Mangez des crottes, ça rend aimable (les Vautours percnoptères) ; Imbuvable (l'eau de nos rivières) ; Dodo ! (que le dodo repose en paix) ; Pour des porcs péri-urbains plus urbains (supportables par les Québécois) ; Il y a trou et trou (dans les forêts) ; Bien-être militaire (grâce à un sandwitch immarcescible) ; Du chocolat dans le neurone (21, c'est l'Agenda 21) ; Déminage (restauration de terrains miniers) ; Fourmis surréalistes (par Salvador Dali) ; Rats porteurs (d'une télécommande) ; Extension du nucléaire (au nettoyage) ; Lutte par effarouchement (contre de gros ravageurs) ; Environnement riche (pour rats de labo) ; Envahisseuse, envahisseur ! (Diabrotica et Paysandisia) ; Agriculture et biodiversité (traité européen) ; Aviculture spatiale (chinoise) ; Brouteur propre (émet moins de méthane) ; Tourista (marmottes touristiquées) ; La mauvaise graine chasse la bonne (sojas OGM) ; Bien-être animal (parfums, colliers...) ; Des millions d'espèces en moins (recalcul) ; Forêts fragmentées, forêts ravagées (de Peuplier faux-tremble) ; Garanti sans cosson/bug free (nouveau label) : A poil le poulet (et tout rose...) ; La crise de la fourmi folle (sur l'île Christmas) ; Insécurité routière (pour les hérissons) : Les pneus usagés, c'est dangereux ! (ils véhiculent des moustiques) ; Le sommet de l'insécurité (les ours de Kananaski) ; Chapeau, l'abeille africaine ! (elle fait plus de café) : Mauvais goût (les errements alimentaires d'un charançon) : Pour en finir avec un sujet récurrent (celui des moyens de venir à bout des limaces).
ESPAGNE
Mangez des crottes, ça rend aimable
Et ça vous fera la face d'un jaune éclatant, grâce aux
caroténoïdes contenus dans les bouses de vaches et autres crottins
et que ne vous fournissent pas les charognes de votre ordinaire. Ce qui vous
rendra très attirant pour l'autre sexe et avertira vos
congénères que vous êtes au sommet de la hiérarchie.
De la hiérarchie des Vautours percnoptères, Neophron
percnopterus.
D'après Negro J. J. et al., 2002. An unusual
Source of essential Carotenoids. Nature, 416, 807-808.
FRANCE
Imbuvable
À l'occasion de l'ouverture de la pêche à la truite,
début mars 2002, le Conseil supérieur de la pêche publie
l'état des rivières de France, établi à partir
d'observations faites sur 3 espèces de poissons [tout à fait
concernés
] et 3 000 tronçons de cours d'eau.
Pour la truite, l'ombre et le brochet, 15% des rivières sont en bon
état, 63% en état moyen, 22% sont invivables - au moins à
une des phases de leur vie (reproduction, éclosion, croissance).
Sans surprise, les activités humaines sont la cause des eaux mauvaises
: barrages en montagne, activités diverses plus en aval, de l'extraction
des graviers à la création de plans d'eau (qui réchauffent
celle-ci) en passant par les pesticides et amendements agricoles.
Étude en ligne à
www.csp.environnement.gouv.fr
MAURICE
Dodo !
Signalé disparu en 1681 sans qu'il en reste la moindre
représentation fiable ni un seul spécimen naturalisé
entier, le Dodo conserve une grande part de mystère. Incapable de
voler, plus gros qu'une dinde, Didus ineptus (ainsi Linné l'a-t-il
nommé) n'était pas bon à manger. Il a sans doute
été autant victime des animaux apportés sur l'île
Bourbon que de son aspect ridicule qui l'a fait massacrer pour le plaisir.
Des chercheurs du Muséum d'histoire naturelle d'Oxford (Royaume-Uni)
ont réussi à prélever de l'ADN d'un os de
l'extrémité d'une patte conservée en cet
établissement. La comparaison avec l'ADN d'une trentaine d'oiseaux
columbiformes a désigné son plus proche parent survivant (son
cousin le Solitaire avait subi le même sort à peu près
à la même époque) : le pigeon de Nicobar, Caloenas
nicobanica, présent en Extrême-Orient méridional
- notamment sur l'île de Nicobar.
NDLR 1 : nous n'avons eu connaissance d'aucun projet de " ressuscitation
" de l'espèce éteinte : Raphus cucullatus (son nom officiel)
peut reposer en paix.
NDRL 2 : le Dodo a inauguré (doublement) la rubrique In Memoriam
du Courrier (nos 11 et 12 de septembre et octobre 1990).
CANADA
Pour des porcs péri-urbains plus urbains
Les producteurs de porcs de Mauricie (Québec) demandent aux
autorités d'imposer un moratoire sur, d'une part, les nouvelles
installations de porcheries et, d'autre part et simultanément, les
nouvelles installations de villas pour les urbains. Le tout dans une " zone
verte " définie comme vouée à l'agriculture. Les
éleveurs mauriciens " s'inquiètent notamment du fait que le
'traitement médiatique' du dossier porcin commence à amocher
sérieusement 'l'image de la production et de la profession' ".
Un problème les touche durement : les urbains viennent habiter de
plus en plus à la campagne, près de leurs ateliers et, une
fois installés, n'ont de cesse de vouloir " expulser [les producteurs]
de leur horizon olfactif ". Et " la protection de la zone verte, qui devrait
en principe être prioritairement affectée à la production
agricole, a été constamment grugée depuis 20 ans, comme
on le voit sur les meilleures terres agricoles du Québec, le long
des autoroutes qui ceinturent la métropole, une illustration
éloquente du pouvoir politique des promoteurs immobiliers et du peu
de vision des administrations municipales ".
