Le Courrier de la Cellule Environnement n°8, juillet 1989 

Le conservatoire régional du patrimoine biologique de Midi-Pyrénées

1. Les espèces animales
2. Les espèces végétales


Dans la séance du 19 avril 1989, le Conseil Régional a adopté à l'unanimité le principe d'une "action régionale en faveur de la conservation du patrimoine biologique de Midi-Pyrénées", dotée d'une ligne budgétaire spécifique. Un crédit de 400 000 F est ouvert au titre de l'année 1989.
Le "Conservatoire" travaillera sous l'égide d'un "Conseil Scientifique et Technique" dont le secrétariat est confié au Centre INRA de Toulouse. Ce conseil aura pour mission
- "de recenser les ressources biologiques (les "patrimoines génétiques") existantes en Midi-Pyrénées, tant dans le monde animal que végétal, en mesurant le degré des risques éventuels de menace de leur existence ,
- de recenser et d'évaluer l'ensemble des actions et projets de conservation de ce patrimoine "génétique", en suscitant en outre toutes initiatives complémentaires qui sembleraient souhaitables en la matière,
- de proposer des programmes d'actions prioritaires de conservation susceptibles de bénéficier d'aides publiques,
- et de donner également son avis sur toute opération de promotion et d'études de la spécificité du patrimoine biologique régional, notamment sous l'angle de son intérêt économique.
Ce "Conseil Scientifique et Technique" regroupera des représentants de la recherche et de l'université, des organismes professionnels intéressés, de l'État et des Collectivités Territoriales, ainsi que des personnes qualifiées menant des actions de conservation du patrimoine biologique".
La création de ce Conservatoire concrétise en Midi-Pyrénées le "Projet pour une cellule inter-régionale des ressources génétiques du Sud-Ouest" élaboré en 1987 et 1988 par un groupe de travail Aquitaine-Midi-Pyrénées. Nous publions ci-dessous le contenu de ce rapport. Cette réflexion a été conduite à l'initiative des chercheurs de l'INRA de Toulouse dans le prolongement de la manifestation du 40ème anniversaire de l'Institut au cours de laquelle Mr. D. Baudis, Maire de Toulouse et Président du Conseil Régional Midi-Pyrénées a reçu en cadeau trois oies de la race de Toulouse, race en voie de disparition !
Un contexte favorable
La gestion et la conservation des ressources génétiques font depuis quelques années l'objet de préoccupations nationales et internationales. Tenant tout autant à des préoccupations d'ordre éthique qu'à des besoins économiques, ces préoccupations s'inscrivent notamment dans le cadre général d'une prise de conscience des conséquences de la modernisation des systèmes de production sur la disponibilité de certaines ressources. Dans cette perspective, une attention particulière doit être accordée aux races animales et aux variétés végétales rares et menacées de disparition.
Il est admis aujourd'hui que les ressources génétiques peuvent être évaluées en référence à trois centres d'intérêt : - les éléments d'un patrimoine naturel et culturel, héritage des générations passées ; - les moyens actuels d'un développement diversifié ; - une assurance pour faire face dans l'avenir à des besoins non encore identifiés.
Depuis quelques années, des tentatives de création de Centres Internationaux de Ressources Génétiques et de Banques Internationales de Gènes ont été engagées, avec des résultats plus ou moins heureux. Des moyens financiers ont également été dégagés au niveau national pour encourager et appuyer des initiatives locales de conservation, quel qu'en soit le support institutionnel. Une structure interministérielle, le Bureau des Ressources Génétiques, a reçu mission de proposer des dispositions réglementaires et financières et de coordonner les interventions assurant le maintien de la variabilité génétique.
