Historique


Assainissement et protection de l'eau à Paris

Au cours du temps, les besoins domestiques en eau potable ont évolué proportionnellement à l'hygiène des populations. Sous Louis XIV la consommation d'eau n'était que de 2 000 litres/an/hab on l'estime aujourd'hui à 30 000 litres/an/hab.

Jusqu'au onzième siècle, la population parisienne s'alimente en eau par prélèvement dans la Seine ou dans des puits. L'élimination des déchets se fait par rejet soit dans la rue, soit dans les fosses d'aisance, ou par épandage dans les jardins potagers. A partir du treizième siècle, du fait du manque de place croissant, on crée de nombreux puits secs, dits trous punais, qui remplacent l'épandage de surface par l'épandage en profondeur, et ont pour résultat de polluer la nappe et l'eau de boisson prélevée. Jusqu'au seizième siècle demeure la politique du "tout à la rue", et toutes les rues parisiennes sont sales, souillées d'immondices et de déjections. L'hygiène de la population est quasi inexistante et provoque l'apparition de plusieurs vagues d'épidémies (peste, coqueluche). De 1500 à 1530 Paris est décimée par ces épidémies. La situation évolue très peu sous le règne de Louis XIV dans les années 1660, ou l'on creuse seulement les premiers égouts. Toutes les autorités se penchent sur le problème de l'hygiène parisienne. Le 27 août 1778 se crée la compagnie des eaux de Paris. Elle alimente Paris en eau par pompage. Cependant, les eaux pluviales et ménagères sont recueillies par des "ruisseaux" qui fendent la rue en son milieu et s'écoulent selon la pente. Ces eaux sont jetées dans la Seine via les égouts. Plus tard, la capitale de 1830 est encore à peu près celle du dix-huitième siècle. Enfin, c'est au dix-neuvième siècle que naît réellement le réseau du tout-à-l'égout parisien. Il devint alors nécessaire de prévoir l'épuration des eaux d'égouts avant leur rejet en fleuve. Mille et Durand Claye développent alors une nouvelle méthode d'assainissement à la suite d'expériences concluantes menées dans la plaine de Gennevilliers, visant à traiter les effluents par le voir de l'épandage agricole sur des terrains filtrants convenablement drainés. De 1895 à 1905 apparaît progressivement les champs d'épandage d'Achères, de Carrières Triel, puis de Mery- Pierrelaye. Par la suite, en 1919 et 1924 des lois d'urbanisme rendent obligatoires, pour les grandes agglomérations, des plans d'aménagement auxquels devaient être jointes des études d'assainissement. En 1964, la loi sur l'eau pose le problème des rejets sur le milieu naturel, et on passe d'un point de vue purement hygiénique à une perspective environnementaliste. Puis en 1966 est créé le ministère de l'équipement qui lance un programme de recherche et d'études sur l'assainissement urbain. Finalement, de nos jours, de nombreuses lois sont publiées pour gérer ce problème d'assainissement et fait l'objet d'incessantes révisions.

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