qui se développent dans des situations complexes ou conflictuelles ;  
- faciliter la détermination rapide de stratégies adaptées ;  
- faire réfléchir à l'exercice du pouvoir depuis sa conception jusqu'à ses implications pratiques;  
- offrir aux formateurs un outil pédagogique.
Savant mélange de théorie, d'illustrations et d'humour, cet ouvrage ne s'adresse pas seulement au monde de l'industrie et sa lecture paraît recommandée pour qui se trouve plongé dans des systèmes complexes, où les antagonismes sont multiples et enchevêtrés, et dans des situations en transformations fréquentes et rapides soumises à des équilibres instables. Ne trouve-t-on pas là, et entre autres, une bonne description du champ de l'environnement, que l'on envisage les aspects scientifiques, institutionnels, sociaux ou politiques de la question ?
L'auteur n'est pas un inconnu : il est directeur de l'agence de l'eau de Seine-Normandie...
P.L.

[R] Y. Kawabata : Les servantes d'auberge
1990, éd. Albin Michel, Paris, 235 pp.

Parmi ces nouvelles écrites entre 1926 et 1931, Yasunari Kawabata, alors lancé dans une "tentative d'épuisement de l'expressivité de la langue japonaise" a glissé un texte qui surprend par sa capacité prémontoire et la modernité de son questionnement : Illusions de cristal. Ces 43 pages, déroulées sur le ton de l'anecdote dans un style limpide, sont datées de 1931. Elles parlent de l'univers domestique et poudré de l'épouse stérile et délaissée d'un médecin généticien, et du quotidien de ce couple blessé dont les références mêlent cultures traditionnelle et occidentale.
Ces pages débouchent insensiblement sur des interrogations qui laissent sur place le drame intime, ou plutôt l'élèvent jusqu'à des questionnements ontologiques et éthiques : ceux que pose la génétique appliquée à l'homme...
Suscitées par cette procréation inaccessible, toute une série de questions maintenant d'actualité sont évoquées, l'air de ne pas y toucher, avec une froideur clinique qui, quel que soit l'aspect envisagé (biologique, psychologique, historique ou éthique,...) les rend d'une simplicité incontournable. Un bon nombre ont pourtant dû, soutenues par un écrivain moderne et en 1931, être prises pour des énormités :  
"- Ne serait-ce pas bien si on pouvait trouver un moyen de faire naître un enfant en dehors de l'utérus ? [...]"
ou pour des incongruités indignes (à l'occasion d'une copulation programmée entre chiens à mémères et à pédigrée) :
"- Epoque féodale, monde de chiens ! Et pourtant je me demande si ce ne sont pas eux qui font faire le plus de progrès à la science. Un bon croisement et voilà que l'eugénisme fait un pas en avant. L'homme, tout en connaissant l'eugénisme, ne peut en appliquer les lois sur lui-même et l'utilise pour l'amélioration des races d'animaux domestiques".
"Madame marmonnait entre ses dents [...]".
Le cocktail culturel complexe dont "Madame" est presque, à son insu, le creuset et le porte-parole aboutit même parfois à des sacrilèges prémonitoires :
"La nature protège la mère. Si les femmes refusent de mettre au monde des enfants, pensant qu'il est préférable de se venger de cette nature qui les a désignées exclusivement pour être traitées comme des filles adoptives, elles deviennent l'objet des moqueries des hommes. Celui qui sait clairement qu'il vit pour sa descendance, c'est l'homme et celui qui sait clairement qu'il ne vit pas pour sa descendance, c'est aussi l'homme. A ces deux types de situations, correspondent deux types de sentences divines. La religion et l'art, voilà deux domaines où l'on naît avec l'intention de ne pas vivre pour sa descendance. Ainsi, vous voulez fabriquer des enfants artificiels parce que vous rêvez de revenir au monde sans vie d'avant la Genèse. Vous prendrez le chemin sinueux de la science qui conduit au fleuve glacé de la mort. [...]"
En 1931, Y. Kawabata donne l'impression qu'il perçoit qu'il ne sera pas immédiatement compris. Il pousse même le lecteur à ne pas s'arrêter au babillage fou d'un être frustré :
"Voilà ce que dit un jour Madame à son époux, élucubrations sans queue ni tête qu'elle seule comprenait et qu'elle se faisait un plaisir à déclamer comme si ce bavardage insipide s'était accumulé au fond de son coeur..."
Il livre pourtant sa réponse :
"Si le monde devenait un pays de conte de fées, où les chiens pourraient donner naissance à des paons, il n'y aurait plus de genre humain !".
"[...] regarde de haut son époux droit dans les yeux, d'un air enjôleur :  
- A quelle recherche t'es-tu livré, aujourd'hui ? Ah ... cette odeur !  
Madame sentit monter un flot de joie du plus profond de sa frigidité :
- L'être humain ?... Ne serait-ce pas plutôt un prisonnier condamné à mort ?... "
Tout cela n'est loin ni des réflexions de Michel Serres ("Nous maîtrisons le monde et devons donc apprendre à maîtriser notre propre maîtrise" (*) ni de celles de Jacques Attali : "0r, l'homme lui-même n'est rien d'autre qu'un organisme particulièrement complexe. On ne peut exclure que certains souhaitent un jour le breveter pour rentabiliser des manipulations génétiques capables de la modifier. Pour long que soit le chemin menant à de telles abominations, l'humanité s'y est déjà largement engagée. [...] Folie de nomade où se dissoudra la distinction entre l'homme et l'artefact, entre la culture et la barbarie, entre la vie et la mort, entre le Sacré, la Force et l'Argent." (**)  
1931 ... Des Illusions de cristal, disait-il !
(*) Le Monde, 21 janvier 1992
(**) J. Attali, Lignes d'horizon, Fayard, 1990, pp. 175 et sqq..