La responsabilité locale
Cependant, quels que soient l'intérêt et l'efficacité des dispositifs nationaux et internationaux, la responsabilité locale, en termes de gestion d'une ressource spécifique, apparaît incontournable. Or les initiatives diverses qui se manifestent dans le Sud-Ouest pour conserver telle ou telle race animale ou variété végétale locales rencontrent, sauf exception, de réelles difficultés : précarité financière faute d'obtenir les aides pérennes nécessaires en l'absence de valorisation économique immédiate de la ressource conservées (2); concertation insuffisante entre les opérations menées dans le même domaine en différents lieux ; manque d'intérêt des chercheurs en vue de la caractérisation du matériel conservé ; crédibilité insuffisante de la part des structures administratives et professionnelles de l'agriculture.
Les fonctions d'une cellule inter-régionale des ressources génétiques
Ce sont les spécificités de l'agro-système Sud-Ouest (Aquitaine, Midi-Pyrénées) et la diversité des ressources génétiques qui y ont été créées qui ont motivé la constitution d'une Cellule Inter-Régionale des Ressources Génétiques.
Cette cellule regrouperait les compétences scientifiques complémentaires entre les deux régions existant tant au niveau des espèces animales (surtout en Midi-Pyrénées) que des espèces végétales et forestières (surtout en Aquitaine). Elle constituerait ainsi un groupe permanent d'échanges d'informations et de réflexion auquel pourraient se joindre également des agents de l'administration régionale (DRAE et DRAF) et des Conseils Régionaux, des techniciens et des professionnels de l'agriculture.
Une telle cellule peut avoir pour préoccupation de faciliter l'émergence et le développement des initiatives locales en encourageant les actions concrètes.
Dans cette optique, sa fonction est de servir de "réceptacle" des initiatives locales, facilitant leurs échanges réciproques, aidant à une meilleure présentation de leurs dossiers éventuels de demandes dé financement, favorisant leur orientation vers les circuits régionaux et nationaux susceptibles de s'y intéresser.
Elle peut également avoir une fonction d'expertise et de conseil pour les décideurs et les aménageurs régionaux, en vue d'élaborer une politique régionale de gestion et de promotion des ressources génétiques, notamment en raisonnant la contribution que peut apporter un matériel animal ou végétal spécifique à un développement agricole et rural de type local.
Enfin, elle peut exercer une fonction de relais en direction des chercheurs et des enseignants, en vue d'introduire dans les programmes de formation la préoccupation des ressources génétiques locales.
Un premier inventaire des opérations de conservation (3)
Préfigurant cette Cellule Inter-Régionale, un groupe de travail s'est constitué en 1987 et a contribué à formuler les éléments d'une politique dé conservation et de valorisation des ressources génétiques pour les régions Aquitaine et Midi-Pyrénés. Un inventaire des opérations de conservation menées localement a été réalisé ; les domaines non encore couverts et les actions à engager ont été ïndentifiés.

[R] 1. Les espèces animales

Les races régionales menacées se cantonnent particulièrement dans les systèmes montagnards très diversifiés de la chaîne pyrénéenne, dans les zones de polyculture (élevage des côteaux sous-pyrénéens) et dans la région landaise.
Bovins et porcins
quatre races bovines (Auroise, Béarnaise, Lourdaise et Gasconne aréolée) et deux races porcines (Gasconne et Basque) sont actuellement impliquées dans des programmes de conservation. Elles bénéficient de l'appui technique d'organismes nationaux (ITEB et ITEP) (4), tant au niveau de l'inventaire des races qu'à celui des schémas dé conservation eux-mêmes. Les crédits ont été jusqu'à présent essentiellement nationaux. Pour les trois premières races bovines, s'est adjoint un financement temporaire du FIDAR.
ovins
Pour l'espèce ovine, les interventions concernant les races Castillonnaise; Barégoise et Lourdaise reposent sur les syndicats ovins départementaux, en relation avec les EDE (5), et sont soutenues par l'UPRA (6)des races ovines des Pyrénées centrales. Les derniers sujets de la race Landaise (300 têtes) ont:été réunis en un seul troupeau conservatoire à l'écomusée de Marquèze.
