Le conservatoire régional du patrimoine biologique de
Midi-Pyrénées
1. Les espèces animales
2. Les espèces végétales
Les races régionales menacées se cantonnent particulièrement
dans les systèmes montagnards très diversifiés de la
chaîne pyrénéenne, dans les zones de polyculture
(élevage des côteaux sous-pyrénéens) et dans la
région landaise.
Bovins et porcins
quatre races bovines (Auroise, Béarnaise, Lourdaise et Gasconne
aréolée) et deux races porcines (Gasconne et Basque) sont
actuellement impliquées dans des programmes de conservation. Elles
bénéficient de l'appui technique d'organismes nationaux (ITEB
et ITEP) (4), tant au niveau de l'inventaire
des races qu'à celui des schémas dé conservation
eux-mêmes. Les crédits ont été jusqu'à
présent essentiellement nationaux. Pour les trois premières
races bovines, s'est adjoint un financement temporaire du FIDAR.
ovins
Pour l'espèce ovine, les interventions concernant les races
Castillonnaise; Barégoise et Lourdaise reposent sur les syndicats
ovins départementaux, en relation avec les EDE
(5), et sont soutenues par l'UPRA
(6)des races ovines des Pyrénées centrales.
Les derniers sujets de la race Landaise (300 têtes) ont:été
réunis en un seul troupeau conservatoire à l'écomusée
de Marquèze.
De façon générale, l'encadrement n'est pas aussi disponible
que pour les bovins et les actions sont plus diffuses et individualisées.
Ces programmes s'appuient en priorité sur l'action des éleveurs,
dont le degré de mobilisation est capital, et sur des mesures incitatives
touchant notamment à l'identification des animaux et à la mise
en place du contrôle de performances, à la création d'animaux
de renouvellement (voire la création de haras de béliers dans
le cas de la Barégeoise) et à la promotion des races
concernées. La situation actuelle est cependant caractérisée
par la faiblesse des aides publiques et la précarité
socio-économique des élevages.
Chevaux
Malgré leurs faibles effectifs, les races concernées (Poneys
Landais, Merens et Pottock) ne font pas l'objet de programmes spécifiques.
Leur conservation, soutenues par des syndicats ou des associations
d'éleveurs, est cependant assurée par leurs possibilités
actuelles de valorisation, notamment dans le cadre du marché offert
par le développement de l'équitation des enfants. Seule la
race Merens fait actuellement l'objet d'une étude sur sa structure
génétique.
Aviculture et lapins
Depuis plusieurs années, sous l'égide du Ministère de
l'Agriculture, dans le cadre du Conservatoire National des races d'animaux
de basse-cour et en collaboration avec la Société d'Aviculture
de France, l'Union des Sociétés Avicoles du Sud-Ouest a axé
l'essentiel de ses actions, assurées par le truchement d'associations
et de personnels bénévoles, sur la conservation et la mise
en valeur du patrimoine génétique avicole et cunicole du Sud-Ouest.
Les espèces concernées sont le Lapin Géant Blanc du
Bouscat, l'Oie de Toulouse à bavette, l'Oie de Toulouse sans bavette,
l'Oie des Landes, les Poules Gasconne, Landaise, Caussade, les Pigeons de
Montauban, Bleu de Gascogne et Tête Noire de Brive.
Trois types d'opérations sont actuellement en cours : - l'inventaire
et l'utilisation rationnelle des données collectées par la
mise en place d'un service télématique ; - un programme
d'étude plus spécifique sur la poule Gasconne pour la production
d'un produit de qualité à moindre coût ; - la multiplication
d'expositions et dé concours avicoles.
Poissons
Dans ce domaine, deux programmes s'inscrivent dans le Programme national
de restauration des cours d'eau à grands migrateurs géré
par la Direction de la Protection de la Nature du Secrétariat d'État
chargé de l'Environnement ; ils associent l'IFREMER, l'INRA, le CEMAGREF,
le CSP (7), le Groupe Permanent de
Consultation sur les poissons amphibaliens et les associations
départementales de pêche.
Ils concernent : - l'étude et la restauration de la population de
saumon atlantique de la Nivelle (fondée sur les repeuplements en souche
autochtone) cofinancée régionalement ; - l'étude de
la Pêcherie Professionnelle de l'Estuaire de l'Adour (saumon, truite
de mer, alose vraie, lamproie, anguille).
