Petits vers ni (des nématodes Caenorhabditis elegans ont survécu à l'accident de Columbia) ; Le dernier de la flotte (eh bien, c'est la Belgique... qui a l'eau la pire) ; Compter les mouches (comme une Salamandre : un, deux, trois, beaucoup) ; Évasions et mauvais traitements (au Mexique des Lucilies bouchères, Cochlyomya hominivorax, s'évadent suite à une erreur de traitement) ; Biorésistant (et durable et indécollable, le chewing gum) ; À poil (un mouton sans laine) ; État de siège (Fort Alamo miné par les termites) ; Économie (le fardeau des 4x4) ; Particulairement polluant (les barbecues, à Houston) ; Pour et contre nos compagnons (la cataire vs les chats et les termites) ; Score historique (les événements et les découvertes les plus marquants du dernier demi-siècle, qui ont le plus contribué à l'augmentation des rendements agricoles) ; Déca sur pied (Coffea canephora modifié génétiquement) ; Sexualité débridée (d'Annélides Oligochètes, après Tchernobyl) ; Arbres déchus (accusés de pluies acides) ; Championne du lancer de crottes (la chenille de L'Hespérie à taches argentées, Epargyrus clarus) ; Apiculture avec plus de piquant (avec les tigres aux fesses) ; Chienne de vie ! (du soja OGM dans des croquettes) ; Marques déposées (par des mulots malins) ; L'escalade mène à la catastrophe (pour les escargots des rochers) ; Regarder voler les mouches (les acrobaties aériennes de la Drosophile) ; Écoclastes ! (injure nouvelle) ; Réseau de pharmacies (le réseau hydraulique plein de médicaments) ; Une taxe, ça va (le cours du café plombe les rhinocéros) ; Pas l'âge de la retraite (et des kilomètres à son compteur, ce Puffin) ; Le poisson ne meurt pas (les douleurs des poissons) ; Bien-être animal (suite ) (suffit d'hériter) ; Gros prédateur sauvage ! (hellenophage) ; Pupe témoin (de temps meilleurs, en Antarctique) ; Travailleuses clandestines (abeilles de contrebande) ; Où va le SRAS ? (il vient d'une autre planète ?) ; Mondialisation (découverte à Gien d'Anaplophora glabripennis, le Longicorne asiatique) ; Dernier souffle (de la blatte souffleuse, sur son bûcher) ; Agriculture sans terre (soja spatial) ; Bacholiments (pour réussir) ; Désinsectisation (artistique) ; Jus de raisin (ampéloénergie) ; Patinage entomologique (la Sauterelle mormone pullule) ; Ya du mou dans la Valise : I'rakle les fonds de tiroir (lettre aux destinataires desservis) ; Cadeau empoisonné (mais c'est un beau geste vis-à-vis des Indiens).
Et, dans EN VRAC ET EN VITESSE, un dernier tour du monde, vite fait, mais qui, pour une fois, ne dérâpe pas, parmi d'autres problème environnementaux dignes d'une étape, sur celui des limaces.
[R] BELGIQUE
Le dernier de la flotte
Dans son premier " World Water Development Report ", publié le 28
février 2003, l'UNESCO classe les pays selon la qualité de
leurs eaux.
Derrière l'Inde, la Jordanie et 9 pays africains, arrive - au dernier
rang - la Belgique
Eaux usées et effluents agricoles se déverseront dans les
rivières belges jusqu'à la mise en place d'un plan d'assainissement
prévu en 2005.
D'après NewScientist.com, lu le 5 mars à
www.newscientist.com
[R] ÉTATS-UNIS
Compter les mouches
Un, deux, trois, beaucoup. Le bébé humain, le singe ne calculent
pas plus finement. Et la salamandre Plethodon cinereus est tout aussi
douée. Les vertébrés, des plus primitifs (Amphibiens)
aux plus évolués (Hominidés), ont un sens inné
de la numération qui leur permet de distinguer sans apprentissage
2 de 3.
Pour l'épreuve proposée (?) à la Salamandre, à
l'université de Louisiane, pas de pions ni de bûchettes mais
des drosophiles (Dipt. Drosophilidés) vivantes installées au
bout d'un tunnel en Y, 2 dans une branche, 3 dans l'autre. Reste à
déterminer sur quoi l'amphibien se base, le volume ou le bruit des
mouches ?
D'après " Salamanders can do maths ", nature scienceupdate,
lu le 3 mai 2003 à www.nature.com
[R] MEXIQUE
Évasions et mauvais traitements
Dans sa lutte contre celles qui ne pensent qu'à le dévorer
sur pied, lui et son bétail, l'homme enregistre des échecs
cuisants. On les croyait disparues d'Amérique (sud des États-Unis
et Amérique centrale), grâce à l'application de la lutte
autocide (dite aussi " par mâles stériles ", voir à
www.inra.fr/opie-insectes/luttebio.htm#vocab).
Or, en janvier, des agressions ont de nouveau été signalées,
perpétrées par la Lucilie bouchère, qu'on avait
officiellement éradiquée. Et dire que les agresseurs ont
été élevés aux frais de la princesse !
Dans une grande usine (puante) sise à Tuxtla Gutierrez (capitale du
Chiapas, au Mexique), en effet, on produit depuis 27 ans les asticots de
Cochlyomya hominivorax (Diptère Calliphoridé) ; ils
sont nourris (d'une mixture comportant de la poudre de sang, de lait et
d'uf) dans des bacs ad hoc (par lots de 20 000), d'où
ils sautent une fois leur développement larvaire achevé. Ils
s'empupent dans un bain de sciure. 5 jours et ½ après,
installés dans des cylindres en plastique, on les soumet, durant 2
minutes, à une irradiation gamma. La dose, 5 fois celle qui serait
mortelle pour un humain, provoque leur stérilisation. Puis les pupes
sont placées en chambre froide jusqu'à leur transport et à
leur lâcher, par avion, au-dessus des zones à traiter. Sauf
celles qui serviront à la reproduction, au sein de l'insectarium
géant.
