mesures agri-environnementales et conservation des pelouses
sèches : premier bilan en Seine-Maritime
Introduction
1. La Seine-Maritime, un département riche en pelouses
sèches
2. Opérations locales et conservation des pelouses
sèches
3. Caractéristiques des mesures
agri-environnementales
4. Méthodologie d'enquête et premiers
résultats
5. Vers une intégration des objectifs de
conservation dans les systèmes
d'exploitation
En conclusion
Le contenu de cet article a été exposé en partie au Forum des gestionnaires " La gestion des milieux herbacées : une exigence croissante pour la protection de la nature ", réuni au ministère de l'Environnement à Paris, le 31 mars 1995.
Dans le Nord-Ouest de la France, les pelouses sèches sont des formations
végétales herbacées agronomiquement pauvres qui occupent
principalement des substrats calcaires. Ces milieux semi-naturels sont
également caractérisés par un climat local avec une
période sèche plus ou moins longue. Exploitées depuis
le néolithique pour l'élevage (ovin, bovin) et les cultures
(céréales, vignes), les pelouses sèches sont
abandonnées par l'agriculture depuis les années 1950. En l'absence
d'exploitation, elles s'enfrichent, avec à terme une disparition des
espèces méridionales inféodées aux situations
ensoleillées. En conséquence, ces milieux qui ont fait l'objet
de nombreuses études typologiques (Wolkinger et Plank, 1981), sont
maintenant le siège d'expériences de gestion pour conserver
leur biodiversité (Arlot et Hesse, 1981; Duvigneaud et al., 1982;
NCC, 1982). Ces expériences se sont notamment concrétisées
par la mise en place de systèmes de pâturage extensif ovin (Maubert
et Dutoit, 1995).
Morcelées et isolées dans des trames paysagères
variées (bocage, open-field, milieu urbain), les pelouses sèches
ne peuvent être entièrement acquises ou gérées
par les conservateurs de milieux naturels (réserves naturelles,
conservatoires des sites). Il est donc de plus en plus souvent fait appel
aux exploitants agricoles comme partenaires pour la gestion (convention de
gestion, contrat de prestataire de services). Ce prolongement du travail
de l'agriculteur pour l'aménagement de l'espace doit alors faire l'objet
de compensations car les objectifs de conservation sont incompatibles avec
le développement d'une exploitation intensive. Les mesures
agri-environnementales mises en place par la CEE en 1992 peuvent alors constituer
un outil intéressant pour relier ces deux problématiques. Il
est cependant important de connaître la compatibilité d'application
des mesures avec les contraintes d'exploitation agricole et les objectifs
de conservation biologique. Au regard des résultats obtenus en
Seine-Maritime, un premier bilan peut être dressé.
[R] 1. La Seine-Maritime, un département riche en pelouses sèches
Les pelouses sèches de Seine-Maritime occupent les coteaux crayeux de la vallée de Seine, de ses affluents et les rebords de la cuesta du pays de Bray. Ces formations sont particulièrement riches en espèces végétales et abritent 36% des taxons protégés régionalement en Haute-Normandie. Les pelouses sèches constituent également des milieux à protéger en priorité avec 23% des sites classés en " zone naturelle d'intérêt écologique, floristique et faunistique " (ZNIEFF). Au Moyen Age, les pelouses de Seine-Maritime étaient exploitées pour l'élevage de parcours ou la culture de la vigne (Dutoit et al., 1994). Aujourd'hui, ces activités sont abandonnées et les pelouses relictuelles sont de plus en plus isolées dans des paysages urbains (agglomération de Rouen), céréaliers (pays de Caux) ou bocagers (pays de Bray). En 1994, le conservatoire des sites naturels de Haute-Normandie (CSNHN) a mis en place une opération originale de reconstitution d'un parcours pastoral sur les pelouses péri-urbaines de Rouen (Pacary, 1995). Cette expérience adaptée à un contexte particulier ne peut pas être généralisée à l'ensemble des sites. En effet, en zone rurale, de nombreuses pelouses sont encore exploitées pour l'élevage (Alard et al., 1994). La mise en place des mesures agri-environnementales dans deux " pays " contrastés de la Seine-Maritime (pays de Bray et boucles de la Seine) constitue alors un excellent moyen d'évaluer les collaborations possibles avec le monde agricole pour la conservation des pelouses sèches.
