Bibliographie : Courrier n°29, décembre 1996

 

On a lu, on a vu, On signale (Livres, Rapports,comptes rendus, thèses, Périodiques, Documents, plaquettes, Autres)
Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°29 ; Les ressources bibliographiques du Courrier.



[R] On a lu, on a vu

Jean Cranney : INRA, Cinquante ans d'un organisme de recherche (par Bertrand Vissac) ; Axel Kahn : Société et révolution biologique, pour une éthique de la responsabilité (par Thierry Hommel) ; Claude Nurisdany et Marie Perennou : Microcosmos (par Alain Fraval) ; Franck Bonin, Bernard Devaux, Alain Dupré : Toutes les tortues du monde (par Jacques d'Aguilar) ; Viviane Forrester : L'horreur économique (par Jean-Pierre Nicol).

[R] Jean Cranney : INRA, Cinquante ans d'un organisme de recherche
1996, INRA Editions, 526 pp.

Cet ouvrage retrace l'histoire de la recherche agronomique française depuis les origines de la pensée agronomique moderne et de leurs fondements scientifiques jusqu'à la création et à la vie de l'INRA. Il se limite à la décennie 1980 qui a précédé la phase de responsabilité de l'actuelle équipe de direction. Cette dernière manifeste ainsi son souci de permettre et même d'encourager une expression libre de l'histoire passée sans engager sa propre position institutionnelle.
L'ouvrage est fondé sur une série d'interviews de personnalités scientifiques choisies, sur des textes fondateurs de l'INRA et des missions que ses tutelles lui ont attribuées et sur l'expérience personnelle de J. Cranney qui fut chef du département d'Economie et Sociologie rurales puis responsable scientifique du secteur des Sciences sociales à l'INRA. L'auteur organise cette information chronologiquement, en fonction de périodes successives. Mais l'expression libre d'interlocuteurs engagés dans plusieurs phases de cette séquence se traduit par de nombreuses répétitions.
Ceci fait que cet ouvrage est particulièrement bien informé sur les luttes de pouvoir au sein du sérail et de son environnement national et international. Le rôle personnel de l'auteur conduit à mettre en exergue la dynamique des recherches qui ont conduit à la transformation de l'agriculture française dans ce qu'on appelle les Trente Glorieuses et les pratiques de recherche et de développement correspondantes. Une illustration de cette remarque peut être donnée à travers le silence relatif sur Henri Nallet, pourtant chercheur à l'INRA et directement rattaché à l'auteur : ilillustre pourtant, dans leur expression la plus visible, les rapports de l'INRA et du pouvoir politique.
On regrettera, de façon générale, le relatif enfermement de l'ouvrage sur les arcanes de l'institution et les jeux de pouvoir, ses silences sur le mouvement non hexagonal des idées ainsi que sur le contexte de l'agriculture, "science de localité" et du patrimoine qu'elle utilise.
Bref, si on peut regretter que ce travail n'ait pas été l'oeuvre d'un journaliste instruit du contexte de la production de connaissances et de ses effets sur l'agriculture et le monde rural, on ne peut que féliciter Jean Cranney d'avoir pris cette initiative et de l'avoir menée à bien. Malgré ces limites affectant son audience, on conçoit parfaitement que les chercheurs soient ainsi heureux de célébrer leur cinquantenaire. Une institution qui atteint le stade de 10 000 personnes, sans compter les groupes sociotechniques qui la supportent, peut ainsi offrir une mémoire interne dont la cible dépasse à coup sur celle de ses écrits traditionnels.
Bertrand Vissac


[R]  Axel Kahn : Société et révolution biologique, pour une éthique de la responsabilité
INRA Editions, collection " Sciences en questions ", 94 pages.

