Pour les cochons (après le matelas pour vaches, le waterbed pour porcelets) ; Trouvés (des orangs-outans à Bornéo, par le comptage des nids en haut des arbres) ; Sur souris (nous avons en commun 99% de nos gènes) ; Sidérophagie (des champignons en croquent pour le fer, associé à l'amiante) : Amis, donnez (pour de la neige à base d'amidon) ; À Paname, le piaf se la coule douce (trad. : Paris est un bon habitat pour Passer domesticus) : Le coton Bt file un mauvais cocon ? (Dans le Sud des États-Unis, le Ver de l'épi de maïs, Helicoverpa zea - Lépidoptère Noctuidé- profite encore du coton conventionnel...) ; Hérissant (la destruction de 5 000 hérissons des îles Hébrides) ; Anthropisation en trop (en amont du barrage de Petit Saut, en Guyane, les orpailleurs chassent les écologues) ; Ver jaune (Lumbricus rubellus, plein d'arsenic) ; Machines à café (la caféïne, indicateur de pollution des eaux par les activités humaines domestiques) ; Entomo spatiale (15 grosses fourmis moissonneuses, Pogonomyrmex occidentalis, étaient dans Atlantis qui s'est écrasée) ; Label loup (le loup gris de l'Arizona fait la joie et le profit des éleveurs) ; Les tout petits feux sont dangereux (habiter séparément nuit gravement à l'environnement) ; Goût partagé (des lions, malades ou en pleine forme, aiment l'homme) ; Orgues sourdes (des tuyaux pour des barrières anti-bruit) ; Camarade soldat, camarade chasseur, même combat (les dispositions sur la protection de la nature les gènent) ; Très fines gueules (Les chimpanzés du zoo de Copenhague choisissent les bananes bio) ; Le combat de la mouche et de l'araignée (Arachnidomya lindae - Diptère Sarcophagidé - contre Meteplira incrassata) ;Vachement intéressé (Le bovin est un être sensible - mais à quoi ? À la nourriture. Point) ; Piqûre de rappel (les objectifs du développement durable) ; Carnet de ME&S (académiciens et commissionaires) ; Parle à mon QI, ma queue de détente est malade (" Le borgne, l'aveugle et le paralytique " du Courrier n°47, qui c'est ?) ; Contre-mesure de précaution (ressources génétiques animales) ; Les fées de serre (le grand bond en avant de la voiture chinoise) ; Le Lapin, le lapin ! (demande , acculé à la disparition, le Lynx pardelle, Lynx pardinus, d'Espagne) ; La découverte de l'Amérique (la lutte biologique contre les ravageurs introduits) ; " Sol " de chez Streptomyces (un parfum bactérien de dessous les pieds) ; À porcs perdus (oui, égarés dans la "chaîne alimentaire" états-unienne - et transgéniques) ; On en tient une, de couche ! (jetable et soluble et donc biodégradable) ; Experts durables (le PNUE veut orienter les gens vers une consommation " durable ") ; Gros rongeur costaud (lièvre forestier et même bûcheron) ; Défoncés (des éléphants souls et homicides) ; La main lourde (pour faire la vaisselle à la main) ; Cyberzootechnie (les insectoïdes de la NASA) ; Terreur entomologique ( la Chrysomèle du maïs, Diabrotica virgifera, arme de destruction massive ?).
Et, dans EN VRAC ET EN VITESSE, un dernier tour du monde, vite fait, mais qui, bien sûr, ne contourne pas, parmi d'autres problème environnementaux dignes d'une étape, celui des limaces.
Grâce à des travaux de collègues de l'INRA associés
à une PME innovante, les vaches peuvent ruminer et rêver
douillettement sur un matelas ad hoc. Des collègues de ces
collègues, uvrant à l'université de Giessen, proposent
le matelas à eau chaude pour les porcelets. Essayé sur 1 400
cobayes, ce waterbed s'est révélé le plus favorable
à la croissance, le moins blessant pour la couenne, le plus reposant
pour les muscles. En tous cas, c'est celui qu'ils ont tous
préféré, délaissant caillebotis, béton,
paille ou autre tapis en caoutchouc.
D'après INRA mensuel n°104 (mars-avril 2000)
et " Ferkel bevorzugen Wasserbetten " lu sur le Spiegel online, le
25 novembre 2002, à www.spiegel.de
[R] BORNÉO
Trouvés
Les orangs-outans sont plus nombreux sur Terre depuis que deux simiologues,
Linda Engstrom et Bhayu Pamungk, en ont recensé deux milliers à
l'est de la partie indonésienne de Bornéo, suite à des
opérations de dénombrement indirect (comptage des nids en haut
des arbres) le long de transects (71 km en tout).
Cette population, vivant dans une forêt peu touchée par l'homme,
où seuls les Penans - tribu locale - les chassent pour leur consommation
personnelle, peut constituer, si elle se maintient, un précieux
réservoir. Cette trouvaille est un espoir pour la survie de l'espèce
qui, pour beaucoup de scientifiques, disparaîtra au-delà de
2020.
D'après " 2000 orangs-outans apparaissent à
Bornéo ", par Sylvie Briet, Libération, le 30 novembre
2002.
Sous la plume d'Emmanuelle Grundmann, l'orang-outan a été
présenté aux lecteurs du Courrier (n°43, 2001),
article en ligne à
www.inra.fr/dpenv/grunc43.htm
[R] PLANÈTE
Sur souris
Début décembre 2002, un travail de décodage du génome,
annoncé achevé en mai, a été publié (par
un consortium public). On sait donc désormais que notre ancêtre
commun à nous, Homo sapiens, et à elle, Mus musculus, vivait
il y a 125 millions d'années. Régnaient les dinosaures. On
sait aussi que nous partageons avec elle presque tous nos gènes (99%),
ce qui fait de la souris un matériel plus intéressant que ce
que l'on croyait pour l'étude de beaucoup de nos maladies, d'autant
plus qu'elle vit plus vite que nous : adulte en quelques semaines, elle meurt
avant 2 ans. D'autant plus intéressant, l'animal, que ses quelque
30 000 gènes et leurs 2,5 millions de paires de bases sont disponibles
(et gratuitement) dans une banque de données informatique.
Nos labos hébergent 25 millions de souris. Dans les meilleurs, elles
vivent par 5 en cages transparentes, fermées, ventilées sans
ventilateur - donc sans bruit stressant. Elles disposent d'une tablette et
d'une glissade.