P.L.


[R] LOGICIELS

A. Fraval et Souad Merzouk : LEPISM (par Alain Fraval) ; MALHERB (par Alain Fraval) ; Salmo (par Alain Fraval) ; Le Lac (par Alain Fraval).

[R] A. Fraval et Souad Merzouk : LEPISM

Le Lépisme est un Insecte primitif (ordre des Thysanoures, sous-classe des Aptérygotes) bien connu : c'est le Poisson d'argent. Son utilité ici ? Fournir un nom d'animal, simple, en forme de sigle (voir à gauche de l'écran d'accueil ci-dessous) à un logiciel qui présente les quelque 600 pesticides en usage au Maroc, la quarantaine de firmes qui les commercialisent, les institutions marocaines compétentes en matière de défense des végétaux et qui explique (brièvement) les principaux termes (notions) en usage dans ce domaine.
Le public visé : les étudiants des différents cycles de l'enseignement agronomique et agricole, les ingénieurs et les techniciens en formation et en post-formation, les agents des services étatiques d'encadrement des agriculteurs, les distributeurs des spécialités dont le rôle de conseil, au niveau des campagnes, est souvent écrasant par rapport aux sus-nommés -, les exploitants eux-mêmes (certains gèrent en effet des programmes complexes de traitements) et toute personne curieuse.
Le Lépisme est aussi un très redoutable ravageur du papier, qu'il transforme en fine dentelle (*). Le nom de LEPISM pourrait donc bien aller à un logiciel, forme de communication "moderne" et qui, selon certains prophètes, aurait déjà dû remplacer le papier...  
Par rapport aux livres, index et autres guides, LEPISM offre un mode de consultation différent, plus souple et, peut-on espérer, plus efficace. Les sauts de page en page, d'index en renvoi, sont ici remplacés par des pressions sur quelques touches qui pilotent une "navigation" dans l'information. Le contenu du logiciel apparaît à l'écran sous forme de fiches, que l'on peut faire défiler vers le haut ou vers le bas, ligne par ligne ou plus vite. En bas de chacune, une fenêtre de commande s'incruste à la demande et offre, outre des explications sur son maniement (vite inutiles), l'accès soit à une "liste liée", soit directement à un autre des presque 900 sujets que LEPISM "connaît". La liste liée se déroule sur le côté droit de l'écran et comporte un nombre variable d'éléments : autres listes, comme des glossaires généraux (une petite partie de celui des spécialités est représenté par la copie d'écran ci-dessous), et sujets choisis a priori par les auteurs pour leur intérêt éventuel dans le contexte défini par la fiche présente. Un curseur permet à l'opérateur d'indiquer son choix. Mais cet opérateur peut à tout moment court-circuiter les "parcours fléchés" prédéfinis et atteindre directement le sujet sur lequel il désire être éclairé. Pour ce faire, il tape au clavier son intitulé (voire les premières lettres LEPISM propose le cas échéant la liste des sujets correspondants -, voire avec une orthographe approximative - LEPISM s'arrange tant bien que mal des fautes courantes -). Cette façon de parcourir la base de données sera plutôt celle de l'utilisateur averti, ou devenu familier du logiciel.
Chacune des spécialités en usage au Maroc (il y en a presque 200 de plus que de spécialités homologuées) ne fait pas l'objet d'une fiche descriptive complète comme celle du Dipel, présentée à titre d'exemple ci-dessous : on trouvera les caractéristiques connues de ces produits dans des tableaux.  
Si LEPISM inventorie et décrit beaucoup plus de pesticides que les documents existants au moment de sa naissance (1991), il n'en voit pas moins son intérêt réduit par le caractère disparate et quelque peu lacunaire de sa base de données (constituée par compilation des listes de la Protection des végétaux, des catalogues, d'un agenda... et par des enquêtes, notamment auprès de magasiniers). De plus cette base devrait être mise à jour (**).
Les principes de navigation que LEPISM met en oeuvre sont ceux, peut-on penser, d'un logiciel didactique efficace pour la mise à disposition d'informations de type encyclopédique. L'INRA, associé à des partenaires européens, met en route la réalisation d'un logiciel beaucoup plus ambitieux : plus de disquettes mais un disque compact, capable de stocker des milliers d'images en couleurs et en haute définition, des commandes à coups de souris sur des "boutons" ou "clics" en place dans le texte, pour présenter les mauvaises herbes, les maladies et les ravageurs des cultures.  
Le moteur informatique de LEPISM reste disponible pour de petites (relativement au projet évoqué ci-dessus) applications, en noir et blanc, au clavier, mais fonctionnant sur tout PC, même ancien. Il suffit d'y adjoindre les fichiers de données (écrans et annexes). Et de trouver aussi un sigle correspondant à un nom d'animal.
A.F.

