D17 bis:
Réactions au Dossier de l'environnement
n°17 :
Sciences de la société et de l'environnement à
l'INRA
Vous avez dit Environnement ?
Éléments de réponse
Marcel B. Bouché
bouche@ensam.inra.fr
Connaître pour agir. Une pièce en 6 actes
Acte I
Acte II
Acte III
Acte IV
Acte V
Acte VI
Références bibliographiques
[R] Acte I

Ouf ! Enfin
Voilà que lINRA se piquerait de soccuper
denvironnement ! Le Dossier de lenvironnement N° 17 porte(rait)
à le croire car il y est même indiqué en introduction
que lenvironnement est objet de recherche et débats
de société et que
les questions environnementales ont-elles
fini par simposer comme priorité officiellement affichées
par lINRA, au début de lannée
1998 (Jolivet et Legrand 1998, D17, p. 6).
Je trouve très opportun que ce débat
lancé sur la problématique environnementale souvre à
des chercheurs non sollicités; peut-être parviendra-t-on ainsi
à ouvrir
[ce]
qui a fait défaut jusquici au
sein de lINRA ? (A. Mollard, D17 p. 44). En tout
cas, après des hésitations dues à la surcharge de travail
résultant que comme tout le monde je moccupe (me
préoccupe même) denvironnement, jai finalement
décidé de gratter la présente contribution sans aucune
conviction quant à son utilité. Je me contenterai, sauf
exceptions référées classiquement, de me rapporter à
ce Dossier n°17 en citant, comme ci-dessus, en première fois
les auteurs et la page dont jextrais leur substantifique moelle et,
après cette première citation, seulement labréviation
de leur(s) nom(s) et la page.
Je veux dabord féliciter tous les contributeurs à ce
numéro. Jy ai beaucoup appris et surtout ces contributeurs nous
fournissent un formidable outil de travail qui, à travers leurs
contributions, révèle à la fois des savoirs et des carences.
Cette félicitation nest pas de pure forme ; décembre
1998, date de parution, marquerait le début de lan I de la
problématique environnementale, enfin abordée à
LINRA. Mais je noublie pas, pour reprendre le
ton sibyllin du mode demploi du D17, p. 9, que
quelques cibles sont
indiquées(les problématiques et les méthodes,
les enjeux et la prospective, la construction des dispositifs de recherche
et des réseaux) et finalement je vais mintéresser
beaucoup plus aux carences quaux apports des contributions prises dans
leur ensemble (je les ai toutes lues avec attention, si, si !), non pas pour
le plaisir sadique de pointer ces manquements, mais dans lesprit des
compléments de Claude Lobry, D17, p.
81.
Un OVNI, lenvironnement ?
Applaudissons à une prouesse : le dossier
traite denvironnement sans que lon sache précisément
de quoi on parle et sans que cela dérange personne, sauf peut-être
Christian Deverre ! (jy reviens plus bas). On peut soupçonner
que de la part d' E. Jolivet et P. Legrand cette incertitude a été
quelque peu volontaire pour laisser le jeu ouvert. Saluons toutefois
lélégante pirouette de Ch. Deverre :
Enfin, on sera peut-être
désorienté de ne pas trouver demblée une
définition de l"environnement" qui permette sans équivoque
de classer les travaux de sciences sociales sy rapportant. Jy
ai renoncé, sans le regretter : l"environnement" fait partie
de ces catégories qui, comme "la qualité", ne relèvent
clairement ni du sens commun, ni dune construction comme objet scientifique
ou politique, mais un peu de tout à la fois. Ceci ne leur enlève
pas, lorsquelles sont davantage problématisées que
précisément circonscrites, une grande capacité à
susciter des avancées heuristiques.
Saluons aussi la reconnaissance de la difficulté théorique qui en résulte : La principale difficulté théorique posée par lenvironnement semble être lextraordinaire diversité de la notion même denvironnement. (Doussan, D17, p. 87).
Je peux témoigner que cette attitude antiscientifique est ultérieurement le meilleur moyen de ne pas permettre daborder le sujet hors les discours et affichages environnementaux si prolixes aujourdhui à lINRA. Cest sinterdire toute méthode et dispositif de recherche sérieux non cosmétique. Ainsi l'environnement: cet Objet Volant Non Identifié, atteint-t-il des sommets stratosphériques où jai parfois manqué doxygène (contribution dA. Mollard notamment) et atterrit-il dans quelques parcelles terre-à-terre chez M. Benoît et F. Papy (D17, p.53-62).
Ne minimisons pas ce problème didentification de lOVNI. On peut continuer dévacuer le problème et tout sera dit en ne faisant rien. Ou bien lINRA continuera avec les discours à se contenter daffichages et organisera des débats comme celui-ci sans suite concrète, ou bien on finira par identifier lobjet. Rappelons quen science sérieuse les définitions permettent un vocabulaire précis et parfois péniblement rigoureux, et que ces définitions vont, si nécessaire, en se modifiant pour plus de précision ; jamais linverse (= plus de flou). Rappelons que, faute de lavoir fait, lenseignement supérieur de l"écologie" a été vidé de tout contenu écologique (stricto sensu). Cest lune des origines des "problèmes denvironnement". Ou l'on choisit la rigueur technoscientifique, ou l'on opte pour le laxisme phraséologique.
Un témoignage : nous venons, au cours dune récente réunion des chefs de service du département Santé des plantes et environnement, de définir nos champs thématiques de recherche. Au bout de deux jours ceux-ci ont été arrêtés, précisés et adoptés. A la fin, un participant sest alors étonné que la thématique environnementale nait été ni abordée, ni discutée (malgré le nom du département). Un autre participant lui a apporté LA REPONSE : lenvironnement est partout et nulle part ! Retenons la formule ; elle est géniale ! De fait lenvironnement est partout dans le Dossier n° 17, partout dans les têtes des chercheurs et des citoyens et nulle part au plan techno-scientifique opérationnel, notamment dans le département SPE, et, que je sache, à lINRA ! Je ne sais si cette réponse d'un collègue est une avancée heuristique, mais assurément il sagit dune évacuation concrète de lenvironnement en tant qu'objet de recherche ; ceci ne peut-être nié quà condition de ne pas répondre à la question : quest cet OVNI ?
Je me suis coltiné ce problème il y a quelques années lorsque jai rédigé mon livre sur lÉcologie opérationnelle (Bouché, 1990). Il sagissait en effet de ne pas traiter denvironnement puisque je traitais décologie (au sens strict, seul utilisable, mais jamais utilisé : une science globale).
Les dictionnaires anciens, comme le Littré de 1884, mont appris que lenvironnement était concrètement un aménagement militaire autour de places fortes et, qualitativement, ça et là suivant les usages, le terme environnement portait sur ce qui est autour de quelque chose, par exemple les facteurs denvironnement pour les facteurs dambiance (température, humidité) dun organisme. Incontestablement ce nest plus de cela que lon parle aujourdhui et il fallait se livrer à lexercice toujours scabreux (je vous propose MA définition) de dégager un sens à un terme qui pullule partout du Ministère de lenvironnement au dossier n°17 et en passant par ma discussion avec ma concierge. Mais il fallait le faire, à moins de nous contenter du bla-bla et de laisser sans réponse les questions denvironnements sociétales évoqués dès lintroduction (Jolivet et Legrand, D17, p. 5) car ces questions resteraient des questions de rien , ce qui est faux !