En dépit de mesures de sécurité (pas de fenêtres,
personnel en combinaison, sas, pièges dans et autour de l'usine),
les évasions n'ont pas été rares. Mais, en janvier,
un irradiateur est tombé en panne et on ne s'en est aperçu
qu'après le lâcher de millions de mouches - fertiles - au Chiapas
et à Panama. Ampleur du désastre, évaluée fin
février : une centaine d'attaques, sur du bétail.
Rappelons que la mouche pond dans une blessure jusqu'à 400 ufs
d'où naissent des asticots qui se nourrissent de chair vivante. Très
dispersée, la Lucilie bouchère ne peut guère être
combattue autrement que par lutte autocide, méthode élégante
et très efficace - aux évasions et erreurs de traitement
près.
D'après Elisabeth Fullerton, " Grisly Mexico factory breeds
man-eating flies ", dépêche Reuters du 24 février 2003,
lue à www.alernet.org
[R] PLANÈTE
Biorésistant
Par souci environnemental, par respect de la nature, par adhésion
aux principes de développement durable, de plus en plus d'objets sont
rendus biodégradables. Les microbes les font disparaître en
tant que déchets. Ainsi les couches (Le Courrier n°48)
et, avant elles, les stylos en amidon de maïs (qu'on ne voit plus
beaucoup
).
Mais il est un produit de consommation, quasi-alimentaire, qui résiste
: le chewing-gum. Inventé en Ohio (États-Unis) par William
Sample au milieu du XIXe siècle, le chewing-gum n'est plus à
base de latex naturel et de fruit de sapotier : c'est, de nos jours, un
mélange d'élastomères, de cires et de résines.
S'il perdure et colle au macadam comme aux semelles, c'est qu'il est durable
et collant, qualités qui font son intérêt pour ses
masticateurs. Les dégâts sont gigantesques, la lutte (nettoyage)
coûte très cher. La recherche avance mais tout doucement. Des
gommes moins nocives pour les trottoirs se sont révélés
très, très collantes
sur les vêtements.
Une suggestion en attendant : cracher le chouinegomme dans un crachoir.
D'après " Coming soon (may be)
non-stick chewing-gum
", BBC News, lu le 25 mars à news.bbc.co.uk
NDLR : bien rural, bien de chez nous : mâchez du blé
: la ptyaline de votre salive - que vous n'aurez pas avalée - transformera
l'amidon en sucre sucré et vous continuerez à mâchonner
le gluten (protéine), élastique et insipide.
[R] ÉTATS-UNIS
À poil
Grâce au travail de Kreg Leymaster, généticien à
l'Agricultural Research Service, au Clay Center (Nebraska) et de son
équipe, consistant à croiser le Kathadin avec le Dorper,
l'éleveur états-unien élève désormais
des moutons sans toison laineuse. L'avantage principal de cet hybride à
poil ras : il coûte moins cher en entretien. En plus, sa viande sent
moins fort, ce qui rejoint les préférences de certains " gourmets
". Mais
le Dorper (sud-africain) est un immigrant de fraîche
date et sa sensibilité aux parasites - gros problème en
élevage ovin - pourrait être élevée.
D'après " Wool-free sheep to shave mutton costs ", par Hannah
Hoag, nature scienceupdate, lu le 8 avril 2003 à
www.nature.com
[R] ÉTATS -UNIS
État de siège
167 ans après les volontaires texans assiégés dans Fort
Alamo par le général mexicain Santa Anna, c'est aujourd'hui
une armée de termites qui y est cernée par les
désinsectiseurs texans. Ces derniers sont armés de tubes remplis
de morceaux de bois - des pièges redoutables car gourmandises
irrésistibles - et d'appâts empoisonnés - arme chimique
de destruction massive. L'historique bastion sera-t-il détruit ?
D'après Libération du 7 mars 2003.
[R] ÉTATS -UNIS
Économie
Fabriquer une canette en aluminium à partir d'éléments
d'automobiles recyclés coûte 94% moins d'énergie qu'à
partir d'aluminium brut. Dans le même esprit environnemental, les
plastiques du véhicule passent eux aussi dans la chaîne de recyclage
mais leur lavage consomme déjà un peu plus de la moitié
de l'énergie nécessaire à la fabrication de pièces
neuves.
Pour économiser respectivement 75 fois et 4 fois plus ce qu'on obtient
en recyclant plastiques et aluminium, il suffirait d'avoir maintenu la
composition du parc automobile d'il y a 20 ans, avant que n'augmente la part
des vans, pick-up et autres 4 X 4, gros gaspilleurs d'essence.
Si le gouvernement fait des efforts en faveur du recyclage - qui est prévu
désormais dès la conception de tout nouveau modèle -,
il ne favorise pas vraiment les transports en commun et n'incite pas vraiment
les gens à rouler en auto normale.
D'après le communiqué de presse du Dortmonth College
(Hanover, N.H.) du 7 mars 2003, lu à
www.eurekalert.org
[R] ÉTATS-UNIS
Particulairement polluant
À Houston (Texas), l'air est pollué - comme un peu partout
- mais 10% des particules sont d'origine animale, essentiellement bovine,
accessoirement ovine, ce qui semble unique au monde. Et qui n'est pas sans
danger : les particules de résidus de graisses insaturées provenant
de viandes grillées en plein-air pénètrent dans les
poumons des houstonniens, habitants de la " capitale des barbecues ", qui
risquent en conséquence de souffrir de troubles respiratoires et
cardiaques.
D'après une dépêche Reuters, lue le 18 mars 2003
à actu.tiscali.fr
NDLR : une Brève du Courrier (n°37, en ligne à
www.inra.fr/dpenv/brevec37.htm) vous a déjà informé
sur un risque bactériologique lié aux barbecues - via les insectes
désintégrés par les pièges lumineux à
électrocution qu'on met autour des lieux de grillade - pour ne pas
ajouter des particules de graisse entomologique aux particules normales.
[R] PLANÈTE
Pour et contre nos compagnons
La cataire est une Lamiacée européenne introduite en Amérique
du Nord. Son nom (en anglais, cat mint) vient de ce qu'elle provoque,
chez Felis catus, le chat, plus que la félicité, l'extase.