De façon générale, l'encadrement n'est pas aussi disponible que pour les bovins et les actions sont plus diffuses et individualisées. Ces programmes s'appuient en priorité sur l'action des éleveurs, dont le degré de mobilisation est capital, et sur des mesures incitatives touchant notamment à l'identification des animaux et à la mise en place du contrôle de performances, à la création d'animaux de renouvellement (voire la création de haras de béliers dans le cas de la Barégeoise) et à la promotion des races concernées. La situation actuelle est cependant caractérisée par la faiblesse des aides publiques et la précarité socio-économique des élevages.
Chevaux
Malgré leurs faibles effectifs, les races concernées (Poneys Landais, Merens et Pottock) ne font pas l'objet de programmes spécifiques. Leur conservation, soutenues par des syndicats ou des associations d'éleveurs, est cependant assurée par leurs possibilités actuelles de valorisation, notamment dans le cadre du marché offert par le développement de l'équitation des enfants. Seule la race Merens fait actuellement l'objet d'une étude sur sa structure génétique.
Aviculture et lapins
Depuis plusieurs années, sous l'égide du Ministère de l'Agriculture, dans le cadre du Conservatoire National des races d'animaux de basse-cour et en collaboration avec la Société d'Aviculture de France, l'Union des Sociétés Avicoles du Sud-Ouest a axé l'essentiel de ses actions, assurées par le truchement d'associations et de personnels bénévoles, sur la conservation et la mise en valeur du patrimoine génétique avicole et cunicole du Sud-Ouest. Les espèces concernées sont le Lapin Géant Blanc du Bouscat, l'Oie de Toulouse à bavette, l'Oie de Toulouse sans bavette, l'Oie des Landes, les Poules Gasconne, Landaise, Caussade, les Pigeons de Montauban, Bleu de Gascogne et Tête Noire de Brive.
Trois types d'opérations sont actuellement en cours : - l'inventaire et l'utilisation rationnelle des données collectées par la mise en place d'un service télématique ; - un programme d'étude plus spécifique sur la poule Gasconne pour la production d'un produit de qualité à moindre coût ; - la multiplication d'expositions et dé concours avicoles.
Poissons
Dans ce domaine, deux programmes s'inscrivent dans le Programme national de restauration des cours d'eau à grands migrateurs géré par la Direction de la Protection de la Nature du Secrétariat d'État chargé de l'Environnement ; ils associent l'IFREMER, l'INRA, le CEMAGREF, le CSP (7), le Groupe Permanent de Consultation sur les poissons amphibaliens et les associations départementales de pêche.
Ils concernent : - l'étude et la restauration de la population de saumon atlantique de la Nivelle (fondée sur les repeuplements en souche autochtone) cofinancée régionalement ; - l'étude de la Pêcherie Professionnelle de l'Estuaire de l'Adour (saumon, truite de mer, alose vraie, lamproie, anguille).
Abeilles
Parmi les écotypes locaux d'abeilles, seule l'abeille Landaise a fait l'objet d'un inventaire et d'une caractérisation (adaptation aux miellées tardives) à l'instigation du Laboratoire de Pathologie Apicole de l'INRA (Sabres) qui a bénéficié au départ d'un crédit régional d'équipement. L'avenir de l'écotype landais est actuellement tributaire de la disparition du Laboratoire et de la dispersion des colonies.
En conclusion et de façon générale, on peut constater qu'en matière de conservation et de gestion des ressources génétiques animales menacées, les stratégies élaborées et les actions mises en oeuvre dans les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées revêtent des formes variées. Elles tiennent autant à la diversité des situations rencontrées au niveau des espèces, de leur mode de reproduction, de l'importance numérique de la population subsistante qu'au degré de mobilisation, aux objectifs et à la nature même des intervenants techniques, scientifiques et financiers.
Certaines de ces actions d'inventaire et de conservation sont caractérisées par des opérations à caractère technique pilotées depuis Paris (bovins et porcins notamment) ou scientifiques assurées par des laboratoires régionaux (poissons, abeilles).
Les autres reposent plus sur l'initiative et l'organisation des éleveurs eux-mêmes.
