La conservation du patrimoine naturel est maintenant une préoccupation
des Etats. C'est donc, plus que jamais le moment de mener une réflexion
pour intégrer dans les modalités du développement une
nouvelle gestion du territoire, si l'on souhaite prendre en compte le maintien
d'une diversité de communautés d'êtres vivants.
A ce titre, la conservation des invertébrés se devrait d'être
mieux prise en compte. Le Conseil de l'Europe, avec son Comité
Européen pour la sauvegarde de la nature et des ressources naturelles,
a pris une nette position en faveur de la sauvegarde de ces animaux trop
mal connus, mais qui constituent le plus vaste ensemble d'espèces
animales présentes sur la Terre.
Malgré l'importance des insectes dans de nombreux domaines tels que
la pollinisation, les chaînes trophiques, le patrimoine
génétique, les équilibres biologiques, etc., on est
obligé de constater leur régression générale
en France. Les causes en sont diverses : usage abusif de pesticides et
d'herbicides; modification des modes de gestion agricole et sylvicole en
l'absence de réflexions éco-entomologiques; urbanisation et
modification d'usage de l'espace; tourisme incontrôlé sous diverses
formes (piétinement, camping dunaire sauvage, etc.);
prélèvements parfois excessifs pa.r certains "entomologistes"
sur des populations isolées au sein de milieux déjà
fragilisés, etc.
L'Office Pour l'Information Eco-entomologique (OPIE) s'est toujours
intéressé à la protection des insectes et a participé
à l'élaboration des décrets d'application de la loi
sur la protection de la nature. Dès 1976, en collaboration avec la
station de Zoologie et de Lutte Biologique d'Antibes (INRA) et le soutien
du Ministère de l'Environnement, des études ont été
commencées sur les carabidae (coléoptères) rares
ou menacés. Les travaux effectués ont permis de mettre au point
également d'acclimater au sein de nouveaux biotopes des espèces
menacées dans leurs territoires d'origines (Chrysocarabus
rutilans, par exemple).
Depuis 1988, pour renforcer sa crédibilité et ses actions,
l'OPIE est membre de l'Alliance Mondiale pour la Nature (UICN).
En France, la protection des insectes se limite à la publication d'une
liste nationale de 33 espèces et sous-espèces interdites de
capture (J.O. du 30.07.76). La protection des biotopes est assurée
par les Parcs Nationaux, les réserves naturelles, les arrêtés
de biotopes (moins de 4% du territoire) et un programme de cartographie
géré par le Secrétariat Faune et Flore dans lequel figurent
peu de projets concernant les insectes, faute de participants... ,
Cette multiplicité d'actions et de projets indépendants rendait
nécessaire la création d'une structure nationale de concertation
pour proposer des solutions de protection des insectes et de leurs milieux,
cohérentes et harmonisées. A cette fin, l'OPIE à mis
en place, avec l'accord du Ministère de l'Environnement, un Groupe
National d'Etudes et de Réflexions (GNERCIM). Ce groupe, constitué
de 15 personnalités appartenant à des associations
spécialisées, des organismes de recherches constitués
ou universitaires, est représentatif de tous les organismes dont les
missions sont d'améliorer les connaissances pour une meilleure protection
de l'environnement et dont il est maintenant le partenaire à part
entière.
Le GNERCIM s'est donné pour objectifs :
- de susciter une réflexion sur la place de la protection des insectes
français par rapport aux pressions socio-économiques;
- de promouvoir des études biocénotiques sur les espèces
rares ou localisées, mais aussi sur la "faune ordinaire" trop souvent
délaissée et qui a pourtant un rôle fondamental dans
les écosystèmes;
- de favoriser aussi largement que possible toutes les mesures
préventives,visant à la sauvegarde des communautés
plutôt qu'à celles des espèces considérées
séparemment;
- de jouer un rôle d'information auprès des groupes de naturalistes
et du public, notamment par la promotion de l'observation de
préférence à la collecte (observations de terrain, chasse
photographique, réalisations cinématographiques, etc.);
- de chercher à éviter la destruction irraisonnée des
insectes et de leur milieu sur l'ensemble du territoire;
- de localiser, définir, décrire et enregistrer les milieux
relictuels ainsi que les sites fragilisés qui seront
considérés comme témoins. Des "zones tampons" devront
être créées entre ces sites et les milieux plus
anthropisés;
- de mettre en évidence le rôle essentiel des insectes dans
les équilibes biologiques;
- de proposer un code déontologique des entomologistes
français.
Ce Groupe National a donc pour vocation de devenir un véritable Conseil
National disposant des moyens de coordonner les travaux et les études,
de terrains, d'organiser des séminaires thématiques, de publier
des documents de synthèse issus des travaux réalisés
et d'être un interlocuteur reconnu auprès des Ministères
et des Collectivités locales.
Son large domaine d'action lui permet dès maintenant de solliciter
l'appui de tous les entomologistes, prêts à reconnaître
et à participer à la protection des insectes et de leurs milieux.
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Pour tous renseignements complémentaires :
GNERCIM BP N°9 78283 Guyancourt cedex.
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