Bibliographie : Courrier n°45, février 2002

On a lu, on a vu, On signale (Livres, Rapports, comptes rendus, thèses, Périodiques, Documents, dossiers, plaquettes..., Autres médias).
Le Courrier de l'environnement de l'INRA,
n°45 ; Les ressources bibliographiques du Courrier


[R] On a lu, on a vu

Les sillons de la colère : la malbouffe n'est pas une fatalité (par Dominique Desbois) ; Les vaches de la République. Saisons et raisons d'un chercheur citoyen (par Bernard Huber) ; Sagesse des arbres, textes choisis et présentés par Benoît Desombres (par Pierre Marsal) ; Introduction à la gestion conservatoire de l'eau, de la biomasse et de la fertilité des sols (par Pascal Saffache) : La société inhumaine. Mal-vivre dans le bien-être (par Pierre Marsal) ; Océans (par Jacques d'Aguilar) ; Pas folle la vache (par Yves Le Pape).

[R] On a lu, on a vu

Les sillons de la colère : la malbouffe n'est pas une fatalité, par André Pochon
Syros, coll. Alternatives économiques, 2001, 127 p.

" Non, la malbouffe n'est pas une fatalité ! " proteste André Pochon dans son dernier ouvrage intitulé " les sillons de la colère ". Fondateur du réseau Agriculture durable, l'auteur a milité tout au long de son parcours de paysan-citoyen pour une agriculture respectueuse de l'environnement afin d'échapper aux cercles vicieux d'un hyper-productivisme installé, semble-t-il, au bénéfice exclusif des lobbies industriels de l'agro-alimentaire.
Dans cet ouvrage, André Pochon montre que les mesures prises dans les années 1970 pour instaurer à coup de subventions publiques un modèle productif dont les coûts sont artificiellement minorés, relèvent de l'aberration économique depuis trop longtemps. Désormais, les nuisances générées par ces dérives productivistes s'imposent aux consommateurs, des excès de nitrate dans l'eau du robinet aux prions dans le beefsteak en passant par les résidus de dioxine ou d'antibiotique. Et l'auteur, avec son franc-parler, ressort un cadavre que beaucoup de responsables politiques et de hauts fonctionnaires ayant été en charge de l'agriculture au niveau français ou européen souhaiteraient laisser au placard. Le modèle de cogestion instauré en France dans les années 1960 favorisant une représentation monolithique de la profession agricole a entretenu la confusion des rôles. Depuis, étendu à la Politique agricole commune sous la pression du complexe agro-industriel, ce consensus institutionnel permet-il à l'Europe de réguler efficacement les excès du productivisme et de s'opposer aux stratégies des firmes transnationales de l'agro-alimentaire, centrées sur le profit immédiat ?
L'agriculture durable, c'est possible ! André Pochon l'affirme pour l'avoir expérimentée avec plus de 400 éleveurs des Côtes-d'Armor et 2 000 agriculteurs dans l'Ouest de la France. Évidemment, ces expériences de recherche-action suivi par des agronomes de l'INRA, basées sur la production fourragère, la rotation des cultures et les complémentarités élevage-culture, n'ont pas connu de record d'audience : elles sont beaucoup moins médiatiques que le démontage de " fast-food ". Pour sortir des impasses du productivisme, encore faut-il avoir le courage politique de tirer les leçons du passé : l'auteur propose de supprimer les subventions au maïs-fourrage et à l'irrigation, taxer les pesticides et les engrais azotés, briser le mythe de la vocation exportatrice et réaffirmer le nécessaire maintien de la préférence communautaire. De telles dispositions, si elles étaient adoptés, constitueraient une véritable révolution pour le Landernau des politiques publiques agricoles.
Mais il faut vouloir la réforme, nous prévient André Pochon, et les " champs du possible "1 sont à ce prix : les clients doivent devenir des " consom'acteurs ". Il semble bien que cela constitue un passage obligé pour réconcilier la société française avec son agriculture et son alimentation. Malgré une orientation parfois polémique, les propositions de l'ouvrage mériteraient d'être versées au dossier concernant l'agriculture durable.
Dominique Desbois
Dominique.DESBOIS@agriculture.gouv.fr

1 Du même auteur, à lire également, les Champs du possible : plaidoyer pour une agriculture durable, paru en 1999 chez le même éditeur.

[R] Les vaches de la République. Saisons et raisons d'un chercheur citoyen, par Bertrand Vissac
INRA Éditions, collection " Espaces Ruraux ", 506 p.

Hier, bases de l'autosubsistance puis fer de lance des Trente Glorieuses, aujourd'hui tout à la fois symboles des excès du productivisme et de la reconquête des territoires ruraux, les vaches ont été et continuent à être de tous les combats.
Mais de quelles vaches parlons-nous et, surtout, comment les scientifiques en parlent-ils lorsqu'ils proposent de nouveaux modes d'élevage ? Bertrand Vissac1 nous livre dans son ouvrage
Les vaches de la République, le témoignage unique d'un parcours de chercheur agronome dans cette période qui a vu naître le bœuf " culard ", la Prim' Holstein, la désertification des campagnes et la vache folle…
L'histoire si chaotique de l'élevage français prend alors un sens nouveau à la lueur des avancées de la connaissance scientifique, des pouvoirs et contre-pouvoirs qui s'en emparent. Cet ouvrage est également un plaidoyer passionné pour une vision systémique de l'élevage qui lie la reproduction, la sélection et l'alimentation animales à l'aménagement des territoires et à la qualité des produits. Pour B. Vissac, c'est donc une réflexion collective qui doit présider à la vie, la production et la reproduction de nos animaux domestiques, ce qu'il regroupe sous le concept de génération animale. Peut-être serons-nous ainsi mieux armés à l'avenir pour prévenir de nouvelles crises de l'élevage telles que celle de la vache folle et de la fièvre aphteuse ? Pour le moins, ce nouveau regard permet-il de mieux comprendre les processus qui ont conduit à ces événements dramatiques.
Dans la postface de l'ouvrage, Bernard Hubert, actuel successeur de B. Vissac à la tête du département Systèmes agraires et développement de l'INRA (SAD), s'est livré à cet exercice d'interprétation… Nous en reproduisons ci-dessous de très larges extraits.