La seule source pérenne de financement provient des fonds publics. Elle est dispensée aux animaux de ferme par le Ministère de l'Agriculture sur le chapitre 44-50 de la Commission Nationale d'Amélioration Génétique. La diminution globale de ce chapitre, qui traduit un désengagement de l'État par rapport aux programmes d'amélioration génétique, a pour corollaire la pénalisation des petites races qui voient leur part diminuer alors que le nombre de programmes les concernant s'est considérablement accru.

[R]  2. Les espèces végétales

L'inventaire des ressources génétiques végétales des régions d'Aquitaine et Midi-Pyrénées conduit à distinguer trois types d'opérations.
Les actions impliquant des variétés menacées appartenant à des espèces de grande culture
Ces opérations d'envergure nationale, qui s'appuient sur des structures professionnelles et de recherche, sont dotées de moyens matériels et humains importants.
Le maïs
Un travail exhaustif d'inventaire, de caractérisation et de revalorisation des populations de maïs du Sud-Ouest est réalisé conjointement par l'INRA et la profession (Promaïs). Il s'intègre dans un programme national intitulé "Populations Sources Maïs" ou "gestion dynamique de la variabilité chez le maïs", piloté par l'INRA et le Groupement d'Intérêt Scientifique du Moulon..
La vigne
Deux actions sont actuellement conduites dans le domaine de la viticulture. L'une est dirigée par l'INRA de Bordeaux en relation avec l'Office Interministériel de la Vigne et du Vin ; elle concerne plus spécifiquement l'étude génétique des clones inventoriés et conservés. L'autre, réalisée dans la région Midi-Pyrénées par des partenaires locaux touche aux aspects valorisation (conditions d'encépagement et diffusion de matériel de greffage de haute qualité) et comporte un projet de protection des cépages locaux menacés (60 variétés).
Les espèces forestières
Un inventaire national des Ressources Génétiques des Arbres, visant à mieux évaluer la variabilité à la fois des espèces autochtones et introduites, a été réalisé par divers organismes associés (AFOCEL (8), CTFT (9), CEMAGREF et INRA).
Les espèces évaluées et faisant l'objet de plantations comparatives dans le Sud-Ouest sont le pin maritime, le sapin pectiné pyrénéen, le chêne rouge d'Amérique, les chênes indigènes, le merisier, l'orme et l'hêtre. Cette action sera valorisée dans le cadre d'un programme de recherche-développement "Gestion et Développement de la Forêt Paysanne" financé par le Conseil Régional Midi-Pyrénées dans le cadre du contrat de plan État-Région "Filière Bois".
Les opérations organisées concernant des espèces rares et menacées.
Ces programmes, plus particulièrement localisés dans la région Aquitaine, s'appuient généralement sur. des chercheurs attachés à des structures de recherche anciennes ou nouvellement créées à cet effet. Elles manquent considérablement de moyens et ne sont pas en mesure d'assurer la pérennité des collections qu'elles accueillent.
Les espèces fruitières
Une action de conservation, évaluation et multiplication des espèces fruitières locales des cinq départements d'Aquitaine, organisée par le Conservatoire Variétal d'Aquitaine, associe divers organismes professionnels et de recherche. Cette opération, qui s'appuie sur des structures de type "vergers conservatoires", constitue en quelque sorte un "modèle" national, niveau auquel elle s'articule aux autres actions engagées par les Conservatoires français.
Les légumineuses alimentaires
D'une part, un programme de revalorisation de la culture d'une variété locale (haricot plat tarbais), avec projet de création d'un label, a été lancé par la Chambre d'Agriculture des Hautes-Pyrénées en relation avec l'IBEAS (10) et l'INRA; il s'agit d'une intervention localisée qui s'appuie sur un réseau d'exploitations agricoles.
D'autre part, une action vise à constituer une banque de données et une banque de gènes de gesses (lathyrus) cultivées sporadiquement dans le bassin d'Aquitaine ; ce programme, qui associe l'IBEAS et l'IBPGR (11), fait également l'objet d'une coopération internationale avec l'Université de Southampton (Grande-Bretagne).