Par ailleurs, la Fédération des producteurs de porcs a lancé,
le 10 avril 2002, une campagne sur l'" épandage sympathique du lisier
" auprès des 4 500 producteurs québécois. À l'aide
de l'image d'" un petit cochon qui semble apprécier les effluves
printaniers de ses collègues ", les éleveurs adopteront diverses
mesures techniques, tiendront compte de la direction du vent et créeront
" des contacts francs et cordiaux avec les voisins ".
D'après " Des producteurs de porcs demandent un moratoire
" par Louis-Gilles Francoeur, lu le 11 avril 2002 sur Le Devoir à
www.ledevoir.com
ÉTATS-UNIS
Il y a trou et trou
D'après l'étude qu'Amanda D. Rodewald vient d'achever dans
les forêts de Pensylvanie, les trouées pratiquées pour
l'agriculture sont plus nocives pour l'avifaune forestière que celles
résultant de l'exploitation des arbres. Autour des zones mises en
culture, les oiseaux sont moins divers et moins nombreux, un résultat
issu d'observations répétées des ufs dans les
nids, faites en prenant toutes les précautions pour ne pas perturber
les parents dans leurs activités de couvaison, de garde et de
nourrissage.
Le facteur antagoniste à l'uvre autour des champs est la
prédation. En effet, il semble bien que les milieux cultivés
offrent de meilleures conditions aux animaux pilleurs de nids, en leur permettant
de survivre à l'hiver et/ou en leur offrant des ressources alimentaires.
Pour les amis des oiseaux, il faut repenser l'aménagement des
forêts. Pour ceux des écureuils
D'après " Farming inside forests hurts bird communities
more than timber harvesting, study suggests ", lu le 10 avril 2002 sur Ohio
Research News à www.osu.edu/units/research
ÉTATS-UNIS
Bien-être militaire
Les chercheurs du Soldier Systems Center de l'Armée américaine
(à Natik, Massachusetts) sont fiers d'une invention qui, s'inscrivant
dans le développement d'un arsenal toujours plus puissant et plus
précis, marquera la mémoire des fantassins (les officiers sont
peu concernés) en lutte contre l'Axe du Mal.
Il s'agit d'un sandwich immarcescible. À 38°C - soit si le soldat
fiévreux s'assied dessus -, il se conserve 6 mois. Il ne craint qu'une
chose, la dent du soldat (états-unien), protégé qu'il
est, outre de films plastiques, d'humectants (la tranche de poulet reste
ferme) et d'absorbeurs d'oxygène (aucune chance de survie pour la
bactérie résiduelle).
Son goût est " acceptable " d'après les premiers volontaires.
Mais nos savants s'attaquent à la tartine au beurre de
cacahuète
D'après " Das unzerstörbare Sandwitch ", lu sur Spiegel Online,
le 16 avril 2002, à www.spiegel.de
NDLR : les civils devraient, dans un premier temps, être
épargnés. Ceci dit, le Courrier n'est pas au courant
des intentions de la SNCF.
Post-scriptum : et pour boire ? L'AFP nous répond le 26 mai, depuis
Washington, que l'eau de boisson sera extraite du carburant du futur
véhicule de combat (et soigneusement filtrée). La
dépêche nous indique en outre que la pitance du GI ne contiendra
aucun OGM.
FRANCE
Du chocolat dans le neurone
Entendu, à l'occasion d'un petit déjeuner-débat du
Comité 21, le comité français pour l'environnement et
le développement durable (www.comite21.org/), de la part d'un
ancien grand serviteur de l'État encore en activité du
côté du président d'un syndicat professionnel : "
Agenda
21 ?
Vingt-et-un, c'est pour la Côte-d'Or ?
".
Un voisin, éberlué, a gentiment renseigné l'ignorant.
Il lui a annoncé, sans ménagement, que cela n'avait pas plus
à voir avec le chocolat qu'avec ce beau département de Bourgogne,
que, depuis dix ans, l'expression faisait référence au Programme
d'actions pour le XXIe siècle, processus initié officiellement
par la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le
développement de Rio-de-Janeiro, en 1992, qui " reflète un
consensus [mou comme le chocolat fourré, d'ailleurs
] mondial
et un engagement politique [qui a un peu fondu depuis ! ], au niveau le plus
élevé sur la coopération en matière de
développement et d'environnement " (A/CONF.151/4 - Partie I -
français, p. 5).
Les Nations unies ont même affirmé alors que " ce processus
[marquait] la naissance d'un nouveau partenariat mondial pour le
développement durable " (A/CONF.151/4 - Partie I - Français,
p. 6). Nous le vérifierons au Sommet mondial du développement
durable, à Johannesburg, fin août 2002
Mais il faut voir le côté positif des choses : que quelqu'un
sache encore que, derrière le numéro (minéralogique)
21, se cache le département de la Côte-d'Or, est plutôt
réjouissant ! Même si cela fait un peu XIXe siècle et
l'école de Jules Ferry, qu'un lieu géographique ait un nom
plutôt qu'un numéro froid, c'est déjà se rendre
compte que l'espace, ça existe quelque part
La toponymie est
une discipline utile à l'environnement et, comme, l'environnement
n'exclut pas l'homme, nous voici pas loin des questions de développement.
Pourvu que cela dure !
Il faudra recommencer l'expérience avec un jeune énarque
ÉTATS-UNIS
Déminage
Dans l'Indiana, de nombreuses mines de charbon à ciel ouvert,
abandonnées depuis un demi-siècle, se sont transformées
en lacs et étangs. Mais leur eau est trop acide.
Pour désacidifier le milieu aquatique et restaurer ces lieux, on a
déjà déversé 30 000 tonnes de guano provenant
d'élevages de dindon, Meleagris gallopavo (oiseau Gallinacé),
un amendement bon marché et disponible. Puis, sur un site pionnier
de 80 ha, on plantera des végétaux - plantes basses et arbres
- en attendant et espérant que l'endroit sera adopté par les
rats musqués, les lapins et
les dindons.