D'après " L'adjointe du professeur "
Science-Presse, le 11 décembre 2002, lu à
www.sciencepresse.qc.ca/manchettes.html
[R] ITALIE
Sidérophagie
Le pouvoir cancérigène des fibres d'amiante tient beaucoup
à la présence de fer qui génère des radicaux
libres, agressifs pour l'ADN. Silvia Perotto et ses collègues de
l'université de Turin proposent d'utiliser des champignons comme Fusarium
oxysporum (ravageur bien connu), Oidiodendron maius ou Mortierella hyalina
pour restaurer les sols contaminés par l'amiante. En effet, ceux-ci
ont besoin de fer pour produire leur énergie. En plus, emprisonnant
les fibres d'amiante au sein de leur mycélium, ces dernières
sont beaucoup moins susceptibles d'être propagées par voie
aérienne.
D'après Philip Ball, " Fungi iron-ont asbestos pollution
", Nature Scienceupdate, lu le 21 janvier 2003 à
www.nature.com
Article source : Martino E et al., 2003. Soil fungal hyphae bind and
attack asbestos fibers. Angewandte Chemie, international Edition,
42, 219-222.
[R] ALLEMAGNE
Amis, donnez
Pour que cesse l'emploi de neige artificielle difficile à enlever
une fois qu'elle a servi et dont il restera pour toujours pas mal de flocons
inattaquables par aucune des formes de vie connues sur Terre : ils sont en
polyéthylène.
Donnez-vous, disais-je, la peine d'exiger de la neige en flocons à
base d'amidon. De pomme de terre ou de maïs ; pourvu que le support
soit légèrement humide, elle adhère, même sur
des surfaces verticales. Ce qui rend possible, avec un peu de ce matériau,
de transformer un épouvantail (cf Courrier n°47) en bonhomme
de neige.
L'opération est réversible puisqu'il suffit d'arroser. Frithjof
Baumann, de l'équipe des inventeurs (Institut de chimie technologique,
près de Karlsruhe), assure que cette neige est ininflammable.
D'après " Snow made from potatoes ", lu le 20 décembre
2002 sur www.alphagalileo.org
[R] EUROPE
À Paname, le piaf se la coule douce
Eh oui, sans être un paradis, Paris est accueillant pour le Moineau
domestique (Passer domesticus), oiseau inscrit sur la liste mondiale des
espèces menacées établie par l'Union internationale
pour la conservation de la nature. Nul ne sait le pourquoi de cette relative
prospérité.
À Londres, l'oiseau survit difficilement et ses effectifs urbains
ont diminué de moitié en trente ans. Les ornithologues anglais
cherchent les causes de ce déclin : gaz d'échappement,
modifications de l'habitat, compétition avec d'autres espèces,
nourriture (insectes, qui êtes vous, où êtes vous ?).
Dans le reste de la France, en Allemagne et en Suisse, la situation serait
tout aussi mauvaise. Une enquête de la ligue de protection des oiseaux
est prévue à partir de 2003 à Paris.
D'après Olivier Soichot, " Les moineaux disparaissent
au Royaume-Uni ", lu dans Le Figaro Sciences et Santé du 27
décembre 2002, à
www.lefigaro.fr/sciences/
[R] ÉTATS-UNIS
Le coton Bt file un mauvais cocon ?
Dans le Sud des États-Unis, plus de la moitié des cotonniers
sont génétiquement modifiés pour produire une toxine
insecticide de Bacillus thuringiensis (Bt) et résister
ainsi à la mandibule du Ver de l'épi de maïs, Helicoverpa
zea (Lépidoptère Noctuidé). Ce ravageur a
développé, au laboratoire, une résistance au Bt. Pour
contrer au champ ce phénomène, l'Environmental Protection Agency
(EPA) états-unienne a imposé aux semenciers de vendre des cultivars
produisant de fortes doses de toxines (pour qu'il n'y ait pas de chenilles
vivantes ou très peu capables de se reproduire) et aux cultivateurs
de ménager à côté des parcelles " GMO ", de cotonnier
" conventionnel ", des zones refuges capables d'héberger des populations
du ravageur 500 fois plus élevées.
Empruntant une technique d'analyse isotopique (basée sur la mesure
du rapport 12C/13C) aux archéologues, F. Gould
et ses collaborateurs ont pu suivre cette noctuelle, en interprétant
ce qu'elle avait mangé (au stade chenille) avant de s'abattre (au
stade papillon) sur le cotonnier : cotonnier ou
maïs.
Le Ver de l'épi du maïs, a-t-on ainsi découvert, passe
l'été sur le maïs du Midwest avant de " descendre " au
Sud, sur le cotonnier, à l'automne.
Et c'est plutôt une bonne nouvelle. En effet, seul le quart du maïs
cultivé est génétiquement modifié (pour produire
le même Bt que le cotonnier) mais moins efficace. Le reste -
plus les mauvaises herbes et plantes sauvages - constitue en fait une très
vaste et très bénéfique zone refuge.
Mais cela ne semble pas devoir durer. De nouveaux cultivars de maïs
Bt vont sortir. Si la plupart du maïs du Nord se retrouve " Bt ",
le Ver de l'épi de maïs deviendra vite résistant à
la toxine et arrivera résistant sur les cotonniers qui, eux, ne
résisteront plus
Référence : Gould F., Blair N., Reid M., Rennie
T. L., Lopez J., Micinski S., 2002. Bacillus thuringiensis - toxin
resistance management : Stable isotope assessment of alternate horst use
by Helicoverpa zea. Proceedings of the National Academy of science,
www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.242382499
[R] ÉCOSSE
Hérissant
Les autorités gouvernementales ont l'aval de la direction du Scottish
Natural Heritage pour éliminer 5 000 hérissons des îles
Hébrides. Les protestataires brandissent le respect du bien-être
animal et de l'opinion publique, et font appel à toutes les bonnes
volontés pour faire échapper le plus possible d'individus au
massacre programmé en avril 2003.
Le hérisson britannique, on l'a répété
ici-même, est une victime. De la circulation sur les routes (Courrier
n°46) , des gobelets à glace (Courrier n°45), des
pièges appâtés à la bière (Courrier
n°43)
Mais, dans ces îles, il est un fléau, friand
des ufs d'oiseaux de mer, dont certaines populations sont en danger.
D'ailleurs, s'il est là, c'est qu'il a été introduit
en 1974 comme auxiliaire de lutte biologique, comme ami du jardinier îlien,
pour le débarrasser de ses limaces.