Côté insectes, on connaît son pouvoir attractif
vis-à-vis des pucerons (Hém. Aphididés), de leurs
parasitoïdes (Hyménoptères) et prédateurs - comme
les chrysopes (Neuroptères Chrysopidés) - voir, en
Épingle, " Chrysope surprise " à
www.inra.fr/opie-insectes/epingle02.htm#chrys.
Chris Peterson (USDA Forest Service à Starkville, Mississipi) et Janice
Ems-Wilson (Valencia Community College, Orlando, Floride) viennent de montrer
que l'huile de cataire est répulsive, voire mortelle pour les termites
(Isoptères) au sein de leurs galeries. Quant à avoir trouvé
là un substitut aux produits homologués
L'huile perd
hélas tout effet au bout de quelques semaines (contre 5 ans pour les
matières actives en usage) et on ne connaît qu'un petit nombre
de ses impacts sur la faune domestique.
D'après " Catnip stops termites dead in their tracks ",
communiqué de l'American Chemical Society, lu le 31 mars 2003 à
www.euekalert.org
[R] ÉTATS-UNIS
Score historique
À partir d'une liste préparée par des historiens de
l'agriculture, des journalistes membres de l'Association des journalistes
nord-américains (représentant une centaine de titres de la
presse spécialisée) ont classé les événements
et les découvertes les plus marquants du dernier demi-siècle,
ceux qui ont le plus contribué à l'augmentation des rendements
agricoles.
Par ordre d'importance décroissante, ce sont l'hybridation (et autres
créations de cultivars), les plantes génétiquement
cultivées (adoptées par la plupart des cultivateurs
états-uniens mais rejetées par des groupes de consommateurs,
notamment en Europe), la découverte de la double hélice de
l'ADN, la Révolution verte de Norman Borlaug, la crise du crédit
des années 1980 (qui a éliminé une partie de l'agriculture
familiale), la publication du Printemps silencieux de Rachel Carson,
l'emploi d'antibiotiques en élevage, le non-labour - ex æquo
avec le passage sous les 2% de la population agricole -, l'usage de
l'ammoniac comme engrais, l'intégration de l'élevage avicole.
D'après " Revolutionary crop yields top list of key agricultural
events during last 50 years ", lu sur AzNews, le 3 avril 2003, à
agnews.tamu.edu/
[R] JAPON
Déca sur pied
Le café décaféiné classique est obtenu au prix
de traitements coûteux de la fève et n'est pas aussi bon qu'un
vrai café. Des chercheurs japonais du Nara Institute of Science and
Technology ont réussi, par transgenèse, à bloquer, chez
Coffea canephora, la sécrétion d'un enzyme responsable
de la sécrétion de la caféine, dans les feuilles et,
espèrent-il, dans les graines.
Le procédé, qui reste à améliorer - pour atteindre
les 95% de décarcération - et à appliquer à l'arabica
- plus des 2/3 du marché -, devrait livrer un café " normal
" du point de vue goût, pour un prix moindre, à des clients
soucieux de leurs palpitations cardiaques et de leurs insomnies. Mal vu des
torréfacteurs qui ont consenti des investissements considérables
dans les procédés de décaféinisation, il pourrait
être accepté par les consommateurs, en tant que premier OGM
conférant une caractéristique utile directement pour eux.
Article source : Ogita S. et al., 2003. Producing decaffeinated
coffee plants. Nature, 423, 823.
[R] UKRAINE
Sexualité débridée
Dans les lacs proches de Tchernobyl, des vers (Annélides
Oligochètes) normalement parthénogénétiques se
reproduisent désormais souvent par voie sexuée. La proportion
d'individus qui cherchent un partenaire sexuel passe de 5 à 22% chez
Nais pardalis, de 10 à 23% chez N. pseudobtusa.
D'après Gennadi Polikarpov et Victoria Tsytsugina, hydrozoologistes
à l'Institut de biologie des mers du Sud à Sébastopol,
ceci serait un moyen, pour ces populations, de faire s'exprimer des gènes
de résistance aux radiations.
À noter que, chez le ver Dero obtusa, c'est le contraire qui
se produit, la reproduction asexuée doublant de fréquence dans
les eaux radioactives.
D'après " Amorous worms reveal effects of Chernobyl ", New
Scientist, lu le 12 avril 2003 à
www.newscientist.com
[R] FINLANDE
Arbres déchus
Les arbres, même ceux des vastes et éternelles forêts
boréales seraient des pollueurs - et non des épurateurs. En
effet, selon Pertti Hari (université d'Helsinki) et ses collaborateurs,
le Pin silvestre, sous l'influence des rayons ultra-violets du soleil,
dégage des oxydes d'azote et les pineraies seraient responsables de
telles émissions - qui induisent notamment les " pluies acides " en
réagissant avec les hydrocarbures - dans une mesure comparable à
ce que dégage l'industrie et le trafic automobile. Le
phénomène serait passé inaperçu des
expérimentateurs qui ont travaillé " en labo " ou en serre,
sous une lumière appauvrie en UV. C'est dans un air très "
propre " que les pins produiraient des oxydes d'azote alors qu'ils les
absorberaient quand ils se trouvent en forte concentration dans
l'atmosphère.
Article source : Hari P. et al., 2003. Ultraviolet light and
leaf emission of NO. Nature, 422, 134.
[R] ÉTATS-UNIS
Championne du lancer de crottes
De nombreuses chenilles, de diverses familles, projettent leurs crottes au
loin, à des distances étonnantes. Ce comportement est
fréquent chez celles qui construisent des abris.
L'Hespérie à taches argentées, Epargyrus clarus
(Lép. Hespériidés), espèce de la prairie
nord-américaine vivant sur lotier (Poacée), détient
peut-être le record dans cette catégorie avec 40 longueurs de
corps. La " motivation " lui est fournie par son ennemi, Polistes
fuscatus (Hym. Vespidés), qui est attiré par les crottes.
Au laboratoire, en l'absence de cette guêpe prédatrice, notre
Hespérie vit aussi bien au milieu de ses excréments et est
capable de reconstruire inlassablement son abri détruit par
l'entomologiste.