(*) Ceci au Maroc. Il n'y a pas grand chose à craindre des Poissons d'argent sous la latitude de l'Ile de France.
(**) A.F. a, depuis l'achèvement de ce logiciel, rejoint la France, le département de Zoologie et la Cellule environnement de l'INRA ; Souad Merkzouk, quant à elle, poursuit sa carrière d'ingénieur agronome à la Protection civile, préparant la riposte aux grands fléaux (Criquets, etc.). LEPISM sera très prochainement édité par Actes Editions (BP 6202 Rabat-Instituts, Maroc) qui diffuse le logiciel GIRAF, guide informatique des ravageurs des arbres fruitiers (au Maroc), des mêmes auteurs.

Ce logiciel, même manipulé par les mains les plus inexpertes, ou les plus imprécises, ne se perd jamais et n'égare pas l'utilisateur. Il peut donc a priori être confié à tous et est immédiatement opérationnel. Il rend de réels services sur le terrain. Devant la faible efficacité des services de contrôle de qualité ou des commissions d'homologation, dans certains pays en développement, les techniciens peuvent facilement subir l'information, promotionnelle ou scientifique : ce logiciel représente un outil souple, que l'on peut facilement actualiser, qui devrait sécuriser et renforcer les compétences de nos collègues. De plus, la base de données étant indépendante du moteur informatique, il sera facile de créer des logiciels dans d'autres domaines sensibles : pharmacie, normes industrielles ou agricoles.
Il manque d'images mais il fonctionne pratiquement sur tout ordinateur.
L. Teulières

Directeur médical, Recherche et Développement, Pasteur-Mérieux

[R] MALHERB
1991, éd. INRA-CNERTA, CD-ROM/MsDoS

Ce logiciel de reconnaissance des mauvaises herbes des cultures est destiné aux non-spécialistes. Il s'agit d'un outil de détermination, aux finalités bien différentes de celles de LEPISM, logiciel de présentation d'informations. L'utilisateur se voit mis en face de choix simples, à partir de caractères morphologiques visibles de la mauvaise herbe inconnue, critères qu'il peut compléter par des informations sur l'écologie de la station où a été prélevée cette plante.
Deux versions sont proposées. La 1ère, la version "texte", possède toutes les richesses fonctionnelles de MALHERB, sauf les belles illustrations, dessins et diapositives en couleurs, de la 2nde, la version "graphique", beaucoup plus agréable. La 1ère fonctionne sous MsDos, avec une configuration matérielle modeste (disque dur et écran CGA) ; la 2nde requiert un ordinateur muni d'un écran EGA, au moins, et d'un lecteur de disque compact (CD-ROM).
MALHERB se consulte également comme une base de données sur les 488 espèces retenues (les rizières et les prairies permanentes ne sont pas du ressort du MALHERB actuel) par les malherbologues (*) et donne accès à un glossaire.  
Un écran du MALHERB-texte est très riche, très aisé à manipuler et sans aucun doute très performant, autant que j'ai pu en juger à partir d'une version très bridée. Malheureusement, la Cellule Environnement ne dispose pas de lecteur de CD-ROM, ce qui doit être le cas de bien des personnes intéressées par ce genre de logiciel.  
Ce type de périphérique d'ordinateur se répand ; il permet effectivement l'accès à des logiciels beaucoup plus riches, tant en informations de type "texte" qu'en illustrations, ce que j'ai déjà évoqué à propos de LEPISM. On pourrait s'attendre à disposer d'un catalogue étendu de dictionnaires, guides, encyclopédies, destinées à des personnes recherchant un savoir spécialisé et au grand public. Les productions sur CD-ROM restent en fait assez discrètes ; c'est ce qui ressortait en tout cas du dernier Salon du livre. Le Courrier, qui va se procurer l'équipement ad hoc, examinera avec un grand intérêt les CD-ROM qui lui parviendront de ses amis lecteurs...
(*) Ont écrit la base de connaissances : J. Maillet (ENSA Montpellier), J. Le Clerc (ENSA Rennes), P. Jauzein (ENSH Versailles), G. Barralis, J. Gasquez et J.-P. Lonchamp (INRA Dijon), M. Kerguelen (INRA La Minière) ; ont écrit le logiciel : N. Lavoillotte et Odile Hologne (CNERTA Dijon), J. Badia et R. Martin-Clouaire (INRA Toulouse).
A.F.