[R] 2. Opérations locales et conservation des pelouses sèches
2.1. Le pays de Bray
Le pays de Bray correspond à un vaste anticlinal dissymétrique qui sépare la Haute-Normandie de la Picardie (fig. 1). C'est une région naturelle très individualisée, non seulement de par la nature du sol, mais aussi de par son agriculture. Le paysage qui en découle représente une exception aux openfields du Nord de la France. Avec ses bois, ses prairies permanentes, ses haies vives et ses fermes implantées isolément, le Bray constitue un " îlot de bocage " (Frileux et Girard, 1985). L'exploitation agricole de cette région a toujours été dominée par l'élevage ; cependant, depuis 1979, on observe un recul modéré de la surface toujours en herbe et du troupeau bovin. Les cultures fourragères restent stables, mais on peut noter un accroissement des superficies consacrées aux cultures de vente (Fruit, 1991).
Figure 1. Localisation des opérations locales concernant les pelouses sèches en Seine-Maritime
Dans cette région, les pelouses sèches sont très nombreuses et de petite taille. Elles occupent principalement les rebords de la cuesta (Neufchâtel, Neufmarché) et les buttes témoins (Mont-Sauveur). Elles se distinguent par un cortège floristique plus pauvre que celles de la vallée de Seine, notamment en espèces thermophiles. La nature marneuse de la craie du Turonien permet cependant la présence d'espèces végétales très originales comme la parnassie des marais, habituellement présente dans les prairies humides ou les tourbières. Contrairement aux autres pelouses du département, la pérennité de l'exploitation pour l'élevage a permis le maintien de populations importantes d'espèces typiques des pelouses sèches dont certaines sont protégées en Haute-Normandie. En conséquence, sur les 200 ha de pelouses recensées pour le pays de Bray, 11 sites de pelouses ont été classés en ZNIEFF, soit une superficie approximative de 100 ha.
Pelouse calcaire pâturée dans le pays de Bray D. Alard del.
Jadis exploitées en communaux, de nombreuses pelouses ont été
cultivées sporadiquement après la Révolution. Devant
les faibles rendements obtenus, toutes ces terres sont cependant retournées
à la prairie au début du XXe siècle. Aujourd'hui les
surfaces de pelouses font l'objet d'exploitations diverses, du maintien du
pâturage (60%) à l'abandon agricole (25%) en passant par la
conversion en labours (10%) ou en bois (5%). 74% des pelouses
pâturées le sont par des bovins (Neufchâtel,
Neufmarché), 23% par des ovins (Mont-Sauveur) et 3% par des équins
(fig.2). Le pâturage est souvent tournant avec une ou deux exploitations
dans l'année. Le chargement annuel dépasse rarement 1 UGB
(unité gros bétail)/ha.
L'opération locale mise en place dans le pays de Bray vient conforter
les mesures classiques de l'opération groupée d'aménagement
foncier (OGAF) menée entre 1990 et 1992. Cette opération locale
résulte du règlement CEE n°2078/92 qui codifie dans un
même texte toutes les mesures agricoles à caractère
environnemental (article 19, prime à la vache tondeuse, etc.). Dans
le pays de Bray, cinq mesures sont mises en oeuvre dans un but d'entretien
des paysages : maintien du pâturage extensif dans les prairies humides
et les coteaux calcaires, entretien des rivières, des haies et des
vergers.
