par Alain Fraval(1) et Claire Villemant(2)
1. La subéraie de la Mamora
2. Les actions anthropiques
3. Les ennemis naturels (le Bombyx
disparate, Lymantria dispar ; la Fourmi du
liège, Cremastogaster scutellaris ; les
xylophages)
En guise de conclusion
Références
bibliographiques, références
entomologiques.
Figures : Cartes de la Mamora, Paysage
de la subéraie, Aspects d'une subéraie
anthropisée, Chenille du Bombyx disparate,
Galeries de xylophages,
Caméléon.
Illustrations complémentaires : un album de
vues de la Mamora
Vers la page Lymantria dispar
En dépit des régressions quelle a subies, la Mamora est la plus vaste des subéraies du Maroc (et du monde) et lune des plus méridionales (fig.1). Sa superficie de 55 000 ha environ est cependant laddition de massifs très découpés, voire morcelés, résultant daménagements entrepris depuis les années 1910 - époque à laquelle elle sétendait sur 130 000 ha. Marquant la frontière entre deux puissantes tribus, les Beni-Hssen et les Zemmours, elle nétait exploitée que sur les bordures ; le cur du massif, où sévissaient dit-on les bandits, nétait pas régulièrement pâturé et des incendies le parcouraient régulièrement, attisés par les hautes herbes sèches. Les parties les plus dégradées ont été depuis remplacées par des plantations darbres exotiques, Pins, Acacia à tanin et Eucalyptus. Les autres ont été recépées et aménagées.
Des layons et des pistes parcourent ce massif; le liège y est récolté; le bétail y paît régulièrement. La forêt a presque partout laspect dun parc planté de chênes-lièges dallure identique (peuplements équiennes). Leur frondaison présente deux particularités : , elle est toujours rasée par le bétail en dessous de 2 m - cest le « plafond des vaches » - et a très souvent un port en chandelier résultant de lémondage des branches latérales, destinées à lalimentation des troupeaux en période de disette. Quelques chênes ont cependant conservé une belle architecture de leurs branches charpentières : réputés fructifères, ils ont été épargnés.
Insistons sur le fait quil ny a strictement aucun jeune chêne qui pourrait constituer une strate sous arbustive ou arbustive. Le sous-bois, souvent très clairsemé, est constitué de Genêt, de Passerine, de Palmier nain, toutes plantes résistantes à la dent du bétail.
Fait exception à ce tableau la réserve royale dAïn Johra (ex-chasse résidentielle du maréchal Lyautey), à lest de la forêt, où le pâturage et lémondage sont effectivement interdits. En dépit de conditions plus arides, la subéraie sy présente avec des arbres de toutes tailles, certains très majestueux, aux branches redescendant à terre, et dominant une prairie de graminées bien fournie. Cette zone a par ailleurs toujours été épargnée par le principal défoliateur, le Bombyx disparate (voir chapitre 3).
Figure 1. Carte de situation de la Mamora (en
haut) et surfaces occupées par le Chêne-liège
(en bas).
Situation en 1990.
La subéraie est indiquée en pointillés ; le
périmètre de la forêt est marqué dun trait
épais.
Lastérisque marque lemplacement approcimatif de la
réserve royale dAïn Johra.
La forêt est parsemée détendues deau temporaires : les dayas sont de petites dépressions au fond argileux qui collectent les eaux de pluie tandis que les merjas sont des sortes détangs alimentés par la nappe phréatique.
Quelques données géographiques : la Mamora jouxte lOcéan atlantique à louest - dont elle demeure distante de 3 km au moins - et sétend vers lest sur environ 70 km. Son altitude est maximale à son extrémité sud-est (280 m). Globalement, elle se présente comme un plateau doucement incliné vers le nord-est, entaillé par 4 vallées doueds coulant vers le nord et délimitant les cantons. Les sols sont des sables, de profondeur variable, sur argiles ; ils reposent sur un substrat de marnes du Miocène ou de grès du Pliocène. Globalement, le climat est océanique à louest (étage sub-humide) avec des écarts de température modérés (notons quil ny gèle jamais) et souvent une forte hydrométrie (hors des périodes de chergui, vent du sud-est). Il tend vers le type continental à lest du massif (étage semi-aride), où la période sèche est plus longue.
Allure de la subéraie de la Mamora
(création graphique A.F.)
Dune année sur lautre, le climat est susceptible de variations considérables. Les années pluvieuses confèrent à la forêt une allure saine, très verte, avec un débourrement vigoureux des arbres. Les années sèches, en revanche, la Mamora reste grisâtre car les chênes-lièges conservent le feuillage de lannée précédente ; dayas et merjas sont à sec et beaucoup darbres meurent attaqués par les ravageurs de faiblesse, insectes et champignons (voir chapitre 3). Situé en bordure sud de laire naturelle du Chêne-liège, ce massif est évidemment menacé à terme par laridification générale de la région. Les données météorologiques, autrefois connues avec un certain détail grâce aux relevés thermiques et pluviométriques des postes forestiers, sont actuellement fort mal documentées et lon ne discutera pas ici en détail des effets des facteurs du climat sur lévolution des arbres, du sous-bois et de leur faune.