D'après " Turkey manure turns old mine into wetland
", lu sur CNN.com/SCI-TECH le 26 avril 2002, à
www.cnn.com
NDLR : là-bas, le dindon est sauvage et autochtone ; les Indiens
connaissaient d'autres vertus de cet animal avant tout comestible : ils
utilisaient ses plumes pour leurs parures et pour stabiliser les
flèches.
ART
Fourmis surréalistes
En troupes plus ou moins nombreuses, entourant un orifice ou flottant dans
l'espace, les fourmis (noires et luisantes) sont fréquentes dans
l'uvre peint de Salvador Dali. Elles se font aussi remarquer dans Un
chien andalou (1928), film qu'elles ont inspiré, à partir
d'un rêve. Avec le sang et les excréments, ce sont, pour l'artiste,
des éléments terrorisants, des images de mort. Avec les sauterelles
également (dans Le grand masturbateur, 1929).
L'entomologiste myrmécologue (et paranoïaque critique) ne peut
s'empêcher de relever que, dans ce tableau, comme dans L'énigme
du désir (1929), Lénine au piano (1931) et L'amour
et la mémoire (1931), les " fourmis " ont 4 pattes. De même
que l'Orthoptère sus-cité. Sur le Buste de femme
rétrospectif (1933), nos Hyménoptères en ont 6.
Quant aux sauterelles (ou criquets ?), Dali enfant les capturait, déployait
leurs ailes et les relâchait en général - jusqu'à
ce qu'il se trouvât face à un petit poisson qui avait la même
tête
Au Centre Pompidou, à Paris, du 6 mars au 24 juin 2002
: " La Révolution surréaliste
".
ÉTATS-UNIS
Rats porteurs
L'université de l'État de New-York (prof. Sanjiv Talwar) annonce
la sortie de ses laboratoires d'un moyen de repérer les personnes
enfouies survivantes à un tremblement de terre ou de détecter
les mines enterrées.
Explication sous forme de travaux pratiques. Prenez un rat, mettez-lui un
sac à dos bourré d'électronique, vérifiez les
piles, branchez les électrodes dans son cerveau, dont une - c'est
important - dans le faisceau méridien du télencéphale,
au niveau du " centre de plaisir ". Puis mettez-vous au clavier de votre
ordinateur portable, qui gère la télécommande de l'engin
rodento-électronique. Laissez aller le rat et pilotez-le, sans oublier
- c'est le BA-BA du dressage - de le récompenser à chaque fois
qu'il le faut d'une impulsion via l'électrode susdite. Votre rat fera
à votre demande des choses étonnantes, tournera à gauche
ou à droite, traversera une zone vivement éclairée -
ce qu'il déteste. Avec toutefois des limites : il refusera de se jeter
dans le vide.
D'après " Here come the ratbots ", par Tom Clarke, paru
dans Nature Science Update le 2 mai 2002, lu à
www.nature.com
NDLR 1 : il faudrait avoir mauvais esprit (et une micro-caméra
étanche sous la main ainsi que de quoi la scotcher sur le sac à
dos) pour voir là un moyen éventuel d'aller espionner les gens
via les tuyaux d'évacuation des eaux.
NDLR 2 : quid des applications agronomiques ? Les zootechniciens recevront-ils
des fonds pour construire un casque électronique pour cheval de trait
de façon à le piloter avec un boîtier à 2 touches,
" hue " et " dia " - plus une, " avoine " ?
FRANCE
Extension du nucléaire
Il s'agit de projectiles, de frappes, d'impacts et de nettoyage, il s'agit
des noyaux des fruit de Prunus persicae, appelés pêches.
L'entreprise Swanycity, après avoir essayé de nombreux abrasifs,
a retenu ce matériau pour en garnir les jets hydrauliques de ses machines
à effacer les graffitis. Les signes agressifs ne résistent
pas à cette arme, le mur, lui, demeure intact.
D'après " La pêche contre les graffitis ",
Environnement magazine, n°1608, juin 2002.
NDLR : plusieurs denrées alimentaires servent de projectiles. Citons
les grains de blé décapeurs de peinture d'avion et les poulets
essayeurs de la résistance des pare-brise des mêmes, et ayons
un souvenir ému pour les grains de riz munitions de sarbacanes
scolaires
INDONÉSIE
Lutte par effarouchement
En protection des cultures, il est souhaitable d'éviter (ou d'utiliser
le moins possible) les produits toxiques en -cide et de mettre en
uvre des méthodes " alternatives " respectueuses de l'environnement.
Il en est tout particulièrement ainsi en lutte contre un dévastateur
des champs et des vergers, l'éléphant (deux espèces
de mammifères Éléphantidés, en fait : Loxodonta
africana et Elephas maximus).
Une équipe de la Wildlife Conservation Society, basée à
New York (États-Unis) a mis au point un protocole efficace, ressortissant
à la " lutte psychique ", basé sur l'effarouchement desdits
ravageurs. Un fil périmétral (autour de la zone à
protéger) sert à donner l'alerte à des techniciens
phytiatres perchés dans un mirador gainé de barbelé
(à défaut, le ravageur abat le mirador). Nos protecteurs des
végétaux allument alors des sirènes, des pétards,
des projecteurs
et, si cela ne suffit pas - les mâles solitaires
sont très déterminés -, éloignent les phytophages
à bord d'un véhicule ou
d'éléphants domestiques
(auxiliaires de lutte). Pour renforcer ce dispositif, il est
préconisé de disposer des branchages trempés dans du
jus de piment piquant, très irritant et, donc, répulsif mais
aux effets passagers.
Grâce à ce protocole, l'éléphant - espère-t-on
- sera toléré par les cultivateurs et sa conservation sera
plus durable.