Les initiatives ponctuelles de conservation
Ces opérations diffuses sont envisagées hors des structures officielles ; elles appellent une contribution importante de personnes qualifiées pour les aider à définir le cadre de leur réalisation.
Les céréales à paille
La seule initiative locale portée à notre connaissance à l'échelle des deux régions repose sur l'Ecomusëe de Marquèze, qui concerne des populations locales de seigle, mais, millet, panis, sorgho à balais.
Les espèces fruitières
Diverses interventions d'inventaire et de conservation des espèces fruitières ont vu le jour dans les départements du Tarn (tel que le domaine de Puycelsi financé par le Conseil Général) et dans le Massif pyrénéen. Les espèces fourragères, les plantes médicinales et les espèces secondaires de petits fruitiers, sur lesquels nous n'avons pas obtenu de renseignements, appartiennent vraisemblablement à cette dernière catégorie.
les priorités
Créer et promouvoir l'image de marque des ressources génétiques régionales
Les races animales et les espèces végétales locales subsistent actuellement grâce aux agriculteurs qui, conservateurs par passion ou réfractaires au changement par tradition, ont continué à adapter le matériel, génétique hérité de leurs proches ascendants aux contraintes et aux possibilités de leur environnement naturel.
Il apparaît urgent de promouvoir la richesse et la diversité de ce patrimoine national. C'est l'objectif d'une campagne d'information sur les ressources génétiques du Sud-Ouest. Celle-ci s'appuierait notamment sur des actions d'animation (subventions de concours et expositions) et sur un ensemble de documents publiés sous l'égide des Conseils Régionaux (plaquettes d'information, affiches, livres, etc.).
Initier des actions nouvelles
L'inventaire réalisé a permis de mettre l'accent sur des actions existantes ; il a également conduit à identifier les domaines dans lesquels des interventions doivent être engagées de façon urgente.
Pour les races animales, il faudrait réaliser: - l'inventaire des espèces caprine et ovine ; - des actions de congélation systématique de la semence des races ovines menacées ; - la création de troupeaux conservatoires, supports de recherches pour la caractérisation et l'évaluation des animaux dans le cas des races jugées les plus immédiatement menacées (race bovine gasconne aréolée, porc basque) ; - la coordination entre les actions menées en matière de recherche et de développement pour les palmipèdes.
Il faudrait également mettre en place des systèmes de dérogation aux aspects réglementaires pour permettre le stockage de la semence des porcins dans les centres d'insémination régionaux ;
Pour les variétés végétales, il s'agit essentiellement d'apporter un appui aux actions déjà engagées et aux projets concernant les espèces fruitières menacées, les cépages locaux et les légumineuses alimentaires.
Conforter et pérenniser la fonction de coordination régionale et d'appui technique aux actions de conservation
Pour les espèces animales, la conservation est assurée de façon générale par les détenteurs traditionnels que sont les éleveurs. Il s'agit de créer le relais technique indispensable entre les différents acteurs, éleveurs et organismes nationaux notamment. La conservation du matériel végétal qui s'appuie sur des structures appropriées ("terrains d'accueil de collections " et des opérateurs privés ou publics, suppose d'importants dispositifs, tant matériels qu'humains. Si les problèmes de foncier sont relativement faciles à surmonter, en revanche la situation actuelle ne permet pas d'assurer la pérennisation des postes de coordination (pour les espèces fruitières notamment) et a fortiori de certaines actions. Il paraît indispensable qu'à terme, la Cellule Inter-Régionale des Ressources Génétiques soit dotée de moyens de fonctionnement lui permettant d'assumer sa mission de coordination dans les domaines non couverts par les partenaires professionnels, administratifs et scientifiques.
Les espèces fruitières
Une action de conservation, évaluation et multiplication des espèces fruitières locales des cinq départements d'Aquitaine, organisée par le Conservatoire Variétal d'Aquitaine, associe divers organismes professionnels et de recherche. Cette opération, qui s'appuie sur des structures de type "vergers conservatoires", constitue en quelque sorte un "modèle" national, niveau auquel elle s'articule aux autres actions engagées par les Conservatoires français.