Après Bruno Latour et Michel Sébillotte, c'est au tour d'Axel Kahn de s'exprimer dans la collection Sciences en Questions d'INRA Editions. Postfacé par Guy Paillotin, remis en forme par Etienne Landais, ce texte reprend intégralement les propos tenus le 24 octobre 1995 à Paris par Axel Kahn, médecin, chercheur à l'INSERM et membre du Comité consultatif national d'éthique.
En modifiant les possibilités techniques de production et de reproduction, l'avènement conjugué des biotechnologies et du génie génétique, " ensemble de pratiques permettant de faire réaliser à un être vivant le programme génétique d'un autre être vivant " (A. Kahn, p. 15) introduit de nombreuses questions. Elles sont d'ordre éthique, mais avec des implications économiques, sociales voire environnementales, qui influencent également le rapport des droits et des devoirs de la recherche en génétique. Il s'agit d'éviter des dérives, où l'intérêt économique d'une minorité risquerait de remettre en cause le bienfait social inhérent à l'utilisation d'une technique expérimentale. Pour cela, il est indispensable d'informer le chercheur et l'ensemble de la société sur l'étendue des conséquences potentielles de ces techniques et de déterminer un cadre dans lequel leurs utilisations se justifient. Ce débat doit précéder la définition juridique du droit en matière de génie génétique. A. Kahn utilise les enseignements kantiens comme référence et vérifie alors pour bon nombre de questions la conformité des réponses apportées à deux grands principes :
- une personne doit être toujours considérée en tant que fin, non comme un simple moyen de parvenir à un but. On ne peut se résoudre à utiliser un être humain uniquement pour ses compétences ou pour des caractéristiques particulières ;
- la moralité d'un acte est fonction de l'universalité des principes qui l'inspirent et des conséquences de son application. Tout acte relevant d'un principe dont l'application ne peut s'étendre à la terre entière est immoral.
Sur la base de ces deux axiomatiques, A. Kahn vérifie la conformité de l'utilisation théorique et pratique de la génétique pour la médecine, et pour un institut comme l'INRA, devant affronter les conséquences sociales de l'intégration du fruit de ses recherches à une économie sociale de marché. Ses conclusions sont claires : là où l'utilisation peut se révéler déstabilisatrice pour la société, c'est la précaution qui doit prévaloir.
Axel Kahn implique sa personne et ses pairs en les invitant à une responsabilité en tant que chercheur d'une part, et citoyen d'autre part. Ce livre devient alors un outil de réflexion sur une profession, dont la fonction est la réduction du risque et de l'inégalité par l'avancement et la maîtrise des connaissances scientifiques, non l'utilisation de ces dernières si elles ne profitent pas à l'humanité toute entière.  
T. H.

[R] Claude Nurisdany et Marie Perennou : Microcosmos
Film, 1 heure 20 minutes.

