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Le Courrier de la cellule'environnement n°10, janvier 1990

Groupe national d'études et de réflexions pour la conservation des insectes et de leur smilieux
(GNERCIM)


La conservation du patrimoine naturel est maintenant une préoccupation des Etats. C'est donc, plus que jamais le moment de mener une réflexion pour intégrer dans les modalités du développement une nouvelle gestion du territoire, si l'on souhaite prendre en compte le maintien d'une diversité de communautés d'êtres vivants.
A ce titre, la conservation des invertébrés se devrait d'être mieux prise en compte. Le Conseil de l'Europe, avec son Comité Européen pour la sauvegarde de la nature et des ressources naturelles, a pris une nette position en faveur de la sauvegarde de ces animaux trop mal connus, mais qui constituent le plus vaste ensemble d'espèces animales présentes sur la Terre.
Malgré l'importance des insectes dans de nombreux domaines tels que la pollinisation, les chaînes trophiques, le patrimoine génétique, les équilibres biologiques, etc., on est obligé de constater leur régression générale en France. Les causes en sont diverses : usage abusif de pesticides et d'herbicides; modification des modes de gestion agricole et sylvicole en l'absence de réflexions éco-entomologiques; urbanisation et modification d'usage de l'espace; tourisme incontrôlé sous diverses formes (piétinement, camping dunaire sauvage, etc.); prélèvements parfois excessifs pa.r certains "entomologistes" sur des populations isolées au sein de milieux déjà fragilisés, etc.
L'Office Pour l'Information Eco-entomologique (OPIE) s'est toujours intéressé à la protection des insectes et a participé à l'élaboration des décrets d'application de la loi sur la protection de la nature. Dès 1976, en collaboration avec la station de Zoologie et de Lutte Biologique d'Antibes (INRA) et le soutien du Ministère de l'Environnement, des études ont été commencées sur les carabidae (coléoptères) rares ou menacés. Les travaux effectués ont permis de mettre au point également d'acclimater au sein de nouveaux biotopes des espèces menacées dans leurs territoires d'origines (Chrysocarabus rutilans, par exemple).
Depuis 1988, pour renforcer sa crédibilité et ses actions, l'OPIE est membre de l'Alliance Mondiale pour la Nature (UICN).
En France, la protection des insectes se limite à la publication d'une liste nationale de 33 espèces et sous-espèces interdites de capture (J.O. du 30.07.76). La protection des biotopes est assurée par les Parcs Nationaux, les réserves naturelles, les arrêtés de biotopes (moins de 4% du territoire) et un programme de cartographie géré par le Secrétariat Faune et Flore dans lequel figurent peu de projets concernant les insectes, faute de participants... ,
Cette multiplicité d'actions et de projets indépendants rendait nécessaire la création d'une structure nationale de concertation pour proposer des solutions de protection des insectes et de leurs milieux, cohérentes et harmonisées. A cette fin, l'OPIE à mis en place, avec l'accord du Ministère de l'Environnement, un Groupe National d'Etudes et de Réflexions (GNERCIM). Ce groupe, constitué de 15 personnalités appartenant à des associations spécialisées, des organismes de recherches constitués ou universitaires, est représentatif de tous les organismes dont les missions sont d'améliorer les connaissances pour une meilleure protection de l'environnement et dont il est maintenant le partenaire à part entière.
Le GNERCIM s'est donné pour objectifs :
- de susciter une réflexion sur la place de la protection des insectes français par rapport aux pressions socio-économiques;
- de promouvoir des études biocénotiques sur les espèces rares ou localisées, mais aussi sur la "faune ordinaire" trop souvent délaissée et qui a pourtant un rôle fondamental dans les écosystèmes;
- de favoriser aussi largement que possible toutes les mesures préventives,visant à la sauvegarde des communautés plutôt qu'à celles des espèces considérées séparemment;
- de jouer un rôle d'information auprès des groupes de naturalistes et du public, notamment par la promotion de l'observation de préférence à la collecte (observations de terrain, chasse photographique, réalisations cinématographiques, etc.);
- de chercher à éviter la destruction irraisonnée des insectes et de leur milieu sur l'ensemble du territoire;
- de localiser, définir, décrire et enregistrer les milieux relictuels ainsi que les sites fragilisés qui seront considérés comme témoins. Des "zones tampons" devront être créées entre ces sites et les milieux plus anthropisés;
- de mettre en évidence le rôle essentiel des insectes dans les équilibes biologiques;
- de proposer un code déontologique des entomologistes français.
Ce Groupe National a donc pour vocation de devenir un véritable Conseil National disposant des moyens de coordonner les travaux et les études, de terrains, d'organiser des séminaires thématiques, de publier des documents de synthèse issus des travaux réalisés et d'être un interlocuteur reconnu auprès des Ministères et des Collectivités locales.
Son large domaine d'action lui permet dès maintenant de solliciter l'appui de tous les entomologistes, prêts à reconnaître et à participer à la protection des insectes et de leurs milieux. .

Pour tous renseignements complémentaires :
GNERCIM BP N°9 78283 Guyancourt cedex.  

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