[R] Salmo  
EDF/CSP/Myriad (MsDos).

Juste après une superbe image de Saumon jaillissant, le générique, puis un message de bienvenue, en bas duquel s'affiche "je veux jouer / je veux des explications". Voilà défini ce logiciel qui va nous faire connaître ce Poisson et ses problèmes de survie, en nous distrayant. Clic (**) sur le pavé marqué "explications" : l'écran met en scène une souris et en explique le maniement, avec l'aide d'un lapin (***). Clic sur la flèche idoine : un torrent parmi les montagnes, avec arc-en-ciel, Poissons qui sautent (probablement des Saumons) et des Oiseaux qui volent. C'est le premier de toute une série de très beaux écrans animés dont les éléments peuvent être vus de plus près grâce à la loupe que la souris promène et qu'un clic active.
Les rives du torrent sont ombragés par une forêt d'épicéas, dans la frondaison desquels se cache l'Ecureuil et que parcourent des Oiseaux, qu'il est possible de "fixer" grâce à la loupe (il faut pour cela une habileté hors pair) : ils apparaissent alors plein écran, avec une légende. Avec un certain entraînement, nous voici capables de fixer pareillement les poissons qui sautent : c'est bien Salmo salmo, le Saumon de l'Atlantique, qui s'étale brillant de toutes ses écailles en travers de notre écran, accompagné des principales caractéristiques de l'espèce. Clic sur l'oeil de la bête : les caractéristiques de la tête, détaillées, nous permettent de reconnaître notre Saumon de la Truite de mer. Clic sur la queue : et l'on apprend que la caudale du Saumon est fourchue, celle de la Truite étant droite, ou même connexe, avec une attache épaisse. Progressons : on apprend à distinguer les poissons migrateurs amphibiotiques des holobiotiques, à connaître aussi l'Esturgeon, l'Alose, la Lamproie, l'Anguille, et, pour le Saumon, les oeufs, alevins, tacons, smolts (ou saumoneaux) et adultes - que l'on voit nager sur l'écran (l'ordinateur peut, à cette phase du programme, très bien remplacer l'aquarium, délicat à entretenir).
Un écran explique la régression du Saumon, par la pêche en mer, les obstacles à la remontée des adultes, la destruction des frayères, les obstacles à la dévalaison des smolts - dont plusieurs se font hacher menu par une turbine de centrale hydroélectrique sous nos yeux.
Ces explications une fois délivrées, SALMO propose de jouer à franchir une chute d'eau ou à remonter un bief. On devient alors le Saumon et on se meut à coups de souris, évitant si possible les pièges de la rivière, économisant ses forces (des points forme et des points vie), échappant aux hameçons, luttant contre le courant (plus violent au centre du bief), prenant juste la vitesse qu'il faut pour franchir le ressaut de la rivière. On ne dira rien de cet aspect du logiciel, jouer ne faisant évidemment pas partie des missions de la Cellule Environnement de l'INRA, sinon qu'il semble d'excellente qualité, comme l'ensemble de SALMO.  
L'installation sur le disque dur est très simple. Quelques défauts toutefois : sortir "proprement" du logiciel est loin d'être évident (mais pourquoi vouloir sortir ?) et, plus grave, le programme a du mal à trouver la place qui lui est nécessaire dans la mémoire de l'ordinateur, d'où des sorties cette fois-ci très rapides et même brutales.  
A mon grand regret, aucun écran n'est reproduit, mes logiciels de capture (d'écrans, pas de saumons) s'étant révélés inaptes, pour ce cas particulier.
EDF a édité là - avec le Conseil supérieur de la pêche - un très bon logiciel, amusant et aux vertus pédagogiques certaines. Un autre ton - c'est heureux - que celui du Défi électrique, présenté dans le Courrier n° 15.
A.F. 

[R] Le Lac  
Myriad, logiciel MsDos.

Même éditeur, même équipe, une excellente présentation de l'écosystème lac, avec ses composantes et son évolution au cours de l'année (ou de plusieurs années successives) réglée par un modèle mathématique (de J.-M. Thébault et Marie-José Salençon), sans puis avec - rejets polluants, ensuite avec prises d'eau (choisies). Les poissons, là aussi nagent, jusqu'à ce que l'oxygène vienne à manquer...
Des difficultés de fonctionnement plus graves que pour SALMO (qui a été réalisé semble-t-il postérieurement) gâchent un peu le plaisir :
LE LAC, très à l'étroit dans la mémoire de l'ordinateur, ne peut être vu que dans un mode graphique dégradé, qui, lui, convient au logiciel de capture d'écrans...  
La leçon sur le fonctionnement biologique du lac n'en demeure pas moins excellente.
Pour SALMO comme pour LE LAC, les fichiers LISEZ.MOI sont intéressants, celui du second contient notamment une riche orientation bibliographique.
A.F.