D'après, notamment, " Good housekeeping : why do shelter-dwelling
caterpillar fling their frass ? ", communiqué Blackwell publishing,
lu le 8 avril 2003 à www.alphagalileo.org
[R] BENGLADESH
Apiculture avec plus de piquant
Un des métiers les plus dangereux de la jungle des Sundarbans
(Bengladesh), c'est apiculteur. D'avril à fin mai, les Mowalis,
après une cérémonie pour les bénir, eux et leurs
canots, s'enfoncent dans la mangrove pour récolter le miel d'abeilles
sauvages, d'une espèce de grande taille et très agressive.
Mais nos intrépides apicoles se rient des aiguillons d'Apis dorsata.
En revanche, ils ne craignent rien plus que le Tigre royal du Bengale, aux
penchants anthropophages spécialement développés dans
cette région - peut-être en lien avec la forte salinité
de l'eau. L'enfumage fait fuir les abeilles le temps qu'ils prélèvent
une partie du rayon, cire et miel. Mais, contre Panthera tigris, ils
ont une autre technique d'effarouchement : un masque derrière la
tête, pour faire croire au tigre qu'on lui fait face*.
Du fait du prix très élevé de ce miel au petit parfum
de jungle et de félin, ce n'est pas le nombre considérable
de " veuves de tigre " dans les villages qui limite l'exploitation de
l'Hyménoptère, mais des quotas - 78 kg de miel et 20 kg de
cire par récolteur - établis dans le cadre de la protection
des Sundarbans, entreprise depuis 1879 par le colonisateur britannique.
D'après " Sweet Thrills of Bengladesh jungle ", BBC News,
lu le 17 avril 2003 à newsoote.bbc.co.uk et " Dangerous Harvest
", Oregon's Agricultural Progress, hiver 2003, lu à
ees.orst.edu
* Un truc qu'ils n'ont sans doute pas lu dans la presse mondiale. Il est
pourtant dévoilé dans la Brève " Mission prévention
", Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°47, octobre 2002,
en ligne à
www.inra.fr/dpenv/brevc47.htm#mis
[R] BRÉSIL
Chienne de vie !
Si la culture de plantes génétiquement modifiées reste
interdite dans ce pays, la commercialisation du soja transgénique
déjà produit est autorisée.
Le 1er avril 2003, à Sao-Paulo, des militants de Greenpeace ont
défilé tandis que trois d'entre eux, déguisés
en oiseaux, occupaient un nid géant. Ceci devant le siège de
Nestlé, jugé coupable d'avoir mis en vente un aliment contenant
ce soja. Un aliment pour chien.
D'après une dépêche lue sur La Recherche,
le 1er avril 2003, à www.larecherche.fr
[R] ROYAUME-UNI
Marques déposées
Soit à rechercher sur le sol labouré et monotone d'un champ
sans repères, une clé qu'on a égarée là.
En bon chercheur, on explore systématiquement la zone en plantant
un (des) piquet(s) pour indiquer où l'on en est de l'exploration.
Ce comportement " intelligent " n'est pas, comme on le croyait, l'apanage
de l'homme.
L'observation en nature des mulots ayant révélé qu'ils
font de petits tas d'enveloppes de graines, de feuilles et autres petits
objets autour desquels ils sont particulièrement actifs, a conduit
à monter la manip suivante. À 10 lots de 4 femelles et 4
mâles, on offre un nid, un terrain et 10 disques blancs de 5 cm de
diamètre - et on les enregistre durant 15 jours en vidéo.
Résultat : quand un mulot trouve un coin qui l'intéresse, il
prend un disque et le dépose là, avant de continuer à
explorer à proximité, un il sur la marque ; puis, ayant
trouvé un endroit à étudier, il y transporte le disque.
Le disque sert aussi de " signet " : s'il perçoit un prédateur,
le mulot se réfugie dans son nid puis revient vaquer à
proximité.
Article source : Stopka P., Macdonald D., 2003. Way-marking behaviour : an
aid to spatial navigation in the wood mouse (spodemus sylvaticus).
BMC Ecology, 3, 3. Abstract à www.biomedcentral.com
et Le Mulot sylvestre - ou souris sauteuse - dans HYPPZ, à
www.inra.fr/hyppz/ravageur/zaposyl.htm
[R] ÉTATS-UNIS
L'escalade mène à la catastrophe
Dans les fissures des parois rocheuses vit une faune de gastéropodes
d'une étonnante diversité. Mais là où les grimpeurs
pratiquent leur sport favori, la plupart des 40 espèces qui peuplent
normalement ces micro-écosystèmes a disparu, du fait de
l'érosion du sol résultant des passages
répétés.
Las, ces minuscules escargots n'ont rien pour émouvoir le public et,
même là où l'on parvient à canaliser l'escalade,
leurs peuplements ne se reconstituent que très lentement.
D'après " At a Snail's Place : Rock Climbing cuts Mollusk Diversity
", par Kendall Morgan, lu sur Science News Online, vol. 163, n°15 (semaine
du 12 avril 2003), à www.Sciencenews.org
[R] ÉTATS-UNIS
Regarder voler les mouches
Scrutés au travers de 3 caméras ultrarapides (5 000 vues par
seconde) infrarouge, pointées sur un espace proche d'un cylindre noir
portant une goutte de vinaigre, les mouvements de vol libre d'une Mouche
du vinaigre, Drosophila melanogaster (Diptère Drosophilidé),
amènent à réviser ce que l'on croyait savoir de
l'aérodynamique des insectes. La mouche, révèlent les
vidéogrammes, est capable de changements de direction brusques et
importants au prix de petits mouvements des ailes, suffisants pour produire
un couple de torsion et réorienter son corps dans le plan de vol.
La droso, au prix d'un effort très modeste, est capable d'un virage
à angle droit en moins d'1/10 de seconde. Grâce à un
modèle mathématique, l'équipe suisso-états-unienne
d'aéroentomologistes a pu établir que, dans le vol des insectes,
les forces d'inertie interviennent plus que celles de friction de l'air -
résultat inattendu.