D'après " Green light for hedgehog cull " lu sur BBC
News, le 17 décembre 2002, à
news.bbc.co.uk
[R] GUYANE
Anthropisation en trop
En amont du barrage de Petit Saut, bâti en 1995, le Muséum national
d'histoire naturelle a installé une station scientifique dans le but
d'étudier le devenir des plantes et des animaux isolés sur
une île créée par la montée des eaux. Une belle
étude de fragmentation des habitats en perspective, d'autant plus
intéressante qu'on dispose des données relevées avant
la mise en place du barrage. Mais, depuis 2000, des orpailleurs se sont
installés là, clandestinement mais pas très
discrètement. Berges creusées, détritus, polluants,
bruit
et, surtout, danger pour les chercheurs qui risquent de mauvaises
rencontres avec des bipèdes qui ont horreur d'être observés
et dérangés. Le programme qui, par ailleurs, manque de financement
durable, est arrêté.
D'après Yves Miserey, " Guyane malade de l'orpaillage
", Le Figaro, Sciences et Santé, lu le 13 janvier 2001, à
www.lefigaro.fr
[R] ROYAUME-UNI
Ver jaune
À Tavistock (Devon), autour de l'emplacement de ce qui fut la plus
grande mine au monde d'arsenic, survivent des vers de terre Lumbricus
rubellus. Ceux-ci se distinguent, outre par leur résistance
particulière à la pollution du sol, par la couleur jaune moutarde
de leur moitié postérieure. En fait c'est leur tissu
chloragogène (tissu de l'intestin des Annélides, contenant
graisses, glycogène, ammoniaque et urée) qui, d'ordinaire
jaunâtre, est jaune brillant chez les individus de cette population.
Le caractère est héréditaire.
Déjà employé - et même élevé - comme
appât pour la pêche (c'est le Ver rouge du marécage, au
Québec, par exemple), agent de compostage en lombriculture, le Lombric
rougeâtre pourrait bien aussi faire l'indicateur de sol pollué.
En effet, le plomb lui donne un teint très foncé, tandis que
le zinc le rend diaphane.
Illustration : schéma de sa face ventrale.
Source : Piearce T.G., Langdon C.J., Meharg A.A., Semple K.T. 2003.Yellow
earthworms: distinctive pigmentation associated with arsenic- and
copper-tolerance in Lumbricus rubellus. Soil Biology & Biochemistry,
34, 1833 - 1838.
[R] PLANÈTE
Machines à café
Le triméthyl -1,3,7,dioxo-2,6tétrahydro-1,2,3,6 purine, substance
mieux connue sous les noms de guaranine, de méthylbromine, de
théïne et, surtout, de caféïne, est un indicateur
chimique de pollution des eaux. La présence de ce psychoanaleptique
et sa teneur, en effet, sont liées aux activités humaines
domestiques - qu'on ne confond pas, grâce à elles, avec les
activités humaines d'élevage. La détection et le dosage
de cet alcaloïde remplacent de plus en plus ceux des bactéries
fécales, dont l'origine peut être animale. D'autres substances
" humaines " peuvent servir de traceurs comme, par exemple, des agents de
blanchiment du dentifrice, mais la stabilité de la caféine
est sans égale. Une limite toutefois : la saturation des lacs et
océans peut faire que le bruit risque de dépasser le signal.
D'après " Caffeine tracks contamination ", Nature
Scienceupdate, lu le 20 janvier 2003 à
www.nature.com
NDLR : si les vaches, effectivement, ne se brossent que très
exceptionnellement les dents, avec une pâte d'un blanc étincelant
de surcroît, d'autres animaux risquent fort de " produire " de la
caféine dans l'environnement. Le Courrier n°46, sous le titre
brévien " Pour en finir avec un sujet récurrent ", annonce
l'emploi de la caféine comme antilimaces.
[R] PLANÈTE
Entomo spatiale
Samedi 25 janvier, Syracuse, État de New-York, États-Unis.
Abby Golash, 17 ans, élève de la banale Fowler High School,
vit une grande et inédite expérience, sans toutefois se monter
la tête : " Ce n'est pas de la science appliquée. Nous n'allons
pas trouver un remède contre le cancer ; mais il pourrait bien y avoir
pas mal de retombées indirectes. [
] Un jour, un truc qu'on aura
appris pourra servir dans un écosystème dans l'espace ou même
sur une autre planète. "
À l'instar d'autres jeunes étudiants de Chine, du Japon,
d'Israël, d'Australie et du Liechtenstein, Abby et ses camarades ont
préparé, proposé, réalisé, peaufiné
et vu s'envoler (Abby : " Un travail de 3 ans et demi qui s'envole en 3 minutes
et demi ! ", depuis Cap Canaveral (Floride), emportée par la navette,
leur expérience. Les Chinois et leurs vers à soie n'y étaient
pas, faute de visa. Tout le monde, tout en gardant un il sur un
témoin resté sur Terre, a pu observer, via Internet (à
www.starsacademy.com/sts107/), le déroulement de la manip en
orbite.
Pour nos élèves de Syracuse, il s'agissait d'observer 15 grosses
fourmis moissonneuses (Pogonomyrmex occidentalis,
Hyménoptères Formicidés) dans un nid artificiel
climatisé fait d'une lame d'agar-agar (projet Ant in Space,
parrainé par SPACEHAB). En apesanteur, prof de techno et élève
sont d'accord : elles bougent plus vite, ont l'air comme folles et leurs
galeries n'ont pas la même allure. Et Abby d'ajouter : " Ce que nous
faisons, personne ne l'a fait avant nous. Il n'a y a nulle part de
'résultats prévus' à prendre en compte ".
D'après, entre autres, Marsha Walton, " Ants tunneling
'like crazy' in shuttle ", CNN, lu le 25 janvier 2003 à
www.cnn.com
Le site Starsacademy est fermé depuis l'accident de Columbia.
[R] ÉTATS-UNIS
Label loup
Dans la famille Holder, le grand-père Eugene : en 1940, il a visé
et tué le dernier loup gris de l'Arizona ; son petit-fils Will,
4e génération d'éleveurs extensifs : il vient
d'avoir la joie d'apercevoir un loup gris près de ses bovins.