La forêt offre de multiples ressources directes, outre son rôle de « poumon vert » pour la conurbation de Rabat-Salé et la ville de Kénitra (presque 2 millions dhabitants). Pour lAdministration des Eaux et des Forêts qui gère cette forêt « domaniale », le principal fruit est le liège, pour la production duquel la subéraie à été mise en valeur et entretenue durant tout le XXe siècle. Il sagit dun matériau au cours fluctuant, à la qualité inconstante et dépréciée par la Fourmi du liège (les bouchons sont troués des galeries de linsecte) (voir en 3.). Les problèmes soulevés par les isolants tels que lamiante et la laine de roche vont peut-être favoriser de nouveau ce matériau naturel. La productivité de la Mamora est très faible par rapport à celle des subéraies portugaises(1) .
Les « riverains », habitants des villages en lisière du massif, récoltent les glands (doux, ils étaient autrefois très appréciés jusquà la cour dEspagne et la Mamora - la fructifère - tire, dit-on, son nom de cette production remarquable) et des champignons ; surtout ils y font pâturer bovins et ovins (et quelques caprins en cachette). Le bois de chêne-liège nest pas travaillé : il est destiné à la carbonisation (artisanale).
La chasse, la promenade (de la révision des examens - qui se pratique en marchant - au pique-nique dominical) et les activités de découverte de la nature amènent dautres gens dans certains endroits de la forêt.
Dernier emploi à signaler de cette subéraie : celui de réserve foncière. Après avoir été, jadis, un réservoir despaces à défricher donnés en récompense par le souverain, la Mamora a vu certaines de ses parcelles rasées pour aménager notamment des camps militaires, un institut des sports et, tout récemment, une autoroute entre Rabat et Kénitra(2) .
La forêt de la Mamora sest vue, depuis près dun siècle, amputée de près de deux tiers de sa superficie tandis que, dans les parties restantes, beaucoup de chênes-lièges périclitaient et que, pratiquement aucun sujet nouveau ne voyait le jour. Les causes de la disparition, qui apparaît inéluctable, de cet écosystème sont - si lon fait abstraction de laridification globale pour laquelle on ne dispose pas de données précises et fiables - en premier lieu dorigine anthropique, cest-à-dire quelles ressortissent aux actions de lhomme sur le peuplement végétal. Les attaques des insectes, pour spectaculaires quelles soient, sont accessoires et nous les décrirons ultérieurement (en 3.).
Mise en place au tout début du protectorat de la France sur le sultanat chérifien, lAdministration forestière a exploré la Mamora et dressé un constat de son état. Il en est résulté des opérations de mise en valeur dont la finalité était de sauver les peuplements et daméliorer leur production (de liège) quand cétait possible. Partout ailleurs, les chênes-lièges trop mal-venants ont été remplacés par des essences intéressantes pour le bois duvre, le tanin et la pâte à papier. Un réseau de routes, chemins, layons, postes forestiers, tours de guet, etc. apportent de bonnes conditions pour la surveillance et la lutte contre les incendies et pour les opérations de récolte de liège. Pour laisser aux riverains leurs ressources traditionnelles et aussi dans le but de limiter les risques dincendies, le pâturage était autorisé pour le troupeau familial - les parcelles fraîchement recépées étant mises en défens -, de même que le ramassage de bois gisant. Les glands étaient propriété des Eaux et Forêts, les meilleurs devant servir à la régénération.
Le tableau tel que nous lavons vu et étudié depuis les années 1970 est celui dune forêt gérée en principe selon ce schéma mais que laccroissement des populations riveraines et laugmentation de leurs besoins met dans un état de surexploitation manifeste. Si les plans de récolte du liège nont guère varié (intervalle dau moins 9 ans entre les déliègeages), le chargement en bétail, le prélèvement de rameaux feuillés, de bois et de glands ont considérablement augmenté, constituant autant de délits que les gardes forestiers ne peuvent contrôler.
Lexploitation par les herbivores domestiques du couvert végétal abondant poussant entre les chênes-lièges est une pratique tout à fait rationnelle : la grande faune sauvage a disparu depuis longtemps (3) . Une fois la menace des bandits écartée, le bétail sest répandu dans la forêt et les incendies ont perdu leur caractère régulier. Une certaine biomasse est disponible chaque année pour des herbivores, mais les effectifs et les temps de séjour exagérés du bétail (bovins surtout) entraînent directement ou indirectement une altération de ce capital (4) . Le prélèvement des feuilles accessibles modèle les arbres mais demeure une atteinte mineure en regard du broutage systématique de toute plantule de chêne-liège qui a survécu aux divers aléas de la reproduction de larbre. Les dégâts indirects, quant à eux, vont du piétinement, qui modifie la rhizosphère du Chêne-liège et son approvisionnement en eau lorsque le système racinaire est superficiel, jusquà la prédation des couvées de perdrix par les chiens accompagnant les troupeaux, en passant par lémondage pratiqué par les bergers pour la ramée.
Figure 2. Aspects d'une subéraie
anthropisée
a : Chêne-liège protégé (réserve
royale de chasse) ; b : « Plafond des vaches » ; c : Récolte
du liège ; d : Coupe en délit, souvent trop haut pour que l'arbre
rejette ; e : Emondage pour nourrir le bétail (ramée) puis
pour fournir du combustible ; f : Chandeliers et têtards (résultats
d'émondages) ; g : Mortalité par démasclage inopportun
; h : Gaulage violent des glands ; i : Ramassage systématique des
glands ; j : Broutage des glands et des espèces végétales
alibiles, y compris les éventuels jeunes chênes-lièges
; k : Piétinement par le bétail et tassement du sol par les
roues des véhicules.