Car il sagit bien dabord dune demande sociale sous forme de questions, et celle-ci sest même explicitement adressée aux agronomes et à la transdisciplinarité dès un ouvrage fondateur : Silent Spring de Rachel Carlson en 1962 ! Oui le printemps était devenu silencieux aux USA. ; les oiseaux ne chantaient plus ; le Merle américain, Turdus americanus, avait pratiquement disparu des pelouses qui entourent la plupart des maisons individuelles américaines. Les agronomes avaient recommandé lusage massif de pesticides qui avaient empoisonné les vers de terre venus agoniser à la surface du sol en soffrant à lappétit glouton de ces braves merles ainsi éradiqués car intoxiqués à leur tour !
Évidemment cet écrivain scientifique a fait dans linterdisciplinaire : constat sociétal dune perte de biodiversité (comme il faut dire aujourdhui), ornithologie, chaîne trophique, ver de terre (tiens !), viande contaminée, conséquences pédologiques (érosion) et hydrologiques (inondations). Ce livre a fait suffisamment de bruit pour que la prise de conscience sociale quil a déclenché oblige les politiciens à créer lEPA (Environnemental Protection Agency). Une agence, dotée de moyens, ayant pour fonction, dapporter une réponse technique à un problème technique : lévaluation des techniques humaines modifiant notre environnement. De ce point de vue, laffirmation de Gilles Lemaire et Jean-Marc Meynard Lenvironnement dont il est question ici, cest celui de lHomme (D17, p. 63, ligne 38) est parfaitement pertinente.
Mais remarquons quil y a deux volets distincts :
- une demande sociale, une protestation contre des techniques
dévastatrices non évaluées environnementalement,
sest constituée depuis en mouvement socio-politique (associations
et même programmes politiques) sous le nom
décologisme (Simmonet, 1979) ;
- une réponse technique qui implique la mise en commun par
lintégration des connaissances des savoirs des spécialistes
dans un corpus cohérent et unique accessible et utilisable ; ce corpus
permettant lévaluation de limpact de nos techniques
(en ce qui nous concerne, les agro-techniques) dans notre environnement.
Jai proposé (Bouché, 1990) dappeler environique
cette réponse technique très spécifique et toujours
éludée, comme je lai encore observé dans cette
réunion du département SPE. Si elle na pas reçu
de nom antérieurement, cest quelle na même
pas été perçue dans sa spécificité pourtant
très marquée, grâce au flou des discours sur lOVNI
environnemental.
Ainsi notre rôle visant à apporter une réponse technique à la demande sociale écologiste nest pas assuré. Lenvironique mériterait dêtre considérée comme une discipline nécessitant méthode et moyens ; elle est toujours évacuée ; elle est nulle part. On bricole ça et là sur certains problèmes denvironnement partout présents, je le fais ; mais lapproche par lintégration réelle des connaissances, notamment par rapport aux systèmes complexes quelle exige, est partout écartée.
Lenvironnement est bien partout et nulle part. Jy reviendrais plus bas.
Prenons le cas des pesticides. Que nous apprend notre Dossier n°17 ? Quelle réponse a-t-on apportée à la demande de leur prise en compte ; au problème soulevé par Rachel Carlson en 1962 ? En France, le rapport Hénin de 1980 fait date. Il marque une prise de conscience des questions environnementales par lagronomie. Ce rapport a dabord attiré lattention sur la pollution nitrique. Plus tard, la sensibilisation sest développée sur dautres pollutions, notamment celles dues aux pesticides, aux métaux lourds. (Benoît et Papy, D17, p. 55). Attention, il ne sagit comme lindiquent Benoît et Papy que dune sensibilisation ; on a finit par reconnaître quil y aurait problème, mais que fait-on pour y répondre ?
Voici notre réponse technique (environicienne). Récemment un
exposé dans une école chercheur en écotoxicologie a
porté sur notre contribution à lhomologation des pesticides
utilisés dans lespace rural avant et donc depuis la création
de notre Institut. Un remarquable "outil daide à la décision
(sic)" a été évoqué. Lorsque jai
demandé quel était cet outil, jai appris quil
sagissait dun projet ! En fait aucune évaluation
environnementale en agronomie (au sens des champs cultivés) nest
possible avec les approches actuelles de linterdisciplinarité
(sic) et par carence dintégrologie (voir ci-dessous).
En conclusion
Ce qui nexiste pas dans le Dossier n°17 cest une
définition de son objet : lenvironnement.
Ce qui existe ailleurs :
- 1) cest la définition de lécologie sous une forme condensée mais intégrale de loriginal (voir Haeckel, 1866, Bouché, 1990 : « lécologie est la science globale des relations des organismes avec leur milieu, lato sensu » (Bouché, 1996). Les scientifiques qui devraient la pratiquer sont les écologues ;
- 2) cest la définition de lécologisme
(Simmonet, 1979) : «Un mouvement philosophico-politique développant
des thèses publiques a-scientifiques, parfois inspirées de
lécologie mais également étrangères à
celle-ci ; par exemple, discuter dune option économique et sociale
relative aux choix des filières énergétiques (option
nucléaire, pétrolière, solaire, ) relève dun
vaste domaine où les apports de lécologie à la
"décision" ne peuvent être que mineurs. Les partisans ou militants
de lécologisme sont les écologistes.» ;
- 3) cest la définition de lenvironique : « lenvironique est la technique mise en uvre pour surveiller, gérer, entretenir, voire améliorer notre environnement dépendant de nos activités. Les environiciens assurent lestimation de nos actes dans notre milieu.» (Bouché, 1996) ;
- 4) cest la définition de lenvironnement :
écologisme + environnement, c'est-à-dire la demande sociale
et sa réponse (juridique, technique, opérationnelle, avec recherche
et développement spécifique), cest le constat
que ces domaines (écologie, environique, écologisme) ont en
commun davoir trait à des domaines généraux, portant
sur des systèmes complexes où les échanges entre
spécialistes ne fonctionnent pas et où la confusion entre
enseignement, recherche et communication est "organisée" à
son comble.
Ensuite et réciproquement les disciplines ne sont que des conventions intellectuelles, des regroupements arbitraires, selon trois modes importants :
- des objets détude, comme les organismes, sont sujets de sciences, comme la biologie. Il sagit de construire les connaissances (faits observés et interprétations soumises à réfutation) par rapport à un objet défini. Ce sont des sciences ayant un objet. Elles sont subdivisibles à linfini (Biologie en Zoologie, puis en Entomologie, puis en Apidologie, puis en Physiologie des Abeilles, puis en molécularisme dune phéromone dabeille) mais elles ont des objets détudes ;
- des objectifs concrets : comme la médecine qui vise à la santé humaine, quelles que soient les connaissances scientifiques ou empiriques, voire charlataniques, utilisées : cest le but qui compte. Ce sont les techniques (ou arts) qui sont jugés à laune des résultats et de leur reproductibilité. Les techniques ont un but... lui aussi subdivisible ;
- des satisfactions psycho-esthétiques : qui relèvent dune perception des individus dans leur culture et créent du plaisir/déplaisir de façon diffuse : jeux de lesprit, goût plaisant, odeur déplaisante, paysage charmant, objet attirant (le jambon pour un chrétien) ou répulsif (le même jambon pour un musulman). Il sagit dun domaine psycho-culturel que je ne sais nommer mais qui se mesure par des enquêtes dopinions. Cette dimension "psycho-esthétique" ne saurait être oubliée (un beau paysage se protège ; léthique touche souvent à ces perceptions. Noublions pas que lécologisme, donc ensuite lenvironique, est né notamment de linsatisfaction "psycho-esthétique" liée à la disparition des oiseaux des pelouses des jardins doutre-Atlantique.