Abeilles
Parmi les écotypes locaux d'abeilles, seule l'abeille Landaise a fait
l'objet d'un inventaire et d'une caractérisation (adaptation aux
miellées tardives) à l'instigation du Laboratoire de Pathologie
Apicole de l'INRA (Sabres) qui a bénéficié au départ
d'un crédit régional d'équipement. L'avenir de
l'écotype landais est actuellement tributaire de la disparition du
Laboratoire et de la dispersion des colonies.
En conclusion et de façon générale, on peut constater
qu'en matière de conservation et de gestion des ressources
génétiques animales menacées, les stratégies
élaborées et les actions mises en oeuvre dans les régions
Aquitaine et Midi-Pyrénées revêtent des formes variées.
Elles tiennent autant à la diversité des situations
rencontrées au niveau des espèces, de leur mode de reproduction,
de l'importance numérique de la population subsistante qu'au degré
de mobilisation, aux objectifs et à la nature même des intervenants
techniques, scientifiques et financiers.
Certaines de ces actions d'inventaire et de conservation sont
caractérisées par des opérations à caractère
technique pilotées depuis Paris (bovins et porcins notamment) ou
scientifiques assurées par des laboratoires régionaux (poissons,
abeilles).
Les autres reposent plus sur l'initiative et l'organisation des éleveurs
eux-mêmes.
La seule source pérenne de financement provient des fonds publics.
Elle est dispensée aux animaux de ferme par le Ministère de
l'Agriculture sur le chapitre 44-50 de la Commission Nationale
d'Amélioration Génétique. La diminution globale de ce
chapitre, qui traduit un désengagement de l'État par rapport
aux programmes d'amélioration génétique, a pour corollaire
la pénalisation des petites races qui voient leur part diminuer alors
que le nombre de programmes les concernant s'est considérablement
accru.
L'inventaire des ressources génétiques végétales
des régions d'Aquitaine et Midi-Pyrénées conduit à
distinguer trois types d'opérations.
Les actions impliquant des variétés menacées appartenant
à des espèces de grande culture
Ces opérations d'envergure nationale, qui s'appuient sur des structures
professionnelles et de recherche, sont dotées de moyens matériels
et humains importants.
Le maïs
Un travail exhaustif d'inventaire, de caractérisation et de revalorisation
des populations de maïs du Sud-Ouest est réalisé conjointement
par l'INRA et la profession (Promaïs). Il s'intègre dans un programme
national intitulé "Populations Sources Maïs" ou "gestion dynamique
de la variabilité chez le maïs", piloté par l'INRA et
le Groupement d'Intérêt Scientifique du Moulon..
La vigne
Deux actions sont actuellement conduites dans le domaine de la viticulture.
L'une est dirigée par l'INRA de Bordeaux en relation avec l'Office
Interministériel de la Vigne et du Vin ; elle concerne plus
spécifiquement l'étude génétique des clones
inventoriés et conservés. L'autre, réalisée dans
la région Midi-Pyrénées par des partenaires locaux touche
aux aspects valorisation (conditions d'encépagement et diffusion de
matériel de greffage de haute qualité) et comporte un projet
de protection des cépages locaux menacés (60
variétés).
Les espèces forestières
Un inventaire national des Ressources Génétiques des Arbres,
visant à mieux évaluer la variabilité à la fois
des espèces autochtones et introduites, a été
réalisé par divers organismes associés
(AFOCEL (8), CTFT
(9), CEMAGREF et INRA).
Les espèces évaluées et faisant l'objet de plantations
comparatives dans le Sud-Ouest sont le pin maritime, le sapin pectiné
pyrénéen, le chêne rouge d'Amérique, les chênes
indigènes, le merisier, l'orme et l'hêtre. Cette action sera
valorisée dans le cadre d'un programme de recherche-développement
"Gestion et Développement de la Forêt Paysanne" financé
par le Conseil Régional Midi-Pyrénées dans le cadre
du contrat de plan État-Région "Filière Bois".
Les opérations organisées concernant des espèces
rares et menacées.
Ces programmes, plus particulièrement localisés dans la
région Aquitaine, s'appuient généralement sur. des
chercheurs attachés à des structures de recherche anciennes
ou nouvellement créées à cet effet. Elles manquent
considérablement de moyens et ne sont pas en mesure d'assurer la
pérennité des collections qu'elles accueillent.
Les espèces fruitières
Une action de conservation, évaluation et multiplication des espèces
fruitières locales des cinq départements d'Aquitaine,
organisée par le Conservatoire Variétal d'Aquitaine, associe
divers organismes professionnels et de recherche. Cette opération,
qui s'appuie sur des structures de type "vergers conservatoires", constitue
en quelque sorte un "modèle" national, niveau auquel elle s'articule
aux autres actions engagées par les Conservatoires français.