Article source : Fry S.N., Sayaman R., Dickinson M. H., 2003. The
Aerodynamics of Free-Flight Maneuvers in Drosophila. Science, 300
(5618), 495-498.
[R] ÉTATS-UNIS
Écoclastes !
Un concours a été lancé par le webzine Grist,
magazine de la côte ouest " d'information environnementale et d'humour
", pour trouver un autre vocable pour désigner autrement que par "
anti-environnementalist " (en anglais dans le texte - mais on comprend)
les gens (ou les organismes) qui, consciemment ou non, agissent " contre
l'environnement ".
À partir de 350 contributions, la rédaction a soumis au vote
10 expressions. Annoncé le 22 avril 2003 (jour de la Terre), le vainqueur
est pollucrat.
Le mot lauréat, moins vernaculaire que les perdants Biolooser,
trel-Hugger, ecoperp, envirobuster ou denialphile, voit son sens
parfaitement éclairé par l'exemple fourni par Kendra Howe,
rédac.-chef : l'administration Bush, qui a ouvert les réserves
de faune arctique de l'Alaska aux forages pétroliers.
Grist : www.gristmagazine.com
NDLR : et en français ?
[R] FRANCE
Réseau de pharmacies
De mesures faites à la sortie des stations d'épuration par
le CEMAGREF (laboratoire de Lyon) en France, Grèce, Italie et Suisse,
au printemps 2001, il ressort que l'eau y contient des doses non
négligeables de médicaments. Certes, on reste en deçà
des doses qui ont un effet mesurable sur les daphnies, les rotifères
et le poisson zèbre.
Mais nos anti-épileptiques, anti-inflammatoires et autre
anti-cholestérol rejoignent, dans les eaux de surface et souterraines,
les médicaments vétérinaires et les résidus de
pesticides - pour rester dans le cadre agricole.
Or, on sait fort peu de choses sur les effets additionnels et les effets
croisés de toutes ces molécules sur l'homme et les êtres
vivants qui cohabitent avec lui, des effets environnementaux qui, pour l'heure,
ne sont pas pris en compte dans l'autorisation de mise sur le marché
(AMM) des médicaments.
D'après une dépêche AFP, lue sur
lefigaro.fr, le 22 mai 2003.
[R] INDONÉSIE
Une taxe, ça va
Le commerce du café rapporte annuellement 70 milliards de dollars
(autant d'euros) aux États-Unis, premier buveur du monde. Pour les
pays producteurs, ceci représente une recette de seulement 5,5 milliards.
Le cours du café, mal maîtrisé, est au plus bas - en
dépit de la demande élevée - et les planteurs, pour
survivre, doivent étendre les surfaces cultivées. Ainsi, à
Sumatra, entre 1996 et 2001, on a cultivé près de 30% en plus
de surfaces en café et, dans le même temps et conséquemment,
le Bukit Barisan Selatan National Park a vu sa forêt se réduire
d'autant. Premières victimes : les Tigres de Sumatra, Panthera
tigris sumatrae, et les rhinocéros, Dicerorhinus sumatrenis,
qui ont besoin de beaucoup d'espace et qui disparaîtront bien avant
les derniers lambeaux de forêt.
D'après Tom Clark, " Coffe trade threatens rare species ",
nature scienceupdate, lu le 25 avril 2003 à
www.nature.com
[R] ROYAUME-UNI
Pas l'âge de la retraite
Cinquante-deux ans, 8 millions de kilomètres au moins, effectués
au vol entre l'Afrique du Sud, son lieu d'hivernage, et les Îles
britanniques, c'est ce qu'affiche un Puffin des Anglais, Puffinus puffinus
(Oiseau, Procellariidé).
Capturé sur une petite île au large de la côte nord du
Pays de Galles, l'oiseau portait une bague qui lui avait été
posée en mai 1957, alors qu'il avait 6 ans.
D'après " Venerable bird notches five million air miles ",
NewScientist.com, lu le 25 avril 2003 à
www.newscientist.com
NDLR: Le mot puffin viendrait de poussin; l'Anglais se
régalait, en effet, autrefois des jeunes de cette espèce. Pour
les Bretons, l'oiseau prend en charge les âmes des marins disparus.
[R] ÉCOSSE
Le poisson ne meurt pas
Il devient " pas frais ". Au-delà de l'idée reçue
des pêcheurs, des mareyeurs et de tout un chacun, qu'en est-il ?
Pour savoir si les truites sont capables de souffrances, Lynne Sneddon, de
l'Institut Roslin, leur a - sous anesthésie - inséré
des électrodes dans le cerveau puis appliqué divers traitements
" douloureux " : coups, brûlures à la chaleur ou à l'acide.
Pour s'apercevoir qu'une vingtaine de neurones réagissait à
ce genre de stimulus et, fait troublant, selon des schémas analogues
à ce qu'on observe chez un humain soumis à la même
expérience.
Mais encore faut-il observer des réponses comportementales. Pour cela,
on injecte dans la lèvre du poisson cobaye du venin ou de l'acide
acétique et on l'observe : il jeûne, " respire " (bat des ouies)
vite, se balance d'un côté sur l'autre
et, pour les
ichtyophiles, ce ne sont pas de simples réflexes, c'est bien de la
douleur.
Mais pour les experts en ichtyoneurobiologie, le poisson a un cerveau trop
simple pour avoir conscience de ce qui lui arrive.
D'après James Randerson, " Fish capable of experiencing pain
", Newscientist.com, lu le 30 avril 2003 à
www.newscientist.com
[R] ROYAUME-UNI
Bien-être animal (suite
)
Tinker, qui a hérité d'une maison de 350 000 £ à
Londres et d'une provision pour ses frais d'entretien de 100 000 £,
gérée par un couple de voisins de la défunte, partage
sa vaste demeure avec Lucy et Stardust - ce qui fait deux chats et une
chatte.
D'après une dépêche AFP du 6 mai 2003, lue sur
Le Monde.fr à www.lemonde.fr
[R] GRÈCE
Gros prédateur sauvage !