L'ouvrage de Bertrand Vissac n'est pas seulement une analyse réflexive sur les cinquante dernières années de sélection bovine en France, c'est aussi une contribution aux questions qui sont encore devant nous… même si certaines se profilent à grande vitesse !
[…]
[Le concept de génération animale] garde toute sa pertinence au vu d'événements récents qui touchent de plein fouet l'élevage bovin, comme la crise de la " vache folle " en Europe occidentale ou la récente épidémie de fièvre aphteuse qui a touché le Royaume-Uni et éclaboussé la France et les Pays-Bas.
La première touche particulièrement en France l'élevage laitier intensif et spécialisé, fleuron de la modernité ; elle est exemplaire des questions pour lesquelles la science est vivement interrogée de nos jours : elle interpelle les détenteurs des savoirs scientifiques qui se sont laissés surprendre par l'apparition d'un agent causal inconnu, juste à l'interstice des domaines de la chimie et de la biologie, au lieu même où s'initie le processus de génération du vivant ; elle interroge les acquis scientifiques les mieux établis puisque le prion peut franchir les barrières d'espèces, en infectant gravement les bovins, en générant un variant nouveau d'une maladie identifiée chez l'homme ; elle interpelle les tenants du progrès technologique qui a conduit à l'utilisation mal contrôlée de farines animales pour apporter les nutriments nécessaires, sous forme concentré, à des vaches tellement performantes qu'elles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins à partir d'une alimentation plus classique ; elle interpelle enfin les habitudes, qui faisaient que, depuis deux siècles au moins, la tremblante du mouton, qu'on croyait avoir bien identifiée et qu'on ne sait plus reconnaître de nos jours de l'ESB, était traitée par la simple élimination des animaux malades… et c'est peut-être même, là, l'origine de tout !
Voilà bien effectivement un problème au cœur des générations animales, qui mêle à la fois la génétique, la reproduction et l'alimentation… En France, l'ESB a touché essentiellement l'élevage laitier, tout en épargnant jusqu'ici le troupeau allaitant, alors qu'au Royaume-Uni, à l'origine de la crise des " vaches folles ", elle aurait touché indifféremment laitières et allaitantes. Dans les deux cas, le troupeau allaitant est important mais si, en France, traite et allaitement sont en général pratiquées avec des races différentes - ce que l'on doit à une volonté politique de préserver les identités raciales -, au Royaume-Uni, le troupeau de vaches allaitantes est généré par le troupeau laitier à travers le croisement "viande" dit à double étage. Cette pratique, parfois considérée comme un idéal techniciste (cf 3e partie de l'ouvrage), a favorisé la transmission de l'ESB par la voie utérine à partir des troupeaux laitiers infectés par les farines animales aux animaux allaitants, pourtant faibles consommateurs de concentrés (cf chapitre 7). C'est là une dimension significative, tant vis-à-vis des extensions de l'ESB que de l'efficacité des solutions de protection sanitaire à adopter sur le court et le long termes.
D'autres problèmes, d'autres enjeux se conjuguent aujourd'hui à celui-ci. Pensons, pour n'en citer que deux parmi d'autres, aux pollutions par les nitrates ou à la recherche de qualité des produits (le regain d'intérêt actuel pour les rendements fromagers de la race Normande, par exemple) : dans tous ces cas, c'est bien des populations animales dont il s'agit et pas seulement des individus et des troupeaux, qui sont jusqu'ici les niveaux privilégiés de raisonnement des chercheurs et d'action des opérateurs.
Enfin… pas de tous les opérateurs car ces questions mettent en jeu, non seulement la perception qu'ont les consommateurs - de produits laitiers ou carnés - mais les accords internationaux qui conditionnent le développement des produits et des exportations agro-industriels. En témoigne la réticence du Conseil national de l'alimentation à suivre les recommandations de l'AFSSA2 de ne plus abattre systématiquement tous les animaux présents dans le troupeau dans lequel un animal atteint d'ESB a été dépisté. Il n'est plus question ici de connaissances sur le prion, sur ses modes de transmission, sur l'épidémiologie de l'ESB, sur les techniques d'alimentation et de fabrication des aliments… mais de marchés à l'exportation, de produits alimentaires pour les hommes et d'aliments pour animaux, qui circulent ainsi entre hommes et bêtes et entre bêtes, elles-mêmes, d'espèces différentes ! Le prion n'est pas seulement un agent infectieux, il est bien également le révélateur du fonctionnement d'une société.
La récente épidémie de fièvre aphteuse est une caricature de cette situation ! Le monde est divisé en deux zones, non pas seulement les pays industrialisés et les pays en développement, avec éventuellement les pays en transition entre les deux, mais les pays indemnes de fièvre aphteuse et ceux qui ne le sont pas. Et, sous nos yeux, nous constatons qu'il est bien plus facile de changer de catégorie dans cette partition que dans la première évoquée. Facile, mais coûteux ! En effet, les pays de la première catégorie - les indemnes - peuvent exporter de la viande dans tous les autres pays du monde ; les autres - les atteints - ne peuvent le faire qu'entre eux… Or, plusieurs d'entre eux sont déjà exportateurs. Bref, les marchés importants sont dans le premier Monde et, pour y avoir accès, il faut être indemne soi-même.
Si on ajoute, qu'on ne peut pas distinguer les animaux ayant acquis une immunité par vaccin de ceux qui l'ont obtenu après avoir été malades (la plupart s'en remettent !), on a vite tout compris : il vaut mieux ne pas vacciner pour garder ses marchés et garantir des animaux au test sérologique négatif. Pour cela, on ne vaccine pas et on élimine les animaux ayant été au contact de la maladie3… quitte à éliminer large, voire très large, comme cela s'est passé au début de cette année [2001]. C'est ce qu'a toujours fait le Royaume-Uni ; c'est ce qui se fait en France et en Europe continentale depuis 1991. L'Union européenne a ainsi multiplié par trois ses exportations de viande de porc4 et presque doublé celles de viande bovine, ce qui a permis de compenser en grande partie l'effondrement qui a suivi la crise de l'ESB au milieu des années 19905. C'est à ce prix que les pays européens accèdent aux marchés asiatiques, nord-américains et de la zone Pacifique, preneurs des arrière-mains de bovin et de carcasses de porcs. Et cet enjeu n'est pas sans conséquences pour d'autres, ailleurs dans le monde.
En effet, que deviennent les avant-mains ? Elles sont expédiées vers l'Afrique mais, pour cela, l'Union européenne doit soutenir financièrement cette exportation afin de rendre la viande européenne compétitive avec la production locale… Nos éleveurs entrent ainsi directement en concurrence avec les éleveurs de zébus ! Peut-on imaginer longtemps que le développement " durable " ici repose sur le sous-développement entretenu ailleurs ? La question de l'approvisionnement alimentaire des grandes villes africaines est un véritable enjeu, qui ne doit pas être strictement régulé par un marché simplificateur, mais doit prendre en compte les complémentarités réelles entre Nord et Sud, les coûts énergétiques des transports, les équilibres entre productions vivrières et de vente, les infrastructures locales et leurs conséquences sur l'aménagement des territoires… On retrouve ainsi, ici également, les systèmes agraires construits par la rencontre entre des territoires en pleine mutation et des générations animales : ceux des sociétés pastorales sahéliennes fondées sur l'élevage des zébus, et ceux des systèmes d'agriculture-élevage mis en place depuis plusieurs décennies à l'occasion du développement de cultures industrielles comme le coton et de l'introduction de bétail trypanotolérant.
Dans ce contexte de mondialisation, force est de constater que les animaux d'élevage n'y sont plus que les pièces d'un jeu dans des accords mondiaux qui, à la fois, exigent une prise en compte du bien-être animal et, s'il le faut, la simple " destruction " des animaux… comme on le dirait d'objets manufacturés usagés ou obsolètes ! Ces accords ignorent tout le sens qui peut être donné à l'acte d'élever des animaux, à orienter le développement du vivant au bénéfice des activités humaines, pour vêtir et nourrir les hommes, et souvent à composer alors avec d'autres forces, celles de la nature… A-t-on à ce point artificialisé notre monde ? Justement non, et l'ESB, la fièvre aphteuse, les OGM dans le domaine végétal - pour l'instant - nous le rappellent à la moindre occasion ! Les rapports des hommes avec le monde vivant ne relèvent pas de la seule instrumentation, chère aux scientifiques. La question, aujourd'hui, n'est plus de savoir comment maîtriser la nature, mais comment en maîtriser sa maîtrise… Comment convenir des conditions de leur utilisation qui nous garantissent de ne pas avoir créé de toute pièce des objets qui nous échappent et bouleversent à la fois l'ordre des humains et celui de la nature ? L'anthropocentrisme y est pris à son propre jeu…