Paru dans le Courrier de lenvironnement n°21, janvier
1994, p. 91, sous la signature de .Claire Villemant et Alain
Fraval
Les effets sont dautant plus dommageables que les troupeaux sont de plus en plus nombreux et quils se concentrent en forêt pendant la saison sèche. En fait, la moitié des bêtes sont des animaux de rente, propriété de citadins qui les donnent à garder à des riverains pour profiter dun pâturage à peu près gratuit, un moyen de faire fructifier des capitaux sans payer dimpôt.
Si lébranchage - nous lavons constaté avec une certaine surprise - a pu permettre à des arbres de surmonter une grave sécheresse en diminuant leur évaporation, cette « compensation » est insignifiante comparée à labsence totale de régénération garantie, que lannée soit bonne ou mauvaise, par la présence massive de bovins et dovins souvent affamés. La pression « sociale » rend rapidement les mesures de mise en défens (enclos) inopérantes, alors quelles sont les seules capables dassurer la survie de la forêt.
Les autres pratiques de prélèvement sont interdites en principe mais, dans le même souci de permettre aux riverains de subsister sur place, sont réprimées avec une certaine inconstance. Non seulement le ramassage mais aussi le gaulage (très violent et très mutilant) et la vente des glands le long des routes et sur les souks se font au grand jour. Localement, les arbres sont coupés, débités, transportés vers des fours et carbonisés... pour alimenter les fourneaux des villes voisines ; les souches, qui peuvent éventuellement rejeter et reformer un arbre, sont exploitées rapidement, faisant disparaître la trace du délit. Certains secteurs, aux arbres émondés, mutilés, épars... au sol fraîchement creusé, labouré de traces de roues... sont, selon lexpression heureuse de la francophonie locale, très « délinqués » (fig. 2).
La forêt a toujours représenté une assurance contre le manque de terre, le manque dherbe : une réserve de ressources mobilisable en cas de besoin par défrichement ou pâturage et une source constante de produits utiles : miel des abeilles sauvages, champignons, liège (pour la confection des ruches et de petit mobilier), bois (de chauffage), glands, etc. Lexploitation qui est faite par les riverains (ou sous leur nom) nest pas intentionnellement du type minier, ces gens essayant de ne pas détruire définitivement la forêt. Mais un peu loin de leur village, fâchés contre le « forestier » et poussés par la nécessité immédiate, ils se révèlent à loccasion des « consommateurs » de forêt sans scrupules.
Dautres « riverains » extraient discrètement de la forêt une ressource rare : les pompages pour lagriculture voisine et pour les villes environnantes sintensifient et font baisser les nappes (5). Cette ponction est encore accrue, au sein des limites du massif, par les plantations deucalyptus...
Et pour la petite histoire, ajoutons à ce tableau déjà noir les incendies, qui ne sont pas rares mais sétendent peu. Ils sont attribués traditionnellement aux cueilleurs de miel (une apiculture primitive qui se pratique encore un peu) et affectent gravement des arbres affaiblis par ailleurs.
Dautres acteurs, les forestiers, sont responsables de disparitions locales de chênes-lièges au sein de la Mamora. Les coupes à blanc-étoc sont la seule voie de régénération, car les arbres coupés rejettent en principe, mais la situation hydrique est telle dans certains secteurs, que la suppression de la canopée a provoqué la remontée de la nappe et conduit à la mort des souches par asphyxie et colonisation par les larves de Coléoptères sapro-xylophages (voir en 3.). De même des démasclages pratiqués en période de souffrance des arbres (sécheresse) ont favorisé lattaque des Coléoptères xylophages qui les ont tués. Le respect des plans de travaux préétablis, sans adaptation aux conditions du lieu et du temps, conduit à des catastrophes qui affectent des surfaces limitées mais où la disparition du chêne-liège est, jusquà preuve du contraire, irrémédiable.
Bien plus que ces suppressions involontaires de chênes-lièges, linstallation délibérée de bâtiments, terrains bitumés et surtout de voies de communication à large emprise et faisant barrage (autoroute) réduit quantitativement et qualitativement la Mamora. Chiffrable en centaines dhectares, la « reconversion » de terrains forestiers affecte le fonctionnement et réduit lintérêt de leurs abords (clôtures, zones labourées par les engins, bruit, pollution... )(6) .
On retiendra de ce tableau que la subéraie de la Mamora, n'enregistrant aucune « naissance » de jeunes chênes, voit et verra sa population darbres vieillir et diminuer inéluctablement. Sil est vrai que la production de glands est irrégulière (et annulée par les insectes défoliateurs - voir en 3.), que les ravageurs (champignons, insectes) et prédateurs (rongeurs, oiseaux, voire sangliers) des glands sont nombreux, Homo sapiens est de toute évidence le principal ennemi du chêne-liège : le prélèvement de glands quil fait pour sa consommation alimentaire ne laisse que de rares oubliés susceptibles de germer et aucune plantule néchappe à la dent de son abondant bétail.
Il existe cependant des solutions techniques (sylviculturales) pour produire de jeunes chênes en place ou en pépinière, fruits de patients et répétés travaux, et des moyens « militaires » de les protéger. De même, le respect de lintégrité territoriale de la forêt relève de la volonté politique.
