Vers les Dossiers de l'environnement
Vers le sommaire.
La conférence des Nations unies sur lenvironnement et le
développement et la forêt (C. Barthod)
La place de la forêt dans les débats de la CNUED, analysée
depuis sa préparation jusquà ses conclusions, ainsi que
les positions des États et des ONG sur ce thème.
Arbres du littoral, arbres en péril ? (L. Stammiti, J.-P.
Garrec)
Sur le littoral, milieu aux conditions écologiques contraignantes
que seules certaines espèces végétales peuvent
tolérer, on observe un dépérissement des arbres, en
Atlantique comme en Méditerranée, dont les causes sont
attribuées à des phénomènes naturels (climat,
maladies, conditions pédologiques, etc.), ainsi quà la
pollution croissante des milieux côtiers.
Les forêts : développement ou conservation durable ? (P.
Blandin)
La seconde conférence ministérielle pour la protection des
forêts en Europe (Helsinki, 1993) prône la mise en uvre
dune gestion durable des systèmes forestiers associée
à la conservation de leur biodiversité. P. Blandin, en revenant
sur la signification précise du terme de biodiversité, montre
que concilier gestion durable et conservation est une tâche délicate
et que les réserves forestières restent le meilleur moyen
datteindre lobjectif de la conservation durable.
Impacts paysagers de la populiculture (S. Le Floch)
Les peupliers plantés sont très souvent mal vus ; la peupleraie
est jugée laide, accusée de fermer la vallée, de banaliser
le paysage ... Enquête faite, le peuplier peut être rejeté
par certains comme symbole de l'anti-nature à cause de sa disposition
régulière sur un sol « propre », et apprécié
par d'autres, pour les mêmes raisons. Tel qui n'aime pas les peupleraies
appréciera celle qu'il a sous les yeux.... Écrin discontinu
autour d'un marais, l'arbre fait merveille. Et ce que l'aménagiste
considère comme une tache dans la vallée est bien souvent
perçu comme agréable par les habitants pour qui ce lieu n'est
d'ailleurs pas une vallée... En fait, le peuplier est à examiner
chaque fois dans son contexte local, sans idée préconçue,
à l'écoute des gens du lieu.
Pour une gestion écologique des forêts européennes
(D. Carbiener)
Les forêts naturelles sont des forêts diversifiées,
adaptées aux perturbations ; l'homme, depuis le Néolithique,
les a profondément modifiées en les défrichant et en
exploitant le bois. Au XIXe siècle, le bois de feu a perdu son
intérêt au profit du bois duvre : la futaie
régulière est devenue le mode de gestion dominant. Par ailleurs,
les surfaces boisées ont nettement augmenté. Mais la qualité
écologique (biodiversité, paysage, etc.) de la forêt
actuelle est pour le moins contrastée. Pour l'améliorer, il
convient de s'appuyer sur l'écologie forestière et d'observer
ce qui se passe dans les forêts naturelles. Il faut donc reconstituer
en Europe des forêts vierges, éléments de patrimoine
et outils de recherche.
Le peuplier et l'eau, ou l'une des figures de la nature populaire (S.
Le Floch, N. Eizner)
La nature est vue le plus souvent à travers des schémas culturels
" savants " hérités des peintres et des philosophes. En marge
de cette perception générale, une enquête a permis de
connaître celle des gens qui fréquentent l'ombre des peupliers
autour des marais de la Sensée (Pas-de-Calais), qui y passent de bons
moments et en « améliorent » le paysage à coup de
« mobilhomes » et de cabanes. Une nature humble qui est très
marquée par les arbres et l'eau et qui est à la fois opposée
à la ville et son complément.
Prise en compte des cycles sylvigénétiques naturels pour
une gestion conservatoire des forêts tempérées.
Lexemple des Basses Vosges gréseuses (A. Schnitzler)
Une gestion durable des forêts et la conservation de leur diversité
biologique - de leur « naturalité » plutôt - passent
par deux actions complémentaires : la re-création de réserves
intégrales de surface compatible avec le maintien de toutes les
espèces inféodées à l'écosystème
forestier et la définition de critères de sylviculture aussi
proches que possible de modèles sylvigénétiques naturels
pour toutes les forêts gérées. Les forêts des Vosges
du Nord, artificialisées, ont vu séteindre le Grand
Tétras et la Gélinotte. Il faut leur appliquer sans tarder
une gestion conservatoire, sur la base de létude de
lévolution du milieu suite à des perturbations naturelles.
Et en respectant le paysage, en favorisant les essences autochtones, en laissant
vieillir les arbres, en maintenant du bois mort et en réprimant le
grand gibier herbivore.
Les forêts alluviales des bords de Loire (H.