La recherche n'aurait-elle pas oublié que les rapports des hommes avec le monde vivant ne relèvent pas de sa seule instrumentation sensée avoir un caractère universel, que les techniques sont à la fois culture et matière, et que la connaissance est un processus social ? C'est bien ce que nous rappelle ici Bertrand Vissac, à longueur de pages. Ce n'est pas la même chose que d'envoyer à l'abattoir les produits, bien " finis ", d'un troupeau familier et sélectionné depuis souvent plusieurs générations, que de voir l'ensemble des animaux de la ferme abattu au pistolet, en l'espace d'une journée, dans la cour même de l'exploitation ! Que reste-t-il alors de ce qui fait le sens d'un métier6 ? Un métier, c'est fait de savoirs et de savoir-faire, de liens sociaux et historiques, de reconnaissance des qualifications.
Quand on remet en cause une certaine division du travail dans les procès industriels et que le travail et l'emploi deviennent des enjeux stratégiques à l'échelle des nations entières, il est temps de découvrir qu'on a fait de même dans l'agriculture, en se cachant, avec la complicité des professionnels eux-mêmes (ou, tout au moins, de leurs représentants), derrière l'image d'une libre entreprise ! On découvre ainsi, quand les consommateurs se mettent " en grève " de l'achat de viande bovine, que les systèmes de production tournent à vide : le produit final, ce n'est pas qu'une carcasse reconnue dans un dispositif de qualification EUROP7 mais des aliments pour des consommateurs qui s'en nourrissent et qui ont aussi des savoirs, des connaissances, des intérêts et des liens sociaux… qui rétroagissent sur ceux des producteurs. À trop découper et instrumenter, nous avons perdu de vue ce qui fait système. À trop regarder la vie au microscope, nous ne voyons plus les organismes et les organisations. N'aurions-nous pas oublié que les sociétés humaines sont vivantes également, constituées d'être vivants et pensants, en interaction entre eux et avec leur environnement ? N'aurions-nous pas, tout simplement, oublié cette génération animale, pur produit d'interface entre le vivant domestiqué et les humains capitalisant, ici matériellement, leur évolution technologique et sociale depuis le Néolithique ?
Cela interroge également ce qui détermine l'énonciation de " l'intérêt général ". La nouvelle loi d'orientation agricole, tout comme l'Agenda 2000, posent explicitement la question des relations entre les activités agricoles et le développement des territoires. Qu'en est-il aujourd'hui quand s'entrechoquent des intérêts aussi conflictuels entre des marchés mondiaux et un tissu rural fondé sur des activités diverses mais dont la maille dépend de la présence d'activités agricoles ? Contradictions entre une politique nationale qui vise des positions commerciales au niveau international et une politique nationale qui vise à structurer durablement le pays dans son territoire : le maintien de nos campagnes actives, des paysages accueillants pour les résidents et les touristes, le respect de la biodiversité ne peuvent-ils dépendre que de tels marchés lointains, à la fois porteurs et enjeux des risques ? La gestion des flux de biens et des valeurs a pris plus d'importance que les conditions de production de ces biens, et que les hommes et les territoires qui leur donnent leur valeur. Que sont devenues les populations issues de cette longue capitalisation que représentent les populations animales ? On découvre, à cette occasion, ce qui a été le produit de décennies de modernisation des circuits agricoles : des porcs du nord-est de l'Angleterre sont abattus au sud-est, contaminant au passage des moutons qui eux sont expédiés au sud-ouest diffusant la fièvre aphteuse dans tout le sud de l'Angleterre, des ovins transitent par la Mayenne entre l'Irlande et la Seine-et-Marne, des bovins sont élevés dans le Cher, engraissés dans la Manche pour être abattus en Ille-et-Vilaine, puis consommés dans les Bouches-du-Rhône, des farines animales circulent entre différents pays pour changer de nationalité… Il faut alors une identification nationale pour tous les bovins … pourquoi pas les ovins, les porcins… mais alors, plus c'est complexe et réglementé, plus c'est coûteux et difficile à contrôler ! On peut toujours accuser des fraudeurs dans un tel système, tellement complexe et difficile à maîtriser qu'il y est effectivement possible de tricher… sans se faire prendre. Au moment de la mise à l'herbe des herbivores, faudra-t-il interdire la libre circulation des chevreuils et des sangliers ? Faudra-t-il également leur affecter un numéro d'identification national ? Faudra-t-il instrumentaliser le " sauvage " pour avoir trop technicisé le domestique ?
On veut reconnaître la multifonctionnalité des activités agricoles tout en incitant à leur spécialisation. N'a-t-on pas un peu perdu de vue ce qui fait le bien commun et ses procédures d'énonciation dans une société démocratique ? N'a-t-on pas perdu de vue qu'élever des animaux ce n'est pas que livrer du lait, de la viande, des fibres ? La France paysanne est sortie de son " archaïsme " sans que le reste de la société s'en préoccupe beaucoup, mais qu'a-t-on su construire - collectivement - à la place des formes anciennes d'organisation locale ? Qu'a-t-on su construire qui respecte, au Nord comme au Sud, un développement des sociétés humaines qui soit réellement durable ?
Il est temps d'innover en inventant de nouvelles formes de gouvernance de notre alimentation et de notre espace de vie… Et peut-on innover sans une contribution significative de la Recherche ? Mais peut-on innover sans que la Recherche s'implique dans les débats sur des questions qui la concernent, au-delà de ses clivages disciplinaires, sans qu'elle s'engage avec les autres innovateurs, dans la conception collective de nouvelles manières d'agir ensemble et dans la production des connaissances dont nous aurons besoin pour les conduire ? Des apprentissages collectifs et croisés entre chercheurs et non-chercheurs, une meilleure articulation entre sciences de la nature, sciences techniques et sciences sociales, voilà qui donne toute sa pertinence à la réflexion de Bertrand Vissac ! Et voilà qui donne également tout son sens à ses propositions pour identifier des objets de recherche, comme la génération animale, qui permettent à la fois d'étudier comment les activités d'élevage qualifient les métiers et les savoirs (du producteur au consommateur), structurent les organisations et construisent les territoires, dans des processus historiques que l'immédiateté désincarne sans proposer à la place autre chose que troubles et incertitudes. Ces propositions peuvent déboucher sur des pistes de travail en vue d'identifier des grands types de troupeaux et de races (laitiers, allaitants, mixtes) qui soient reliés à des modes d'alimentation (pâturage d'herbe, ensilage de maïs, rôle du concentré) respectant des cahiers des charges. Des systèmes d'étiquetage devraient alors rendre transparents à des tiers les processus de production eux-mêmes…
Bertrand Vissac cherche comment, en définitive, faire se rejoindre la base et le sommet, pour informer les parties prenantes de ce système complexe à multiples niveaux, c'est-à-dire aider les consommateurs à choisir leur viande, les producteurs à savoir ce qu'ils font et quelles en sont les conséquences, et les chercheurs à savoir ce qu'ils cherchent et où le chercher. La recherche, tout particulièrement, ne doit pas se contenter d'une axiomatique du marché, pris comme une caution justifiant n'importe quelle investigation à visée technologique sensée apporter des solutions aux problèmes issus… justement, des limites de nos modèles économiques, comme si toute chose était égale par ailleurs. L'utilisation quasi-exclusive des termes de l'économie, souvent d'ailleurs pris dans leur sens commun, pour traiter des formes d'organisation, individuelle ou collective, de la production, confirme notre carence conceptuelle pour nourrir ce débat à partir de connaissances nouvelles. La recherche doit retrouver sa fonction critique et réflexive, non seulement vis-à-vis des mystères de la nature, mais également de la complexité des affaires des hommes, entre eux et à propos de leur maîtrise des objets de nature. Nous devons concevoir les objets de recherche qui nous permettent de le faire, en privilégiant les niveaux d'organisation intermédiaires de l'action collective - trop peu explorés en ce qui concerne le vivant et souvent considérés comme relevant de la seule expertise entre le politique, d'une part, et les niveaux de l'action quotidienne, d'autre part. Comme le rappelle Bertrand Vissac, nous devons prendre la mesure de l'extension du biopouvoir dans le domaine du vivant domestiqué, comme l'a si bien fait Michel Foucault pour les humains ; les progrès de la biologie, ces dernières années, et leur implémentation technologique, ne se sont pas fait sans régulations, mais celles-ci n'ont pas fait l'objet des nécessaires investissements de la recherche à l'échelle des micropratiques du pouvoir. Les chercheurs se sont contentés de leurs rôles d'innovateurs dans les laboratoires et d'experts dans des comités, sans voir ni prendre au sérieux que se généraient de nouvelles formes d'intégration sociale au travers des conceptions et de la maîtrise du vivant ainsi que des risques liés au développement technologique. C'est bien une grande leçon dans ce sens que Bertrand Vissac nous donne là, et c'est pourquoi la lecture de son ouvrage est non seulement passionnante mais d'une grande valeur heuristique !
Bernard Hubert
bernard.hubert@paris.inra.fr