Peu après linstallation des Services forestiers du Protectorat et la réduction de la fréquence des incendies, un phénomène frappa les observateurs : la défoliation, au printemps, de vastes surfaces par la chenille du Bombyx disparate, dont leffet fut comparé à celui des incendies. Il sembla aux experts de lépoque que ces attaques mettaient la Mamora en péril et lon accorda des moyens considérables à létude de linsecte et à la mise au point de procédés de lutte. Ces défoliations spectaculaires ont cependant perduré. Leur gravité a été réévaluée à la baisse et certains ravageurs sont apparus récemment dignes dintérêt : les xylophages en général.
Sanglier et Lérot croqueurs de glands, Bombyx disparate défoliateur, Grand Capricorne foreur du bois, Fourmi du liège et autres sont sans contexte des animaux sauvages, qui opèrent des prélèvements sur le chêne-liège; ils peuvent devenir nuisibles, mais sont-ils tout à fait naturels, selon la dénomination habituelle de cette catégorie dennemis ?
Nous verrons en décrivant succinctement leur bio-écologie, quils se manifestent en partie en fonction des modifications apportées par lhomme à lécosystème de la Mamora et quils profitent et participent souvent de et à son anthropisation.
3.1. Le Bombyx disparate
Cest le plus manifeste des insectes phyllophages en Mamora, et ce depuis la « pacification », comme on la évoqué ci-dessus. Cest un papillon parmi les plus célèbres : introduit aux États-Unis en 1872, il y est devenu, sétant échappé des cages délevage, le ravageur forestier n°1, sous le nom de Gypsy Moth et est désormais présent partout dans lHémisphère nord. Il est parmi les plus étudiés : « pour la science fondamentale et appliquée » dans les domaines de la régulation de la mue, de la vision larvaire, des phéromones, des maladies dinsectes, des insecticides, etc. et « pour lui-même » pour la dynamique de ses populations, sa polyplagie et son polymorphisme, entre autres.
En Mamora, contrairement à dautres subéraies voisines plus petites, les pullulations du Bombyx disparate sont cycliques. Elles se manifestent, au moi de juin, par des défoliations complètes qui sétendent parfois sur plus de 20 000 ha. Au va-et-vient incessant dune foule de chenilles (jusquà 30 000 par arbre) tombant des extrémités des rameaux et regrimpant sans cesse, à la pluie très audible de leurs crottes, succède une forêt sans vie avec des arbres absolument dénudés, au pied cerclé dun tas de cadavres de chenilles. Cette désolation dure peu; 3 semaines plus tard, les arbres débourrent de nouveau en un faux printemps.
En dehors de ces périodes de défoliation totale, lespèce signale sa présence par ses pontes bien visibles, plaques ovales clair, de quelques cm de grand diamètre, accolées au liège. Les chenilles très velues sont caractérisées par des taches de couleur (une étoile crème, des verrues bleues et dautres rouges) sur un fond beige marbré de taches foncées variables mais symétriques. La chrysalide dun brun roux satiné, est à peu près glabre. Elle est accrochée aux aspérités du liège dans un filet de soie très lâche. La femelle est beaucoup plus grosse que le mâle. Le dimorphisme sexuel est considérable chez les imagos (doù le nom de lespèce). Le papillon mâle, aux antennes bipectinées, est brun, svelte, bon voilier. La femelle, blanche, avec un gros abdomen, ne vole pas.
Le cycle biologique de linsecte est très simple : une seule génération par an. Lindividu passe la majeure partie de sa vie (de juillet à mars) dans loeuf sous forme de larve formée, en arrêt de développement. Seul les chenilles, dont la croissance prend environ 2 mois, salimentent. Très voraces, elles se portent sur les jeunes feuilles du chêne-liège (dont le débourrement se fait ordinairement au printemps en même temps que tombent les feuilles « anciennes », de lannée précédente). A défaut, elles attaquent une grande variété dautres végétaux du voisinage et, simultanément, le feuillage ancien du chêne-liège. Cette alimentation alternative succédant à une période de jeûne est très défavorable aux individus dont beaucoup meurent et dont les survivants sont peu féconds et leurs descendants chétifs. En labsence de maladies à virus (cas tout à fait particulier du Maroc occidental), cette mauvaise alimentation est à la base du mécanisme darrêt des pullulations après 1 à 3 années dattaque. Ses effets sont garantis par la réaction du chêne-liège qui ne débourre pas lannée suivant sa défoliation de sorte que les chenilles sont privées de feuillage favorable dès leur éclosion, ce qui parachève le déclin de la population. Il sagit là dun mécanisme original, bien établi, mais qui nintervient pas partout et pas toujours. Les insectes antagonistes du Bombyx disparate, particulièrement ceux qui parasitent sa chenille, sont parfois capables de maîtriser ses pullulations. Parmi eux, le parasite des ufs, Ooencyrtus kuwanae, originaire du Japon comme le Bombyx disparate, a été introduit en Mamora dans les années 20 comme agent de lutte biologique. Fort bien acclimaté, très abondant partout chaque année, il na toutefois pas deffet notable sur les pullulations.
Jeune chenille du Bombyx disparate
dessin C.V.
Comme lattestent les cartes dressées chaque année depuis le début du XXe siècle, les pullulations ont conservé leur dynamique typée : partant de foyers situés dans les angles du massif, proches de Rabat ou de Kénitra, elles se développent et se répandent vers lest en une vague quon a comparée à un incendie, né dun foyer, épuisant lendroit où il est passé et séteignant doucement... Lévocation de lincendie nest pas quune image : autrefois très parcourue par le feu, à lépoque où les herbes nétaient pas pâturées, la Mamora le serait maintenant par les attaques des chenilles qui auparavant ne se manifestaient pas et étaient en tout cas tuées par le feu. Le Chêne-liège supporterait leurs attaques pourtant massives grâce au mécanisme qui, en plus de sa protection liégeuse, lui permet de repartir après avoir été brûlé : sa capacité à supporter une (voire plusieurs) défoliation totale.