En ce qui nous concerne, on peut donc définir des disciplines par leurs objets (= sciences stricto sensu), leurs objectifs (techniques ou "arts" au sens arts et métiers) ou leur esthétique (art des jardins, mosaïque,).
Mais qui pratique une discipline ? Personne !
Car si la définition de chaque discipline peut être parfois donnée, elle ne sapplique à personne. Ainsi M. Benoît et F. Papy définissent : L agronomie étudie, formalise, conçoit des logiques dactions de production végétale qui sorganise autour de systèmes de culture, reconstitution théorique. Ce qui ne recoupe que partiellement la définition étymologique de G. Lemaire et J.-M. Meynard : le terme agronomie se réfère à lensemble des lois régissant la conduite des champs cultivés lagronomie est donc un art et une pratique (au même titre que la médecine) visant à utiliser ces lois. (D17, p. 63). Ici il ne sagit plus de systèmes de culture car les animaux y sont inclus (zootechnie, aquaculture).
Considérons enfin l'Institut national de la recherche agronomique : le qualificatif ne colle plus avec les définitions du nom, ci-dessus, car on y fait beaucoup de choses qui sont sans références avec les "agronomies". Ici lextension du sens "recherche agronomique" soppose à la réduction focalisante sur le concept de système de culture (nous reviendrons sur système) . Ensuite évidemment, cest interdisciplinaire (sic) !
Hormis ces définitions sur des domaines scientifiques, techniques ou "psycho-esthétiques", hormis le fait que ces étiquettes permettent aux professeurs de tenter de circonscrire le domaine quils enseignent partiellement et inégalement, hormis le fait que cela nous permet de nous réunir dans des colloques, congrès et autres ateliers "transversaux" ou "verticaux", le rôle des disciplines est opérationnellement nul.
Jamais le spécialiste est à même de circonscrire individuellement son activité à une discipline ni à même de couvrir toute une discipline. Exemple de couverture dune discipline : je suis biologiste, non, je suis plutôt zoologiste ; non, géodrilogogue (= spécialiste de vers de terre) ; non, seulement capable de connaître une portion minime de certains aspects des connaissances relatives aux lombriciens mais je ne me limite pas à cela ; je suis environicien ; non ; je ne moccupe que de déchets, de biodiversité et décotoxicologie ; non, je ne fais que quelques approches ayant trait à lécologie ou/et la toxicologie, etc. Je ne suis pas interdisciplinaire puisque je ne maîtrise aucune discipline mais je suis inter-connaissances car je me sers aussi de certains concepts et moyens agronomiques, physiques, chimiques, informatiques, etc. Et nous sommes tous dans ce cas.
Linterdisciplinaire (= multi-, trans-, pluri-disciplinaire) ne sert que de vux pieux pour animer des discussions et des sujets trop vastes pour chaque spécialiste. Cette interdisciplinarité bien pensante est en environnement et en écologie (sic) un moyen de nous dédouaner davoir des limites intellectuelles individuelles nous interdisant dembrasser concrètement et personnellement toutes les connaissances existantes souhaitables devant le moindre problème denvironnement concret. Cela nous sert à masquer nos limites intellectuelles personnelles dans une sorte de responsabilité collective (dans la réunion) et générale (au delà de la réunion, car chaque réunion éco-environnementale en appelle invariablement à plus dinterdisciplinarité !).
De ce point de vue lexercice des auteurs du Dossier n° 17 a quelque chose de scolaire, pathétique et intéressant : aucune des disciplines traitées par les contributeurs ne couvre lenvironnement, ce que tout le monde savait avant.
Par contre, le caractère extrêmement limité, borné, de lexpertise des spécialistes due à leurs limites intellectuelles personnelles est bien masqué. Tout au plus je remarque une crainte exprimée : Cette coopération interdisciplinaire, pourtant si urgente, nen est encore quà ses premiers balbutiements. Face à un tel élargissement des collaborations, le risque est grand de voir lagronomie éclater. (Benoît et Papy, D17, p. 58) et le constant effort des auteurs de refuser de couvrir leur discipline de façon parfois explicite : On se limitera dans cette note à une présentation de la contribution des statistiques et de lintelligence artificielle et, pour les mathématiques appliquées, à celle de lanalyse et du contrôle des systèmes dynamiques (SD), qui correspondent aux compétences couvertes par le département Biométrie et Intelligence artificielle (BIA) de lINRA. (Goulard, D17, p. 73) .
En constatant que malgré lurgence on balbutie en 1998 linterdisciplinaire ; en reconnaissant que lon ne peut traiter dune discipline et que L'interdisciplinarité reste cependant très faible et circonstancielle. Elle semble ne pas être durable pour un même objet, ni programmable.(Goulard, D17, p. 77), on passe en fait complètement sous silence notre spécialisation croissante du fait de laccroissement énorme de nos connaissances et de la limite de notre encéphale individuel. Ou bien nous sommes compétents mais dans un domaine si étroit quil est ponctuel et pointu, ou bien nous discourons sur un champ étendu dont nous ne maîtrisons pas la profondeur (fig.1).
Cette lourde réalité date de lémergence des sciences et de laffirmation des techniques. Léonard de Vinci était omniscient, omnitechnicien, omniartiste (fig.2). Les encyclopédistes tentent pour la dernière fois dêtre collectivement à la fois omniscients et omnitechniciens (ils sont 120 !) ; depuis nous sommes des "sachants" de domaines maîtrisés de plus en plus extrêmement ponctuels qui se rattachent à toutes sortes de systèmes de pensée mais comment ? Actuellement surtout par le discours non opérationnel et sans conséquence qui domine.
La multiplication des "problèmes denvironnement" ne fait que traduire laugmentation de notre aptitude quasi individuelle (de petites équipes en fait) pour agir puissamment sur notre milieu par latome, par les molécules de synthèse, par les organismes sélectionnés et même biomanipulés, sans être capable dévaluer les conséquences de ces actes de plus en plus puissants et nombreux. Un champ de blé "ignore", tout comme leau dun lac, ou la viande du boucher nos "disciplines" limitées et surtout léclatement non maîtrisé des connaissances de pointes; il va fonctionner toutefois de façon "interdisciplinaire" ! Il faudrait pour évaluer nos actes techniques intégrer nos connaissances par rapport aux systèmes réels auxquels elles se rapportent et y accéder en fonction de chaque situation concrète. Quoique facile à faire, ce nest jamais fait !
Conclusions :
Ce qui nexiste pas :
- ce sont des disciplines pratiquées et organisées par un seul
cerveau ;
- ce sont des pratiques interdisciplinaires rationnelles.
Ce qui existe :
- ce sont des spécialistes - enseignants, praticiens et chercheurs
- à activités toujours pluridisciplinaires mais
ne couvrant jamais une discipline ;
- ce sont des collaborations entre spécialistes, temporaires,
circonstancielles et faibles.
Ce qui nexiste pas :
- cest lorganisation rationnelle des échanges
déléments de connaissances avec leur gestion commune
exhaustive depuis les divers acquis des divers spécialistes
;
- cest laccès à chaque instant, à chaque
besoin, aux éléments de connaissance pertinents
nécessaires et sans jargon techno-scientifique et langue
étrangère non explicités. On sait le faire
facilement mais lon ne veut pas le faire !