1 Bertrand Vissac, ingénieur agronome de formation, a fait toute sa carrière de chercheur à l'INRA où il eut successivement la responsabilité de deux départements de recherche : celui de Génétique animale puis celui de Recherches sur les systèmes agraires et le développement. Il est actuellement directeur de recherches émérite.
2 Agence française de sécurité sanitaire des aliments.
3 En cas d'épizootie, on peut être toutefois autorisé à vacciner des animaux pour circonscrire les foyers (la vaccination périfocale, dite " en anneau ")… à condition de les abattre sitôt l'épizootie maîtrisée, afin de retrouver le statut " indemne ", sinon on ne pourrait pas distinguer les animaux séropositifs vaccinés de ceux qui ont été atteints par le virus.
4 Plus d'1,5 millions de tonnes en 1999, dont plus du tiers pour le Danemark et 1/6e pour la France.
5 L'ensemble représente, produits laitiers compris, près de 30 milliards d'euros pour l'ensemble de l'UE en 1999 !
6 Voir les réactions violentes de l'association britannique Farmers for Action !
7 Classification des carcasses qui est l'acronyme anglais de cinq catégories : E = extrasupérieure - U = très bonne - R = bonne - O = assez bonne - P = passable. Cette classification succède à celle connue sous le nom d'EUROPA.