C'est une plongée dans un monde miniature pour assister à une journée de la vie du "peuple de l'herbe" et cela se passe dans l'Aveyron, sur une autre planète.
Insectes, araignées et autres arthropodes - évoluant dans un paysage disproportionné - y sont aux prises avec des forces physiques étonnantes. Problèmes troublants pour nous : vaincre la tension superficielle d'une goutte d'eau, se débarrasser la mandibule d'une poussière, cueillir et emporter une bulle d'air. A côté du dépaysement, de l'insolite, de la physique étrange, le film nous renvoie le plus souvent à des problèmes, des personnages, des attitudes, des symboles familiers : déblayer une galerie effondrée (après un tremblementde terre au Japon ?), vaincre un rival (les lucanes : un combatde sumo ?), éloigner un prédateur du troupeau, rapporter des provisions (dans une vraie ambiance de souk) et même faire un monôme (les chenilles processionnaires). Les fourmis (diverses espèces) sont là - dans la plupart de ces rôles - des acteurs épatants auxquels on identifie des gens, des peuples, des métiers... Le scarabée qui roule sa boulette de crotin est Sisyphe, avant de se révéler un sacré débrouillard.
Avec d'autres scènes, c'est sur un ressort différent que joue le film : l'insecte-mécanique. Les gyrins sont des auto-tamponneuses sur la surface métallique de l'eau calme de la mare. Les guêpes-hélicoptères font le point fixe, vrombissantes, au dessus de leurs larves-missiles dans leurs silos contigus. Passent et ondulent le lombric et l'iule, comme des tuyaux hybrides, tubes fouisseurs et fouilleurs échappés de Dune. L'accouplement des escargots est pour la plupart des spectateurs un baiser de cinéma superlatif, ong, long, délectable... à moins qu'il ne renvoie à la " libido visqueuse " dont parle Sigmund Freud...
La scène finale, lent ballet d'un unique danseur dans une lumière plus que dorée de petit matin de théâtre, est d'une totale beauté (et seul un entomologiste, dans un moment d'égarement par rapport au propos du film, peut imaginer que ce moustique culicide finir aflytoxé ou entre savate et mur).
Reprenons-nous. Devant les personnages et les scènes de Microcosmos nous sommes dans le monde de l'art - pas dans un docu d'entomo - et l'on n'a qu'à se laisser emporter et enchanter par les images, par les scènes, par leur habile enchaînement, souligné (parfois un peu lourdement) par une extraordinaire bande-son. On palpite, sourit, rigole, on admire ou on se paye la tête - c'est selon - de ces petites créatures. On est parcouru par les bruissements, les sifflements, les vibrations, les cliquetis, les coups de tonnerre, les stridulations ; pas de commentaire, pas de didactisme, les hauts-parleurs diffusent une musique de film. Le critère d'excellence pour ce genre de musique est de se faire oublier. Ce n'est pas toujours le cas dans Microcosmos et c'est un peu dommage.
" Nous avons voulu donner des insectes une image sympathique "ont dit les auteurs. C'est réussi : lesdits insectes sont mignons, proprets, courageux, très beaux, habiles, persévérants, ingénieux, stoïques, marrants et... généralement végétariens. Certes on entrevoit une coccinelle croquant un puceron, on est à côté des fourmis picorées par un faisan, on assiste à la capture d'un criquet par une araignée mais c'est un emballage artistique. Dans l'herbe, sous les feuilles, dans l'eau de la moindre mare, il se passe des choses tout à fait naturelles qu'avec ce même langage anthropomorphique on qualifierait d'atroces, cruelles, sanglantes, violentes, cannibales, contre-nature. Mais le parti pris de ce film était de ne montrer qu'un minimum d'accouplement et de prédation, sujets, disent les auteurs, préférés des documentaires. Nos cinéastes se sont attirés le reproche d'avoir filmé le côté " tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil " de leur sujet. Critique pas fausse...Mais disons que le sujet n'était pas un exposé de biocénotique, ni d'éthologie, ni d'entomologie. Il étaitde conduire le spectateur (tout public) dans une dimension peu visitée de la nature, à l'échelle - de taille et de temps - des bestioles. La gageure était d'épater et de ravir le spectateur avec une faune peu amène, des personnages dont on se méfierait plutôt, dont on peut avoir même très peur. Il ne s'agissait pas de révéler la vérité sur les insectes - lesambitions proclamées par les auteurs sont leurs, des critiques ont renchéri (*) mais d'offrir au spectateur - par le biais de toutes les techniques et tous les procédés (trucs) du cinéma - un point de vue sur leur monde, de l'amener à s'en sentir plus proche, de le renvoyer ravi et très probablement prêt à en apprendre plus sur eux et très certainement disposé à participer à leur protection et à celle des habitats dont il vient de percevoir les riches secrets. Une réussite.
Pour finir, un mot - d'éloge - sur la technique. Il a fallu (pour l'existence et le succès du film) des éclairages terribles avec des filtres anti-caloriques, des kilomètres de pellicule, des systèmes fluides de pilotage des mouvements de la caméra, un hélico modèle réduit, des heures et des jours de" planque ". La technique s'efface derrière le résultat : les vues ont l'air d'être l'oeuvre de crapauds ou d'escargots cadreurs. Les travellings suivent l'action, pas de vibration, une profondeur de champ étonnante. Et les créatures animées synthétisées par les plus gros ordinateurs sont renvoyés au rayon des mickeys pour console de jeu. En attendant que les dinosaures et autres hollywoodosaures fassent des progrès, vivent les diablotins, mantes, hydromètres, argyiopes, et même les droseras !  

A.F.

[R] Franck Bonin, Bernard Devaux, Alain Dupré : Toutes les tortues du monde
1996, Delachaux et Niestlé. 254 pp.