Les « foyers » doù partent les invasions du défoliateur sont les zones les plus anthropisées de la forêt. Les arbres de ces lieux, maltraités de diverses façons, auraient la propriété doffrir du feuillage particulièrement favorable à linsecte, lui permettant de multiplier très vite ses effectifs à partir de quelques individus, trop peu nombreux pour être repérés. Nous soupçonnons une influence forte de la qualité du feuillage sur les performances de reproduction des insectes qui sen nourrissent. Les arbres affaiblis leur seraient favorables tandis que les arbres en pleine vigueur les réprimeraient et souffriraient moins par conséquent de leur attaque.
Tout laisse penser que les chênes-lièges, dun lieu à lautre, dune année sur lautre, développent un feuillage de qualité nutritive variable, ceci sous leffet indirect du climat général modulé par les conditions locales. Ainsi, les autres espèces défoliatrices (Orgyie, Tenthrède, Catocale, Tordeuse verte, Charançons et Chrysomèles) sont en général présentes quoiquen en effectifs plus faibles, les années où le Bombyx disparate est en effectifs forts.
Les moyens ont fait défaut pour étudier cette relation - qui semble assez générale chez beaucoup darbres forestiers -, laccent ayant été mis sur la dynamique des populations et surtout sur ses applications à la surveillance et à la lutte. Sil ne tue pas directement les arbres, le Bombyx disparate les affaiblit et réduit (un peu) la production de liège et annule celle (éventuelle) de glands. Sa présence est de plus gênante et inesthétique, sans être de quelque façon dangereuse. La nuisibilité potentielle de ce ravageur justifie donc une surveillance (comptages et pronostics sur son évolution démographique) et des traitements. Ceux-ci ne sont appliqués, pour diverses raisons, que sur des surfaces faibles et, dans un légitime souci de préservation de lécosystème, mettent en uvre des matières actives sélectives et sans effets secondaires négatifs (préparation à base de la bactérie entomopathogène Bacillus thuringiensis ou diflubenzuron, substance qui perturbe la mue des larves dinsectes).
3.2. La Fourmi du liège
Insecte méditerranéen banal, cette fourmi noire et rouge creuse ses nids à partir dune blessure de lécorce du chêne-liège. Il en résulte un système complexe de galeries, hébergeant plus de 5 000 individus, qui sétend parfois sur plusieurs mètres et nest repérable de lextérieur que par de petits trous de 2 mm de diamètre. Par beau temps, on remarque bien mieux les colonnes de fourmis affairées qui se dirigent vers des sources de nourriture tant dans la frondaison de larbre quau sein de buissons voisins. Cette fourmi exploite les pucerons et plus rarement des cochenilles, dont elle recueille le miellat, excrément liquide sucré ; elle se nourrit également de petits insectes vivants ou morts. La colonie ne comporte quune seule reine. Il peut y avoir des nids annexes sans reine, formés par bouturage. Lessaimage des sexués se fait juste avant lhiver; la ponte débute en mars et les premières ouvrières apparaissent en juin. Lactivité de la fourmilière, quoique ralentie en hiver, se maintient tout au long de lannée.
Passionnante à observer, cette fourmi est redoutée des ouvriers liégeurs, quelle mord vigoureusement quoique sans conséquences ; elle est surtout un facteur majeur de dépréciation du liège, empêchant la fabrication de bouchons. Sattaquant à un tissu mort, elle naffecte en rien la santé des arbres mais son omniprésence pourrait décourager certains des défenseurs de la Mamora, ceux qui la considèrent comme une précieuse source de liège... Nos observations ont montré que la fourmi sattaquait essentiellement au liège de mauvaise qualité des arbres en mauvais état : tout effort sylvicole pour lamélioration du liège serait bon pour la forêt et diminuerait limpact de cet insecte...
3.3. Les xylophages
Ce sont des insectes qui se nourrissent du bois, en y creusant des galeries dont la présence entraîne des ruptures de branches et des bris du tronc sous leffet du vent mais aussi, en interrompant la circulation de la sève, provoquent la mort de la partie distale du sujet attaqué.
Les entomologistes forestiers distinguent depuis longtemps les xylophages primaires, capables de sattaquer à un arbre sain et dy vivre, des xylophages secondaires qui sont attirés par des arbres dépérissants et ne peuvent se développer que dans de tels sujets et des saproxylophages qui se nourrissent de bois mort, pourri ou moisi. Le classement de telle espèce dans telle catégorie est parfois sujet à problèmes, du fait notamment de la difficulté à définir si un arbre est réellement en bonne santé, du caractère éphémère de son état et des réactions différentes quil peut manifester en fonction du nombre dindividus lattaquant en même temps, etc. Et si xylophage veut dire « qui se nourrit de bois », de nombreux « xylophages » salimentent en fait aux dépens de champignons particuliers, quils ont introduits dans larbre et qui digèrent le bois pour leur compte.