Les légumineuses alimentaires
D'une part, un programme de revalorisation de la culture d'une
variété locale (haricot plat tarbais), avec projet de
création d'un label, a été lancé par la Chambre
d'Agriculture des Hautes-Pyrénées en relation avec
l'IBEAS (10) et l'INRA; il s'agit d'une
intervention localisée qui s'appuie sur un réseau d'exploitations
agricoles.
D'autre part, une action vise à constituer une banque de données
et une banque de gènes de gesses (lathyrus) cultivées
sporadiquement dans le bassin d'Aquitaine ; ce programme, qui associe l'IBEAS
et l'IBPGR (11), fait également
l'objet d'une coopération internationale avec l'Université
de Southampton (Grande-Bretagne).
Les initiatives ponctuelles de conservation
Ces opérations diffuses sont envisagées hors des structures
officielles ; elles appellent une contribution importante de personnes
qualifiées pour les aider à définir le cadre de leur
réalisation.
Les céréales à paille
La seule initiative locale portée à notre connaissance à
l'échelle des deux régions repose sur l'Ecomusëe de
Marquèze, qui concerne des populations locales de seigle, mais, millet,
panis, sorgho à balais.
Les espèces fruitières
Diverses interventions d'inventaire et de conservation des espèces
fruitières ont vu le jour dans les départements du Tarn (tel
que le domaine de Puycelsi financé par le Conseil Général)
et dans le Massif pyrénéen. Les espèces fourragères,
les plantes médicinales et les espèces secondaires de petits
fruitiers, sur lesquels nous n'avons pas obtenu de renseignements, appartiennent
vraisemblablement à cette dernière catégorie.
les priorités
Créer et promouvoir l'image de marque des ressources
génétiques régionales
Les races animales et les espèces végétales locales
subsistent actuellement grâce aux agriculteurs qui, conservateurs par
passion ou réfractaires au changement par tradition, ont continué
à adapter le matériel, génétique hérité
de leurs proches ascendants aux contraintes et aux possibilités de
leur environnement naturel.
Il apparaît urgent de promouvoir la richesse et la diversité
de ce patrimoine national. C'est l'objectif d'une campagne d'information
sur les ressources génétiques du Sud-Ouest. Celle-ci s'appuierait
notamment sur des actions d'animation (subventions de concours et expositions)
et sur un ensemble de documents publiés sous l'égide des Conseils
Régionaux (plaquettes d'information, affiches, livres, etc.).
Initier des actions nouvelles
L'inventaire réalisé a permis de mettre l'accent sur des actions
existantes ; il a également conduit à identifier les domaines
dans lesquels des interventions doivent être engagées de façon
urgente.
Pour les races animales, il faudrait réaliser: - l'inventaire des
espèces caprine et ovine ; - des actions de congélation
systématique de la semence des races ovines menacées ; - la
création de troupeaux conservatoires, supports de recherches pour
la caractérisation et l'évaluation des animaux dans le cas
des races jugées les plus immédiatement menacées (race
bovine gasconne aréolée, porc basque) ; - la coordination entre
les actions menées en matière de recherche et de
développement pour les palmipèdes.
Il faudrait également mettre en place des systèmes de
dérogation aux aspects réglementaires pour permettre le stockage
de la semence des porcins dans les centres d'insémination régionaux
;
Pour les variétés végétales, il s'agit
essentiellement d'apporter un appui aux actions déjà engagées
et aux projets concernant les espèces fruitières menacées,
les cépages locaux et les légumineuses alimentaires.
Conforter et pérenniser la fonction de coordination régionale
et d'appui technique aux actions de conservation
Pour les espèces animales, la conservation est assurée de
façon générale par les détenteurs traditionnels
que sont les éleveurs. Il s'agit de créer le relais technique
indispensable entre les différents acteurs, éleveurs et organismes
nationaux notamment. La conservation du matériel végétal
qui s'appuie sur des structures appropriées ("terrains d'accueil de
collections " et des opérateurs privés ou publics, suppose
d'importants dispositifs, tant matériels qu'humains. Si les
problèmes de foncier sont relativement faciles à surmonter,
en revanche la situation actuelle ne permet pas d'assurer la pérennisation
des postes de coordination (pour les espèces fruitières notamment)
et a fortiori de certaines actions. Il paraît indispensable qu'à
terme, la Cellule Inter-Régionale des Ressources Génétiques
soit dotée de moyens de fonctionnement lui permettant d'assumer sa
mission de coordination dans les domaines non couverts par les partenaires
professionnels, administratifs et scientifiques.