Quelle que soit la région du monde, l'Homme et la tortue ont souvent entretenu des rapports étroits. Pour la symbolique, elle est gratifiée de nombreuses qualités ou de sérieux inconvénients... et notre La Fontaine n'est pas le seul à l'avoir mise en scène ; sur le plan alimentaire, les tortues sont régulièrement exploitées dans plusieurs régions du globe ; dans les arts somptuaires, sa carapace a inspiré des artisans et l'" écaille " est la matière d'objets artistiques ; enfin, le pittoresque et la simplicité d'élevage en font parfois des animaux de compagnie recherchés. Ces derniers aspects et bien d'autres, comme la destruction de certains biotopes, aboutissent, à l'heure actuelle, à la raréfaction d'un assez grand nombre d'espèces.
Or, on connaît aujourd'hui environ 260 espèces dont la diversité est grande. Leur taille varie d'à peine 10 cm(et 80 g), pour Homopus signatus, jusqu'à 2 m (et 950 kg) pour la tortue marine Luth, Dermochelys coriacea, et 1,20 m (et 300 kg) pour la tortue terrestre géante d'Aldabra, Dipsochelys elephantina. Si tout les chéloniens pondent des oeufs, leur nombre, suivant les espèces, va de un ou deux (comme chez Homopus) jusqu'à 1 000 (chez la tortue Luth). Elles occupent des milieux aussi divers que les eaux douces ou marines (fréquentant, pour certaines, des eaux chaudes ou froides jusqu'en Alaska) et les terres (supportant des climats désertiques comme Geochelone sulcata ou Homopus bergeri).
Cette encyclopédie, la première en français, est une source de documentation scientifique (systématique, biologie, protection) sur 248 espèces permettant grâce à plus de 300 illustrations d'admirer la beauté de certaines formes ou la bizarrerie de quelques morphologies. Un ouvrage de référence pour les curieux de la nature et les défenseurs de l'environnement.
Jacques d'Aguilar

[R] Viviane Forrester : L'horreur économique
Fayard, Paris, 1996

Un livre d'économie connaît actuellement un succès certain de librairie. L'horreur économique décrit et analyse la déréliction et le dérèglement du prétendu marché du travail. Dégâts sociaux et économiques accompagnent en cortège l'extension du chômage, qui ne signifierait rien moins que le passage à une société d'exclusion du plus grand nombre, à l'élimination de l'homme de la production de richesses, celles-ci étant accaparées par un petit nombre.

Livre d'économie ? Que nenni, vous rétorqueront en choeur les puristes, les professionnels, les économètres et autres chantres du meccano financier qui tient lieu de machine sociale. À les en croire, l'auteur n'est qu'une femme de lettres, une essayiste brillante mais superficielle, une pleureuse, une " gauchiste ", une manieuse d'images. Bref, tout sauf quelqu'un de qualifié pour critiquer un système économique ! Peut-on parler de ce domaine sans citer des chiffres, sans se référer à des modèles, sans recourir à des schémas (d'autant plus théoriques qu'on cherche encore leur validation) ? Quelle impudence, quelle hérésie que de venir dénigrer, sans diplôme, les constructions des économètres et autres prospectivistes.
Le livre est bien construit, même si l'on cherche une table des matières. La bibliographie est sérieuse et fournie. Mais la thèse énoncée dérange car, au lieu de chausser les bottes des chantres du travail fondement de la société et horizon de toute politique digne de ce nom, elle avance la thèse d'une inéluctable disparition du travail dans la société qui se crée actuellement. En termes plus crus, le travailleur est superflu, l'individu n'est même plus de la chair à canons ou de la chair à machines, il est devenu un obstacle à l'accomplissement économique : le profit maximum. La critique est acidifiée non seulement par l'énumération des plans injustement nommés sociaux, mais aussi par les efforts déployés pour persuader les salariés de leur " privilège "... d'être exploités. Le corollaire immédiat de cette situation, c'est l'exclusion.
Et de dénoncer les sophismes ordinaires du discours à vocation économique. Tel Prix Nobel d'économie affirme que le travail est trop cher et que les allocations chômage sont trop rémunératrices. Tel organisme expose, sans aucune ironie, quele niveau de chômage n'est pas suffisamment élevé pour peser sur les salaires réels. Tel patron explique les dégraissages par la nécessité de sauvegarder l'emploi. À se demander si les mots ont encore un sens. Et d'épingler ces déclarations qui réduisent le salarié à être demandeur d'emplois toujours moins rémunérés. Jusqu'à quel niveau peut-on ainsi le baisser ? Là n'est pas le problème. Il tient d'abord à la prise en compte du seul aspect financier de l'activité. Le processus économique est vidé de tout autre objectif : rien n'existe plus qu'un grand brassage de moyens monétaires, brassés par un petit nombre d'intervenants, dans des circuits de plus en plus compliqués.