En conséquence, des technoscientifiques interviennent dans le droit
et manquent de transparence. OK ! Ce ne sont pas des juristes ! Mais nous
sommes ici devant lexpression de la perception biaisée dune
des multiples spécialités ayant trait à
lenvironnement mais dont le rôle nest pas restreint ni
dailleurs dévolu à lenvironnement. Du point de
vue du spécialiste je ne peux quapprouver la phrase finale elle
sapplique à tous les domaines "disciplinaires" car
lenvironique reste à créer et à mettre en place.
Elle seule pourrait créer la transparence par l'accès aux
connaissances ! On na pas encore songé que, hors urgences,
c'est-à-dire pesticides organochlorés, Tchernobyl, prions
ignorés pour vache folle, inondations, nitrites alimentaires, OGM
non évalués ou multiples micro-polluants organiques (le dernier
à la mode : "la" dioxine constituée d'anthracènes et
de PCB), il faudrait soccuper techno-scientifiquement denvironnement
! Il faudrait tenter de ne plus masquer nos très lourdes
co-responsabilités, les reconnaître, en assumer les
conséquences, et pour cela mettre en place un moyen sérieux
-pas une commission de précaution ni un comité
déthique fut-il Nobel, pour tromper encore (un peu) le peuple.
Il ny croit plus beaucoup dailleurs, ce peuple.
Je note aussi deux opinions contradictoires :
- la place faite à une discipline
juridique est, en effet, soit située très en aval, soit inexistant
(Doussan, D17, p. 92).
- le droit est mis en uvre par des
scientifiques (op cit).
Ceci reflète les limites individuelles de tous les spécialistes mais aussi le flagrant franco-nombrilisme qui ne sera corrigé que par le texte de Carole Hernandez-Zakine et surtout (ouf !) par celui de Francis Haumont qui, en total étranger à la démarche dominante quasi exclusive du Dossier n° 17 exprime, tout simplement que nous sommes en Europe alors que le droit communautaire a été très en amont de la recherche. Ne me dites pas que les pauvres références à quelques mauvais textes en international English change quelque chose au nombrilisme franco-inraien du Dossier n° 17 alors que, (voir plus bas), une telle attitude est intenable, si daventure nous nous intéressons à essayer de répondre aux problèmes denvironnement en France.
On retrouve ce nombrilisme dans tous les textes (sauf F.H. notre concitoyen européen mais étranger à notre terroir français). Une "preuve" ? La référence aux uvres historiques de Hénin à deux reprises (Benoît et Papy, D17, p. 55, citée antérieurement et Isabelle Doussan, D17, p. 91: Par ailleurs, l'intervention du droit est bien souvent déterminée par les données scientifiques relatives à l'état de l'environnement. Il en va ainsi, par exemple, de la plupart des dispositions juridiques applicables aux activités agricoles, qui ont fait suite au rapport Hénin.) qui "fait date" alors quil naborde que "la pollution nitrique" (Benoît et Papy, D17, p. 55) et donc naborde même pas les problèmes denvironnement posés depuis longtemps dans de nombreux pays et notamment par la commission de la CEE et par Rachel Carlson en 1962.
On oublie totalement, tant ici au plan juridique quagronomique, que cela ne sest pas passé comme cela. Je vais me permettre de rétablir, avec quelques risques derreurs marginales, la chronologie qui hélas montre que les scientifiques et techniciens[en tant que tels] nont [ni] élaboré [ni] mis en uvre (I. Doussan., D17, p. 88).
Les scientifiques dignes de ce nom n'ont pas été en situation d'élaborer quoique ce soit en environnement, ni a fortiori en droit de lenvironnement. Jai vécu le psychodrame environnemental agronomique de façon concrète dès 1972 (publications à lappui) mais dans des mondes extragalactiques. Je me suis en effet impliqué (avec responsabilité internationale) dans le Programme biologique international (1963-1973) qui portait sur la compréhension des écosystèmes. Cela ne concernait absolument pas lINRA ; deux chercheurs marginaux, moi-même et Germaine Ricou, sétaient égarés à savoir ce qui se passe dans un domaine non productiviste : le fonctionnement effectif des agro-écosystèmes. Cela ma permis de voir les limites de lintégration des connaissances relatives aux écosystèmes et le caractère pernicieux des discours pluridisciplinaires, toujours en usage aujourd'hui en matière environnementale.
Je me suis aussi égaré, dès 1976, au milieu de commissions étrangères, donc extra-INRA et extra-franco-nombril, qui proposaient les réglementations communautaires en raison de louverture interne à lEurope (dite CEE en ces temps lointains) avec la nécessité détablir des règles (directives, normes) collectives au niveau de la future UE (Réunions en volapük, i.e. English bruxellois, dominance des entreprises chimiques européennes qui avaient les moyens dêtre présentes, de bluffer et de faire des "recherches" daccompagnement et enfin dénuement total du seul expert disponible pour toute la zone "Sud" de lEurope, depuis la coupure Flandres-Wallonie jusquau Maghreb à lépoque). LINRA ignore !
Jai expliqué (ai-je été clair ?) en 1978 à Jacques Poly ce quest un métal lourd ! Terme étrange. Aujourdhui lINRA semble pouvoir ça et là aborder les "dioxines" (= micropolluants organiques) que jai étudiés in situ en 1976, ce qui a été oublié (= sinon homologation impossible du gaucho !). Un jour, nous finirons par prendre en compte, dans les sols la bio disponibilité réelle (pas celle des collègues physico-chimistes, celle des organismes !) de tous les polluants depuis les quelques molécules par kg de sol des génotoxiques (cest facile !), en passant par les parties pour milliard (mg/tonne = ppb) type PCB ou parties pour million (mg/kg = ppm), type métaux lourds. Il paraît que lINRA va soccuper denvironnement; les outils existent ; ils sont facilement critiquables et utilisables.
Depuis 1976, des directives communautaires ont été produites, des normes (sic) discutées, une médiocrité de la qualité des standards concernant les sols a été institutionnalisée en absence de tout chercheur faisant de la recherche (du Sud Européen) et en créant la dépendance des experts (du Nord européen) et sous lemprise de la demande publique. Aucune recherche préalable n'a été organisée, seuls de vagues "ring tests" : il fallait produire des règlements, pas des connaissances !
En définitive la chronologie est la suivante :
- cest 1) la demande sociale (USA = 1962) qui a déclenché
lexistence d'une réaction politique donc 2) légiférante
(vers 1970-1975 ; jen suis en 1976) où les "scientifiques" ne
sont pas opérationnels (surtout pas de recherches adéquates
: il faut des normes, des textes pour satisfaire à la demande politique
: le juridique est en amont des scientifiques). Les chercheurs
responsables se sont tenus à lécart ; il restait les
autres. 3) Jai ainsi vu surgir des normes (sic)
sur le risque écotoxicologique de sols (resic) exprimé
par des dosages totaux ou partiels "dits" biodisponibles pour les
physicochimistes, alors que lon savait quil navait aucun
sens ni en terme de risque, ni en terme de chaîne alimentaire ! Cest
la base réglementaire aujourdhui.4) Je comprends et japprouve
la "non lisibilité" décrite par Isabelle Doussan.
Cest effectivement dapparence technique mais comme le Canada
dry nest pas du whisky cela na aucune assise scientifique
réfutable et technique reproductible ! Jai aussi vu des normes
sur les risques de bioaccumulation dans les vers de terre (dans des sols
rappelons-le). Stupeur ! Qui a pu produire cela ? Aucune étude
préalable n'existait. Jai appris, cest confidentiel, que
faute détudes (évidemment lenvironnement nest
pas un sujet détude), on a pris les valeurs de poissons deau
douce en aquarium pour indiquer les valeurs pour les lombriciens exigées
par les normes ! BRAVO !