Chevallier)
La plupart des forêts des bords de la Loire et de lAllier ont
perdu leur caractère alluvial en raison des aménagements qui
ont rompu leur lien avec leau. On peut les répartir en trois
catégories, selon des gradients croissants de sécheresse et
de « déconnexion vis-à-vis de lhydrosystème
» : un pôle « alluvial », un pôle « en sursis
», et un pôle « déconnecté ». Les plans
daménagement doivent tenir compte des spécificités
de chacun des boisements.
La phase hétérotrophe du cycle sylvigénétique
(J. André)
La régénération naturelle dune forêt est
rendue possible par laction minéralisatrice dorganismes
hétérotrophes comme les lombrics ou les champignons de la
pourriture blanche. Dans le cas des forêts dépicéa,
le compartiment biologique hypogé est caractérisé par
une activité cyclique dont le maximum est atteint lors de la phase
de sénescence de la sylvigenèse. A ce point culminant de
lhétérotrophie succède le retour brutal de
lautotrophie. Supprimée par la gestion forestière actuelle,
cette partie du cycle sylvigénétique pourrait être
rétablie par des pratiques simples et encouragée par des recherches
sur les milieux à forte activité hétérotrophe.
Peindre la forêt (R. Larrère)
Les peintres du Moyen Âge étaient partagés entre deux
images antinomiques de la forêt : un lieu maléfique et
mystérieux, ou un refuge, où lon se révèle
à soi-même et à Dieu. Puis, jusquau XIXe siècle,
la forêt est pratiquement absente des uvres picturales : la
période classique dépeint plutôt des campagnes boisées
que les sombres frondaisons des sous-bois, et les peintres des Lumières
nosent pas franchir les lisières. Les raisons de cette éclipse
sont à chercher aussi bien dans les perceptions de la forêt
au cours des siècles, que dans les techniques de représentation
picturale.
Des cités de la forêt (M. Schlaifer)
Dans les conflits de gestion forestière, les différentes parties
concernées présentent des arguments correspondant à
leurs intérêts divergents. Il est possible de théoriser
ces attitudes en établissant une typologie des représentations
de la forêt. On voit ainsi apparaître six « cités
», qui recoupent les différentes fonctions attribuées
aux boisements : la « forêt de renom », la « forêt
domestique », la « forêt industrielle », etc.
Lanalyse des « jeux » - complémentarité, antinomie,
exclusion - qui sétablissent entre ces « cités »,
savère alors être un outil de résolution des conflits
forestiers.
Penser la forêt avec la nature et les citoyens (Ph.
Pointereau)
France Nature Environnement définit, par la voix de son directeur
Philippe Pointereau, les objectifs que doivent se fixer les gestionnaires
de la forêt de demain : développer une sylviculture fondée
sur le fonctionnement de lécosystème forestier, créer
un réseau despaces protégés, faciliter
laccès à la connaissance de la forêt, revaloriser
les richesses non monétaires de la forêt, reconsidérer
létroite relation entre les eaux et la forêt, mieux
intégrer la forêt et les forestiers dans les économies
locales, développer les usages nobles du bois tout en recyclant et
en économisant, écocertifier les produits à base de
bois, et enfin construire un partenariat forestier.
La Mamora et ses ennemis (A. Fraval, C. Villemant)
La plus grande forêt de Chêne-liège du monde est non seulement
grignotée mais condamnée si, comme cela se passe actuellement,
aucun arbre nest renouvelé. Deux groupes dennemis
sopposent à la régénération : lhomme
et ses troupeaux dune part, les insectes défoliateurs et xylophages
dautre part. Cette subéraie marocaine ne doit pas rester le
modèle de la forêt non durable quelle est !
Forêts, sciences et sociétés (Y. Birot)
La forêt est au centre de débats complexes et fait lobjet
de demandes multiples souvent contradictoires. Les valeurs écologiques
ne doivent pas occulter les autres rôles de la forêt, ni imposer
un mode de gestion qui peut avoir des conséquences environnementales
et économiques néfastes. Il sagit avant tout de savoir
quelles forêts nous voulons pour lavenir. La science peut, par
les connaissances quelle apporte, aider à clarifier les
débats, et à définir les modes de gestion raisonnés
des forêts de demain.
La gestion forestière peut-elle saccommoder dobjectifs
multiples ? (G. Touzet)
« La gestion forestière peut parfaitement saccommoder
dobjectifs multiples. Encore faut-il que ces objectifs soient définis
en termes clairs, précis, dépourvus dambiguïté.
Encore faut-il que les donneurs dordre soient, dans chaque massif,
réellement représentatifs, capables dexprimer valablement
les besoins réels de la société. Encore faut-il que
les services immatériels demandés à la forêt soient
rémunérés à un juste prix. ».
Rôle fonctionnel et utilisation de la diversité biologique
en forêt (M. Arbez)
Il appartient à la recherche de préciser la notion de
biodiversité en termes de processus biologiques et relations
fonctionnelles entre les êtres vivants. Ce faisant, elle aidera à
un meilleur usage des ressources génétiques forestières
dans la gestion des boisements.