L'environnement a-t-il une place dans une société ainsi modelée ? L'auteur n'en souffle mot. Mais, si nous nous en tenons à la logique qu'elle met en lumière - les entreprises se délestent de tout ce qui les encombre - nous pouvons imaginer leur manière d'envisager les prélèvements sur les " biens libres " (air, eau, biodiversité), l'élimination des déchets, la responsabilité collective du patrimoine humain. Elles désertent le lien social - peut-on leur demander de l'assumer quand on assigne le profit comme seul but - et désertifient la planète. Animées du complexe de Midas qui, à sa demandereçut des dieux le don de convertir en or tout ce qu'il toucherait, elles finiront par ne plus pouvoir se nourrir ; tel l'organisme de ce roi qui ne pouvait digérer l'or, elles ne pourront guère transformer les profits monétaires en air ou en eau.
Comme elles reportent sur l'État le soin de nourrir les exclus, tout en lui refusant les moyens d'y pourvoir (en exigeant une baisse de la fiscalité), elles reportent sur des marchés mythiques le soin de préserver les ressources vitales sans contrepartie de leur part. En termes " techniques ", l'entreprise externalise : c'est-à-dire qu'elle confie à l'extérieur des tâches et des fonctions qu'elle ne juge pas essentielles, afin d'acheter les biens et services à des prix inférieurs à ceux qu'elle encourait en les produisant elle-même. Comme donneur d'ordres et client, elle impose ses prix aux sous-traitants, d'autant plus qu'elle dispose déjà de la puissance financière. Ainsi, pèse-t-elle directement sur les coûts de production, mais aussi, indirectement sur les coûts sociaux induits par cette pratique.
Les charges sociales (expression du prix à payer pour assurer la cohésion d'une société : le souverain doit veillerau bien-être des sujets) sont transférées vers des firmes qui ne peuvent pas y faire face intégralement, puisque le prix qui leur est payé est inférieur à celui antérieurement pratiqué. Deux autres conséquences : multiplier les transactions donc les coûts liés à celles-ci, le transport, dont on peut jauger l'importance stratégique à chaque grève dans ce secteur, et l'information, dont on a feint de croire qu'elle créerait suffisamment d'emplois pour compenser les suppressions dans les autres secteurs (la fameuse " croissance des services "). De cette façon, sont multipliés les prélèvements intermédiaires sur une somme calculée non en fonction de la productivité des facteurs, comme le voudrait la théorie classique, mais sur le profit oligopolistique des grandes sociétés, une simple logique financière. Celle-ci s'oppose radicalement à des créations d'emploi et à la prise en compte de toute contrainte externe : l'entreprise et seulement l'entreprise comme source de gains.
Dans ces conditions, toute politique qui vise à faire internaliser des coûts par l'entreprise est vouée à l'échec. Entretien du lien social ou du patrimoine naturel sont considérés plutôt comme biens libres et gratuits, ou du moins à la charged'autres qui, aux dires des praticiens de l'entreprise, restent improductifs. La boucle est bouclée : l'entreprise utilise, elle ne paie pas. L'environnement ne lui appartient pas, elle ne peut que refuser toute taxation ou contribution à la réparation des dommages globaux. Elle peut prélever sur l'environnement puisqu'elle prétend restituer sous forme de " richesses ", le plus souvent monétaires. Deux questions se posent : ces richesses sont-elles réparties comme la richesse prélevée, la même pour tous ? Comment peut-on acheter une couche d'ozone ?
Jean-Pierre Nicol


[R] On signale : LIVRES


Pierre Cabard et Bernard Chauvet  : L'étymologie des noms d'oiseaux
1996, éd. Eveil, 208 pp.

Jean-Paul Parisot et Françoise Suagher : Calendrier et chronologie
1996, éd. Masson, 209 pp.

Odile Conchou et Roselyne Pineau (dir.) : Guide des formations initiales en environnement
1996, Victoires-Editions, coll. L'Environnement magazine, 401 pp.

P. Planquette, P. Keith et P.-Y. Le Bail : Atlas des poissons d'eau douce en Guyane  
1996. Collection du patrimoine naturel, vol. 22, tome 1, IEGB-MNHN-INRA-min. Envir, 29 pp.

Le goût de la découverte  : Histoires agronomiques  
1996, coéd. INRA, 138 pp.

La diversité biologique en France
1996, éd. min. Envir., 318 pp.


L'Office national des forêts publie, dans la collection Les hommes et la nature, et sous la plume de Véronique Joncla et James Gourier, des ouvrages maniables, pratiques, agréables et utiles :

Les arbres de nos forêts  
1996, ONF Ed.