Will participe avec enthousiasme et profit à la réinsertion
du loup : pas de piège, pas de poison contre lui ni contre les coyottes
ou les cougars. En échange, leur buf bio est labellisé,
en plus, " Wolf Country Beef " et se vend - viande rouge verte - au rayon
" environmentally friendly choice " des boutiques d'alimentation,
à côté de thon " sûr pour les dauphins " (capturé
de telle façon que ces gentils mammifères sont épargnés
par les filets) et de saumon d'aquaculture élevé sans rejets
polluants.
Pour le jeune Holder, qui n'a perdu qu'une vache du fait du loup, il suffit
d'apprendre aux bovins à se défendre. Au grand dam des carnivores,
leurs animaux ne sont pas écornés. Au grand profit de la
végétation, les vaches qui ont à tenir les prédateurs
à l'il sont plus mobiles et le surpâturage est
évité.
D'après Jessica Lyons, " The Beef with wolves ", lu
sur AlterNet, le 6 janvier 2003, à
www.alternet.org
NDLR. Éradiqué en 1970 grâce à une action
vigoureuse des éleveurs, menée sans relâche depuis le
début du siècle, le loup gris a été inscrit comme
espèce en danger en 1976. Depuis, les défenseurs de la nature
ont réussi sa réintroduction - au point que d'aucuns songent
à abolir son statut de protégé.
[R] PLANÈTE
Les tout petits feux sont dangereux
La tendance moderne des gens à se disperser dans des logis disjoints
nuit gravement à l'environnement. De plus en plus, dans les pays en
développement comme dans les pays de vieux (en Europe), chacun et
chacune, au lieu de demeurer au sein de sa famille (nombreuse), habite seul,
voire à deux ou à trois. D'où des dépenses de
chauffage, d'éclairage, de communication, de voirie, etc.
multipliées, avec tous les inconvénients écologiques
qu'on connaît. D'où l'idée que des avantages fiscaux
pourraient, pour le bien commun, être octroyés aux familles
nombreuses patriarcales (ou matriarcales) vivant à 4
générations sous le même toit.
Source : Lin J., Dally G.C., Ehrlich P.R., Luck G.W., 2003.
Effectif of household dynamics on resource consumption and biodiversity.
Nature (en ligne le 13 janvier 2003 sur Nature Science update à
www.nature.com).
NDLR : le Courrier félicite les habitants réguliers
des casernes et des couvents pour leur souci de la biodiversité et
de leur conscience écologique. Il fustige pour leur négligence
des mêmes valeurs ceux des polygames qui entretiennent un foyer par
épouse.
[R] KENYA
Goût partagé
Brisons un paradigme de la Zoologie appliquée aux grands mammifères,
qui date de 1898, année marquée, le long de la rivière
Tsavo, par la dévoration de 30 personnes par 2 lions aux dents
brisées. Depuis, en effet, l'homme était considéré
comme un substitut de repas pour des bêtes incapables de s'attaquer
aux proies habituelles de Felis leo.
Une étude odontologique de 23 lions " à problèmes "
tués par les gardes, le long de cette même rivière, a
montré que moins du quart avaient les dents en piteux état.
En fait, il s'agissait essentiellement de jeunes sujets, de 5 ans, mis face
à la surabondance d'Homo sapiens dans leur habitat.
D'après une dépêche de CNN.com, lue le
13 février 2003 à www.cnn.com
NDLR 1 : la police peut-elle abattre un chien qui a mangé un homme
? En principe non. Le procureur de la République de Sens (Yonne) vient
de rappeler que cela n'entrait pas dans ses attributions mais que, dans le
cas examiné - celui d'un chien jovinien s'étant sustenté
du cadavre de son maître jusqu'à la découverte, au bout
d'un semaine, de ce dernier, mort chez lui - la décision n'avait pas
été " inopportune ". Et il a classé sans suite la plainte
des associations de défense des animaux qui avaient jugé "
scandaleuse " l'" euthanasie " de la bête.
D'après l'Yonne républicaine du 17 février
2003, lue à www.lyonne.republicaine.fr
NDLR 2 : la police peut-elle taper sur un " sorcier faible " ? Celui-ci,
d'après la radio guinéenne, a mangé le morceau après
avoir nié puis reçu une bonne bastonnade, alors que ses trois
collègues, fétichistes véloces, avaient pu prendre la
fuite, emportant l'un la tête, l'autre un bras, le dernier une cuisse.
Sur une route isolée près d'Anizok, ils s'étaient fait
surprendre en train de se partager, pour le manger selon les rites, le cadavre
d'un homme.
D'après tf1.fr du 19 février2003.
[R] ESPAGNE
Orgues sourdes
Passant, dans un parc de Madrid, près d'une sculpture d'Eusebio Sempere
(1923-1985) constituée de tuyaux métalliques verticaux
régulièrement espacés, Juan Sanchez-Perez (Université
polytechnique de Valence) perçut que celle-ci faisait écran
au bruit de la circulation. Avec son équipe, il mit au point diverses
barrières anti-bruit à base de conduites en PVC (3 m de haut,
16 cm de diamètre, disposées en réseau à maille
hexagonale) légères, bon marché et transparentes.
D'après, Philip Ball, " Rod forest cuts environmental
noise ", Nature Scienceupdate, lu le 9 janvier 2003 à
www.nature.com.
NDLR : les colonnes de Buren, dans la cour du Palais Royal, à Paris,
ont eu au moins pour effet d'annuler tout bruit de moteur, leur installation
ayant pris la place du parking.
[R] ÉTATS-UNIS
Camarade soldat, camarade chasseur, même combat
Cape Cod (Massachusetts), Norfolk (Virginie), Îles Cornado et San Clemente,
ainsi que Pendleton (Californie), Eglin (Floride) sont autant de réserves
pour la flore et la faune : 300 espèces y (sur)vivent grâce
à la protection de la loi fédérale. Ce sont, en même
temps, autant de bases militaires. Les écologues connaissent et
apprécient le rôle protecteur et souvent salvateur de l'armée
et des vastes réserves de terrain qu'elle se ménage vis-à-vis
d'écosystèmes qui seraient - en son absence - depuis longtemps
devenus des champs, des zones industrielles, ou résidentielles,
infestées et dégradées par Homo sapiens.
Mais les dispositions sur la protection de la nature - qui s'appliquent dans
les bases comme dans l'environnement civil - sont une entrave aux manuvres
militaires, lesquelles sont même interdites dans certains lieux en
période de reproduction des oiseaux. Le Pentagone demandera au
Congrès, en février 2003, un assouplissement de ces
contraintes.