2.2. Les boucles de la Seine
Entre Rouen et Le Havre, la vallée de Seine présente un paysage
original marqué par les méandres de la Seine et les falaises
calcaires abruptes qui la bordent au nord comme au sud. Contrairement au
pays de Bray, l'agriculture est de plus en plus dominée par les cultures
aux dépens de l'élevage traditionnel. Les boucles de la
vallée de Seine constituent également un patrimoine paysager
important qui attire chaque année de nombreux touristes.
Pour le département de Seine-Maritime, en aval de Rouen, les pelouses
se limitent principalement à deux grands ensembles (fig. 1), l'un
dans la boucle de Roumare (coteaux d'Hénouville, 30 ha), l'autre sur
la rive nord de l'estuaire entre Tancarville et Le Havre (coteaux du
Hode-Saint-Vigor d'Ymonville, 100 ha). Ces deux ensembles sont classés
en ZNIEFF. Outre certaines espèces rarissimes et protégées
en Haute-Normandie, ces pelouses abritent également des espèces
en limite nord-ouest de leur aire de répartition. C'est notamment
le cas de l'anémone pulsatille sur les coteaux d'Hénouville
(Liger, 1952). Si les pelouses de ce dernier site ont été
cultivées jusqu'au début du XIXe siècle (vignobles,
blé, sainfoin, etc.), les pelouses de Saint-Vigor d'Ymonville ont,
quant à elles, surtout connu un passé de communal. Contrairement
aux pelouses du pays de Bray, toutes les pelouses des boucles de la Seine
sont aujourd'hui abandonnées de toute exploitation agricole depuis
les années 1960.
L'opération locale des boucles de la Seine fait suite à une
OGAF Agriculture-Environnement mise en place pour les zones humides depuis
1992. Elle complète cette dernière opération en
intégrant les coteaux calcaires dans les zones éligibles pour
des aides au maintien du pâturage extensif. Ses objectifs principaux
sont le maintien du pâturage extensif dans les prairies humides et
les coteaux calcaires, la reconquête des vergers haute-tige et la
rénovation du bocage.
[R] 3. Caractéristiques des mesures agri-environnementales
Pour les deux opérations locales, les conditions d'éligibilité et les cahiers des charges définissant les mesures en faveur des pelouses sèches sont identiques. Les agriculteurs pouvant bénéficier des mesures doivent être âgés de moins de soixante ans et s'engager pour une période de cinq ans. Ils doivent soumettre une surface minimum d'1 ha et leurs parcelles doivent être localisées dans le périmètre des opérations locales. Deux types de contrats sont proposés aux agriculteurs, ils sont caractérisés par les engagements suivants:
Place des pelouses dans les systèmes paysagers
D'après D. Alard (1990)
Contrat de base: maintien du pâturage extensif
- Maintien de la prairie naturelle (pâturage par des ovins, équins,
caprins, équidés ou fauche) et interdiction de retournement.
- Fertilisation minérale, emploi de pesticides et d'herbicides,
interdits.
- Chargement moyen annuel compris entre 0,5 et 1 UGB/ha.
- Maintien et entretien des éléments paysagers (arbres
isolés, haies, etc..).
- Contrôle de l'embroussaillement des ligneux et des refus de façons
mécaniques ou manuelles (au minimum 1 passage d'entretien sur 5
ans).
Le montant de la prime est de 500F/ha/an.
Option 1 : Restauration du pâturage extensif
L'engagement dans cette option nécessite une remise en état
des prairies abandonnées.
- Débroussaillage lourd la première année avec intervention
d'un tracteur muni d'un gyrobroyeur sur les parcelles les plus planes et
intervention manuelle sur les parties les plus en pente. Toute utilisation
de produits chimiques est exclue.
- Entretien par le pâturage et contrôle de l'embroussaillement
par des moyens mécaniques ou manuels au cours des années
suivantes.
Le montant de la prime est alors majoré de 600 F, soit 1 100 F/ha/an.