Alors non. Les scientifiques et techniciens dignes de ce nom nont
pratiquement pas participé à lappareillage législatif
initié par les écologistes dans les années 60, repris
par les politiciens (= loi = législation = réglementation)
dans les années 1970. Mais les recherches préalables indispensables
pour créer une réflexion sérieuse et des normes
justifiées restent à faire et l'INRA commencerait à
s'en préoccuper.
Nous voilà capables de reconnaître un système réel (un champ et tous ses composants écosystémiques ; une machine). Un modèle qui tente de le représenter (validation au réel du modèle) et de ne plus trop soccuper des vues de lesprit (ce qui existe évidemment, mais ne concerne pas lenvironnement, si ce nest au niveau du laxisme phraséologique. À nouveau, ce laxisme s'oppose à la rigueur technoscientifique). Evidemment, notre ultraspécialisation nous interdit individuellement labord des systèmes complexes dans leur ensemble et dès le départ le réductionnisme, incompatible avec les approches environnementales est posé : didentifier et de formaliser la question posée ; dinventorier les connaissances disponibles qui nous semblent pertinentes. (Goulard, D17, p. 73). En environnement, les questions sont multiples, illimitées, redondantes et en permanence renouvelées. Quels sont les critères de pertinence a priori ? Il ny en a aucun !
On se heurte ensuite à la conséquence de cette nécessaire focalisation a priori : Le changement déchelle et le transfert déchelle, questions récurrentes depuis un certain temps dans les disciplines de lenvironnement. (Goulard , D17, p. 75). En fait en dehors de lexercice développé sur un cas particulier dune modélisation ponctuelle, tout se perd : Linterdisciplinarité reste cependant très faible et circonstancielle. Elle semble ne pas être durable pour un même objet, ni programmable. (Goulard , D17, p. 77)
Lauteur de ces lignes nest pas daccord ; les relations interspécialistes peuvent être facilement durables et programmables, cest fait et facile. Mais, effectivement, les contributions du département Biométrie et Intelligence Artificielle de lINRA nabordent pas cette question essentielle. Là, comme partout, nos limites inavouées dhyperspécialistes bornés devant être compensées par une intégration interspécialistes ne sont pas perçues, donc pas réglées !
Revenons aux systèmes. Tout le monde dit que cest complexe lenvironnement ; la notion de système est centrale dans larticle de Benoît et Papy déjà cité sans parler de complexité des modèles, représentation de systèmes complexes, de systèmes multi-agents, systèmes dynamiques (Goulard, D17, ça et là) de modèles en boites noires emboîtées de modèles explicitant la coévaluation de systèmes intégrés (Amigues et Moreaux, D17, ça et là). Assez caractéristiquement, la contribution de Claude Lobry apporte des compléments (et non pas un commentaire) amorçant l'approche du problème. Dans les années soixante, soixante-dix, Von Bertalanfy et ses adeptes ont fait de la propagande pour une théorie générale des systèmes (appelée aussi systémique) qui prétendait être une méthode universelle de représentation des systèmes vivants complexes. Malheureusement, la systémique promettait bien plus quelle ne pouvait tenir à lépoque et, leffet de mode passé, les scientifiques sen sont détournés. Cest dommage car, utilisée dans les limites qui sont les siennes, la théorie des systèmes reste un outil indispensable. (Lobry, D17, p. 81).
Tout le monde ne sen est pas détourné, je la pratique en environnement (chapitre II de mon dernier livre, 1996). De toute évidence, notre hyperspécialisation nous interdit daborder les systèmes réels, le systémique nous apporte une façon dorganiser et même de programmer. Conclusion : Les outils de la théorie des systèmes développés par lautomatique me semblent adaptés à la modélisation des grands systèmes qui peuvent se rencontrer dans une problématique environnementale. Ils sont malheureusement délicats à mettre en uvre. (Lobry, D17, p. 83).
Cette conclusion a été nuancée fortement par le fait que lapplication serait au futur. Ces concepts, qui se sont révélés féconds en automatique, le seront pour aborder la modélisation dans le domaine de lenvironnement. (Lobry, D17, p. 82) et, surtout, par hypothèse, lautomatique sintéresse à des systèmes construits par lhomme, donc en principe bien connus. Ce nest que rarement le cas des systèmes naturels. (Lobry, D17, p. 82).
Ce nest jamais le cas en environnement !
Les deux contributions de Michel Goulard et Claude Lobry ont ainsi le mérite de résumer limpasse où nous sommes : des outils performants mais "réductionnistes" applicables seulement à des objets circonscrits ou bien connus et une interdisciplinarité faible et circonstancielle.
Ces approches, même au futur, ne seront jamais opérationnelles seules : il faut affronter la nature des systèmes complexes. Rappelons-en la nature, car, si lon use et abuse de lexpression "système complexe", on refuse comme pour le mot "environnement" den voir les contraintes heuristiques et opérationnelles.
Dabord, grâce à Claude Lobry (D17, p. 81) nous avons une description explicite de ce quest un système simple : variables d' entrée (U) et de sortie (Y) et variables détat X du compartiment. Il y a en fait deux compartiments : le compartiment X et son entour (doù vient U et où va Y). Cest le système le plus simple : un compartiment identifié et lautre déduit (externe à lidentifié) donc deux compartiments et 2 cinèses.
A partir de là on complique ; on peut considérer les systèmes réels, modélisés par les modèles les représentant à 2 puis n compartiments identifiés. Pour représenter les systèmes physiquement et mathématiquement il faut les connaître. Claude Lobry, qui suggère de transférer les acquis de la systémique des automaticiens lindique dailleurs comme première "limite": Par hypothèse, lautomatique sintéresse à des systèmes construits par lhomme, donc en principe biens connus. Ce nest que rarement le cas des systèmes naturels (Lobry, D17, p. 82). Tout à fait d'accord, mais ce n'est pratiquement jamais le cas en environique.
Mais ici sintroduit un "détail" qui a échappé aux contributeurs du Dossier n° 17 et aux premiers théoriciens de la systémique. Il faut faire la distinction, pourtant ancienne (Atlan, 1985) entre systèmes compliqués et systèmes complexes. C'est ici essentiel. On peut décrire à partir du système compliqué concret pris en considération ce système si ces composants (compartiments et cinèses) sont connus et définis. Cela peut être lourd, mais cela est possible surtout par addition modulaire des apports de chaque spécialiste. Cela se fait en automatisme mais de façon encore plus spectaculaire en ingénierie simultanée dans l'industrie. Par exemple tous les composants dun nouveau modèle dautomobile sont pris en compte dans un système informatique associant en temps réel les maîtres duvres et leurs divers ingénieurs et les sous-traitants qui travailleront ensuite sur le même modèle en flux tendus. On peut aussi parler de systèmes compliqués en matériel informatique : les millions de composants des microprocesseurs co-associés et en logiciels où les couches de programmes informatiques s'accumulent depuis le langage machine qui interface les systèmes physiques et les logiciels pour utilisateurs. Ce sont des systèmes compliqués mais dont le fonctionnement est totalement décrit à partir dune connaissance totale (aux erreurs près de ceux-ci). Ce ne sont pas des systèmes complexes.