D'après " New program helps protect Asian elephants
through crop-raiding prevention ", lu sur Eurekalert!, le 22 mai 2002, à
www.eurekalert.org
NDLR : jadis, au tout début de l'ère chrétienne,
Pline l'Ancien s'en est fait l'écho, les jardins de Salé (tout
près de Rabat, au Maroc) étaient ravagés par les
éléphants. Les jardins, dévorés par l'urbanisation,
ont duré presque jusqu'à maintenant. Les éléphants,
on ne les a pas revus depuis cette époque
Cf " La Mamora et ses ennemis " dans le Dossier n°15,
en ligne à www.inra.fr/dpenv/d15mamor.htm
LABORATOIRE
Environnement riche
Pour augmenter le bien-être de leurs animaux de laboratoire (du genre
rats ou souris blancs), les expérimentateurs, appliquant des directives
européennes, procèdent à l'" enrichissement " de leur
environnement. Ainsi les souris voient-elles leur cage pourvue d'un tube
en carton. Des améliorations de ce genre peuvent modifier
profondément les résultats des expériences, comme l'ont
montré Emma Hockly et ses collaborateurs (université d'Oxford)
en comparant les performances de souris porteuses du gène de la
Chorée de Hutington placées les unes dans une cage standard,
les autres une cage avec le tube-abri, et le 3e lot dans une cage pourvue
en outre de jouets et d'une cage à écureuil, au sol jonché
de nourriture et occupée par 9 congénères. Les souris
ont montré une coordination motrice bien supérieure dans ces
conditions " riches ". Comment, sachant ceci, comparer des résultats
obtenus avec des animaux placés dans des ambiances différentes
(même peu) et mal décrites ?
Autre problème : en environnement " enrichi ", les réponses
des cobayes sont plus variables, au moins pour certain descripteurs. Il faut
donc augmenter les effectifs des lots et " consommer " plus d'animaux. Ce
qui ne satisfait guère les amis de ceux-ci.
D'après " Quality life for lab animals ", par Anil Ananthaswamy,
dépêche du New Scientist, lue sur Alphagalileo, le 14
mars 2002, à www.alphagalileo.org
FRANCE
Envahisseuse, envahisseur !
L'alerte est donnée. Mais la Protection des végétaux
veille et, tout particulièrement, son laboratoire principal à
Montpellier. Les entomologistes examinent les végétaux
importés et surveillent les ravageurs nouveaux immigrés autant
que les déprédateurs habituels.
Envahisseuse, la Chrysomèle des racines du maïs, Diaborotica
virgifera (Coléoptère Chrysomélidé), inscrite
à l'" annexe 2 " (de la liste européenne des ravageurs de
quarantaine), présente notamment en Italie, menace nos cultures. Dans
son aire d'origine, l'Amérique du Nord, l'animal est connu sous le
nom de western corn rootworm. L'Organisation européenne et
méditerranéenne de la protection des plantes (OEPP/EPPO) le
suit depuis qu'il a pris pied (tarse) en Europe, autour de l'aéroport
de Belgrade (Serbie), en 1992. Il a été signalé en Hongrie
et en Croatie en 1995, en Roumanie en 1996, en Bosnie Herzégovine
en 1997, en Bulgarie, au Monténégro, en Italie en 1998, en
Slovaquie et en Suisse en 2000, enfin en Ukraine en 2001. L'adulte pond dans
le sol des ufs blancs très petits (0,1 mm). Les larves blanches
et cylindriques éclosent au printemps et se portent, attirées
par le gaz carbonique, sur les racines du maïs, qu'elles dévorent
: ce qui provoque les dégâts les plus graves, les plants affaiblis
finissent en effet par verser. Au bout de 3 stades larvaires, effectués
en 3 à 4 semaines, elles construisent une coque et se nymphosent.
L'adulte, jaune, long de 6 mm, émerge peu après, sort du sol
et va se nourrir des soies, des panicules et des feuilles du maïs. Il
y a en principe une génération par an. Les maïsiculteurs
traitent chimiquement au moment du semis ou alternent maïs et soja.
Mais cette pratique de lutte culturale semble déjà contournée
par certaines populations " résistantes " où les individus
retardent leur développement. En Suisse, on annonce pour 2002 la
commercialisation d'un nouveau maïs-Bt (créé par Pioneer
Hi-Bred et Mycogen) où la toxine est en quantité suffisante
dans les radicelles.
Envahisseur, le papillon Paysandisia archon, Lépidoptère
Castniidé, d'origine argentine, ravageur des palmiers, est
[peut-être] un récidiviste : importé sur la Côte
d'Azur en 1913, il aurait (c'est sans doute une légende) été
éliminé par le froid en 1929. Mais, en 2001, les
pépiniéristes hyérois, voyant de nombreux palmiers mourir,
ont alerté l'INRA. Les papillons ont eu le temps d'émerger
et de se faire admirer : l'imago, de 10 à 11 cm d'envergure, rouge
et noir, est diurne. La femelle pond à la base des pétioles
foliaires. La chenille orange puis blanc-crème, creuse ses galeries
dans le stipe. Paysandisia archon s'est fait inscrire, par
l'arrêté modificatif du 7 février 2002, à la liste
des organismes nuisibles aux végétaux produits végétaux
et autres objets soumis à des mesures de lutte obligatoire
(arrêté du 31 juillet 2000). Il sévit également
en Espagne et semble - jusque là - n'affecter que les palmiers ornementaux
mais le dattier pourrait bien lui convenir
D'après, notamment, Terre-net du 1er mai
2002 (www.terre-net.fr) et Palm warning
(www.chez.com/palmiers/alertecastnia.php)
À lire de Philippe Reynaud et ses collaborateurs, un article complet
sur Paysandisa dans le prochain
Phytoma.