D'après une dépêche AFP du 13 janvier 2003,
lue sur www.larecherche.fr
[R] DANEMARK
Très fines gueules
Le zoo de Copenhague, pour se voir attribuer le " Label vert ", augmente
la part d'aliments bio dans la pitance qu'il sert à ses pensionnaires,
dépassant les 15% en 2003.
Parmi les pensionnaires, et ceci d'après l'un des gardiens dont les
observations sont publiées dans Oekologisk Jordb, les singes
et les tapirs sont particulièrement concernés. En effet, face
à des bananes normales et à des bananes bio, ils choisissent
les bio. Les chimpanzés vont même jusqu'à les avaler
tout rond, sans les éplucher, ce qu'ils ne manquent jamais de faire
aux fruits des Musa acuminata cultivés classiquement.
D'après une dépêche AFP du 27 janvier 2003,
datée de Copenhague, lue sur La recherche à
www.larecherche.fr
NDLR 1 : voilà le contrôleur (biologique) de bio qu'on
cherchait.
NDLR 2 : Eh les singes ! Bande de goinfres ! Au prix où on vous les
paye, vos bananes bio ! En plus, vous privez les spectateurs d'un sketch
simiesque incontournable !
[R] AMÉRIQUES
Le combat de la mouche et de l'araignée
L'asticot d'Arachnidomya lindae, Diptère Sarcophagidé,
se développe en dévorant les ufs de l'araignée
sociale Meteplira incrassata. Laquelle veille sur sa progéniture,
prête à bondir pour faire fuir une mouche qui s'y
intéresserait de trop près. Elle reconnaît la mouche
arachnophage à son vrombissement - une mouche domestique la laisse
impassible - et se tient en alerte. Lors, la mouche ruse : elle se pose au
centre de la toile, là où les fils ne sont pas collants.
Prévenue par la vibration du fil, l'araignée arrive, qui
délaisse les ufs qu'elle garde, ce sur quoi compte la mouche
pour y pondre. Mais l'araignée-mère retourne aussitôt
à son poste de mère araignée.
Un va-et-vient épuisant ? Au bout de quelques parcours, l'araignée
coupe le fil avertisseur, autrement dit débranche l'alarme. Cette
araignée, qui vit en groupes de 100 000 individus sur des toiles de
150 m de long, a développé d'autres comportements - plus
généraux - pour échapper à toute une gamme de
prédateurs. Une telle réponse spécifique induite par
la pression de sélection opérée par un prédateur
particulier, est originale.
Article source : Hieber C.S., Wilcox R.S., Boyle J., Uetz G.W.,
2002. The spider and fly revisited : Ploy counterploy behavior in a unique
predator-prey system. Behavioral Ecology and Sociobiology, advance
online publication, doi : 10.1007/s00265-002-0547-2 (2002).
Signalé par Nature Scienceupdate le 26 novembre 2002, sous
le titre " Spider and fly swap roles ", lu à
www.nature.com/nsu/
[R] ÉTATS-UNIS
Vachement intéressé
Le bovin est un être sensible - mais à quoi ? Pour l'établir,
des chercheurs de l'université de Purdue (Illinois) ont soumis des
génisses à un test de choix, dans un couloir en Y - dispositif
classique en éthologie. Au bout du parcours, elles recevaient d'un
côté ou de l'autre divers traitements : caresses, foin, coups,
réprimandes, voire baisers ou décharges de guide-buf.
Tout leur fut également désagréable, sauf la
nourriture.
Bref, éleveurs, vachers et bouviers, prenez soin de vos animaux mais
évitez de les complimenter et sachez ce que leur coûte un salon
de l'Agriculture.
D'après Helen Pearson, " Cows immune to cares ", Nature
Scienceupdate, lu le 28 janvier 2003 à
www.nature.com
[R] MONDE
Piqûre de rappel
Du côté des rétrogrades plantigrades, il est toujours
de bon ton de se gausser du développement durable, de ce que c'est,
de ce que cela vise
Autant donc, en remettre régulièrement
une couche.
Quels sont donc les objectifs du développement durable ?
" L'objectif est de promouvoir un autre modèle de développement
que celui adopté, par les pays industrialisés durant les
cinquante dernières années. Cette nécessité repose
sur le constat des atteintes portées à l'environnement et sur
le fait que ce modèle, appliqué au développement auquel
aspirent légitimement les pays du Sud, conduirait à la fois
à un épuisement irréversible des ressources et des tensions
sociales graves. [
]) "
Et si c'est le gouvernement qui le dit, il ne reste plus à la France
d'en haut qu'à s'y mettre
Elle s'y met d'ailleurs
NDLR : Il y a plein de choses intéressantes dans le document
préparé pour le séminaire gouvernemental sur le
développement durable du 28 novembre 2002. Cet extrait est issu de
la page 3, I- Le développement durable : 10
questions/réponses.
[R] UNIVERS
Carnet de ME&S
Pierre Marsal, chroniqueur général de la ME&S, l'homme
discret et perspicace des 5-à-7, a été élu membre
de l'Académie d'agriculture de France. Il a glissé dans ses
bagages le " chef " de la mission, élu simultanément correspondant
national ; ils siègent tous deux à la section des Sciences
de l'homme et de la société.
Le même " chef " de ME&S a été renommé à
la Commission nationale du débat public (CNDP), autorité
administrative indépendante chargée, notamment, de veiller
au respect et à la sincérité de " la participation du
public à l'élaboration des projets d'aménagement ou
d'équipement ayant une incidence importante sur l'environnement ou
l'aménagement du territoire " (loi sur la démocratie de
proximité du 5 février 2002).
NDLR : Faudra surveiller ces deux individus pour éviter que les
ors de la République ne les fossilisent avant l'âge et dans
la France d'en haut.
Pour en savoir plus sur l'Académie d'Agriculture de
France : www.inra.fr/AAF/index.htm et sur la CNDP, via le site du
ministère de l'Écologie et du Développement durable
à www.environnement.gouv.fr
[R] FRANCE
Parle à mon QI, ma queue de détente est malade
Intrigué par la brève du Courrier n°47, " Le borgne,
l'aveugle et le paralytique ", un lecteur attentif se pose des questions
parabol'hic.