Promenons-nous en forêt  
1996, ONF Ed.

Le métier de forestier  
1996, ONF Ed.

Les animaux de nos forêts  
1996, ONF Ed.


Les oiseaux de la région Nord-Pas-de-Calais
1996, éd. GON

Michel Prieur (dir.) : L'agriculture biologique : une agriculture durable ?  
1996, éd. PULIM, 362 pp.

Georges Olioso : Oiseaux de Vaucluse... et de la Drôme provençale
1996, éd. CROP & CEEP, 207 pp.

Groupe de Bruges : Agriculture : un tournant nécessaire
1996, Editions de l'aube, 91 pp.

Données économiques de l'environnement  
1996, éd. Economica, 249 pp.

Vincent Piveteau : Prospective et territoire : apports d'une réflexion sur le jeu
1996, CEMAGREF Editions, 298 pp.

La formation se met en scène  
1996, éd. Centre Info, 280 pp.

Geneviève Carbone, Yves Delange, Jean-Claude Gachet, Mireille Lemercier : Abécédaire des orchidées
1996, éd. Flammarion, 120 pp.

Michel Garcia et Marie-Françoise Delarozière : De la garance au pastel
1996, Edisud Nature, 127 pp.

H. H. Koepf : Les nitrates
1996, éd. Vie et action, 78 pp.

Le Conseil économique et social
1996, la Documentation française, 173 pp.

Antoine Trémolières : Le Manteau vert  
1996, éd. Nathan, coll. Science et nature, 206 pp.

L'état du Saint-Laurent  
1996, éd. Multimonde, 2 vol.

Pierre Garnier : Les herbes, les arbres, les peuples
1987, éd. Maloine, Paris

Lucette Davy et René Neboit-Guilhot (dir.) : Les Français dans leur environnement  
1996, éd. Nathan, 382 pp.

La Forêt, L'Eau, Les Déserts, Les Oiseaux

Tahiron Diao, Xavier Isaac, Martin Klotz : Vocabulaire trilingue de l'environnement  
1996, éd. Lavoisier, 342 pp.

Les parcs naturels régionaux  
1996, éd. Gallimard, 264 pp.

Jean-Pierre Bertrand et Guillermo Hillcoat : Brésil et Argentine : La compétitivité agricole et agro-alimentaire en question  
1996, coéd. INRA-l'Harmattan, 319 pp.

L'environnement en France : Approche régionale
1996, coéd. IFEN-La Découverte, 351 pp.

Pierre Donadieu (dir) : Paysages de marais  
1996, éd. de Monza, 200 pp.

[R] RAPPORTS, COMPTES RENDUS, THÈSES


Bio-indicateurs végétaux de la qualité de l'air
1996, coéd. ADEME-INRA, 153 pp.

Planta Europa  
Foliaison, n°9, mai 1996

Sciences, société, environnement  
1996, éd. IEGC, 301 pp.

Anne Réocreux et Dominique Dron : Débat public et infrastructures de transport
1996, la Documentation française, 116 pp.

Le mouvement associatif dans le secteur de l'environnement
1996, éd. min. Envir.

Le rôle du droit dans les phénomènes de crise. L'expérience de la transfusion sanguine.
1996, éd. CNRS, 123 pp.

Martine Beche (coord.) : La biodiversité : approche et enjeux  
1996, éd. GRAF Aquitaine, 73 pp.

Les entretiens de la communication scientifique et technique  
1996, éd. ASTS, 72 pp.

Biodiversité et environnement  
1925, éd. Tec&Doc, 88 pp.

Sustaining soil productivity in intensive African agriculture
1996 éd. CTA, 124 pp.

Alain Morisot et Pierre Ricci (coord.) : IInd International Symposium on Roses
1996, coéd. INRA-ISHS, 412 pp.

CERGRENE
Rapport d'activités 1995

Agriculture et forêt péri-urbaines  
Trans Rural Initiatives n°27 (supplément), septembre1996, 23 pp.

L'agriculture dans l'espace péri-urbain
1996, coéd. ENSP- BN- INRA, 145 pp.

Catherine Christophe, Sylvie Lardon et Pascal Monestiez : Etude des phénomènes spatiaux en agriculture  
1996, INRA Editions, coll. " Les Colloques " n°78, 364 pp.