Les questions de primarité des xylophages sont importantes. Ces ravageurs, sils ne sont pas des primaires vrais; agissent peu ou prou en fonction de létat de la forêt, quils perturbent eux-mêmes plus ou moins. Ils sont à la fois un indicateur des conditions écologiques et une sanction pour une mauvaise sylviculture... En Mamora, trois espèces dinsectes xylophages sattaquent aux parties vivantes du chêne-liège sur pied et apparemment vigoureux. Nous décrirons le Grand Capricorne, le Platype cylindrique et le Gâte-bois avant de citer brièvement lensemble des « secondaires vrais » et des saproxylophages.
Le Grand Capricorne
Cest un beau et grand (5 cm) Coléoptère, brun foncé, que lon peut apercevoir posé sur le liège, les soirs dété, et même entendre striduler. Les mâles, aux antennes dépassant le corps, se livrent à des combats territoriaux. On ne sait pas pourquoi ils stridulent ni exactement ce que mangent les adultes (pollen, exsudats sucrés ?). De luf pondu dans une fissure du liège éclôt une larve qui senfonce en creusant une galerie de section ovale ou réniforme, dont le diamètre croît au fur à mesure de son développement. La larve âgée est grosse et longue comme un (gros) doigt. La galerie, qui sest enfoncée loin dans le liber et où sest accumulée la vermoulure, se termine par une logette nymphale, doù sortira le futur adulte. Le développement dure de 2 à 3 ans.
Lattaque affecte des arbres de toutes conditions ; elle nentraîne pas fatalement la mort de larbre. De vieux et beaux chênes portent des cicatrices danciennes galeries. Mais les galeries, creusées dans les troncs et dans les branches maîtresses, sont souvent à lorigine de cassures lors de tempêtes; elles sont en tous cas des portes dentrée pour des antagonistes secondaires, insectes et surtout champignons, comme le très dangereux Hypoxylon mediterraneum. Le Grand Capricorne est un insecte indubitablement dommageable au Chêne-liège dans les conditions de la Mamora - et très généralement en milieu méditerranéen.
En Europe du Nord, ce très bel animal est considéré comme une rareté : de ce fait il est sur la liste des espèces protégées et aucune opération de lutte ne peut être envisagée...
Le Platype cylindrique
Ce petit Coléoptère (7 à 8 mm de long) est bien connu des forestiers comme lagent de la « piqûre noire », nom donné en référence aux traces de son attaque. Sur la section du tronc apparaît en effet tout un réseau de galeries de section circulaire revêtues intérieurement dun feutrage noir. Sur le tronc en place, laction du xylophage se traduit par des trous circulaires (denviron 2 mm de diamètre) doù sécoule une très fine sciure blanche. Les galeries sont dabord creusées par la femelle - le mâle déblayant et nettoyant - puis par les larves de sa descendance. Celles-ci se nourrissent grâce à un champignon « Ambrosia » (qui est en loccurrence le vrai xylophage) apporté par la femelle et qui donne leur couleur noire caractéristique aux galeries.
Galeries du Grand capricorne (à droite) et du Platype cylindrique
(à gauche)
dessins C.V.
Le Platype est tantôt primaire, tuant en moins dune saison un arbre sain, tantôt secondaire et sinstallant sur des arbres franchement dépérissants, voire sur les parties mortes du tronc.
Les attaques du Platype sont devenues fréquentes depuis une décennie environ, en Mamora comme au Portugal ou en Espagne, et lon est à la recherche dagents biologiques pour limiter ses dégâts.
Le Gâte-Bois
Le papillon, grand et grisâtre, est banal tandis que la chenille ne passe pas inaperçue : par sa taille (de 10 à 12 cm de long), par sa couleur carmin et par son odeur violente de vinasse. Le développement dure 2 à 3 ans.
Le Gâte-Bois (ou Cossus), bien connu comme ravageur des arbres fruitiers, est plutôt considéré comme un xylophage secondaire mais, en Mamora, nous lavons vu sinstaller en nombre dans des sujets vigoureux et les tuer rapidement. Ses galeries de section elliptique suivent fréquemment la vermoulure tassée dans danciennes galeries du Grand Capricorne. Elles sont souvent annulaires, tendance qui rend lattaque fatale par interruption des vaisseaux. Plusieurs dizaines de chenilles se retrouvent au même endroit, vivant dans le milieu quasi aquatique engendré par lécoulement de sève.
Les attaques sont éparses et relativement rares. Un bon moyen de tuer les chenilles du Gâte-Bois est de ramoner les jeunes galeries avec un fil de fer. A moins quon ne préfère - sans abîmer larbre, cest plus délicat - les prélever pour les cuisiner. Ce que faisaient, parait-il, les Romains, très friands de cossus.
Les autres xylophages sont des spécialistes avérés des arbres dépérissants, dont ils précipitent le déclin. Ce sont principalement des Coléoptères Cérambycidés, Scolytidés, Buprestidés, Anobiidés, Lyctidés, Scarabéidés, Lucanidés, etc. On en connaît une trentaine despèces, dont les murs vont de lexploitation des arbres fraîchement démasclés (la Couleuvre, qui creuse lécorce régénérée) à celle des souches inondées puis colonisées par des champignons (vers blancs de Scarabéidés dont la sanction, infligée aux forestiers auteurs dune coupe intempestive, a été évoquée plus haut). Le Termite à cou jaune (Isoptères) demeure plutôt une curiosité ; il colonise parfois le bois pourri du Chêne-liège, juste à proximité dune zone saine dont il gêne la production de liège.