Dans sa ferme, à Amilio Metsovo (Grèce), Evthalia Otsion (85
ans) a été tuée par un ours affamé et " atteint
de stress provoqué par la recherche de nourriture ", selon Taktouros,
ONG qui uvre à la protection de l'Ours brun.
Le Monde.fr, le 19 mai 2003.
[R] ANTARTIQUE
Pupe témoin
Ce ne fut pas toujours un continent glacé, sans vie ailleurs que sur
les côtes et en quelques endroits peuplés, occasionnellement,
de Diptères Nématocères (comme des moustiques). C'est
une surprise. À quelques centaines de kilomètres du pôle
sud, il y eut jadis - il y a des millions d'années - des mouches.
Et pas des moindres, des Diptères cyclorrhaphes - dits supérieurs.
Ceux dont la larve sans tête ni pattes, à l'instar de notre
Mouche domestique, est un asticot et dont la nymphe est une pupe.
C'est un petit fossile, de 5 à 7,5 mm de long, qu'Allan Ashworth,
géologue, a trouvé en étudiant une roche ramassée
sur le glacier Beardmore. En fait, c'est Christian Thomson, entomologiste
entraîné à l'examen des denrées pour la
détection d'infestation par les insectes, qui a reconnu, dans les
petites structures rondes, les stigmates de la pupe.
Dans le même lieu, on a trouvé des Coléoptères,
des gastéropodes, des poissons et des algues. Une découverte
qui indique clairement qu'il y a 3 à 17 millions d'années,
il a régné là un climat tempéré, suite
à un réchauffement " global " parfaitement naturel.
L'origine de cette faune reste à déterminer : des envahisseurs
profitant du climat clément ou des autochtones, issus de faune du
Gondwana, continent qui a formé, outre l'Antartique, l'Inde,
l'Amérique du Sud et l'Afrique ?
D'après Marsha Walton " The buzz on ancient flies in Antartica
", CNN.com, lu le 12 mai 2003 à www.cnn.com
[R] ALLEMAGNE
Travailleuses clandestines
L'importation en douce (en fraude) d'ouvrières d'Apis mellifera
(l'Abeille domestique, Hym. Apidé) fait courir d'énormes risques
à l'agriculture et à la pollinisation de nombreuses plantes
cultivées. Sans doute a-t-on eu jusque là beaucoup de chance,
les agents pathogènes, véhiculés avec les essaims,
s'étant révélé peu agressifs une fois arrivés
chez nous.
Dernière alerte proclamée : l'infestation de nombreux ruchers
hessans par le virus du Cachemire, originaire d'Australie et de Nouvelle
Zélande, présent en Amérique du Nord (où il cause
des dégâts importants) ainsi qu'en Espagne et, sans doute, en
France, mais sans impact notable. Ce virus, dont la dissémination
serait activement favorisée par l'acarien Varroa jakobsoni
- autre fléau -, pourrait, en synergie avec lui et d'autres agents,
aggraver la situation de l'abeille, déjà mal en point.
D'après " Gefahr durch neues Virus ", Spiegel online,
lu le 24 mai 2003 à www.spiegel.de
[R] PLANÈTE(S)
Où va le SRAS ?
Pas plus loin, peut-on espérer. D'où vient-il ? La Chine ne
serait qu'une porte d'entrée dans notre monde ?
D'après Yuen Kwok-yung, de l'Université de Hong Kong, le virus
proviendrait de la " civette ". On désigne par ce terme une trentaine
de petits mammifères carnassiers de la famille des Vivérridés
(5 doigts à la patte postérieure, 2 molaires supérieures),
munis d'une glande au-dessus de l'anus qui produit une écume odorante
de marquage, utilisée en parfumerie (et qui a donné son nom
à l'animal : chat à écume, en arabe qatt az zabad).
Le Chinois mange volontiers les civettes - et c'est ainsi que le SRAS serait
passé à Homo sapiens, de Laguma lavata, notamment,
sur un marché du Guangdong.
Mais, pour Chandra Wickramasinghe, de l'université de Cardiff
(Royaume-Uni), ainsi qu'il l'a expliqué dans une lettre au
Lancet, le virus vient d'ailleurs : c'est un coronavirus tellement
particulier qu'il ne peut venir que d'une autre planète.
D'après le Nouvel Observateur, lu le 23 mai 2003 à
permanent.scienceetavenir.com, " Sars'from the stars' ", lu sur BBC
News, le même jour à newsvote.bbc.co.uk et Olivier
Namy, " L'origine du virus du SRAS probablement identifiée ", Futura
Sciences, lu le 26 mai à
www.futura-sciences.com
PS : sur les marchés cambodgiens, le cours du haricot vert (Phaseolus
vulgaris) a décuplé, le 7 mai 2003. En effet, transmise par
tous les téléphones du pays, la rumeur s'était
répandue que, pour échapper au SRAS, il fallait consommer,
avant minuit, des haricots verts bouillis mélangés à
du sucre de palme (dépêche AFP du 8 mai 2003).
[R] FRANCE
Mondialisation
Le 28 mai 2003, était annoncée par l'AFP et aussitôt
reprise par les médias - y compris le journal du soir de la
télévision -, la découverte par les agents de la Protection
des végétaux, dans le Loiret, d'un ravageur dangereux des arbres
: le Longicorne asiatique.
Ce fut une " découverte " non pas entomologique mais médiatique.
En fait, deux espèces, Anaplophora glabripennis et A. chinensis
(Longicorne des citrus) sont présentes en France depuis quelques
années, secrètement pour le public, dans, respectivement, au
moins 1 et 3 endroits. Ces Coléoptères Cérambycidés
ont des allures et des biologies voisines : larves xylophages, vaste gamme
d'hôtes et
résistance aux conditions du transport.
Ces envahisseurs proviennent, directement ou pas, de Chine. Ils poursuivent
leur expansion planétaire, au gré du commerce, mal
contrôlé, de bois d'emballage ou même d'arbres entiers.