Serait-ce le même président d'une belle (mais sans enjeu
environnemental majeur) région française souillée par
une prestigieuse marée noire (AOC année 2002-2003 - cru
exceptionnel), dont la région a apporté " son soutien aux communes
et aux structures intercommunales défavorables à la mise en
place du Réseau Natura 2000 par l'adoption, à notre initiative
(celle du groupe des élus CPNT [NDLR : Chasse-Pêche-Nature et
Tradition]), d'une motion en séance plénière, le 11
février 2002 " ?
Le doute n'étant pas encore déclaré nuisible, en
général comme en matière de science, le Courrier
prend plaisir à le laisser planer
NDLR : La belle formule entre guillemets est extraite d'un courrier du
31 octobre 2002 recommandant aux communes d'un département peu montagnard
d'émettre systématiquement des avis négatifs lors des
consultations sur les sites Natura 2000, émanant du groupe des élus
en question et adressé aux maires et conseillers municipaux.
[R] MONDE
Contre-mesure de précaution
Peu confiants dans la sélectivité des insecticides de protection
que leur promettent leurs officiers et instruits des déboires de certains
de leurs aînés rentrés du Désert " le potentiel
reproductif anéanti ", une centaine des G.I. promis au deuxième
épisode de la Tempête, ont par mesure de précaution
déposé de quoi assurer à leur retour leur désir
de descendance, au frais et dans une banque ad hoc.
Il s'agit bien de précaution : le " syndrome de la guerre du Golfe
" reste mystérieux. Quand on en saura plus, nul doute que cela deviendra
une prévention inutile
ou alors, gare à l'application
du principe de responsabilité.
D'après La banque des soldats américains,
Stéphanie Chayet (à New York), Le Point n°1589,
février 2003, p. 20.
[R] MONDE
Les fées de serre
Grande percée sur le front du climat : " Après avoir stagné
entre 1980 et 1990, le marché chinois de l'automobile décolle
enfin ", à vitesse grand V et avec le zénith en point de mire
; seuls 2% des chinois urbains auraient aujourd'hui un volant
Comme l'évolution de l'efficacité de la motorisation est sans
commune mesure avec l'explosion véhiculaire numérique, il faudra,
de la part des fabricants d'autos, plus que des pétitions de principe
sur papier glacé - si cela continue, il n'y aura plus que cela, le
papier, de glacé
- pour convaincre l'effet de serre de
régresser.
On connaît déjà la MDE (la maîtrise de la demande
d'électricité), on sent venir la MDG. (la maîtrise de
la demande de granulats. Le caillou à casser devient rare
ici
ou là), il va bientôt falloir que les ingénieurs se posent
la question de la MDM, la maîtrise de la demande de mobilité
pour le Nord plus encore que pour les autres.
D'après Télex, Le grand bond en avant de la
voiture en Chine, L'Expansion n°673, mars 2003, p.
18.
[R] ESPAGNE
Le Lapin, le lapin !
Chez les grands Félidés, après le Tigre à dents
en sabre (il y a 10 000 ans), ce sera peut-être au tour du Lynx pardelle
(Lynx pardinus) de disparaître d'Europe. Il en reste moins de
300, en 2 groupes, dans la Péninsule ibérique. L'animal est
victime des modifications de son habitat (la subéraie) et de la
raréfaction de sa proie (le Lapin de garenne, victime de la myxomatose
- introduite comme agent de lutte biologique contre ce ravageur des plantations
- puis d'une pneumonie virale). À Donana, on a installé des
mangeoires. Par ailleurs, on s'efforce de le multiplier en captivité.
En tous cas, il faudra repeupler en lapins, avec l'accord des propriétaires
privés
D'après, entre autres, Alex Kirby, " Iberian Lynx, racing
against time ", lu le 7 janvier sur BBC News à
news.bbc.co.uk.
[R] ÉTATS-UNIS
La découverte de l'Amérique
Les envahisseurs, ravageurs et mauvaises herbes, coûtent chaque année
100 milliards d'euros à l'économie états-unienne. Jim
Carlton, spécialiste des invasions marines au Williams College à
Mystic Seaport, clame : " L'impact des bio-invasions sur la société,
sur l'économie et sur la biodiversité est incroyable ". Il
se disait depuis longtemps - mais les preuves étaient plutôt
des faisceaux d'indices - qu'arrivés sur le sol américain,
les insectes (exemples d'envahisseurs pris au hasard mais qui le méritent
bien) profitaient et proliféraient grâce, notamment, à
une pression moindre de leurs antagonistes naturels : parasites,
prédateurs, agents de maladies
Des chercheurs viennent d'apporter
des chiffres. Ainsi, pour Kevin Lafferty, de l'US Geological Survey à
Santa Barbara, un animal à 16 parasites sur le Vieux Continent (nombre
moyen courant) n'en conserve que 3 sur le sol américain, où
il en gagne 4 nouveaux.
D'où l'idée proférée par Chris Dionigi, de l'US
National Species Council, à Washington : " Si nous pouvions trouver
les ennemis naturels des espèces envahisseuses, nous pourrions les
introduire et ramener l'écosystème à l'équilibre
". Mais Jim Carlton nous met en garde : " Si jamais nous asticotons trop
Mère Nature, il faudra nous méfier ".
D'après Hannah Hoag, " Invaders leave enemies behind
", Nature Scienceupdate, lu le 6 février 2003 à
www.nature.com
NDLR : au cas où il vous semblerait qu'il y a là, dans une
bonne mesure, enfonçage de portes ouvertes, vérifiez-le en
(re)lisant Jourdheuil P., Grison P., Fraval A., 1991. La lutte biologique
: un aperçu historique. Courrier de la Cellule environnement de
l'INRA, 15, 37-60, en ligne à
www.inra.fr/dpenv/jourdc15.htm.
[R] ROYAUME-UNI
" Sol " de chez Streptomyces
Le parfum de la terre un peu humide, fraîchement retournée
Il enchante le jardinier, empeste les voisins de certaines usines pharmaceutique
et sert au chameau (comme au dromadaire) à trouver de l'eau dans le
désert. Si le sol sent la terre, c'est parce qu'il contient de la
géosmine, produite par la bactérie Streptomyces
coelicolor.
Cette bactérie, source de la plupart de nos antibiotiques,
sécrète aussi des immuno-dépresseurs et des
anticancéreux. Les chercheurs du John Innes Centre, à Norwich,
après avoir collaboré au séquençage de son
génome, se sont attaqués à l'élucidation du (ou
des) rôle(s) de chaque gène. Travaillant sur un petit groupe
(des 8 000 gènes identifiés) soupçonné de gouverner
la production de géosmine, ils ont, en inactivant chacun un par un,
trouvé le gène de l'odeur de la terre fraîche.