Mais, en environnement, nous travaillons sur des systèmes complexes, cest-à-dire des systèmes dont les composants ne sont que partiellement connus, souvent très partiellement. Prenons comme exemple une motte de terre : aucun grain physique constitutif de cette motte nest géométriquement décrit (forme, cotes, positions dans la motte) ; les milliards de composés chimiques constitutifs sont ignorés, mais parmi ceux-ci il y a les métaux lourds, les génotoxiques à létat de traces inférieurs chacun au ppb, les micropolluants interagissant pour être séquestrés ou être effectivement toxiques pour les organismes. Cette motte contient aussi des centaines de souches de microorganismes différents formant des colonies qui changent de propriétés (mutent), des centaines despèces de microorthopodes et de nématodes souvent inconnues de la science et quelques racines et vers de terre. Les composants sont essentiellement inconnus.
Evidemment, cette motte est constitutive dun sol, aux composants et organisations fonctionnelles sommairement perçus et ce sol nest lui-même quune composante de la parcelle (agro-écosystème) ouvert sur un monde dont les cinèses, tels les apports des aérosols issus de lincinérateur implanté à quelques kilomètres, ne sont pas décrites ou si peu. Ajoutons que cette parcelle entre dans une gestion en "système de culture", dépendant du système des échanges économiques et des systèmes de réglementation.
Lenvironnement porte donc sur des systèmes complexes et les outils performants pour décrire les systèmes y sont inopérants car ils ont été développés pour des systèmes connus simples ou assez compliqués (sauf si une petite partie du système complexe est réductible à du connu ; alors oui, les outils classiques des bases de données ou dérivés de lautomatisme sappliquent).
Faute de reconnaître cette différence fondamentale entre systèmes complexes et compliqués, on propose dappliquer un cautère sur une jambe de bois. Cela donne dune part un discours interdisciplinaire fleuri, bien pensant mais sans aucun outil opérationnel et dautre part des outils de gestion des connaissances (bases de données, modélisation des interprétations) inadéquats aux systèmes complexes, donc à la réponse environnementale que la société nous presse de faire ! Il ne nous reste plus dans le brouillard qu'a prôner la logique floue en supposant qu'elle se substituera à la gestion rigoureuse des faits connus. La logique floue, excellente et déjà ancienne (Zadeh, 1965), va maintenant nous servir d'excuse pour continuer à ne pas traiter d'environnement !
Si jécris ces lignes cest que jai été amené par hasard à résoudre ce problème de gestion des éléments de connaissances relatifs aux systèmes complexes. Je ne lai pas fait intentionnellement mais initialement empiriquement puis jai été amené à théoriser ce nouveau moyen essentiel. Ce nest pas le lieu den faire lexposé. Ceux qui sintéressent concrètement à aborder la problématique environnementale le liront ailleurs (Bouché, 1996). Disons simplement ici que, malgré facilité, simplicité et économie, son abord ne rentre pas dans les pratiques des disciplines établies et quen conséquence on en bloque l'usage ; cette indispensable pratique en environnement est rejetée aux calendes grecques et explique à elle seule largement les "problèmes denvironnement".
Car les problèmes denvironnement ne sont pour la plupart que le résultat de notre incapacité congénitale dévaluer limpact des pratiques humaines dans notre environnement (sur la motte de terre et la parcelle, sur la sécurité alimentaire,etc.), c'est-à-dire de gérer notre savoir partiel sur les systèmes complexes.
La solution vient en fait du respect dun certain nombre de règles, parfois anciennement connues.
- ne pas confondre les faits issus des systèmes concrets (= eusystèmes) avec linterprétation nécessairement très incertaine de ces systèmes complexes ;
- ensuite gérer les atomes de connaissances factuels (dit dics) selon un schéma conceptuel global permettant à tout hyperspécialiste, sans sortir du domaine où il excelle, de faire connaître la partie factuelle de son savoir (voir Courrier de lenvironnement 14, Bouché 1991). Evidemment, cela suppose que lhyperspécialiste observe des faits et quil ait lhumilité de reconnaître quil ne peut que contribuer à notre perception partielle des systèmes complexes. Il faudrait quil accepte de publier exhaustivement ces faits. Ceux-ci se gèrent en trois types déléments : les dics quantitatives, qualitatives ou floues, les liens (ou relations) entre elles par bases de données relationnelles en tableaux et les termes décrivant les dics qualitatives ou floues, et les caractéristiques (colonnes, lignes) des tableaux.
En définitive trois types déléments : dics, termes et relations.
Les interprétations sont distinctes, elles sont le résultat dune mixture de dics (factuelles) et dhypothèses interprétatives (sur léchantillon, les opinions, choix...). Elles se décrivent en relation avec les dics utilisées et avec une terminologie reprenant les termes décrits ci-dessus plus quelques termes propres aux interprétations selon des "phrases" à la syntaxe très simple (pas daccord orthographique !) car tous ces termes doivent se traduire automatiquement et sont, si nécessaire, explicités par des relations à des définitions elles-mêmes constituées de termes et de relations ; cest lexplicitation.
Ainsi chaque spécialiste peut restreindre son apport à son réel domaine de compétence, en contribuant à une connaissance exhaustive, en explicitant son savoir de façon simultanément polyglotte et "dé-jargonnée". Ce qui permet à tous de partager le savoir de tous. Chacun, en fonction de ses besoins, accède très précisément (car précisément décrit par le spécialiste "réductionniste" adéquat) à la partie précise dont il a besoin (finiela recherche documentaire dans des documents où il y a si peu quils ne sont pratiquement jamais consultés !). Chacun peut contribuer à la connaissance exhaustive pertinente et explicite et lutiliser pour, à chaque instant, extraire les connaissances acquises sur les systèmes complexes et voir celles qui font réellement défaut. Finis les états dâme "interdisciplinaires", les problèmes déchelle (sic), les recherches redondantes, etc.
Enfin précisons que les "phrases" sappliquent aussi aux procédures (type protocole déchantillonnage, danalyse, de test normalisé, de processus industriels) dont les opérations unitaires senchaînent par relation une à une au bon vouloir de lexpert les décrivant (concaténation). Tout cela sapplique grâce au schéma conceptuel global aux systèmes complexes car ne porte que sur la partie perçue de ceux-ci. Actuellement la connaissance acquise sur ceux-ci est accessible à moins de 1 % par les voies classiques (publications, rapports, internet, hypermédias, bases de données, etc.). Il est possible de lever ce blocage si réellement lenvironnement quitte le laxisme phraséologique des discours pour passer dans le domaine opérationnel de la rigueur techno-scientifique.
Ce qui existe :
- cest une définition claire de ce que sont les systèmes
simples, compliqués et complexes ;
- une confusion organisée des concepts de systèmes simples,
compliqués et complexes par leurs usages permanents de façon
littéralement insensée ;
- un laxisme phraséologique servant d'écran de fumée
et bloquant tous progrès ;
- une possibilité de gérer les éléments de
connaissances facilement au niveau des systèmes simples, compliqués
et, ce qui est nouveau, complexes.
Ce qui nexiste pas :
- cest un minimum dexigence de rigueur techno-scientifique
vis-à-vis des systèmes simples, compliqués et complexes
;
- cest la reconnaissance que nos problèmes denvironnement
anthropogènes résultent de notre désorganisation dans
la gestion des éléments de connaissances relatifs aux
systèmes complexes (et parfois compliqués) produit par chaque
spécialiste ;
- cest le refus de mettre en place la gestion des éléments
de connaissance relatifs aux systèmes complexes, particulièrement
dans lespace rural.