[R] Télématique

Le 3614 TELERAY

Environ 80 balises réparties sur toute la France constituent le réseau de surveillance radiologique de l'air, mis en place depuis l'automne 1991 (le Monde, du 6 novembre 1991). 71 sont à l'heure actuelle connectées : elles mesurent le débit des doses radio-actives de l'air tous les quarts d'heure en centièmes de micrograys, valeurs qui sont vérifiées au Service de protection contre les rayonnements ionisants (le SCPRI au Vésinet, en Région parisienne) et transcrites en un nombre simple et parlant pour le public, inférieur à 30 (valeur arbitraire représentant le seuil d'alerte). C'est ce nombre, établi chaque jour, qu'affiche l'écran du minitel connecté au 3614 TELERAY.
Ainsi - pour prendre un exemple - la radio-activité était-elle de 28 à l'Aiguille du Midi, de 9 au Vésinet et de 5 seulement a l'aéroport de Bourges, le 22 janvier 1992. Nulle part de fièvre et le dernier écran l'annonce : "situation normale". De toute façons, les balises, très sensibles, sont auscultées dès qu'elles fournissent des chiffres élevés. On peut espérer qu'en cas de "gros pépin", le 3614 TELERAY continuera d'informer les citoyens. Un "Tchernobyl" se traduirait par un nombre de l'ordre de 35 000. Et il n'y a de place sur l'écran que pour 2 chiffres, voire 3...
A.F.

[R] Le 3617 ECOLOTEL

Depuis le 2 mars, l'Agence d'information écologique, "première agence de presse spécialisée sur les questions d'écologie et d'environnement mise en oeuvre par des journalistes mêmes", tient un serveur Minitel, le 3617 ECOLOTEL, qui se veut un journal diffusant une information quotidienne, globale et planétaire aux décideurs, journalistes, associations et à l'opinion publique.  
Ouvrons donc, à l'aide du clavier, la 1ère page du journal, le titre et l'ours. Puis un menu très simple invite à choisir la rubrique.  
L'Etat de la planète fait l'objet de 4 pages de brèves. Le Calendrier : mon choix de janvier — après tout, l'année n'est pas indiquée — laisse ECOLOTEL perplexe un bon moment (à 2,19 F la minute) ; celui de juillet livre les informations reproduites ci-dessous à droite. La demande, faite dans les formes, des annonces relatives au département de la Nièvre provoque un court incident, sans suites fâcheuses. Celle appelée par le n° 92 (Hauts-de-Seine) nous propose de surveiller les aires de rapaces menacées. En bas de l'écran, l'option "liste des annonces" ramène au choix "lire ou écrire une annonce". Ce n'est pas bien gênant, mais... Et, de même, arrivé à la dernière page d'un texte, la frappe de la touche suite ramène le même écran, après un court temps de réflexion : de petits détails qui mériteraient d'être revus. Ecrire une petite annonce, voilà qui est bien tentant mais mieux vaut s'y préparer soigneusement et savoir qu'on dispose, sauf erreur, de 7 lignes de 40 caractères. Enfin, un annuaire associatif regroupe, classées sous 11 "thèmes", les coordonnées des associations oeuvrant dans le domaine de l'environnement, des listes qui seront sans doute rapidement complétées.
La conclusion sera très provisoire. Ce journal est écrit chaque jour : il va trouver son ton, son ambition, son ampleur petit à petit. Les informations qu'il livre sont volatiles, aussi ne peut-on que recommander au lecteur qui souhaite plus qu'une diagonalisation rapide, de prévoir la "capture" des écrans sur le disque dur de son ordinateur.
A.F.


[R] Images

Yvette Veyret, S. Wicherek, P. Arnould : Terres de grandes cultures : l'érosion des sols. Exemples pris dans le Bassin parisien
Série de diapositives, accompagnée d'un fascicule de commentaires illustré
1991, GEOPRE, série n°6, 37 pp. et 20 diapositives