Le caméléon
que lon aperçoit encore de temps à autre en Mamora
sur le liège...
dessin C.V.
La Mamora a de nombreux ennemis, dont beau-coup se favorisent les uns les autres et précipi-tent la dégradation de cet écosystème unique. Si nous mettons à part le climat et nos faibles moyens de renverser le cours de son évolution actuelle vers une aridification, nous pouvons tenter de classer les antagonistes sur lesquels on peut encore avoir prise.
En premier nous placerons évidement ce qui soppose à la régénération de lessence unique qui constitue cette forêt, le Chêne-liège. Le sur-pâturage garantit en tous cas le non-renouvelle-ment des arbres. Ses effets se font sentir petit à petit. Les souches pouvant rejeter en principe jusquà lâge de 250 ou 300 ans on peut avoir recours au recépage encore une fois, peut-être deux, dans certaines parcelles. Dans bien des endroits, il sera impossible de planter dautres essences - et encore moins de mettre en culture - et une sorte de morne lande prendra place.
En second, nous mettrons la surexploitation sous tous ses aspects. Pour tenter de répondre à des besoins immédiats (bois de chauffage, revenus complémentaires, terrain, voies de communication) on puise dans ce qui est considéré, selon une tradition qui se maintient trop bien, comme une réserve neutre, à personne et à tout le monde, vaste et vaguement inquiétante... Et ce, au mépris du respect de biens dont les générations futures, très nombreuses au Maroc, pourraient avoir besoin.
Soumise depuis Lyautey à un régime bien particulier, la réserve royale de chasse (où on ne chasse pratiquement pas, dailleurs) est là pour témoigner de ce que pourrait être une Mamora moins agressée : pas de troupeaux, pas de pompages, pas dordures, pas darbres abîmés, pas de forestiers (à ce quon a pu savoir) et... pas de Bombyx disparate ainsi quune espérance de vie, normale, cest-à-dire illimitée à notre échelle. Ce témoignage est renforcé par celui offert, en Italie, par la forêt de Tenuta di Castel Porziano, domaine du Président, fermé au public depuis 200 ans et indemne lui aussi des attaques du Bombyx disparate.
La reconversion des usagers actuels, gardiens de troupeaux et autres charbonniers, nest pas une mince affaire mais les « richesses » tirées ainsi actuellement de la forêt sont en fait très limitées. Le développement des zones rurales environnantes et des villes voisines pourrait à court terme rendre inintéressant le métier de berger... Et, dans le cadre dune opération de sauvegarde, il ne serait ni nécessaire, ni utile, de « geler » toute la forêt. Le maintien dune activité pastorale faible, nexcédant pas les ressources renouvelables du milieu et exclue des parcelles où poussent les jeunes chênes-liège serait sans doute favorable à la prévention des incendies et au maintien du paysage. Lallure actuelle de cette forêt est le résultat dune anthropisation poussée ; elle nen est pas moins prisée (comme lest lallure dun paysage agricole) et cest sous cette forme (sans les abus) quon souhaite la conserver.
Qui peut exaucer ce souhait ? Les plans daménagement pluri-annuels, menés par lAdministration forestière, ont surtout « fait de la sylviculture » et ont montré leurs limites. Les autorités territoriales locales (« communes rurales » riveraines) sont appelées à se soucier de leur patrimoine. Une loi leur attribue les recettes forestières et leur enjoint den consacrer 20% à des opérations sylvopastorales. Il en résulte en fait une pression accrue sur la forêt pour financer divers équipements (dont des espaces verts...) alors quune très faible part de la recette « revient » à lespace sylvopastoral. Plusieurs entités administratives de rang supérieur se partagent le territoire de la Mamora, ce qui ne simplifie pas la mise en place dun programme cohérent. Peut-on tabler sur une gestion « participative » ou doit-on mettre la Mamora sous une autorité puissante et unique, voire sous une tutelle internationale ? Certains prônent son classement en tant que réserve de la biosphère. Les appels au public se multiplient et des réalisations concrètes voient le jour (7) qui oeuvrent à faire comprendre aux jeunes (les décideurs de demain) limportance de lenjeu.
Mais tout le monde est convaincu de disposer avec la Mamora dun
trésor, non pas tant en stères de liège, en têtes
de bétail ou en hectares « inoccupés », quen
air épuré, en eau potable, en érosion bloquée,
en urbanisation limitée, en paysages ombragés, en sentiers
et en aires de détente. Tout le monde saccorde également
sur la nature des problèmes et sur celle des solutions : réduire
la pression humaine. Tant quune volonté politique claire ne
se sera pas clairement manifestée, la Mamora, restera (pas longtemps...)
un écosystème fossile et un modèle de forêt non
durable.
Illustrations complémentaires : un album de vues de la Mamora.
[R] Orientation bibliographique
Historique :
LÉPINEY J. DE, 1927. Les insectes nuisibles du Chêne-liège dans la forêt de la Mamora (Maroc). Ann. Epiphyt., Paris, 13, 145-174.
LÉPINEY J.DE, MIMEUR J.M., 1932. Notes dentomologie agricole et forestière du Maroc. Mém. Soc. Sci. Nat. Maroc, 31, 195 pp.
BOUDY P., 1958. Economie forestière nord-africaine. 3. Description forestière du Maroc. Larose, Paris, 363 pp.
METRO A., 1958. Forêts. Atlas du Maroc. Inst. nat. chérif., Rabat, 157 pp.