Construire ensemble des références régionales pourle développement agricole et rural
Comptes rendus de l'Académie d'agriculture de France, 82(5), 1996


[R] PÉRIODIQUES

Evelyne Simonnet : Le Moyen Age côté jardin, Science et nature, n°68, septembre 1996

La lettre des réserves naturelles , n°40, 3e trimestre 1996

Le Râle d'eau, n°87, septembre 1996

La Garance voyageuse, n°35, automne 1996

Bulletin de la Société de sciences naturelles et d'archéologie de la Haute-Marne,  
Tome 24, fasc. 19, 3e tr. 1996

Etudes, Septembre 1996

Les carburocrates, Nature environnement en région centre, n°46, sept.1996

Les quatre saisons du jardinage, n°101, novembre-décembre 1996

Le Liron , n°15, août 1996

Environnementn°3/96

Tintenna , n°0, août-octobre 1996

Les données de l'environnementn°24, septembre 1996

Les Amis du Muséum d'histoire naturelle, n°187, septembre 1996


Agricultures, Vol. 5, n°4, juillet-août 1996

Pige, n° 7, octobre 1996

Ingénieries, n°6, juin 1996  

Chênes vert et blanc, Forêt méditerranéenne, t. XVII, n°3,juillet 1996

Combat nature, n°115, novembre 1996

Ambiente, Risorve, Salute, n°49, vol. IV, septembre 1996

La tribune du GERERE, n°19/41, août 1996

L'Info loups, n°1, novembre 1996

Insectes, n°102, 3e trimestre 1996

Biofutur, n°160, octobre 1996

Info santé déchets, n°14, juillet 1996

Cahiers d'économie et sociologie rurales, n°39-40, 2e et 3e trimestres 1996

Sources d'information, Aménagement et nature n° 122, été 1996  

Infozoo, n°12, novembre 1996


[R] DOCUMENTS, PLAQUETTES, ETC.

Jean-Louis Rivière et Véronique Barre (coord.) : Impacts des pesticides sur la faune et la flore sauvage  
1996, éd. min. Envir., 76 pp.

La vitrine du PRIFAS
1996, éd. CIRAD-GERDAT-PRIFAS, 146 pp.

Le négoce bordelais des denrées tropicales  
1996, Les cahiers de la mémoire n°6, 120 pp.

Marc Verdier : Le patrimoine architectural rural dans la problématique des plansde développement durable
1996, éd. MC-DP-MPE/CNAPDD, 69 pp. + ann.

J.-J. Geoffroy, J.-P. Mauriès, M. Nguyen Duy-Jacquemin (dir.) : Acta Myriapodologica
1996, éd. MNHN

Olivier Gayte, Thérèse Libourel, Jean-Paul Cheylan et Sylvie Lardon : POLLEN
1996, éd. IARE, 109 pp.

François Grosclaude, Yves Geay, Marie-Hélène Farce(coord.) : Cinquante ans de recherches en productions animales
1996, Productions animales, hors série, 152 pp.

Matériaux entomocénotiques
Tome 1, 1996

Le répertoire de la culture scientifique et technique en Aquitaine
1996, éd. Lacq Odyssée, 191 pp.

Champignons : le guide
Sciences et avenir n° 108, septembre-octobre 1996

1946-1996 : cinquante ans de recherches à l'INRA de Colmar
1996, éd. INRA, 31 pp.

Jardins... Des espaces à réinventer
1996, éd. Les amis de la Terre France

Les leçons d'Habitat II
Vivre autrement

Le développement durable 
1996, éd. MNHdS, 24 pp.

Catalogue des rapports sur l'environnement 1993-1994
1996, coéd. CNRS-min. Envir., 55 pp.

Euro Consultants : Le micro-guide des aides européennes 1996/1997
1996 ; éd. Networking information, Paris, 245 pp.

Jean Louveaux : Chronique historique de la zoologie agricole française
Les abeilles et l'agriculture
1996, INRA Editions, 95 pp.  

AGRI-ECO DOC
n°24, juillet-août 1996

Rejets et pollution agricole
1996, éd. INRA-MCE, 136 pp.

Dico Solo
1996, éd. Té-Arte, 690 pp.

Françoise Dosba (coord.) : La recherche à l'INRA dans la filière fruits
1996, éd. INRA, 133 pp.


[R] AUTRES...


Semences et vie

De l'arbre à la table...la noix en Europe
1996, cédérom portfolio

 [R]  Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°29 ; Les ressources bibliographiques du Courrier.