Découverte un peu futile ? Les riverains des fabriques d'antibiotiques
seront bien soulagés quand elles travailleront avec des Streptomyces
sans le gène de géosmine.
D'après le communiqué de presse du John Innes
Centre, du 5 février 2003, lu via Alphagalileo, à
www.alphagalileo.org
NDLR : oui, c'est bien court comme justification. Phytiatres et zootechnicien,
unissez-vous transdisciplinairement en pensée. Si le reflet du ciel
créé sur le sol par un film d'aluminium dissuade les aériens
pucerons de se poser et les remet en vol (ils iront infester un champ plus
loin), l'odeur de terre génétiquement incorporée au
poulet ne pourrait-elle pas faire sortir et se précipiter vers lui
les chtoniens insectes qu'il s'échine à déterrer ?
[R] ÉTATS-UNIS
À porcs perdus
Entre avril 2001 et janvier 2003, 386 porcelets nés de truies
transgéniques ont été consommés par quelques-uns
des 280 millions d'États-Uniens. Mais lesquels ? La Food and Drug
Administration (FDA, Agence fédérale pour la sécurité
alimentaire et pharmaceutique), tout en cherchant à rassurer les suivores,
a prévenu l'université de l'Illinois (où les chercheurs
avaient mis au point une truie au lait amélioré pour une croissance
plus rapide de leur progéniture) qu'elle encourait des sanctions pour
n'avoir pas détruit ces porcelets et les avoir, d'une façon
ou d'une autre, laissé s'échapper dans la " chaîne
alimentaire ".
D'après une dépêche AFP du 6 février
2003, datée de Washington, lue sur La Recherche à
www.larecherche.fr
[R] JAPON
On en tient une, de couche !
Couche. L'entomologiste sort les insectes qu'il vient de récolter
du bocal à cyanure et les met en couche. Plus tard, il les ramollira,
piquera, étalera, étiquettera, et rangera dans ses cartons
vitrés. En couche ? Oui, il les couche sur le ventre et sur un matelas
rectangulaire, par bataillons de plusieurs dizaines, bien rangés,
le tout emballé dans une feuille de papier annotée (imaginez
un linceul collectif format ½ A4). Pour ce qui est du matelas, le coton
cardé n'est plus guère à la mode et l'entomologiste
se sert de couche jetable achetée au rayon couches. Ensuite ? La couche
est jetée là où il faut, car elle contient un absorbant
(polyacrylate de sodium) non biodégradable, des films en matière
plastique et divers tissus synthétiques.
Grâce à Unitika Ltd., firme japonaise innovante, on disposera
de couches jetables, solubles (qui se dissolvent au bout d'un certain temps)
et biodégradables. On pourra la jeter, après usage, dans la
rivière (est-ce esthétique ?), l'enfouir - et elle servira
d'engrais - (entomologiste de terrain), ou la jeter dans les toilettes
(entomologiste de cabinet). Cette couche futuriste est faite à partir
du guar, produit par le haricot guar, Cyamopsis tetragonoloba.
Mais, dans l'état actuel du développement de cet article, qui
pourrait intéresser aussi (surtout ?) les familles, la couche soluble
n'est pas pour le pauvre entomologiste. Elle coûte, en effet, 5 fois
plus cher que le modèle classique.
D'après une dépêche AFP du 5 février,
datée de Tokyo, lue sur La Recherche, à
www.larecherche.fr
Le petit matériel de l'entomologiste, c'est à
www.inra.fr/opie-insectes/nomencl#outils
[R] KENYA
Experts durables
Du 3 au 7 février 2003, se tient à Nairobi une grande séance
de travail du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE/UNEP)
consacrée aux consommateurs. Face à l'échec des campagnes
de culpabilisation et d'admonestations, les experts de cette organisation
se tournent vers des psychologues et des éthologues pour qu'ils indiquent
comment orienter les gens vers une consommation " durable ". Pour ces experts,
il ne s'agit plus d'évaluer, branche par branche, les besoins des
gens et de leur proposer des programmes de réductions mais de trouver
les moyens de satisfaire ces besoins de façon plus " durable ". Exemple
fourni : au Royaume-Uni, un constructeur offre, avec la voiture, un VTT,
le message étant " Prenez plutôt le vélo pour vos petits
déplacements ".
Définie comme assurant une bonne qualité de vie tout en
ménageant plus les ressources naturelles et en polluant moins, la
" consommation durable " est, à l'heure actuelle, pratiquée
par 5% des habitants des pays développés, constate le PNUE.
D'après Alex Kirby, " Psyching up the green consumer
", BBC News, lu le 4 février 2003 à
news.bbc.co.uk
[R] RUSSIE
Gros rongeur costaud
Le lièvre alpin, Lepus timidus, affronte, en Yakoutie, des
situations extrêmes. Il y survit pourtant, grâce à son
courage, sa ténacité, son ingéniosité (aurait-on
pu écrire jadis) et à ses dents. En effet, lorsqu'il n'a plus
rien à croquer, en hiver, que les arbustes et les buissons sont
exploités, il
abat des arbres pour pouvoir se nourrir de rameaux.
Des aulnes, des mélèzes, des bouleaux
jusqu'à
4,5 m de diamètre de tronc. Il ronge un côté, à
la façon des castors. Les individus capables de bûcheronner
sont déjà les plus forts ; après une bonne cure de
brindilles tendres et juteuses, ils le sont encore plus : l'épreuve
est bénéfique pour l'espèce.
Observé pour la première fois en 1988, ce comportement de prise
de nourriture très particulier sera peut-être abandonné,
si les temps deviennent meilleurs
Observé pour la première fois en 1988, ce comportement de prise
de nourriture très particulier sera peut-être abandonné,
si les temps deviennent meilleurs
D'après une dépêche Informnauka, lue le
28 janvier 2003 via Alphagalileo à
www.alphagalileo.org
[R] INDE
Défoncés
" Excès d'ébriété dû à un goût
particulier pour l'alcool local ", constate Kushal Konwar Sharma, garde
forestier, après que 6 personnes aient été tuées,
suite à une beuverie sauvage autour de tonneaux d'alcool de riz
défoncés. " Ceci à cause de la déforestation
", affirme le ministre des forêts, Pradyut Bordoloi.