L'érosion des sols n'est pas le moindre des désastres environnementaux dûs à l'action de l'homme cultivant. Elle n'a plus rien, dans la plupart des cas, à voir avec une catastrophe naturelle. Jusqu'à il y a peu, le bon sens - chacun sait qu'il faut se méfier de cet impensé collectif quand il joue un rôle d'argument d'autorité - voulait que nos latitudes soient épargnées. Aveuglément... Dès les époques protohistoriques, des sols ont été mis à nu, maltraités et surexploités en France même, entraînant l'extinction de noyaux entiers de colonisation. Et plus d'un étang associé à une abbaye médiévale installée pour le défrichement d'un essartage du XIIIe siècle s'est comblé à une telle rapidité que le vendredi, jour maigre, aurait dû devenir tout simplement jeûné !
Les pratiques culturales, les techniques, la mise généralisée des milieux aux normes sans nuance de l'agriculture intensive ont évidemment largement aggravé les choses, à un point tel que l'érosion des sols en France tempérée, sur les terres de grande culture est maintenant, pour qui ne refuse pas les évidences, absolument indéniable.
Mais il faut encore convaincre les irréductibles, montrer que l'érosion n'est pas une fatalité, et diffuser massivement les méthodes de diagnostic, de lutte ou de gestion raisonnable des sols. Ce n'est pas acquis. Les auteurs le savent bien, qui, trop humbles peut-être, annoncent dès la présentation du document que "traiter de l'érosion des terres agricoles dans le Bassin parisien peut paraître paradoxal"...
Ce fascicule de vulgarisation a le mérite de joindre à une "dénonciation" méthodique et bien illustrée du phénomène et de ses conséquences, des explications sur ses origines et ses mécanismes, et les moyens de les contrôler ou de les réduire.
Il y a là de quoi animer quelques réunions de conseil municipal, de commission communale de remembrement et de foyer rural, ou tout simplement des soirées de veillée ou des stands de concours de labour, histoire d'engager quelques discussions épiques autour d'un blanc sec bien frais de derrière les fagots.
Il reste donc à espérer que ce dossier sera diffusé hors des cercles d'initiés ou de spécialistes, débordera ceux de l'enseignement, agricole ou autre, et prendra rapidement sa place parmi les "best-seller" des campagnes françaises. La diffusion suivra-t-elle ? Publier, c'est bien. Diffuser, c'est mieux et chacun sait que le compost de concepts est d'une utilité dérisoire.
P.L.


[R] On signale : LIVRES

S. Dyson : French - English Glossary on SPOT, Remote Sensing and their Applications
1991 (3e édition), éd. par l'auteur

H. Caillavet : Variétés anciennes de Pruniers domestiques
1991, coéd. BGR/INRA, 552 pp.

J.-M. Olivier, J. Laborde, J. Guinberteau, Nicole Poitou, Guylaine Hondeau : La culture des champignons
1991, éd. Armand Colin, Paris, 160 pp.

La nature en Europe. Faune, flore et paysages
1992, éd. Bordas, Paris, 320 pp.

H.D. Thoreau : Marcher, suivi de Promenade d'hiver
1991, éd. CEDEP/Terradou, 78 pp.

Données économiques de l'Environnement et L'état de l'Environnement
1990, La Documentation Française.

J.-L. Pousset : Plantes, médicinales africaines. Utilisation pratique
1991, éd. Ellipses-Edition Marketing, 160 pp.

A. Birouk, J. Lewalle, M. Tazi : Le patrimoine végétal des provinces sahariennes du Maroc
1991, Coll. Documents Scientifiques et Techniques, Actes Editions, 79 pp.

F. Guessous : Productions fourragères et systèmes animaux  
1991, Coll. "Agriculture et développement", Actes Editions, Rabat, 118 pp.

J. Arrignon : Aménagement piscicole des eaux douces
1992, éd. Lavoisier Tec & Doc, 640 pp.

J.-P. Vernet (ed.) : Heavy Metals in the environment
1991, éd. Elsevier, 406 pp.

Musset-Pathay : Bibliographie agronomique ou dictionnaire raisonné des ouvrages sur l'économie rurale et domestique et sur l'art vétérinaire
1810, impr. D. Colas, Paris ; 1992, réed. INA-PG, Paris, 500 pp.


[R] RAPPORTS, COMPTES-RENDUS, THESES

Catherine Reymonet : Qui a peur de la Pyrale du Tournesol ? Contribution à l'étude, dans le Lauragais, du cycle biologique d'un ravageur potentiel du Tournesol, Homoeosoma nebulella Denis & Schiffermüller
Thèse de doctorat en Ecologie expérimentale,université de Pau et des Pays de l'Adour (22 mars 1991),  
127 pp.

IIIe Congrès national des conservatoires régionaux d'espaces naturels
25 novembre 1991

J.-P. Bompard et J. Perrin : Histoire des techniques et compréhension de l'innovation
Séminaires de recherche organisés par l'INRA, le CNRS et le ministère de la Recherche de mars 1989 à février 1990.

Terres agricoles, friches et boisements. Opportunités et limites
C.R. du colloque tenu à Paris les 17 et 18 octobre 1990, 1991, éd. APCA, 208 pp.

Natures, sciences, sociétés : dialogues

Comment nourrir le monde ? Les politiques alimentaires face à la libéralisation des économies et des énergies
Actes du colloque tenu à Paris en juin 1990, éd. Solagral (Montpellier), 738 pp.

La Galerie de l'Evolution, concepts et évaluation
Compte-rendu du colloque international tenu les 22 et 23 novembre 1990
Evolution 93, n° 5-6, lettre d'information de la Cellule de préfiguration de la Grande Galerie du Muséum, 149 pp.

J.-P. Chambon, Ch. Cocquempot, G. Genestier, Colette Pineau : L'impact de la circulation automobile sur les populations d'insectes dans la région de Fontainebleau
1991, éd. INRA/Station de recherche de Zoologie, 24 pp. + ann.