[R] 4. Méthodologie d'enquête et premiers résultats
La méthodologie employée pour la mise en place des mesures
agri-environnementales a consisté en un recensement des sites
potentiellement éligibles grâce à des recherches
documentaires (photos aériennes, cadastre) et des données de
terrain (relevés botaniques et entomologiques). Les exploitants agricoles
ont ensuite été rencontrés individuellement (pays de
Bray) ou lors de réunions locales organisées par la chambre
d'agriculture de Seine-Maritime (boucles de la Seine). Les résultats
de l'application des mesures agri-environnementales apparaissent très
contrastés entre les deux opérations locales. Dans le pays
de Bray, de nombreux agriculteurs se sont engagés pour les deux types
de contrats proposés. Au contraire, dans les boucles de la Seine,
aucun agriculteur n'a manifesté d'intérêt pour ce type
de mesures.
Dans le pays de Bray, 14 exploitants se sont prononcés favorablement
pour l'établissement d'un dossier. Ceci représente 40% (75
ha) de la surface totale des pelouses recensées. Pour le reste, 21%
des surfaces continueront à être pâturées sans
aides, 20% restant abandonnées, 5% boisées, 11% labourées
et 3% seront gérées par le CSNHN (fig. 2).
Devenir des pelouses sans gestion conservatoire
D'après D. Alard (1967).
Pour l'ensemble des dossiers, 43% (32 ha) seront traités en contrat
de base et 57% (43 ha) en option 1. Dans la plupart des cas, des contrats
ont pu être établis lorsque les pelouses faisaient encore l'objet
d'un pâturage extensif. Les arguments invoqués pour le rejet
des mesures sont les suivants :
- Rénovation ou construction d'une clôture ;
- Pelouses de petites tailles, éloignées de l'exploitation
(problèmes de manutention et de vol) ;
- Interdiction d'emploi d'herbicides pour les refus (chardons) ;
- Interdiction d'épandage de fumier ;
- Retrait d'animaux pour entrer dans la fourchette du pâturage extensif
;
- Mesures incompatibles avec une conversion récente dans l'utilisation
des parcelles (boisement, labour).
Dans les boucles de la Seine, outre les arguments précédents,
d'autres objections ont été formulées :
-Impossibilité de restaurer de vieilles prairies abandonnées
avec des pressions de pâturage faible ;
- Surveillance des animaux du fait de la fréquentation touristique
(ouverture régulière des clôtures sur les parcelles en
bordure des chemins de grande randonnée) ;
- Impossibilité de contrôler les rejets arbustifs après
débroussaillage avec une charge faible ;
- Impossibilité d'utiliser des vaches allaitantes sur des pentes trop
abruptes (risque de foulure).
Pelouse de La Montagne, Nesle-Hodeng, pays de Bray D. Alard del.
Figure 2. Utilisation agricole des pelouses sèches du pays de Bray avant et après la mise en place de l'opération locale
[R] 5. Vers une intégration des objectifs de conservation dans les systèmes d'exploitation ?
Les résultats obtenus pour les deux opérations locales montrent
bien les limites d'application des mesures agri-environnementales. Ces mesures
s'avèrent très adaptées pour le maintien d'activités
agricoles d'élevage dans des régions où ce type
d'exploitation est encore dominant. Cependant, il faut noter que les primes
offertes sont insuffisantes pour la reconquête de prairies
abandonnées depuis de nombreuses années (Dutoit, 1994). De
même, elles ne permettent pas de compenser les pertes de production
consécutives à une conversion du système d'élevage
vers l'extensif. Les mesures agri-environnementales doivent donc être
considérées comme un outil de maintien du pâturage extensif
dans des zones où cette activité est en déclin. A terme
(5 années), se pose donc le problème de leur prolongement par
d'autres mesures incitatives...
