Le Courrier de la Cellule Environnement n°4, juin 1988

Domestication : de l'écotype au cultivar


la matière da domestication, l'INRA de Colmar a mis en place, an Alsace, un programme de recherche en collaboration avec l'Université Louis Pasteur de Strasbourg et des industriels.
Dans un premier temps, les travaux portant sur quelques planteas spontanée jusqu'à prisent uniquement cueillies.
le choix de ces espèces a été dicté par des impératifs divers (scientifiques, économiques) et par l'intérêt propre des plantes étudiées. I1 s'agit principalement de :
- l'Arnica (Arnica montana) . cette plante cueillie de façon plus ou moins anarchique, est pourtant parfaitement cultivable en France ; elle fait l'objet d'une forte demande de la part de l'industrie pharmaceutique. Les recherches, en cours depuis trois ans, devraient aboutir d'ici deux ans ;
- le Souci (Calendula arvensis) : c'est une plante également cultivable dans nos régions, au prix d'une certaine adaptation du ressort du généticien ;
-l' Origan (Origanum vulgare ) plante aromatique spontanée en Alsace, sa aire au culture a été retenus dans les programmes de recherche de la CEE. L'équipe de Colmar travaille en collaboration avec l'Espagne sur ce projet qui devrait débuter en 89.
- le Pied de Chat (Aatannaria dioïca) c'est une plante dont les rendements s'intensifient en altitude. Les recherches sur sa domestication ont débuté il y a un an. Des contacts sont pris avec des chercheurs allemands qui travaillent également sur cette espèce.
Voici la démarche qui précise les différentes étapes da la domestication d'une plante, définies par Philippe Girardin, directeur de la Station d'Agronomie de Colmar :
Caractérisation par l'écologiste du comportement in situ dans son milieu naturel d'une plante spontanée ;
Sélection d'éco-ou chimiotypes ou création varié tels par le généticien avec l'aide du biochimiste ;
- Étude de l'influence des facteurs du milieu (Ecophysiologie) mise en culture et Introduction dans un système de culture ou meilleure gestion des peuplements naturels par l'agronome ;
- Caractérisation de la qualité du produit (pharmacognosie, agro-alimentaire).
Cette méthodologie peut également être utilisée lors de l'introduction ou la réintroduction de cultures de remplacement.
Certaines industries sont intéressées par la mise en culture de plantes sauvages pour s'assurer un approvisionnement régulier, augmenter et homogénéiser la qualité et mène éviter la destruction de biotopes, gîtes naturels de entière première.
C'est le cas en particulier de l'Arnica, plante rare, menacée, mais semble-t-il pas protégée, dont il est nécessaire d'obtenir une mise en culture efficace afin d'éviter sa cueillette sauvage et assurer ainsi non seulement la pérennité de l'espèce mais aussi sa protection en milieu naturel.


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