IIIe Conférence des comités européens du MAB
Strasbourg, du 2 au 6 septembre 1991
Rapport final d'EUROMAB, doc. polycop., np.

Maria Amine : Ley Farming
1991, Coll."Proceedings", Actes Editions, Rabat, 178 pp.

S. Ndiaye : La Bruche de l'Arachide dans un agrosystème du Centre-Ouest du Sénégal : Contribution à l'étude de la contamination en plein champ et dans les stocks de l'Arachide (Arachis hypogea L.) par Caryedon serratus (OL.) (Coleoptera, Bruchidae) ; rôle des légumineuses hôtes sauvages dans le cycle de cette Bruche.
Thèse doct. univ. de Pau et des Pays de l'Adour, Ecol. exp., 28 nov.1991, 96 pp.

Etat de l'assainissement et de l'épuration 1981 - 1986
1990, Direction de l'Eau et de la Prévention des pollutions et des risques, bureau de l'Economie de l'eau, de la programmation et de la planification, 107 pp.

Pro Specie Rara
Rapports annuels 1989 et 1990

Environnement, science et politique. Les experts sont formels
1991, éd. Germes, 672 pp.

M. Chauvet (ed.) : Plantes sauvages menacées de France. Bilan et protection.
Actes du Colloque de Brest,8-10 octobre 1987
Ed. Lavoisier, Cachan, 1989, 495 pp.

L'eau, la nature et l'homme
Exposition de l'ADEMART, doc. photocop. 13 pp.

Contact INRA : G. Grosclaude
INRA, rue de la Géraudière BP27, 44026 Nantes cedex 03.
Tél. : 40 67 50 00 ; fax : 40 67 50 05.

ADEMART Pays de Loire
Atlanpole - Château de la Chanterie 30002 Nantes cedex 03.
Tél. : 40 25 13 13 ; fax : 40 25 10 88.


[R] PERIODIQUES

Sécheresse, n° 4, vol. 2, décembre 1991

Savart, n° 7, 4e trimestre 1991

La Filière de l'Environnement, n° 0, décembre 1991

J.-M. Machet et B. Mary : Nitrates : le taux dépend de la rotation, Cultivar n° 304, octobre 1991, pp. 32 à 35

Garde. Gestion de l'espace littoral, n° 76, octobre 1991

Terre vive, n°2, janvier 1992

Décision - Environnement, n° 1, novembre-décembre 1991

Protection de l'environnement en Suisse, n° 3/91

Solagral mensuel, n° 1, octobre 1991 qui fut suivi du Courrier de la Planète, n° 2, décembre 1991

La lettre d'Environnement sans Frontière, n° spécial, décembre 1991

Bulletin Technique Apicole, n° 77, vol 18(4), 1991

L'Environnement, n° 1501, n° spécial éco-actions

Christine Silvy : Quantifions..., InfoZoo n° 6, février 1992

Autrement, Série Sciences en société, n° 1, janvier 1992

Ouvrage collectif dirigé par J. Theys et B. Kalaora.

Le Bulletin des Biotechnologies, n°73 , novembre 1991

Paysage et aménagement, n°18, février 1992.

Ingénieurs de la Vie, n°420, décembre 1991/janvier 1992

ESR Infos Internes, n°92-2, février 1992

La Garance voyageuse, n° 15

J. Missonnier : La lutte intégrée contre les ravageurs. Principes généraux et obstacles à son application, Phytoma - La Défense des végétaux, n° 435, janvier 1992, pp.22-25.

Patrimoines naturels forestiers, Revue forestière française, n° spécial, 1991

Environnement actualité, n° 134, décembre 1991

SEMI ecc... Agricolture, risorce, territorio, n° 7, janvier 1990

S. Antoine : Les enjeux du Sommet planète Terre, Futuribles n°160 (décembre 1991),  
pp. 59-67

InfoZoo, n° 6, février 1992

Environnement Actualité, n° 135, janvier 1992

Courants, n° 12, novembre/décembre 1991

ORSTOM Actualités, n° 32, 1991

La Petite Abeille, n° 1, septembre 1991

J.-L. Maigrot : Notes et matériaux pour servir à l'histoire du paysage de la commune de Rizancourt (canton de Juzennecourt) du XVIIIe siècle à 1982
Bull. Soc. Sci. nat. Archéol. Haute-Marne, 23 (15), 3e trimestre 1991, 411-429.

Hydrogéologie, n° 3, 1991

Terminal, Informatique, culture, société, n° 57, février 1992

Géochronique, n° 41, février 1992

La lettre de l'ANCER, n° 10, octobre-novembre 1991

Options Futur, n° 6, janvier 1992

Le Sadoscope, n° 60, novembre-décembre 1991

Sciences et Nature Belgique, n° 19, février 1992

Actes de l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, n° 10(3) et 10(4), 1990, Spécial Horticulture

Paysage Actualités, Janvier 1992

Agricultures. Cahiers d'études de recherches francophones n° 1, mars 1992

la Cellule publie !
Le n° 2 de Sauve qui peut !, de mars 1992, est consacré aux céréales à paille, dossier rédigé par Annick Le Blanc et J. Koenig.