Les légumineuses alimentaires
D'une part, un programme de revalorisation de la culture d'une variété locale (haricot plat tarbais), avec projet de création d'un label, a été lancé par la Chambre d'Agriculture des Hautes-Pyrénées en relation avec l'IBEAS (12)et l'INRA; il s'agit dune intervention localisée qui s'appuie sur un réseau d'exploitations agricoles.
D'autre part, une action vise à constituer une banque de données et une banque de gènes de gesses (lathyrus) cultivées sporadiquement dans `le bassin d'Aquitaine ; ce programme, qui associe l'IBEAS et l'IBPGR(13), fait également l'objet d'une coopération internationale avec l'Université de Southampton (Grande-Bretagne).
les initiatives ponctuelles de conservation
Ces opérations diffuses sont envisagées hors des structures officielles , elles appellent une contribution importante de personnes qualifiées pour les aider à définir le cadre de leur réalisation.
Les céréales à paille
La seule initiative locale portée à notre connaissance à l'échelle des deux régions repose sur l'Ecomusée de Marquèze, qui concerne des populations locales de seigle, mais, millet, panis, sorgho à balais.
Les espèces fruitières
Diverses interventions d'inventaire et de conservation des espèces fruitières ont vu le jour dans les départements du Tarn (tel que le domaine de Puycelsi financé par le Conseil Général) et dans le Massif pyrénéen. Les espèces fourragères, les plantes médicinales et les espèces secondaires de petits fruitiers, sur lesquels nous n'avons pas obtenu de renseignements, appartiennent vraisemblablement à cette dernière catégorie.
Les moyens nécessaires
Les priorités identifiées correspondent à trois types d'opérations pouvant relever d'un financement inter?régional annuel. Le volume global de cette contribution est estimé à 1 500 000 F annuels pour l'ensemble des deux régions.
Ce budget se répartirait ainsi :
- promotion des ressources génétiques (publications, expositions, concours)
- appui à des actions nouvelles d'inventaire de conservation, d'évaluation ou de valorisation
- pérennisation des postes de coordination (salaires, vacations, télématique)
Un montant de 300 000 F devrait être dégagé rapidement pour trois opérations prioritaires : la réalisation d'un dépliant sur les Ressources Génétiques du Sud-Ouest, la poursuite du programme de conservation de la race gasconne aréolée et le démarrage d'une action de conservation des cépages locaux.

Notes
(1) Jean-Claude Flamant est Président du Centre INRA de la Région Midi-Pyrénées.[VU]
(2) Il faut remarquer que les projets porteurs d'une finalité économique (espèces et races qui "typent" une production et ouvrent localement les possibilités de diversification des systèmes) font actuellement l'objet d'une attention particulière: par exemple, des vins valorisant les cépages régionaux, la conservation et la promotion du haricot "plat tarbais", la relance de l'élevage des poules Gasconnes en plein air, etc.[VU]
(3)L'inventaire détaillé des opérations de conservation conduites en Aquitaine et Midi?Pyrénées est disponible au Centre INRA de Toulouse.[VU]
(4) Institut Technique de l'Elevage Bovin et Institut Technique de l'Elevage Porcin.[VU]
(5) EDE : Établissement Départemental de l'Élevage.[VU]
(6) UPRA : Unité de Promotion de Race.[VU]
(7) Conseil Supérieur de la Pêche.[VU]
(8) Association Forêt-Cellulose.[VU]
(9) Centre Technique Forestier Tropical.[VU]
(10) Institut de Biocénotique Expérimentale des Agrosystèmes.[VU]
(11) Conseil International des Ressources Phytogénétiques. [VU]
(12) Institut de Biocénotique Expérimentale des Agrosystèmes.[VU]
(13) Conseil International des Ressources Phytogénétiques. [VU]