Contemporain :
FAY G., ZITAN A., 1979. Forêt et vie pastorale : un nouveau type daménagement dans la partie nord-ouest de la Mamora. Rev. Géogr. Maroc, ns 3, 5-22.
FRAVAL A. (dir.)., 1989. Lymantria dispar. Coll. Doc. Sci. Techn., Actes Editions, Rabat, 220 pp. + ill.
CHLIEH G., FRAVAL A., NADORI J., VILLEMANT C., 1990. A la découverte de la forêt de la Mamora. Coll. Doc. Sci. Techn., Actes Editions, Rabat, 220 pp. + ill. [guide naturaliste].
VILLEMANT C., FRAVAL A. (dir.), 1991. La faune du chêne-liège. Coll. Doc. Sci. Techn., Actes Editions, Rabat, 336 pp
[avec les chapitres suivants : Présentation du Chêne-liège et de la subéraie (par A. Bouchafra et A. Fraval), Insectes et Acariens phyllophages du Chêne-liège (C. Villemant et A. Fraval), Faune du liège et des crevasses (C. Villemant, M. Bounfour, S. Benhalima et I.N. Ould Bouraya, Insectes xylophages (M. Chadigan, A. Fraval, H. Ramz et C. Villemant), Faune de la litière (S. Benhalima, C. Villemant, M. Bounfour et A. Mint Jiddou), Oiseaux des forêts de Chêne-liège du Maroc (M. Thévenot), Amphibiens, reptiles et mammifères des subéraies (J. Bons et M. Thévenot) Abeilles et animaux domestiques (A. Fraval et A. Lomri), La zoocénose de Quercus suber (M. Lamotte, C. Villemant et A. Fraval).]
A paraître :
La forêt de la Mamora, actes des rencontres du CERASE, Rabat (Maroc), 19-21 décembre 1996.
[Claire Villemant et Dominique Titolet ont livré un compte rendu de ce séminaire, organisé par le Centre détudes et de recherches appliquées aux sciences de leau et de lenvironnement (CERASE) pour faire le point sur lactualité de la Mamora dans le Courrier de lenvironnement n°30, avril 1997, pp. 83-86.]
Actes Editions, BP 6202, Rabat-Instituts (Maroc),
tél. : +212 7 / 77 58 38 ; fax : +212 7/77 43 51 ;
ettalibi@syfed-ma.ma.refer.org
CERASE, c/o Dominique Titolet
70, rue Abou Derr, Agdal, 10000 Rabat (Maroc).
| Nom commun(et synonymes) | Nom scientifique | Ordre | Famille |
| Bombyx disparate(Spongieuse, Laroka) | Lymantria dispar L.(= Porthetria dispar) | Lépidoptère | Lymantriidae |
| Ooencyrtus kuwanae (Howard) | Hyménoptère | Encyrtidae | |
| Orgyie | Orgyia trigotephras anceps (Oberthur) | Lépidoptère | Lymantriidae |
| Catocale | Catocala nymphagoga Esper | Lépidoptère | Noctuiidae |
| Tordeuse verte | Tortrix viridana (L.) | Lépidoptère | Trotricidae |
| Tenthrède | Perriclista andrei Konow | Hyménoptère | Tenthedinidae |
| Grand Capricorne | Cerambyx cerdo mirbeckii Lucas | Coléoptère | Cerambycidae |
| Platype cylindrique | Platypus cylindrus (F.) | Coléoptère | Platypodidae |
| Gâte-Bois | Cossus cossus (L.) | Lépidoptère | Cossidae |
| Couleuvre | Coroebus undatus (F.) | Coléoptère | Buprestidae |
| Fourmi du liège | Crematogaster scutellaris (Oliver) | Hyménoptère | Formicidae |
| Termite à cou jaune | Calotermes flavicollis (F.) | Isoptères | Calotermitidae |
Notes
(1) Les montados sont des systèmes agroforestiers complexes où le chêne-liège domine des cultures de céréales ou de fourrage. Larbre y souffre de surexploitation directes, son liège étant enlevé trop fréquemment et sur une trop grande hauteur. [Vu]
(2) Il y eut même, dans les années 70, un projet de centrale nucléaire, à Bled Dendoum. [Vu]
(3) Les derniers éléphants, qui se répandaient dans les jardins de Salé, ont été signalés dans la littérature par Pline lAncien (Ier siècle). Lanecdote est reprise immanquablement mais la Mamora existait-elle à cette époque ? Des données paléobotaniques très récemment étudiées laissent penser que la subéraie sest installée là quelques siècles plus tard. [Vu]
(4) La Mamora produit environ 24 millions dunités fourragères par an. La charge pastorale est de 6,4 unités petit bétail (UPB) par an alors que la charge déquilibre est de 1,5 UPB. [Vu]
(5) La nappe de la Mamora a baissé en moyenne de plus de 10 cm par an durant les 35 dernières années. [Vu]
(6) Lautoroute Rabat-Kénitra a ainsi anéanti quelque 500 ha de Mamora et enclavé une portion de subéraie proche de Kénitra, qui deviendra sous peu une zone urbaine. [Vu]
(7) Comme le Centre national déducation environnementale, installé en lisière de la Mamora, au bord de la merja de Sidi Bou Rhaba, classée zone humide dimportance internationale (Ramsar). [Vu]
[R]
Illustrations complémentaires : un album de
vues de la Mamora.