Lenvironnement est partout MAIS nulle part
Scène 1. On sait donc être parfaitement inopérant :
- par carence de rigueur nous avons éludé la problématique
environnementale (jusquen 1999 ?) posée à nous même,
de façon explicite depuis (au moins) 1962 ;
- en refusant de définir le contenu et le contour de la
problématique environnementale :
- une demande sociale claire : évaluer les conséquences des
actes humains ;
- une conséquence : créer un outil dévaluation
adisciplinaire mais commun aux spécialistes de façon totalement
adisciplinaire (pas de jargon), polyglotte ( = on ne peut tout faire dans
notre idiome) ;
- en excellant dans le discours environnemental flou, confus et indéfini,
c'est-à-dire en pratiquant la logorrhée du laxisme
phraséologique aux antipodes de la rigueur techno-scientifique qui
devrait être notre métier ;
- en excellant dans le discours sur les "systèmes", en abordant "à
la limite" les systèmes compliqués mais jamais les systèmes
complexes : objet de environique ! ;
- en cultivant la confusion face à la demande sociale et à
notre obligation de répondre à cette demande ;
- en réduisant la problématique environnementale (singulier)
à une liste extrêmement plurielle de problèmes
denvironnement (une liste à la Prévert) ;
- en noyant laction individuelle des spécialistes dans des
schémas "disciplinaires" et des évocations "interdisciplinaires"
à l'opposé de l'opérationnel ;
- en compensant la carence absolue de gestion et daccès aux
connaissances entre spécialistes par un discours interdisciplinaire
ainsi décoratif quinopérant ;
- en justifiant notre bonne foi (sic) par la multiplication de
comités sur des "principes" (de précaution) ou
déthique dont les membres sont laissés à leur
propre équation dune compétence réduite et d'une
incompétence exhaustive ;
- en multipliant les affichages relatifs à l'environnement mais en
nabordant pas la problématique environnementale ;
- en continuant de feindre de croire que le système actuel
dhypertrophie des publications (sic : ainsi sont-elles nommées
sans aucun public) rend public alors que les études des
scientomètres présentées aux responsables (Latour, 1994)
démontrent numériquement et scientifiquement le contraire ;
- en substituant la logique floue, intéressante en elle-même,
à la gestion des connaissances rigoureuses à tout niveau (y
compris par logique floue) .
Scène 2. Et et si on abordait sérieusement la
problématique environnementale ?
Les problématiques et les méthodes,
les enjeux et la prospective, la construction des dispositifs de recherche
et des réseaux. (Mode d'emploi du D17, p. 9)
Nous avons vu que la demande sociale nous interpelle et nous demande une réponse environicienne, cest-à-dire technique, à des problèmes créés par nos techniques.
Nous navons pas à nous mêler des modalités des réactions sociales aux dysfonctionnements engendrés par les activités humaines. Nous avons, tout au plus, à les observer et les formaliser.
Nous devons en revanche répondre à une seule question : mettre en place une évaluation concrète des techniques (moyens) mis en uvre dans notre milieu réel.
En conséquence, nous devons gérer toutes les connaissances relatives directement (ou indirectement : modèles) aux impacts de nos actes sur notre milieu. Cest simple mais adisciplinaire.
En conséquence, tout spécialiste se doit de ne plus enfermer ses acquis dans son bureau, dans son micro-ordinateur, dans des publications techno-scientifiques de pointe impraticables (langues et jargons !) mais de mettre à disposition en temps réel et de façon explicite (jargons techniques expliqués, langue traduite automatiquement) les faits observés sur les réels (y compris les effets observés de nos agro-techniques) et les interprétations (ou non) quil en tire. Ceci est facile pour peu que ce spécialiste travaille dans un cadre (exemple : organisme de recherche) où la problématique environnementale a été reconnue et prise en compte.
Il faudrait reconnaître que lévaluation de tout acte dans notre environnement ne saurait être réduite mais seulement fondée sur les éléments de connaissances que nous avons sur ces systèmes concrets avec relations entre techniques daction (traitement de déchets, usage de pesticides, production de betterave puis de sucre, etc.) et vrais systèmes (champs, usines, villes, etc).
Il faudrait distinguer dans lévaluation environnementale les estimations des appréciations par rapport à des valeurs distinctes et complémentaires (Bouché, 1996 : critères dévaluation).
On peut indiquer à titre de suggestions les valeurs, indissociablement liées mais opérationnellement distinctes, que sont :
- lexploitabilité (de la technique, du milieu, du type
de production) ;
- la diversité (qui nest pas que biologique, par exemple
paysagère) ;
- lefficacité : cest pour lagronome
théoricien la fertilité en g de masse sèche/m2
;
- la salubrité : cest lappréciation du risque
pour lhomme, à court terme (effet direct) ou moyen terme (via
les écosystèmes par exemple) des risques daccidents
(sécurité) et dhygiène (santé). Exemples
: les dioxines en accident à Seveso ou polluantes depuis longtemps
les poissons du lac Léman ou les corps gras en zootechnique, Bhopal
et laccumulation des organochlorés dans nos tissus, etc.
- le bien-être (ou aménité) :
lagrément/désagrément créé, par
exemple, par un grand cru de vin ou larasement des talus-haies de Bretagne.
Il faudrait ordonner les éléments de connaissances pour permettre les estimations de ces critères denvironnement. Considérer que des responsables de la recherche assurent leur responsabilité environnementale. Quils cessent de parler denvironnement pour dédouaner mais agissent pour permettre l'intégration des éléments de connaissances en les rendant disponibles aux spécialistes. Tout spécialiste se devant de rendre publique (=publication réelle) en opposition absolue aux publications techno-scientifiques actuelles.
Scène 3. Et si on quittait le discours pour agir ? Rêvons !
Imaginons que dans un organisme X de recherche français, par exemple lINRA, on veuille aborder la problématique environnementale. Pas pour affichage par laxisme phraséologique, non, pour répondre sérieusement, avec rigueur à la demande sociale en matière de protection de notre milieu, y compris notre sécurité alimentaire !
Imaginons que dans cet organisme X un responsable soit responsable, cest-à-dire exige les moyens de son action pour que ce que veut son organisme soit effectivement engagé, assuré, développé et accompli !
Imaginons que ce responsable ai lu le présent brûlot. Que ce brûlot ne soit pas censuré pour aimables présentations mais sérieusement critiqué aux plans rigoureusement technique et scientifique.
Rêvons que, ceci étant fait, il apparaisse à ce responsable, réellement responsable, quil faille cesser de parler/afficher ou blablater sur lenvironnement mais qu'il faille sérieusement aborder ce problème environnemental car la société ne supporte plus lirresponsabilité des fonctionnaires techno-scientistes mais souhaite bénéficier du "progrès", cest-à-dire des innovations évaluées dans le cadre de leurs applications. (= linverse de ce que nous avons toujours fait !).
Rêvons que ce responsable lise cet article, plus exceptionnel, prenne le temps de sinformer, de critiquer, de se convaincre et, malgré sa bizarrerie, constate qu'il traite de systèmes complexes mais réels, de techniques existantes, de milieux concrets, de modèles critiquables, de gestion des éléments de connaissances fiable, des hyperspécialistes bornés mais mettant en commun leurs connaissances. Bref, ce responsable, pour être non-irresponsable ne botte plus en touche derrière un discours pluridisciplinaire et de prétendues difficultés de mise en uvre qui ne résultent que de son inaction et du laxisme phraséologique bienséant à la mode.