On a lu, p. 103, la chronique de Pierre Marsal sur le Cinq-à-sept
de la ME&S consacré aux invasions biologiques.
EUROPE
Agriculture et biodiversité
Le 7 mai 2002, les 15 États membres de l'Union européenne et
la Communauté européenne ont signé l'Engagement
international sur les ressources phytogénétiques pour
l'alimentation et l'agriculture.
Le traité, relatif à la conservation et à l'utilisation
durable du matériel phytogénétique et au partage
équitable des avantages qui en dérivent, y compris les gains
commerciaux, avait été approuvé le 3 novembre 2001,
à Rome, par la Conférence de l'Organisation mondiale pour
l'agriculture et l'alimentation (FAO).
D'après un communiqué Millefeuille Presse, lu le 7 mai
2002, sur Terre-Net à www.terre-net.fr
NDLR : Agriculture et biodiversité des plantes, faut-il
le rappeler, est le titre du Dossier de l'environnement de l'INRA n°21
(cf p. 3 de couverture).
CHINE
Aviculture spatiale
À bord du Shenzhou III, un vaisseau spatial
télécommandé, neuf Gallus gallus ont fait 108
fois le tour de la terre. Partis peu après avoir été
pondus et fécondés, le 25 mars 2002, ils ont atterri le 1er
avril, toujours à l'état d'uf. De ces 9 intrépides,
3 poussins ont ensuite éclos, sous l'il des chercheurs en
génétique et en reproduction des poulets.
D'après lemonde.fr, lu le 24 avril 2002 à
www.lemonde.fr
AUSTRALIE
Brouteur propre
Le bétail australien produit du méthane. Des aérostats
mesurent les quantités émises (Brève " Ballon
renifleur " du Courrier n°43 de mai 2001) de ce gaz à
effet de serre. Les kangourous broutent la même herbe, sans dégager
de CH4 du tout.
Ceci grâce à des hôtes de leur estomac. Les chercheurs
australiens travaillent à préciser le rôle de ces
bactéries dans la digestion, à les caractériser - il
y en a une quarantaine de sortes - et à les utiliser pour rendre les
bovins et les ovins moins agressifs vis-à-vis du climat.
D'après " Kangourous offer clue to global warming "
par Richard Black, lu sur BBC News le 3 juin 2002, à
news.bbc.co.uk
NDLR : le 5 juin, l'AFP communique que le Premier ministre australien,
John Howard, confirme que son gouvernement ne ratifiera pas le protocole
de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet
de serre tant que les États-Unis, la Chine et l'Inde resteront en
dehors de cet accord. Y a-t-il un rapport ?
FRANCE
Tourista
Au pied du rocher de Mont-Dauphin (Hautes-Alpes), vivaient peinardes cinq
douzaines de marmottes. Elles étaient là depuis les années
1960, en bordure d'une route, entre rochers et prairies. En 1999, paraît,
dans une brochure touristique, la photo d'un enfant donnant une biscotte
à grignoter à une marmotte. Depuis, le touriste a pris la
détestable habitude de proposer au rongeur du chocolat, des chips,
des pruneaux, etc. Et la colonie de marmottes de dépérir, les
individus souffrant de protubérances dans le cou, montrant un pelage
terne avant de mourir.
Ces dérèglements du comportement (du touriste) sont pour l'instant
limités à quelques sites. Le gros de l'effectif (de marmottes)
se porte bien, qui s'en tient à son régime " marmotte sauvage
", lequel lui assure une bonne graisse pour bien hiverner.
D'après une dépêche AFP du 27 avril 2002.
À (re)lire : " La marmotte alpine " par Raymond Ramousse, Michel le
Berre et Olivier Giboulet. Courrier de l'environnement de l'INRA,
36, mars 19 99, article en ligne à
www.inra.fr/dpenv/ramouc36.htm
BRÉSIL
La mauvaise graine chasse la bonne
De nombreux paysans se plaignent, cette année, des rendements très
bas des sojas OGM qu'ils ont semés. Pourtant le Brésil interdit
la culture des plantes génétiquement modifiées, n'autorisant
que les essais pratiqués par Monsanto, Embrapa et Condetec. Mais il
existe, depuis 5 ou 6 ans, un marché noir sur lequel les agriculteurs,
tentés par cette nouveauté, acquièrent du soja OGM de
provenance(s) inconnue(s) (et impossible à établir), certainement
pas adapté aux sols et aux conditions du Brésil
- d'où les récoltes plus faibles qu'avec les variétés
conventionnelles.
Une mauvaise promotion pour les cultivars génétiquement
modifiés qui, selon le souhait des firmes, devraient être
bientôt autorisés.
D'après " Modified Crops G. Underground ", par Paulo
Rebêlo, paru sur wirednews le 1er mai 2002, lu à
www.wired.com
PLANÈTE
Bien-être animal
Pour la santé de ses animaux, l'homme dépense chaque année
12,5 milliards d'euros, soit 4 à 5% de ce qu'il consacre à
lui-même. Encore, là-dessus, les deux tiers vont-ils aux vaccins
et aux soins des animaux de rente. En 2001, le marché mondial des
produits vétérinaires pour animaux d'élevage a baissé
de 3% (crises de la vache folle et de la fièvre aphteuse).
En revanche, celui consacré aux animaux de compagnie est en pleine
expansion, avec des produits " ciblés " comme des vaccins pour chats,
des soins de peau pour chiens et chats, des produits dentaires, des
régulateurs de sexualité et de reproduction
Plus des
parfums (Oh my Dog ! pour chien et, plus récent, Oh my Cat ! pour
chat [ne vous trompez pas]). Et même des bijoux. Plus de 100 millions
de chiens de compagnie sont nourris dans le monde. Sur les 58 millions
d'états-uniens, 62% reçoivent un cadeau à
Noël
D'après " L'eldorado des soins et cosmétiques
pour animaux de compagnie ", par Véronique Lorelle, lu sur Le Monde
interactif, le 16 avril 2002 à
www.lemonde.fr
PLANÈTE
Des millions d'espèces en moins
Question ressassée : combien y a-t-il sur terre d'espèces
d'insectes, le groupe d'animaux le plus " biodivers " ?