Les espèces fruitières
Une action de conservation, évaluation et multiplication des espèces
fruitières locales des cinq départements d'Aquitaine,
organisée par le Conservatoire Variétal d'Aquitaine, associe
divers organismes professionnels et de recherche. Cette opération,
qui s'appuie sur des structures de type "vergers conservatoires", constitue
en quelque sorte un "modèle" national, niveau auquel elle s'articule
aux autres actions engagées par les Conservatoires français.
Les légumineuses alimentaires
D'une part, un programme de revalorisation de la culture d'une
variété locale (haricot plat tarbais), avec projet de
création d'un label, a été lancé par la Chambre
d'Agriculture des Hautes-Pyrénées en relation avec
l'IBEAS (12)et l'INRA; il s'agit dune
intervention localisée qui s'appuie sur un réseau d'exploitations
agricoles.
D'autre part, une action vise à constituer une banque de données
et une banque de gènes de gesses (lathyrus) cultivées
sporadiquement dans `le bassin d'Aquitaine ; ce programme, qui associe l'IBEAS
et l'IBPGR(13), fait également l'objet d'une coopération
internationale avec l'Université de Southampton (Grande-Bretagne).
les initiatives ponctuelles de conservation
Ces opérations diffuses sont envisagées hors des structures
officielles , elles appellent une contribution importante de personnes
qualifiées pour les aider à définir le cadre de leur
réalisation.
Les céréales à paille
La seule initiative locale portée à notre connaissance à
l'échelle des deux régions repose sur l'Ecomusée de
Marquèze, qui concerne des populations locales de seigle, mais, millet,
panis, sorgho à balais.
Les espèces fruitières
Diverses interventions d'inventaire et de conservation des espèces
fruitières ont vu le jour dans les départements du Tarn (tel
que le domaine de Puycelsi financé par le Conseil Général)
et dans le Massif pyrénéen. Les espèces fourragères,
les plantes médicinales et les espèces secondaires de petits
fruitiers, sur lesquels nous n'avons pas obtenu de renseignements, appartiennent
vraisemblablement à cette dernière catégorie.
Les moyens nécessaires
Les priorités identifiées correspondent à trois types
d'opérations pouvant relever d'un financement inter?régional
annuel. Le volume global de cette contribution est estimé à
1 500 000 F annuels pour l'ensemble des deux régions.
Ce budget se répartirait ainsi :
- promotion des ressources génétiques (publications, expositions,
concours)
- appui à des actions nouvelles d'inventaire de conservation,
d'évaluation ou de valorisation
- pérennisation des postes de coordination (salaires, vacations,
télématique)
Un montant de 300 000 F devrait être dégagé rapidement
pour trois opérations prioritaires : la réalisation d'un
dépliant sur les Ressources Génétiques du Sud-Ouest,
la poursuite du programme de conservation de la race gasconne aréolée
et le démarrage d'une action de conservation des cépages locaux.
Notes
(1) Jean-Claude
Flamant est Président du Centre INRA de la Région
Midi-Pyrénées.[VU]
(2) Il faut remarquer que les projets porteurs d'une
finalité économique (espèces et races qui "typent" une
production et ouvrent localement les possibilités de diversification
des systèmes) font actuellement l'objet d'une attention
particulière: par exemple, des vins valorisant les cépages
régionaux, la conservation et la promotion du haricot "plat tarbais",
la relance de l'élevage des poules Gasconnes en plein air,
etc.[VU]
(3)L'inventaire détaillé des opérations
de conservation conduites en Aquitaine et Midi?Pyrénées est
disponible au Centre INRA de Toulouse.[VU]
(4) Institut Technique de l'Elevage Bovin et Institut Technique
de l'Elevage Porcin.[VU]
(5) EDE : Établissement Départemental de
l'Élevage.[VU]
(6) UPRA : Unité de Promotion de
Race.[VU]
(7) Conseil Supérieur de la
Pêche.[VU]
(8) Association
Forêt-Cellulose.[VU]
(9) Centre Technique Forestier
Tropical.[VU]
(10) Institut de Biocénotique Expérimentale
des Agrosystèmes.[VU]
(11) Conseil International des Ressources
Phytogénétiques. [VU]
(12) Institut de Biocénotique Expérimentale
des Agrosystèmes.[VU]
(13) Conseil International des Ressources
Phytogénétiques. [VU]