[R] Sagesse des arbres, textes choisis et présentés par Benoît Desombres
2001, Calmann-Lévy, Paris, 312 p.

Philosophe, ami des arbres, Benoît Desombres nous convie dans ce petit livre de poche à une exploration de la littérature universelle sur le thème de l'arbre. De l'antiquité à nos jours, de l'Occident tout proche à l'Orient méconnu, il nous révèle la profondeur de ce sentiment qui de tout temps et dans toutes les civilisations, a lié l'homme et l'arbre. À coté de textes très connus (ne serait-ce que " Le chêne et le roseau "), il nous fait découvrir de véritables perles qu'il serait regrettable d'ignorer. Le lecture de ces textes, regroupés par thèmes et suivant une progression historique, ne nous permettra certainement pas de lever le voile qui recouvre le mystère de l'arbre, ni le secret de ce lien très fort qui nous unit à lui. Il nous aidera en tout cas à rêver.
Pierre Marsal
marsal@paris.inra.fr

[R] Introduction à la gestion conservatoire de l'eau, de la biomasse et de la fertilité des sols, par Eric Roose
1999, FAO, Rome, 420 p.

Publié en 1999 par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'ouvrage synthétise l'ensemble des connaissances relatives à la dégradation des sols et propose des pistes de réflexion, de gestion et d'aménagement différentes de celles proposées jusqu'alors par Bennet, le père de la conservation des sols, dont les théories (publiées en 1939) sont d'ailleurs jugées trop standardisées pour être efficaces.
Dans une première partie est présenté le concept de gestion conservatoire de l'eau et des sols (GCES) ; des définitions sont apportées, un éclairage historique réalisé et l'importance socio-économique de l'érosion mise à jour.
La seconde partie de l'ouvrage, détaille les différents processus érosifs (érosion mécanique sèche, en nappe, linéaire, en masse et éolienne) et les procédures qu'il est possible d'employer pour les pondérer. Ainsi, l'auteur démontre que l'érosion mécanique sèche peut être jugulée en réduisant le nombre des labours et leur profondeur, et en cultivant parallèlement aux courbes de niveau. L'érosion éolienne peut être pondérée en augmentant la cohésion des matériaux, en accroissant la rugosité de la surface du sol, en densifiant le couvert végétal et en réduisant la vitesse du vent. De nombreuses autres méthodes sont proposées pour pallier les érosions en nappe, linéaire et en masse.
La troisième partie de l'ouvrage est consacrée à des études de cas. Sont passées en revue l'Afrique (le bocage Bamiléké, le Rwanda), les Antilles (à travers l'exemple d'Haïti), la région méditerranéenne (à partir de l'exemple algérien), l'Amérique Latine (Équateur) et la France (Pays de Caux). A travers ses travaux de recherche et ceux de ses collègues de l'IRD et du CIRAD, l'auteur démontre qu'il n'existe pas une méthode de lutte contre l'érosion, mais un ensemble de méthodes dont les caractéristiques varient en fonction des milieux et des situations rencontrées. L'auteur rappelle aussi que la lutte anti-érosive n'est pas seulement l'affaire des spécialistes ; tous les acteurs (scientifiques, aménageurs, paysans, etc.), doivent y participer à leur niveau respectif.
Hormis son aspect purement scientifique, cet ouvrage présente un indéniable caractère pédagogique ; il a d'ailleurs servi à former plus de 700 ingénieurs agronomes et forestiers du CNEARC et de l'ENGREF. En définitive, il s'agit d'un ouvrage utile pour les scientifiques - qui y trouveront la synthèse des travaux menés ces cinquante dernières années sur la dégradation des sols - mais indispensable pour les étudiants et les naturalistes amateurs, dont les opinions parfois préconçues seront totalement bouleversées.
Pascal Saffache
Pascal.Saffache@martinique.univ-ag.fr

[R] La société inhumaine. Mal-vivre dans le bien-être, par Salvador Juan
2001, L'Harmattan, collection " Sociologies et Environnement ", Paris, 256 p.

La société inhumaine ? Sous la plume d'un sociologue, une telle expression revêt un sens aporétique très fort, tant humanité et société sont deux concepts indissociablement liés. Pour aborder cette question, Salvador Juan, professeur de sociologie à l'université de Caen, part de l'évident constat que, dans la société contemporaine, " le bien-être apprécié au plan économique s'accompagne de mal-vivre au plan sociologique " (c'est d'ailleurs le sous-titre de ce livre : mal-vivre dans le bien-être). C'est donc sur ce paradoxe qu'il fait porter son analyse et - aspect original de cet écrit - c'est pour tenter d'y porter remède qu'il avance quelques pistes de réflexion et d'action. La question essentielle qui est posée, tout au long de l'ouvrage, est celle du développement des sociétés dites développées.
L'ouvrage, partagé en huit chapitres, comporte en fait trois temps majeurs. Le premier temps, celui de l'analyse rétrospective, décrit l'évolution concomitante et souvent antinomique du développement économique et du développement humain, en s'appuyant notamment sur l'exemple de l'évolution du marché, de la ville et de l'Etat. Emergence d'autorités constituées, logique du marché et division du travail social sont la clé du développement économique, mais constituent les prémices de la dégradation des conditions de la vie quotidienne, au milieu et du fait de l'abondance. Quatre tendances lourdes expliquent et mesurent cet état de fait : la spécialisation des espaces, le déclin des sociabilités, l'éclatement de la morale et la perte de repères, l'émergence de socio-pathologies en écho aux dégradations de l'environnement social.
Dans un second temps, l'auteur se livre à une description statique plus approfondie de ces quatre thématiques, examinant successivement : la segmentation de l'espace-temps, source de dislocation des identités et de ségrégations ; l'atomisation des individus confrontés au déclin des principales sphères de la sociabilité (famille, logement, voisinage, activité associative) ; l'éclatement de la morale entraînant désintégration symbolique, crise du sens, accroissement des délits, tension, fatigue et anxiété ; enfin la dévitalisation de la vie, responsable de pathologies psychologiques (névroses, stress parental affectant les jeunes enfants) mais aussi somatiques (cancers).
Le troisième temps est celui des dimensions du politique. Y sont passés en revue les différents domaines où est évoquée l'idée de développement : le sous-développement, le développement social, le développement durable. Salvador Juan en montre les limites et les ambiguïtés. Il préfère pour sa part le concept de " développement-enveloppement durable " (DED) qui lui ajoute les valeurs de préservation et de protection. Le modèle de DED qu'il propose " s'oppose à la société inhumaine au nom de l'autonomie des personnes, mais […] tente aussi de préserver les conditions institutionnelles du développement humain pour garantir socialement et politiquement cette autonomie ".
Il est bien évidemment impossible de résumer un tel livre, dense et argumenté. Il est tout aussi impossible d'en extraire les propositions concrètes qui y sont présentées (p. ex. sur le rôle des associations). On se contentera ici de présenter quelques observations générales. En premier lieu, il faut préciser que l'auteur limite volontairement son champ d'observation à la ville et à la vie quotidienne ; pour autant, son analyse peut être généralisée sans difficultés et intéresser des lecteurs plus portés sur les questions agricoles et rurales. En second lieu, il est assez remarquable d'observer que des analyses menées à partir de disciplines différentes aboutissent à des diagnostics similaires et proposent des solutions voisines : critique du productivisme, mise en cause de l'hégémonie du marché. Ici c'est la sociologie qui mène la danse. Car Salvador Juan est un sociologue qui revendique très justement l'autonomie de sa discipline. Et de façon parfois polémique : critiques réitérées à l'encontre des tentations impérialistes d'autres disciplines (l'économisme, la biologie notamment dans sa dimension évolutionniste1, qu'il dit vouloir " débusquer !). Sans doute, tous ne partageront pas toutes ses positions : la notion de société organisée restreinte à l'espèce humaine, la " sédimentation historique " pour ne pas invoquer l'évolution en matière de culture, la critique acerbe de la " zoofolie " qui conduit à poser la question des droits de l'animal, etc. Mais ce sont là bien plus des pistes d'ouverture de dialogue que des motifs de vaine controverse.
P.M.

1 Une synthèse des deux étant représentée par l'idéologie " évoproductiviste ", fortement contestée par S. Juan.

[R] Océans, par Jean-Michel Cousteau
2001, Delachaux et Niestlé, Paris, 240 p.