Rêvons ! Ce responsable, enfin responsable, constate quil ny a quun problème denvironnement : la non-évaluation des actes humains dans l'environnement humain, et que pour cela les savoirs de tous : praticiens, techniciens, hyperspécialistes sont faciles à partager. Ceci permettant évidemment l'optimisation et l'évaluation des actions actuelles.
Rêvons ! Ce responsable nordonne aucune révolution. Lenvironnement est partout, tout hyperspécialiste de notre institut est concerné directement ou indirectement par la demande sociale environnementale. Il devra simplement mettre son savoir à disposition du public lato sensu dans un système dinformatisation mutuel, explicite, exhaustif, translinguistique et facile à mettre en uvre.
Rêvons profondément ! Ce responsable, décidément responsable, constate que si lenvironnement est partout il nest à lINRA nulle part. Aucun chercheur, par le moindre laboratoire, nest en charge dintégrer le savoir des hyperspécialistes dans un système dinformation polyglotte a accès en temps réel. Ce responsable parvient à lextrême à changer les priorités : au lieu de contribuer à l'appui de nouvelles technologies non évaluées à faire prendre en compte lenvironnement en terme de postes, de budget, de locaux, déquipements, considérer l'environnement comme un objet détude intrinsèque pour permettre à tous de co-agir. Lenvironnement devient dorénavant partout et pris en compte (alors qu'il nest plus nulle part).
En conséquence de cet effort intellectuellement extrême, mais financièrement négligeable, voilà que les "experts" des commissions, comité et autres panels disposent en temps réel des apports des hyperspécialistes praticiens, enseignants ou chercheurs. La meilleure évaluation, en cas de problème, peut à chaque instant être effectuée grâce à la mobilisation à la demande des éléments de connaissances nécessaires.
Accessoirement, lefficacité de la communication scientifique et technique est accrue de deux ordres de grandeur (80 à 150 % !)
Accessoirement nous accroissons notre impact européen-mondial du même facteur.
Accessoirement, mais ultérieurement, nous bénéficierons des apports polyglottes de la communauté internationale qui ne pourra que copier ce que nous aurons initié (c'est passer des justifications à la mode d'outre-atlantique à une réelle influence).
Scène 4. Bilan allégorique
Ce qui existe :
- des questions prégnantes relatives à la problématique
environnementale ; milieux, santé publique, protection de notre patrimoine
sécurité alimentaire ;
- un inventaire "à la Prévert", interminable, chaque jour
renouvelé des accidents environnementaux, y compris de
sécurité alimentaire ;
- un laxisme phraséologique, véritablement écran scientiste
de fumée, interdisant de poser les problèmes au nom d'une
techno-science au-dessus de tout soupçon et de toute façon
incompréhensible par la valetaille ;
- le même laxisme phraséologique s'opposant à la mise
en ordre des éléments de connaissances nécessaires pour
répondre à la seule question posée : évaluer
pour nous-même, ce que nous faisons ! ;
- une demande sociale qui ne nous pose qu'une question : évaluer à
tous les niveaux des recherches "fondamentales" (sic) à leurs
applications (re-sic), aux actes des praticiens les pratiques humaines
mises en uvre dans notre milieu (rural) ;
- une réponse de la recherche extrêmement dispersée et
peu efficiente, car les applications environnementales sont soupoudrées
et non inscrites dans les systèmes complexes où elles se nichent.
Ces applications sont elles-mêmes non évaluées.
Ce qui n'existe pas :
- une volonté politique de recherche responsable pour répondre
à la question sociale posée : l'évaluation
intégrée environnementale ;
- un responsable scientifique, à la fois responsable et pouvant prendre
conscience par la réflexion que le laxisme phraséologique dominant
est pervers vis-à-vis de la demande précise posée ;
- le même responsable, responsable, prenant le temps de la prise
en compte du fait que l'inventaire à la Prévert des problèmes
d'environnement (pluriel) n'exprime qu'une question : l'évaluation
de nos actes dans notre environnement ;
- le même responsable, responsable, prenant le temps
d'échapper aux réunions consensuelles pour réaliser
que ce problème unique n'impose qu'une réponse pour
l'évaluation environnementale : la mise en commun du savoir des divers
spécialistes (praticiens, techniciens, savants, juristes, experts...)
pour cette évaluation tant souhaitée ;
- le même responsable, responsable, réalisant que, moyennant
un minimum de réflexion, il faille exercer sa responsabilité
(!) pour créer une discipline fondamentale de mise en commun des
connaissances de tous les spécialistes sans bornages jargoniques ou
linguistiques. Seuls moyens de permettre la mobilisation des demandes de
connaissances en suivant la logique de chaque demande d'application, quitte
à réduire ultérieurement par la recherche les vraies
méconnaissances ;
- un responsable, responsable traduisant une volonté de politique
de recherche environnementale pour quitter le laxisme phraséologique
jouant le rôle de leurre social- (rapports, affichages, débats,
inaction,) et pour agir avec rigueur techno-scientifique pour mettre en place
les moyens opérationnels d'une évaluation intégrée
de nos actes dans nos milieux afin d'en optimiser les usages.
Grâce à cette évaluation intégrée ce responsable, responsable pourra donner une réelle orientation de nos diverses recherches fondamentales et appliquées, y compris celles "spécifiquement" dédiées à l'environnement.
Alléluia !
Fin du Rêve, l'OVNI atterrit.
Fin du rêve l'OVNI atterrit : ce brûlot ne sera ni
publié, ni lu, ni discuté, ni évalué. Car
l'environnement nest quun affichage pour agitations
encéphalo-littéraires telles que celle-ci qui ne représente
après tout quenviron 30 ans de recherches.
Lenvironnement est trop important pour être discuté
et pris en compte sérieusement.

[R]
FIGURE 1

[R]
Figure 1. Pour une même aptitude intellectuelle,
chaque spécialiste peut être compétent mais au prix d'une
étroitesse de cette compétence. Il peut à l'inverse
accroître l'amplitude de son discours mais au prix d'une
superficialité.[VU]

Figure 2. Si Léonard
de Vinci maîtrisait les savoirs des sciences et techniques de son
époque, les encyclopédistes tenteront, une ultime fois de
présenter les connaissances techno-scientifiques. Depuis, ou bien
nous sommes compétents sur un domaine pointu, mais extrêmement
étroit, ou bien nous sommes incompétents dans de vastes domaines,
tel l'environnement.
[VU]
[R] VI. Références bibliographiques
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Noise and Meaning. M.Zeleny Autopoiesis. A theory of living
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par ordinateur. Masson. Paris, 1-572.
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intégrée. Courrier de la Cellule Env. INRA, 14,
19-33.
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Callon, M., Courtial J.P., Penom, H.,1993 Le scientométrie,
Que sais-je ?, PUF, Paris, 128 p.
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Conn., USA., reprint 1973, 304 p.
Courtial J.P, 1990. Introduction à la scientométrie ; de
la bibliométrie à la veille technologique. ed.
Anthropos-Economica, Paris, 137 p.
Latour B., 1995. Le métier de chercheur ; regard dun
anthropologue. Éditions INRA, Paris, 95 p.
Simmonet, D., 1979. Lécologisme, Que sais-je ?, Puf,
Paris , 128 p.
Zadeh, L.A., 1965 Fuzzysets. Inform. Contr., 8, 338-353.
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n°17bis