On peut raisonnablement indiquer qu'environ 750 000 espèces ont
été décrites par les entomologistes (si l'on fait le
compte dans les catalogues, on trouve jusqu'à 1 million, mais il y
a beaucoup de doublons).
On peut, sans se tromper, avancer qu'on n'a enregistré qu'une petite
partie des espèces existant réellement, sachant que de nombreux
endroits ont été explorés superficiellement ou pas du
tout. Mais quelle partie ?
Pour l'évaluer, on s'est longtemps appuyé sur des inventaires
aussi exhaustifs que possible faits en forêt tropicale humide. Dans
ces milieux très " riches ", on a ainsi établi des listes
très copieuses d'espèces, dont une grande proportion d'inconnues
pour la science, et compté les espèces de plantes, nombreuses
mais bien mieux connues. Puis, on a procédé par extrapolations
en considérant que chaque espèce d'insecte était
inféodée à une espèce de plante - ou à
un petit nombre - et possédait quelques parasitoïdes plutôt
spécifiques. Tout ce travail pour aboutir au chiffre impressionnant
de 30 et quelques millions.
L'étude que viennent de publier Vojtech Novotny et ses collaborateurs,
au terme de 6 années de récoltes manuelles en Nouvelle
Guinée, rabaissent ce nombre à 4 millions. Leurs observations,
en effet, infirment les hypothèses adoptées ci-dessus en
établissant que la plupart des insectes phytophages sont plutôt
des généralistes, polyphages ou oligophages (au régime
alimentaire restreint à quelques genres ou familles botaniques en
général apparentées) et que la monophagie est rare.
Cette disparition virtuelle établie, il n'en reste pas moins essentiel
de s'efforcer d'empêcher les disparitions bien réelles d'insectes
répertoriés ou pas, que provoquent les agressions de l'homme
vis-à-vis de leurs habitats.
Novotny V., Basset Y., Miller S.E., Weiblen G.D., Bremer B.,
Cizek L., Drozd P., 2002. Low host specificity of herbivorous insects in
a tropical forest. Nature, 416, 841-844.
CANADA
Forêts fragmentées, forêt ravagées
Exploitant les peuplement de Peuplier faux-tremble (Populus tremuloides)
de la forêt boréale, les sylviculteurs souffrent des pullulations
cycliques d'un ravageur folivore qui provoquent des pertes de rendement en
fibre. Ce défoliateur est la chenille de la Livrée des
forêts, Malacosoma disstria (Lépidoptère
Lasiocampidé), qui prolifère tous les 12 ans environ, atteignant
une biomasse importante : 657 caribou/km2. En les quantifiant
avec une unité homologue, ses parasitoïdes " pèsent "
82 loups.
Sans envisager de lutte directe, l'analyse de la dynamique des populations
de l'insecte (sur 127 sites répartis sur 400 km2) conduit
Jens Roland (du RGDF, à l'université d'Alberta) à proposer
une méthode sylviculturale particulière. En effet, il
apparaît que les parcelles de forêt les plus petites servent
de " refuge " ou de " foyer " pour la population de Livrée, du fait
de l'inefficacité des ennemis naturels, ce qui entraîne la
prolongation de la gradation ; alors que la rétrogradation (effondrement
des effectifs) intervient plus tôt dans les grandes parcelles. D'où
la préconisation de maintenir des grands pans de forêt et
d'éviter tout fractionnement.
D'après " Les livrées et leurs parasites seraient-ils
les animaux les plus abondants de la forêt boréale ? " par Marvin
Abugov, lu sur Eurekalert le 12 mars 2002 à
www.eurekalert.org
PLANÈTE
Garanti sans cosson/Bug free
Du 11 au 15 mars 2002, s'est tenue à Rome la 4e session de la commission
intérimaire des mesures phytosanitaires de la Commission internationale
de la protection des végétaux qui a adopté les directives
pour la réglementation des matériaux d'emballage à base
de bois dans le commerce international.
Le symbole ci-contre, apposé sur une palette, une caisse, des coussins
de paille de bois, des traverses et autres madriers, signifie que l'exportateur
certifie que le bois a été désinsectisé par chauffage
à plus de 56°C pendant 30 minutes au moins ou traité par
fumigation au bromure de méthyle pendant 16 heures.
Le problème n'est pas mince. Le bois d'emballage est un véhicule
de choix pour des insectes xylophages envahisseurs, comme le Longicorne asiatique
Anaplophora glabripennis, dont l'invasion inquiète les New-yorkais.
Comme un autre coléoptère Cérambycidé, le Longicorne
de l'eucalyptus, Phoracantha semipunctata, qui, après avoir
émigré d'Australie en Afrique du Sud dans des traverses de
chemin de fer, a gagné la Palestine durant la Seconde Guerre mondiale
dans de l'emballage de matériel militaire, avant de se répandre
sur tout le pourtour méditerranéen. Comme beaucoup de ravageurs
de quarantaine, envahisseurs potentiels, susceptibles de provoquer, s'ils
mettent patte en Europe, des dégâts difficilement
maîtrisables.