Cousteau, le marin dégingandé coiffé d'un bonnet de laine rouge, un des pionniers de l'exploration sous-marine, nous a fait découvrir le " monde du silence ". Son fils Jean-Michel, très tôt associé à son père à bord des bateaux Calypso et Alcyone, a depuis continué et essayé de faire partager sa passion pour la plongée sous-marine. Il a rapporté de ses nombreuses expéditions des souvenirs inoubliables et des documents extraordinaires. C'est l'objet du somptueux ouvrage qu'il nous présente sous le titre dépouillé d'Océans. Voici donc l'occasion de partir en voyage pour découvrir la biodiversité des Galapagos, ces îles enchanteresses, des Fidji et de leurs jardins de coraux, des mers froides, de la jungle sous-marine dominée par le kelp, véritable lacis d'algues brunes géantes, des arbres de la mer, les palétuviers et leurs racines à échasses plongeant dans l'eau saumâtre et abritant une faune curieuse comme le périophtalme, poisson mi-aquatique, mi-aérien, des épaves variées abandonnées par l'homme, si rapidement colonisées et devenant de véritables oasis pour de nombreux êtres marins. Voilà quelques-uns des aspects que nous révèle ce livre riche en évènements vécus et en images surprenantes. Nous n'aurons peut-être jamais l'occasion de plonger en scaphandre autonome, d'être un homme-poisson mais, grâce à cet album, nous partageons des instants rares et prenons conscience des problèmes écologiques des océans.
Jacques d'Aguilar.

[R] Pas folle la vache

Certes il y a encore quelques dizaines de cas d'ESB détectés chaque mois dans les troupeaux français. Mais cela ne doit pas nous faire oublier tous les animaux sains et bien portant de l'élevage français. Les " adorateurs " des vaches sont d'ailleurs toujours très nombreux et ils ont à leur disposition un bulletin mensuel Vach'Mag, accessible tous les mois sur la Toile à www.lavache.com/infos/indexdos.htm et mis en ligne avec beaucoup d'humour et d'amour par Pierre-Jean, le cyber-vacher.
Ce mois-ci, il faut aussi mettre à l'honneur deux splendides petits livres consacrés à la vache nantaise et à la Blonde d'Aquitaine que signe Yann Kerveno chez Castor et Pollux (castor_p@club-internet.fr).
La Nantaise, tout d'abord, est une race qui a failli disparaître comme beaucoup d'autres, sacrifiée sur l'hôtel d'une productivité très sélective. Aujourd'hui sauvée, valorisée, sélectionnée, c'est devenu un " catalyseur d'identité régionale, point d'ancrage du patrimoine du pays nantais ". Muscadet et Nantaise, même combat, en quelque sorte. Longue vie à ce bel animal illustré dans ce livre par les superbes photos de Philippe Deschamps.
La Blonde d'Aquitaine, quant à elle, a certes connu une histoire mouvementée mais moins périlleuse. Race de trait, elle aurait pu disparaître au profit du tracteur. Race à viande aujourd'hui, elle est devenue une " composante majeure du troupeau allaitant français ". Photographiée par Frédéric Desmesure, on admirera bien sûr ses cornes magistrales, pointant vers le bas si l'origine est garonnaise, pointant vers le ciel si l'origine est pyrénéenne. Mais, comme le rappelle l'adage que cite Yann Kerveno, " si l'on voit les cornes en premier, c'est tout de même ce qu'on mange en dernier ".
Sur Internet, on ne manquera pas non plus le détour par le site " Pas folle la vache " (pasfollelavache.com), mis en place de façon très pédagogique par la Chambre d'agriculture de la Loire.
Yves Le Pape
lepape@grenoble.inra.fr

Et rendez-vous, c'est incontournable, à www.inra.fr/dpenv/vchfol00.htm
chez la Vache folle en ligne : actualité au jour le jour, archives et dossiers !


 [R] On signale : LIVRES

Alexandre Kiss, Jean-Pierre Beurier / Droit international de l'environnement
2000, éd. Pedone, 424 p.


A. Neveu, C. Riou, R. Bonhomme, P. Chassin, F. Papy (dir.) : L'eau dans l'espace rural
2001, INRA Éditions, 300 p.

Erwin Herberle-Bors : Génie génétique
2001, INRA Éditions 291 p.

L'Amapá, un Nord pour le Brésil
2001, éd. CDTM, 80 p.

Philippe Keith, Jean Allardi (dir.) : Atlas des poissons d'eau douce de France
2001, éd. MNHN, 387 p.

David Joyce : Feuillages
2001, éd. Bordas, 160 p.

Robin Dunbar, Louise Barrett : Planète singes
2001, éd. BBC, 240 p.

Votre petit rongeur
2001, éd. Larousse, 208 p.

Jean-François Hellio, Nicolas Van Ingen : Dans l'intimité des oiseaux
2001, éd. Bordas, 176 p.

Didier Borgarino, Christian Hurtado : Champignons de Provence
2001, Edisud, 439 p.

Robert Chapuis, Patrick Mille : Systèmes et espaces agricoles dans le monde
2001, Armand Colin, 320 p.

Catherine Roche : Droit de l'environnement
2001, éd. Gualino, 212 p.

Yorick Ferrez, Jean-François Prost (dir.) : Atlas des plantes rares ou protégées de Franche-Comté
2001, éd. Naturalia, 310 p.

Philippe Chastel : Les enduits décoratifs
2001, éd. Dessain et Tolra, 168 p.

Jane Packer : Fleurs, feuilles et branches mises en scène
2001, éd. Dessain et Tolra, 176 p.

De la graine à la plante
2001, éd. Belin, 158 p.

Henri Puig : La forêt tropicale humide
2001, éd. Belin, 447 p.

Frédéric Flamant : De l'œuf à la poule
2001, éd. Belin, 159 p.

Frédéric Mérelle : L'analyse de terre aujourd'hui
2001, éd. GEMAS, 184 p.

Catherine Perrin : La marmotte alpine
2001, éd. Éveil nature, 72 p.

Les (anciens ) lecteurs du Courrier connaissent déjà la bête au travers de l'article de Raymond Ramousse, Michel Le Berre et Olivier Giboulet, " La Marmotte alpine " publié dans le Courrier n°36 (mars 1999) et en ligne à www.inra.fr/dpenv/ramouc36.htm

Yvan Droz, Valérie Miéville-Ott : On achève bien les paysans
2001, éd. Georg, 202 p.

On a lu (on relira) de Valérie Miéville-Ott, " Les éleveurs du Jura face à l'écologisation de leur métier " dans le Courrier n°40 (2000), p. 75-84.
L'article est en ligne sur Internet à www.inra.fr/dpenv/mievic40.htm

Andrée Dagorne, René Dars : Les risques naturels
2001, éd. PUF, Que sais-je ?, 128 p.