Les statistiques indiquent que, d'une part, 150 personnes ont péri
dans des circonstances semblables et que, d'autre part, les villageois en
colère ont tué, beaucoup par représailles et un peu
par précaution, 200 éléphants, tempérants ou
pochetrons, ivres ou dessaoulés.
D'après L'Orient le Jour, lu le 18 décembre
2002 à www.lorient-lejour.com.lb
[R] ALLEMAGNE
La main lourde
L'université de Bonn, en la personne de Rainer Stamminger, l'a
mesuré dans 7 pays européens avec l'aide de ménagers
et de ménagères volontaires. Pour laver à la main 140
pièces (assiettes, verres, plats, couverts
), correspondant à
un repas de 4 personnes moyennes, il leur a fallu de 15 à 345 litres
d'eau et, en moyenne, 2,4 KW d'énergie - soit deux fois plus que la
machine. Celle-ci, en outre, a lavé plus propre dans 85% des cas,
ceci en dépit des surdosages de liquide détergent fréquents
chez nos cobayes.
Faire la vaisselle à la main, c'est donc très dommageable pour
l'environnement.
D'après Hannah Hoag, " Doing the dishes wastes water
", Nature ScienceUpdate, lu le 12 février 2003 à
www.nature.com
[R] GALAXIE
Cyberzootechnie
L'Agence spatiale américaine (NASA) construit des arthropodes, animaux
articulés à squelette externe, avançant sur 6 pattes
(au moins). Il s'agit d'engins - munis également d'antennes et
d'yeux-caméras - faits pour explorer, individuellement ou en troupes,
la Lune, d'autres planètes, des comètes, des astéroïdes
et, sur Terre, des cuves, des boyaux, des tuyauteries
Leurs pattes
les rendent plus agiles et plus " tout terrain " que les traditionnelles
roues et l'on peut envisager des spécialisations de leurs appendices
: des pinces antérieures pour saisir, des clés pour
(dé)serrer les boulons, des pelles ou des pioches pour creuser. Et
des pattes sauteuses ?
D'après " La NASA met au point un robot-araignée
à tout faire ", Le Figaro, 19 décembre
2002.
NDLR 1 : La NASA a certainement des compétences en fusées,
satellites, cosmonautes, etc. mais elle nomme " araignée " un animal
à 6 pattes !
NDLR 1bis : la NASA est invitée à visiter
www.inra.fr/opie-insectes
[R] YOUGOSLAVIE
Terreur entomologique
Pour Slavoljub Markovic, ex-directeur de la PV yougoslave, l'invasion de
son pays par la Chrysomèle du maïs, Diabrotica virgifera
(Coléoptère Chrysomélidé) est un acte
d'agroterrorisme et de sabotage économique perpétré
par les États-Unis.
L'insecte, grand ravageur du maïs en Amérique du Nord,
récemment signalé en France, a effectivement pris pied en Europe
aux alentours de l'aéroport de Belgrade, dans les années
1980.
Pour les experts américains, le transport sans intervention de quiconque
de l'envahisseur par avion entre deux aéroports tous deux proches
de champs de maïs est tout à fait de l'ordre du possible et les
accusations sont " plaisantes ". On serait même tenté d'y voir
une manuvre pour accélérer l'octroi de fonds
états-uniens pour la reconstruction du service yougoslave de la protection
des végétaux.
D'après Ted Agres, " Rambling Rootworms Prompt Agroterrorism
Claims ", lu dans The Scientist, 17(1), 54, en ligne à
www.the-scientist.com.
Deux articles récents à (re)lire : par Frédéric
Suffert, " L'épidémiologie végétale, nouvelle
discipline de guerre? ", le Courrier de l'environnement de l'INRA,
47,57-70 ; et, par Pierre Zagatti et Sylvie Derridj, " La Chrysomèle
du maïs est en France ", Insectes, 127, 5-7.
Dessin de Rousso, repris du Courrier de la Cellule environnement de l'INRA
n°14, 1991.
[R] EN VRAC ET EN VITESSE
Thaïlande - le coq nommé Gook et la poule Brown, d'une part,
le lapin Fufu et la lapine Blao, d'autre part, ont été mariés
à Bangkok, juste avant la saint Valentin, devant un parterre
d'animaux (Reuters/Libération). Angleterre - d'après
Pest Management Science (en ligne le 12 février 2003), les
ravages de la Loche, Deroceras reticulatum (portrait à
www.inra.fr/hyppz/RAVAGEUR/3derret.htm) sur blé, c'est fini
depuis qu'on sait que ces limaces préfèrent le trèfle
rouge, qu'il n'y a qu'à semer à proximité. France -
sur les 397 points surveillés sur le réseau des rivières,
5% révèlent une eau de très bonne qualité "
compatible avec le développement sans risque de la vie aquatique et
avec l'usage eau potable (sans traitement) ; par ailleurs, 90% des rivières
et 28% des nappes souterraines sont contaminées par des pesticides
(AFP/La Recherche, 18 février 2002 - plaquette de l'Institut
français de l'environnement en ligne à
www.ifen/pestic/2002/pestic2002.htm). États-Unis - pour retirer
de l'atmosphère 90 000 t de dioxyde de carbone (quantité
annuelle produite par 15 000 automobiles), il suffit de planter un arbre
- pas un vrai en bois mais une sorte de but de rugby avec des lamelles sur
lesquelles un lait de chaux absorberait le CO2 (au prix,
indubitablement d'une dépense d'énergie énorme, à
supposer que ça puisse fonctionner), selon les plans de Klaus Lackner.
Suisse - à partir du 1er avril 2003, les animaux de
compagnie (animaux qui ne sont pas gardés dans un but lucratif)
ne seront plus des choses et, par exemple, en hériter imposera le
devoir s'en occuper bien comme il faut (s'il s'agit d'un phasme exotique,
prendre conseil à l'OPIE via www.insectes.org). Europe - Il
s'est produit, en 2002, 39,73 TWh d'électricité
éolienne, soit un bond de 34% en un an, mais seulement 1,5% de
la production d'électricité des Quinze ; en France, partie
de très bas, la progression aura été de 63% (AFP/La
Recherche, 27 février 2003). Inde - les 30
éléphants d'Asie de La Nouvelle Dehli, bien que
réputés sobres, sont dangereux pour les gens, la nuit : ils
devront désormais être équipés de systèmes
réfléchissants (AFP/Le Figaro, 27 février 2003).
[R]