D'après, notamment le dossier " OGM, espèces
étrangères et 'commerce sans danger' " publié en mars
2002 sur Agriculture 21, lu à
www.fao.org
ISRAËL
À poil, le poulet
Sans la moindre manipulation génétique, par la technique ancestrale
du croisement, le professeur Avigdor Cahaner (de l'Université
hébraïque, à Réhovot) a obtenu une race de poulets
nus. Leurs avantages sont multiples pour l'aviculteur : le poulet a moins
chaud sans son paletot de plumes, il ne gâche pas du grain à
faire pousser des phanères superfétatoires et emploie au contraire
la provende qu'on lui alloue à grossir plus vite, et point n'est besoin
de le plumer - opération coûteuse et polluante.
Pour les amis des animaux, c'est un coup porté au bien-être
(sinon à la dignité) de Gallus gallus. Pour les
agrofournisseurs, c'est peut-être un nouveau marché, double
: des antiparasitaires et des crèmes solaires adaptés.
D'après " Bald Chicken 'needs no plucking' ", lu sur
BBC News le 21 mai 2002, à
news.bbc.co.uk
NDLR : pour les gens de goût, c'est une horreur : sa photo,
diffusée via Internet, le montre en couleur et c'est pire que ce qu'on
peut imaginer. Le bestiau est, en effet, obscène et d'un rose innommable
(entre le yaourt-grenadine avarié et la lie de vin poussiéreuse,
pour rester dans l'agro-alimentaire) et assurément importable. Ce
poulet n'a d'avenir, éventuellement, que par insémination
artificielle, car aucune poulette ne voudra d'un coq pareil et
réciproquement (paritairement).
AUSTRALIE
La crise de la fourmi folle
L'île Christmas, possession australienne de l'Océan indien,
est célèbre pour ses crabes rouges, Gecarcoidea natalis,
qui migrent en masse, passant partout, sur les pelouses et au travers des
maisons, chaque année en novembre, attirant une foule de touristes,
qui sont la richesse du lieu. Ce sont les femelles qui quittent la forêt
équatoriale humide - où l'espèce se nourrit de feuilles
et de pousses - pour gagner la mer où elles pondent. Jusque-là,
le succès de cette aventure était garanti, aux accidents de
la route près, les crabes ignorant toute précaution au moment
de traverser les routes.
Depuis quelques années, un nouvel ennemi s'est manifesté, qui
met sérieusement en péril les crabes, dont l'effectif est
déjà réduit de moitié. C'est la Fourmi folle
jaune, Anoplolepis gracilipes (Hyménoptère Formicidé),
une minuscule mais frénétique (d'où son nom) envahisseuse
cosmopolite. Devant elle, notre crabe, capable de fendre en deux une noix
de coco, reste désarmé et se laisse dévorer tandis que
son terrier est " repris " par la fourmi. Celle-ci ne se contente pas du
crabe rouge ; elle attaque toutes sortes d'animaux, arthropodes, reptiles,
oiseaux et mammifères ou perturbe leur reproduction. En revanche,
elle assure à des cochenilles (Hémiptères Coccoidea)
déprédatrices des arbres une protection efficace qui assure
leur pullulation. Bien que n'occupant encore que 5% de la surface de l'île,
la Fourmi folle jaune en perturbe gravement tout l'écosystème.
D'après, notamment, " Ant's Acid Overrunning Oz Crabs
", dépêche Reuters lue à www.wired.com
Fiche Anoplolepis sur Australian Ants Online à
www.ento.csiro.au
ROYAUME-UNI
Insécurité routière
De juin 2000 à juin 2001, une équipe de volontaires a
dénombré, pour le compte de la Mammal Society, les mammifères
tués sur les routes par les véhicules automobiles en notant,
pour chaque lieu d'accident, les caractéristiques de l'environnement.
5 675 cadavres ont été trouvés, surtout des hérissons
(Erinaceus europaeus), puis des blaireaux (Meles meles), des
renards (Vulpes vulpes) et des écureuils gris (Sciurus
carolinensis).
Plusieurs éléments du paysage sont associés à
une fréquence élevée d'accidents : les couloirs de
circulation de cette petite faune - souvent le long de structures linéaires
- lorsqu'ils débouchent sur une route ou la croisent, les prairies
- pour les blaireaux -, les haies et les alignements d'arbre qui servent
aux petits mammifères d'abri avant de traverser la route. Cette
étude devrait servir à proposer des aménagements pour
traiter ces points noirs.
D'après " No more squashed hedgehogs ? ", lu sur
Alphagalileo le 31 mai 2002, à
www.alphagalileo.org
EUROPE DU SUD
Les pneus usagés, c'est dangereux !
Aedes albopictus est un Diptère Culicidé qui est en
train de se répandre dans le monde entier à partir de
l'Extrême Orient. Dès 1990, il a colonisé le nord de
l'Italie et devrait se répandre dans le Midi. C'est un insecte capable
de profiter du réchauffement du climat. Ce moustique est un vecteur
dangereux car il transmet plusieurs maladies graves, dont la dengue, virose
en expansion, est la plus redoutable.
Pour voyager, notre envahisseur piqueur-suceur se sert de vieux pneus qu'on
transporte couramment sur de longues distances. Ceux-ci conservent un peu
d'eau de pluie dans leur creux, de quoi assurer l'éclosion des larves
et leur développement. La femelle de cette espèce pond dans
des endroits susceptibles d'être inondés ; qu'une petite mare
se forme et la larve (aquatique planctonophage) se développe dans
un milieu dépourvu de prédateurs. Une stratégie mise
au point au long de l'évolution pour l'exploitation des phytotelmes
(cavités perchées d'arbres) qui s'avère bien adaptée
à celle des stocks de pneus.
D'après " The hidden danger in used tyres ", Biology,
5 avril 2002 (www.iob.org/biologist)
NDLR : on ne veut pas croire que les pneus usés sont achetés
à vil prix en Asie du Sud-Est, puis transportés sur des cargos
rouillés, pour fournir, notamment, à nos campagnes des
éléments de décor imputrescibles et bien visibles.