[R] BROCHURES, DOCUMENTS, ETC.

L'Association pour le développement, la maîtrise de la recherche et de la technologie (ADEMART) propose 15 brochures sur le thème de l'eau, éditées à l'occasion de l'exposition "l'eau, la nature et l'homme" (octobre 1991).

C. Chevalier : Drainage et marais littoraux atlantiques
1991, éd. ADEMART, 26 pp.

Radureau A. et Feunteun E. : Les zones humides, un patrimoine naturel
1991, éd. ADEMART, 16 pp.

EDF : L'eau et l'énergie
1997, éd. ADEMART, 16 pp.

J. Davigo : Les acteurs de l'eau
1991, ADEMART, 26 pp.

DASS de Loire-Atlantique : La qualité de l'eau
1991, ADEMART, 43 pp.

J. Abraham : L'eau, l'homme et l'alimentation
1991, ADEMART, 47 pp.

A. Cornet et P. Desgrez : Les eaux minérales
1991, ADEMART, 18 pp.

J.-C. Simon : Les polluants agricoles de l'eau : les fertilisants
1991, éd. ADEMART, 54 pp.

P. Jamet : Les polluants agricoles de l'eau : produits phytosanitaires
1991, éd. ADEMART, 18 pp.

G. Barroin : La pollution par les phosphates
1991, éd. ADEMART, 15 pp.

Marie-Marguerite Bourbigot : Les technologies de l'eau et l'environnement
1991, éd. ADEMART, 28 pp.

O. de Villèle : L'irrigation
1991, éd. ADEMART, 16 pp.

Annie Ollivier (coord.) : Des livres au fil de l'eau
1991, éd. ADEMART, 29 pp.

G. Grosclaude : Le lexique de l'eau
1991, éd. ADEMART, 23 pp.

A. Gioda : L'eau, passé, présent
1991, éd. ADEMART, 26 pp.

Trésors vivants
1991, éd. INRA Toulouse, 19 pp.

Agriculture demain,  
1991, éd. SAPS, plaquette 4 pp.

Ph. Pointereau (coord.) : Quarante actions pour l'arbre et la forêt
1991, éd. France Nature Environnement, Paris, 40 fiches.

L'autre coopération. L'appui des pouvoirs publics à la coopération non gouvernementale
1991, éd. département de la Coopération non gouvernementale, 270 pp.

Sur le thème de l'agriculture et de l'environnement aux Pays-Bas

Sur le thème des bords de route :

- La gestion extensive des dépendances vertes des abords routiers. Compte rendu de la journée régionale. Nantes, le 2 février 1989, 79 pp.

- Méthodes naturelles d'entretien des accotements et talus de routes, 15 pp.

- G. Désiré, 1990. Faucher moins, faucher mieux ! Combat-Nature, 89, 42-43.

- A. Legrand , M. -P. Keime, M. Gérard, 1989. Entretien des bords de route : Influence sur la flore et la faune. SRETIE, Neuilly, 173 pp.

- D. Gerber. Les accotements routiers : Gestion adaptée pour un espace refuge.

P. Guy (INRA-Lusignan) qui a rassemblé cette liste indique :
"7 ans déjà que France Nature Environnement demandait une gestion écologique des fermes et des délaissées routiers, 300 000 ha en France. De plus en plus, directions départementales de l'Equipement et conseils généraux s'intéressent à une gestion intégrée alliant sécurité, économie et sauvegarde du patrimoine naturel. Ils recherchent des références, des documents. En voici quelques uns."

L'Observatoire Agriculture Environnement en Saône-et-Loire
1991, dépliant de présentation

Guide technique de la cueillette des plantes sauvages
1990, éd. ministère de l'Environnement

G. Feterman : La Nature à Paris et dans les communes voisines
1992, doc. polycop. 47 pp.

Quelques outils de recherche documentaire. Secteur forêt-bois
1991, éd. DERF/MAF, 16 pp.

Y. Muller : Bibliographie d'ornithologie française
1992, éd. SFF/ Société d'études ornithologiques/ Société ornithologique de France.

Ph. Gramet : Recueil des chroniques parues dans la revue Agriculture de 1982 à 1991.
Doc. photocop., chez l'auteur.

J.-S. Laumond : Effluents d'élevage et milieu naturel

V. Frey : La vache Grise rhétique
1991, Musée suisse de l'habitat rural, 16 pp.


[R] VIDEOGRAMMES, FILMS, ETC.

La découverte des sols
1991, éd. CNEARC/BEPAC.

Trafic Sauvage
1990-1991. Vidéogrammes

Répertoire des documents audiovisuels sur l'environnement
1991, éd. Ministère de l'Environnement, 143 pp.


l'INRA publie

INRA Mensuel
n° 59, janvier 1992


[R] Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°16 ; Les ressources bibliographiques du Courrier.