Le second semble bien avoir gagné l'Amérique du Nord dans un
bonzaï. La lutte, une fois le ravageur installé, est très
difficile : les moyens disponibles sont l'éradication d'arbres sensibles
(ainsi, par exemple, a-t-on, pour endiguer la diffusion d'A.
glabripennis - et d'autres longicornes -, coupé et brûlé
24 millions d'arbres à Ningxia, dans le centre nord de la Chine, durant
l'hiver 1991 et le printemps 1992) et la plantation d'arbres pièges
(certains érables).
Avant Gien, New York, alertée par un livreur de madriers, a
affronté le Longicorne asiatique (cf Épingle du 31
décembre 2001, en ligne à
www.inra.fr/opie-insectes/epingle01.htm#NY).
[R] THAÏLANDE
Dernier souffle
Depuis la brève " NAC " parue p. 140 du Courrier n°47
(octobre 2002), on sait qu'à Bangkok, la Blatte souffleuse de Madagascar
est à la mode. Ce " nouvel animal de compagnie " est interdit pour
des raisons sanitaires et un millier de ces cancrelats vont être
incinérés (vivants, mis dans des sacs plastique) - puis on
leur organisera des funérailles, selon le rite bouddhiste.
D'après une dépêche Reuters, lue sur Yahoo!
Actualités, le 22 mai 2003, à
news.yahoo.com
[R] ESPACE
Agriculture sans terre
Pendant 97 jours, du soja (Glycine soja ou Soja hispida,
Fabacée) a tourné autour de notre planète, à
bord de la Station spatiale internationale. Ramené au sol par Atlantis
en octobre 2002, les graines et les plants spatiaux se sont
révélés similaires au soja terrien. L'expérience
était financée par le semencier Pioneer Hi-Bred International.
Résultat ? Les voyageurs vers Mars (ou plus loin) pourront se nourrir
de soja sans crainte.
D'après Le Nouvel Observateur, lu le 10 juin 2003 à
permanent.sciencesetavenir.com
NDLR : un commandant de bord de vaisseau spatial a-t-il le droit
d'interdire l'emport de soja OGM ?
[R] ROYAUME-UNI
Bacholiments
Quel est le régime alimentaire des bachoteurs ? Les spécialistes
(anglais et redoublants) préconisent le poisson (oui), les légumes
verts (c'est bon, de toute façon), le beurre de cacahuète (quelle
horreur !), la " junk food " ou malbouffe (sous prétexte d'apporter
une surdose de sucres
!), la bière (pas ridicule). Au-delà
de ces remarques (laconiques entre parenthèses), la nutritionniste
Wendy Doyle (British Dietetic Association) recommande les sucres lents,
avalés sous forme de céréales de petit déjeuner
et de rôties (toasts).
D'après Eating to succeed, lu sur BBC News le 27 mai
2003 à newsvote.bbc.co.uk
NDLR : au Maroc, l'étudiant anxieux (crédule et
ornithoclaste) aurait tendance à faire confiance au cur de
Huppe.
[R] ÉTATS-UNIS
Désinsectisation
À la galerie Rare, à New York, on peut voir actuellement toute
une série de blattes (Dictyoptères) mises en scène par
Catherine Chalmers, sous le titre Ombre et métaphore.
Pour cette artiste, les blattes, ennuyeuses et hideuses, que tout le monde
déteste, sont particulièrement intéressantes à
mettre à la place de gens que d'autres gens lynchent, brûlent,
pendent, électrocutent. D'où ces photographies de scènes
d'exécutions capitales, en noir et blanc : pendaison en file et chaise
électrique miniature sous une lumière blafarde.
Rendez-vous à Kansas City (Missouri) à l'automne pour
découvrir ses nouvelles vidéos. Dans une boîte-chambre,
les cafards sont sur le dos, gazés (au gaz carbonique). Petit à
petit, une antenne frémit, une patte s'étire, puis la troupe
s'agite, renaît, se remet sur tarses.
D'après Sarah Boxer, "Shadow and Metaphor Evoked by Coakroaches",
The New-York Times, 6 mai 2003 (suppl. au Monde).
Le portfolio de C. Chalmers est à
artscenecal.com/ArtistFiles/ChalmersC/ On y entrevoit des fragments
de son exposition " Chaîne alimentaire " de 1994-1996 : Chenilles et
restes de tomate, Mante et chenille, Mante dévorant une chenille,
chenille attaquant une tomate, etc.
NDRL : ils ne sont par artistes, ils scrutent et filment l'agonie des
blattes (et des mouches et d'autres insectes), ils mettent au point des
préparations insecticides et les cancrelats n'en réchappent
qu'en faible proportion. Ils sont entomologistes.
Dessin de Claire Brenot, d'après une photographie de l'artiste.
[R] ÉTATS-UNIS
Jus de raisin
À l'université du Texas, à Austin, on a produit, en
laboratoire, 2,5 µW d'un courant électrique qui doit tout au
glucose contenu dans le grain de raisin. La réaction métabolique
- le glucose livre ses électrons à l'oxygène - a lieu
grâce à des enzymes fixés sur l'anode et la cathode
métalliques piquées dans le fruit ; elle produit, comme
déchet, de l'eau.
Il n'est pas prévu de centrale ampélo-électrique en
zones viticoles mais un tel dispositif pourrait fournir l'énergie
nécessaire à des capteurs et à des transmetteurs
électroniques embarqués. Sur des criquets, par exemple, ou
des blattes.
D'après Philip Ball, " Electricity extracted from grape ",
nature scienceupdate, lu le 12 mai 2003, à
www.nature.com
[R] ÉTATS-UNIS
Patinage entomologique
Duane Anderson propose cette mesure de la densité d'une espèce
animale : compter combien on en écrase d'un seul pas. Ces jours-ci,
c'était 10.
Dix individus de la Sauterelle mormone, Anabrus simplex
(Orthoptère Tettigoniidé), en pullulation. En 2001,
déjà, ses dégâts avaient été
spectaculaires (cf Épingle " Utah d'urgence " à
www.inra.fr/opie-insectes/epingle01.htm#mormon),
qualifiés de pires depuis 1940. Ces jours-ci, l'invasion apparaît
encore plus massive et les éleveurs voient, avec désolation,
l'herbage destiné aux bovins - un élevage décimé
par la sécheresse de l'an dernier - passer dans le tube digestif de
ces sauterelles. À raison de 38 livres de matière verte par
individu.