CANADA
Le sommet de l'insécurité
Tout a été prévu pour que le G8 de fin juin 2000 - sommet
des dirigeants des 8 pays les plus " riches " de la Planète -, réuni
à Kananaski (dans l'Ouest canadien) se passe sans heurts. Sans heurts
notamment avec des importuns qui pourraient devenir agressifs vis-à-vis
des invités et, surtout, des forces de l'ordre en patrouille.
Autour de la station, en effet, on a dénombré pas moins de
6 Ursus arctos horribilis. Ces grizzlis sont 800 dans tout l'Alberta.
L'espèce n'est pas protégée (ce qui permet d'exploiter
les terrains où elle vit) mais la chasse en est réglementée.
En prévision du sommet, ces ours circum-sommitaux ont été
équipés d'un collier avec un émetteur radio et les gardes
d'une bombe capable de disperser un aérosol de poivre de Cayenne.
Le suivi des plantigrades - intéressant sur le plan scientifique -
sera arrêté à l'automne, avec le financement de cette
opération.
D'après la dépêche AFP " Sommet du G8 :
le Canada tient les ours à l'il ", du 19 juin 2002, et le site
officiel du G8 : www.g8.GC.ca
PANAMA
Chapeau, l'abeille africaine !
Le caféier, Coffea arabica, était traditionnellement
cultivé dans des plantations mixtes. Il fait désormais presque
partout l'objet d'une monoculture intensive et ses rendements, après
avoir crû ont diminué, notamment en Indonésie et en Afrique.
Ceci serait dû à la désaffection des Hyménoptères
pour ces milieux simplifiés. D.W. Ronbik, apidologue états-unien,
vient de montrer que le caféier n'est pas - contrairement à
ce qui était affirmé par les botanistes et les agronomes -
indifférent à la pollinisation emtomophile. Au Panama,
d'après ses observations, l'intervention d'un pollinisateur efficace,
l'" abeille africaine " introduite en l'occurrence, augmente le rendement
de 50%.
Dans les plantations, le maintien d'un milieu favorable aux insectes auxiliaires
aurait des effets bénéfiques importants. Le surplus de
récolte permettant de tolérer des dégâts limités
d'insectes ravageurs et, donc, de se passer de traitements insecticides.
D'après " Bees give coffe crops a buzz ", lu sur Nature
Scienceupdate, le 13 juin 2002, à
www.nature.com
AMÉRIQUE DU NORD
Mauvais goût
Le charançon européen, Larinus planus, auxiliaire de
lutte biologique contre des chardons envahissants venus d'Europe (Centaurea
maculosa et C. diffusa) aurait-il eu le mauvais goût de
délaisser sa cible pour s'attaquer au chardon de Tracy (Cirsium
tracyii) autochtone ? Et de se voir ainsi épinglé au tableau
(très peu rempli) des erreurs de la lutte biologique contre les mauvaises
herbes ? Pourtant, ses goûts avaient été bien
étudiés et sa spécificité pour le chardon-peste
végétale introduite vérifiée. En nature, notre
Coléoptère Curculionidé a pris goût à une
plante locale
Ce qu'ont exposé Svata Louda et Charles O'Brien
dans le numéro de juin de Conservation biology.
Ceci posé, le cas de Larinus planus n'est pas le meilleur pour
dénoncer les risques écologiques insensés que prendraient
les entomologistes en lutte contre les adventices. Car, s'il a été
apporté dans certaines zones infestées de chardons, c'est à
partir de places relativement proches où il était arrivé
sans l'aide volontaire de quiconque. Notre charançon est, tout comme
la Centaurée tachetée, un immigrant clandestin. Personne ne
l'a introduit en Amérique du Nord pour l'affecter à la destruction
de l'envahisseur végétal. Ne lui reprochons pas de n'avoir
pas passé les épreuves très sévères
obligatoires pour tous les candidats " agents de lutte biologique " allochtones.
Mais sa dérive oblige à redoubler de précautions.
D'après, notamment, " Biocontrol backfires again lu
sur EurekAlert ! le 28 mai 2002 à www.eurekalert.org, la fiche
larinus planus du Lethbridge Research Centre (Agriculture et agroalimentaire
Canada) à
res2.gr.ca/lethbridge/weedbio/agents/alaripla.htm
UNIVERS
Pour en finir avec un sujet récurrent
Si l'on suit les limaces (Gastéropodes pulmonés terrestres,
ennemis des cultures) à la trace, en remontant, on arrive au
Courrier n°31 d'août 1997. Une Brève y annonce
l'invention d'un robot harpactophage, lequel est soi-disant réinventé
juste à temps pour la parution du n°38 (novembre 1999). Plus
récemment, les dégâts collatéraux de la bière,
appât anglais à limaces, sont épinglés dans le
Courrier n°43 (mai 2001).
Fin juin 2002, plus question de cervoise mais de café, car la
caféine, selon des chercheurs hawaïens dirigés par Robert
Hollingsworth, pulvérisée sous forme de solutions à
1 à 2% (c'est au moins 20 fois plus fort de café que le café)
sur les légumes en éloigne nos amies (à force
)
à l'estomac dans le talon. Qui crèvent dans des gigotements
frénétiques.
Pour le limacologue états-unien, la caféine est, contrairement
aux anti-limaces de chez le droguiste, un produit naturel, en vente libre,
franc de toute homologation, qui existe en versions bio et équitable,
etc. Le jardinier, quant à lui, constate qu'à cette dose, les
feuilles de certaines plantes traitées jaunissent. Et personne ne
sait quoi répondre à l'écologue qui se demande quels
seraient et combien de temps dureraient les effets de tels traitement sur
le reste de l'écosystème.
D'après " Kaffee geht Schneken auf die Nerven ", lu
sur Spiegelonline le 27 juin 2002, à www.spiegel.de
NDLR : à suivre...