Concernant l'aspect écologique, les mesures agri-environne-mentales
sont en phase avec les priorités de conservation biolo-gique. Les
pelouses sèches les plus diversifiées sont, en effet, celles
qui sont encore actuelle-ment exploitées de fa-çon exten-sive
(Dutoit et Alard, 1995). De même, il y a adéqua-tion entre les
systèmes d'ex-ploitation et les objectifs de conservation. Les pelouses
sèches ont une pro-ductivité vé-gétale très
faible. Bien souvent, le système d'élevage rencontré
consiste donc en un pâturage tournant avec deux exploitations où
les animaux sont retirés avant la phase de raclage. Il en résulte
des périodes sans pâtu-rage, favorable à la floraison
de nombreuses espèces végétales (Maubert et Dutoit,
1995). Ces périodes d'abandon constituent également une mesure
de prophylaxie, de nombreux parasites ne pouvant pas survivre à l'absence
prolongée de leur hôte.
Figure 3. Organigramme décisionnel d'orientation de la gestion
des pelouses sèches
en fonction des données écologiques et contextuelles
D'après Dutoit et al., 1994
La nécessité de maîtriser l'embroussaillement a souvent été présentée par les exploitants comme une contrainte rendant la pratique du pâturage extensif impossible. Dans ce cas également, des convergences peuvent exister entre objectifs de conservation et contraintes d'exploitation. Le débroussaillage ne doit pas conduire forcément à la création d'une pelouse uniforme. Les fourrés possèdent en effet de nombreux rôles écologiques comme ceux de fournir le gîte et le couvert à beaucoup d'espèces d'insectes, d'oiseaux et de mammifères (gibier). De même, le maintien de haies dans les zones de rupture de pente permet de piéger les nitrates épandus sur les cultures des plateaux. Après une phase de débroussaillage, les rejets peuvent être éliminés, soit par l'utilisation d'ovins de race rustique (Solognot, Est à laine Mérinos, Boulonnais, Mergelland, etc.), soit par la mise en place d'un système où les animaux sont concentrés sur les surfaces débroussaillées (enclos électrique mobile). Dans de nombreux cas, le contrôle des rejets à la débroussailleuse ou au gyrobroyeur s'avère être un complément efficace du pâturage pour faire régresser la broussaille.
En l'absence d'une politique volontariste pour la valorisation des produits
provenant d'exploitations de type extensif, des mesures incitatives devront
être continuellement proposées pour que l'agriculteur puisse
continuer à entretenir des milieux à forte valeur biologique,
issus d'activités agricoles traditionnelles multi-séculaires.
Si les mesures agri-environnementales s'avèrent particulièrement
adaptées au maintien d'un certain type de pâturage, elles ne
peuvent cependant concerner que les régions où les exploitants
agricoles pratiquent encore l'élevage extensif et peuvent s'engager
à respecter les contraintes des cahiers des charges. Au contraire,
dans des zones orientées vers d'autres types de production, y compris
vers l'élevage intensif, ces mesures sont insuffisantes. Les conservateurs
de milieux naturels doivent alors faire appel à d'autres types de
mesures incitatives (retrait de la parcelle à long terme) ou à
leur propre système de gestion, comme dans le cas des sites
péri-urbains ou pour ceux localisés dans des zones en cours
de déprise agricole généralisée (fig. 3).
Il est évident que tous les sites de pelouses sèches ne pourront
être gérés par les conservateurs de milieux naturels
et n'avoir pour seule vocation que la conservation des espèces. Un
partenariat entre agriculture et conservation de la nature demeure possible
si les protagonistes de chaque parti sont en mesure de faire des concessions
l'un vers l'autre en vue d'intégrer certains objectifs de conservation
biologique aux objectifs de production et aux systèmes d'exploitation
n.
Cette étude a été financée par la DIREN de Haute-Normandie et réalisée sous l'égide du conservatoire des sites naturels de Haute-Normandie.

Transect paysager dans la boucle de la Seine (Hénouville) J.
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