Par ailleurs, les fermiers, comme tous les autres habitants, patinent sur
les routes recouvertes d'une bonne couche d'insectes morts plus ou moins
écrasés. Les autorités envisagent de les sabler.
D'après, entre autres, James Nelson : " Mormon Crickets Devour
Crops, Turn Roads 'Blood Red'" ", Yahoo ! News, lu le 16 juin à
story.news.yahoo.com
[R] UNIVERS
Ya du mou dans la Valise : I'rakle les fonds de tiroir
À notre étonnement, le dernier Courrier (le numéro
48) destiné aux ambassades de France all around the World a
été refusé par le service de la Valise diplomatique
du ministère des Affaires étrangères. Voici la lettre
à laquelle les pôvres destinataires ont échappé.
Il n'y avait aucune raison de les pénaliser et ils ont donc reçu
leur Courrier par la Poste. Mais il n'y avait pas de raison que les
as de l'économie en trompe-l'il ne soient pas, eux,
épinglés
" Cher Destinataire,
À notre grande surprise, l'exemplaire du Courrier de l'environnement
n°48 qui vous était destiné n'a pas été
plus loin que le bout de la rue de l'Université et nous a été
retourné avec la mention que vous n'avez plus droit au service de
la Valise diplomatique. Un usage intensif de cette valise a dû créer
des points de faiblesse
Nous avons donc recherché vos coordonnées et vous faisons parvenir
votre Courrier directement, par le service postal général et
sous enveloppe affranchie au tarif " étranger " par nos soins. Les
quelques économies des uns feront qu'au total, cet envoi coûtera
globalement plus cher au service public. Dans ces conditions, l'air du temps
bien compris devrait nous imposer rapidement de privatiser un maillon de
la chaîne pour organiser, plus efficacement mais dans le cadre d'un
marché public, l'évasion des coûts vers la création
de valeurs et les stock options.
Pour l'instant, la Mission Environnement-Société de l'INRA
a décidé d'assumer ce gentil transfert de coût qui se
prend sans doute pour une économie. Tant que nous le pourrons,
évidemment. Je vous remercie donc de confirmer votre adresse à
réception. Soucieux d'épargner au ministère des Affaires
étrangères une dépense de plus, nous vous saurions gré
de nous le faire savoir par courriel.
Nous vous souhaitons bonne lecture de ce numéro qui vous sera parvenu
enfin. Et je vous prie d'accepter, cher lecteur, l'expression de mes sentiments
les meilleurs. "
Signé : Patrick Legrand, directeur de la ME&S
[R] ÉTATS-UNIS
Cadeau empoisonné
Le Musée Peabody de l'université Harvard à Cambridge
(Massachusetts) exposait des objets indigènes provenant de la tribu
Hupa - du Nord de la Californie - : parures de plumes, costumes, filets
Selon les dispositions du Native American Graves Protection and Reparation
Act de 1990, ces objets ont été restitués à la
tribu et installés au Hoopa Tribal Muséum, en Californie.
Peter Palmer, chimiste californien, met en garde : porter ces ornements
traditionnels lors de cérémonies, notamment lors de danses
où l'on sue beaucoup, est dangereux. En effet, leur conservation avait
été assurée par des sels de mercure et d'autres " pesticides
" organiques, toujours présents en quantité sinon toxiques,
du moins bien décelables.
D'après Helen R. Pilcher, " Museum preservatives taint tubes'relics
", nature scienceupdate, lu le 28 février 2003 à
www.nature.com
[R] En vrac et en vitesse, glané
tout autour du monde
Un touriste italien qui parcourt l'Europe est arrêté à
Amsterdam (Pays-Bas) et son compagnon condamné à mort et
exécuté au motif qu'en ces temps de peste aviaire, il
est interdit de se déplacer avec des animaux, en l'occurrence un poulet
familier (Libération.fr, le 24 avril 2003). Le maire de Karvina,
à l'est de la Tchéquie, veut enjoliver sa ville ; en
conséquence, quiconque laissera pousser des mauvaises herbes
dans son jardin écopera de 1 000 Æ d'amende (LeFigaro.fr,
25 avril 2003). Irène, citoyenne de Port-Saint-Louis-du-Rhône
(France), le trouve " beau, joli et vigoureux " et, pourtant, le poussin
qui éclôt chez elle est lourdement handicapé ; ses camarades
de couvée, en effet, ne manqueront pas de se moquer de ses 4 pattes
[et dire qu'on - les chercheurs - n'a pas encore trouvé la recette
du poulet à 4 cuisses durable] (Le Monde.fr, 24 avril 2003).
Le professeur Fumiaki Taguchi, de l'université de Kitasato, au
Japon, est parti d'un seau de matières fécales de Panda
géant pour inventer, en mettant en uvre les bactéries
qu'il y a trouvées, un procédé efficace de production
d'hydrogène. Toujours au Japon, l'Institut national des sciences
agrobiologiques, associé à Japan paper Industries et à
l'institut Sanwa Kagaku, annonce la mise au point d'un cultivar de riz renfermant
une teneur élevée en GLP1 : la consommation de cette PGM
permettrait aux diabétiques de se passer d'injections d'insuline
(AFP/La Recherche,14 mai 2003). En Norvège, les
éboueurs, qui ramassent les déchets organiques - bien
triés - se plaignent d'inflammations des voies respiratoires,
causées par des bactéries et des champignons, composants des
bioaérosols qu'ils respirent lors de ce travail
(Cybersciences.com, 25 mars 2003). À Taïwan, on
peut s'offrir le premier animal d'appartement génétiquement
modifié (fluorescent), la " Perle de nuit " - Danio rerio,
poisson d'aquarium (Science et avenir - le Journal permanent, 30 juin
2003). Les contribuables de Berlin (Allemagne) sont furieux de la
dépense de 430 000 Æ faite par la Ville pour construire 15 tunnels
et un mur de 650 m destinés à prévenir l'écrasement
des grenouilles par les automobiles (BBC News, 8 mars 2003).