François Ewald, Christian Gollier, Nicolas de Sadeleer : Le principe de précaution
2001, éd. PUF, Que sais-je ?, 128 p.

Raphaël Romi : Droit et administration de l'environnement
2001, éd. Montchrestien, 563 p.

Philippe Miné : Bizarre Big Bang
2001, éd. Belin, 303 p.

Guillemette Resplandy : Maniguette a disparu
2001, éd. Le Patio, 112 p.

Monique Daubresse-Balayer : Le pot de terre
2001, éd. SOCBEV, 282 p.

Émile Desfeux : Que sait-on des maladies à prions ?
2001, éd. EDP Sciences (collection Bulles de sciences), 166 p.

Dominique Prédali : Les dessous de l'agroalimentaire
2001, éd. du Dauphin, 217 p.

Roger Cans : Théodore Monod
2001, éd. Sang de la terre, 297 p.

Anne-Marie Jouve (dir.) : Terres méditerranéennes
2001, éd. Karthala, 264 p.

Mark O'Shea, Tim Halliday : Reptiles et amphibiens
2001 éd. Bordas, 256 p.

Paul-André Robert : Les Insectes
2001, Delachaux et Niestlé, 461 p.

Jean-François Terrasse : Le Gypaète barbu
2001, éd. Delachaux et Niestlé, 208 p.

Jacques Stockel (dir.) : Ravageurs de la vigne
2000, éd. Féret, 231 p.

Pascal Saffache : Le Cul-de-Sac du Marin (Martinique)
2001, éd. Naturellement, 63 p.

Pascal Saffache : Les rivières du Carbet et du Pêcheur…
2001, éd. Naturellement, 83 p.

Christian Roche, Jean-Jacques Barrère : Le bestiaire des philosophes
2001, éd. Seuil, 143 p.

Michel Botineau : Les plantes du jardin médiéval
2001, éd. Éveil Nature, 176 p.

Nicolas Skrotzky : La Terre victime de guerre
2002, éd. Sang de la terre, 319 p.

Thierry Pardo : Héritages buissonniers
2002, éd. de Babio, 107 p.

Nayla Faronki (dir.) : Les progrès de la peur
2001, éd. Le Pommier, 445 p.

Le Truffaut
2002, éd. Bordas, 864 p.

Daniel Gerdeaux (dir.) : Gestion piscicole des grands plans d'eau
2001, INRA Éditions, 456 p.

Pierre Feillet : Le bon vivant…
2002, INRA Éditions, 286 p.

Marcel Bournérias, Gérard Arnal, Christian Bock : Guide des groupements végétaux…
2001, éd. Belin, 638 p.

Les oiseaux
2001, éd. Usborne, 63 p.

Patrick Salmon : Les écologistes dans les médias…
2001, éd. L'Harmattan 254 p.

Bernard Farinelli : L'homme et la campagne
2001, éd. Sang de la terre, 190 p.

Pippa Greenwood : Tout résoudre au jardin
2002, éd. Bordas, 192 p.

Bernard Boullard : Plantes médicinales du monde
2001, éd. ESTEM, 636 p.

Jean-Yves Nau : Le journal de la vache folle
2001, éd. Georg, 177 p.

Théry Jean-François, Barré Rémi : La loi sur la recherche de 1982
2001, INRA Éditions, 133 p.

Dupuy Jean-Pierre : Les savants croient-ils en leurs théories ?
2000, INRA Éditions, 133 p.

Pierre-Henri Gouyon : Les harmonies de la nature à l'épreuve de la biologie
2001, INRA-Éditions, 133 p.

Gérard Buttoud : Gérer les forêts du Sud
2001 éd. L'Harmattan, 255 p.

Marie-Dominique Ribéreau-Gayon : Chasseurs de traditions
2001, éd. Du CTHS, 388 p.

Sylvie Sens, Véronique Soriano : Parlez-moi d'élevage
2001, Éducagri Éditions, 164 p.

Jean-Michel Derex : La gestion de l'eau et des zones humides en Brie
2001, L'Harmattan, 545 p.


[R] On signale : COMPTES RENDUS, RAPPORTS, THESES

La montagne…
Revue de géographie alpine, n°2, tome 89, 2001

Le défi alimentaire
2001, éd. ACFRD, 60 p.

Biodiversité et gestion des invertébrés
Symbioses, 2001, NS, n°4

René Amalberti, Catherine Fuchs, Claude Gilbert : Risques, erreurs et défaillances
2001, éd. MSH-Alpes, 361 p.

Environnement : expertise, science et société
2001, éd. ADEME, 103 p.

G. Thévenet, A. Joubert (dir.) : Les nouveaux défis de la fertilisation raisonnée
2001, éd. GEMAS, 391 p.

Avis et rapports du Conseil économique et social

La régionalisation ferroviaire
2001. Rapport présenté par Jacques Chauvineau

Agriculture et alimentation à l'OMC : les attentes de la société
2001. Avis présenté par Jean-Marie Raoult, 89 p.

La sécurité sanitaire des aliments : un enjeu majeur
2001. Rapport présenté par Gilbert Capp. 135 p.

Les relations entre l'Union européenne et le Mercosur
2002. Rapport présenté par Lucien Bouis, 60 p.

Sociabilité en milieu rural
2001, éd. PM, 38 p.

Géomatique et espace rural
2001, éd. CIRAD, 302 p.

J.-L. Chapuis, V. Barre, G. Barnaud (dir.) : Recréer la nature
2001, éd. MATE, 175 p. + ann.

Environnement/ Aménagement du territoire
2001, éd. MATE, cédérom

Quelle politique laitière pour l'Union européenne ?
INRA Sciences sociales, n° 1-2/01, novembre 2001

Estives et territoires de Corse
Pastum, n°61-62, décembre 2001

Journées méditerranéennes pour la prévention des risques naturels
2001, éd. CICA, 125 p. + cédérom

Prévention et gestion soutenable des déchets
2001, éd. FNE, 221 p.

Claude Birraux, Jean-Yves le Déaut : L'état actuel et les perspectives techniques des énergies renouvelables
2001, coéd. AN/S, 348 p.

Jean-Laurent Pfund : Culture sur brûlis
2001, éd. EPFZ, 323 p.

Les clés d'une nouvelle gestion locale de l'eau
2001, éd. CFE, 104 p.

François Chambaud : Influence du milieu, de la fauche…
2001, éd. ENESAD, 41 p. + ann.

Patrick Jolivet : Représentation économique du comportement écologique des consommateurs. Le cas des déchets ménagers
2001, éd. C3ED

Michel Dron, Marie de Lattre-Gasquet (dir.) : Politiques d'aide et recherche agricole
2001, coéd. INRA-CIRAD, 251 p.

Bilan et perspectives
Dans la collection Sciences en questions, la restitution des conférences débats organisée par la Direction scientifique du CIRAD à Montpellier, 1998-1999, pour débattre de l'aide et de la recherche en coopération dans le développement agricole des pays du Sud. Avec ces contributions : - Globalisation, régionalisation et développement ; - Histoire de l'aide française au secteur rural ; - Vingt ans d'aide au Sahel ; - Diversité des politiques nationales de coopération scientifique ; - Quelle stratégie pour le système international de recherche agricole ? ; - Les spécificités du système de recherche français ; - Partenariats entre recherche publique et entreprises privées.

L. Clavilier, F. Hervieu, O. Letodé (dir.) : Gènes de résistance aux antibiotiques…
2001, INRA Éditions, 206 p.

Agriculture et biodiversité…
2001, éd. AFIE, 125 p.


[R] On signale : PÉRIODIQUES

Symbioses, n°5, novembre 2001

Travaux et innovations, n°80, août-septembre 2001

Du sol à la table, n°53, octobre 2001

Le journal de botanique, n°14 juin 2001

Adalia, n°47, 2e semestre 2001

La Garance voyageuse, n°55, automne 2001

Économie spatiale et géographique, Cahiers d'économie et sociologie rurales, n°58-59, 1er et 2e trimestre 2001

FaçSADe, n°9, janvier/mars 2001

Futuribles, n° 270, décembre 2001

BASE, vol. 5, n°3, 2001

La voix de la forêt, 2001/2

Natures Sciences Société, vol. 9, n°3, 2001

Abeilles, Le Courrier de la nature, n°196, janvier 2002

La lettre de Sea-River, n°37, du 7 au 13 janvier 2002

Les inventaires d'invertébrés, Les Cahiers de l'APPI, n°6, hiver 2001-2002

Dieu a-t-il bagué les papillons ? Jonas, n°4, novembre 2001

En commun, n°1, décembre 2001

Jardins de France, n°10, décembre 2001

Revue forestière française, n°3-4, 2001

Le grand corbeau…
Penn ar bed, n°180/181, mars/juin 2001

Le sabot de Vénus, n°16, décembre 2001

Marie Criquette et les tontons, La Hulotte, n°80

Sciences au Sud, n°12, novembre/décembre 2001

Bulletin du CERF, n° 14-15, juillet 2001

Cahier du CGGREF, n°61, janvier 2002

La lettre du bocage, n°6, septembre 2001

Le patrimoine rural européen, Naturopa, n°95/2001

La Garance voyageuse, n°56, hiver 2001

Richardiana, n°1(4), octobre 2001

Ingénieries…, n°27, septembre 2001

Recherche, technologie et société, octobre-novembre-décembre 2001

Campagnes solidaires, n°156, octobre 2001

Courrier de la planète, n°63, vol. III, 2001

Insectes, n°124, 1er trimestre 2002

L'Observatoire de la génétique, n°1, février/mars 2002

Agricultures, forêts et paysages, Aménagement et nature, n°141, juin 2001

2001 plus
n°53, octobre 2000

n°54, décembre 2000

n°56, mai 2001

Études foncières, n°94, novembre-décembre 2001

Verdir la finance ? Aménagement et nature, n°142, septembre 2001

Économie rurale, n°266, novembre-décembre 2001

Les énergies renouvelables…, Les Cahiers de Global Chance, n°15, février 2002

Krok le magnifique, L'Hermine vagabonde, n°18, juin 2001

Systèmes agroalimentaires localisés, 2001, INRA Editions 216 p.

OGM : demain partout ? Les quatre saisons du jardinage, n°133, mars-avril 2002

Le Souffle de la Neira, n°18, décembre 2001


[R] On signale : DOCUMENTS, DOSSIERS, PLAQUETTES…

Déméter 2002. Nouveaux enjeux pour l'agriculture
2002, éd. Armand-Colin, 268 p.

Jean-Claude Flamant : A propos du CIHEAM et de ses instituts
2001, éd. CIHEAM, 86 p.

La communication animale
2002, Pour la science, n°HS, 119 p.

Code de l'environnement
2002, éd. Lamy, 313 p.

L'environnement en Bourgogne
2001, éd. OREB, 127 p.

Pierre Arpin (dir.) : Les invertébrés dans l'écosystème forestier : expression, fonction, gestion de la diversité
2000, éd. ONF, 224 p.

Nelly Boutinot : La chasse
2001, éd. La Plage, 123 p.

Richard Bœuf : Étude et cartographie des habitats palustres
2001, éd. ONF Alsace, 51 p. + ann.

Documents publiés par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie

Approche de la qualité des composts de déchets en France - résultat d'une enquête en 1998.
Par Claire Charonnat, Isabelle Deportes, Isabelle Feix et Jean-Marc Merillot. Septembre 2001, 135 p.

Essai agronomique de plein champ d'un compost de déchets verts - résultats de la 7e année d'expérimentation (1998). Mai 2001, 33 p. + ann.

Essai agronomique de plein champ d'un compost de déchets verts - résultats de la 8e année d'expérimentation (1999). Juillet 2001, 40 p. + ann.

Transports à l'horizon 2030
Les cahiers du CLIP, n°14, octobre 2001

Michel Castagnet, Claude Chardonnet, Jean-Marie Simon : Concertation et territoires
2001, éd. ETD, 69 p.

Catalogue des formateurs des personnels des espaces naturels
2001, éd. ATEN, 128 p.

Guide de l'architecture bioclimatique
2001, éd. Observ'ER

Gérer efficacement la formation
2001, éd. ATEN, 59 p.

La Maison de la consommation et de l'environnement public

Les Européens, la science et la technologie
2001, Commission européenne, 54 p. + ann.

Les OGM en 10 questions
2001, éd. FNE, 4 p.

Jean-Charles Muller, Jacques Decroux, Christian Schwartz : Guide de la fertilisation
2001, éd. COMIFER, 93 p.

Georges Toutain : Les agriculteurs et horticulteurs raisonnés… chimiquement dans l'impasse
2001, éd. MDRGF, 64 p.

Reconstitution des forêts après tempêtes
2001, éd. ONF, 145 p.

Évidemment, sur ce sujet, on se reportera à notre Dossier n°20 " Forêt et tempête - expertise collective sur les tempêtes, la sensibilité des forêts et sur leur reconstitution ", 336 p., disponible auprès d'INRA Editions.

Andrée Corvol (dir.) : Forêt et faune
2002, éd. CNRS-IHMC, 95 p.

Phytosanitaires…
2001, coéd. AREL-AERM, 30 p.


[R] On signale : AUTRES MÉDIAS

Tree Doctor
1998-2001, cédérom pour PC


Le Courrier de l'environnement de l'INRA, n°45 ; Les ressources bibliographiques du Courrier