Ce nest pas par hasard que nous, Européens, contemporains de
ces décennies de prospérité, avons appris à estimer,
aimer et défendre le côté sauvage de la nature. Je me
souviens dun jeune ornithologue passionné qui narrivait
pas à comprendre pourquoi les indigènes dun village
montagnard isolé de Nouvelle-Guinée étaient tentés
de prendre les oiseaux quil avait capturés dans ses filets pour
les consommer. Pour lui, il sagissait dun vol, puisquil
se donnait la peine de ne tuer que le nombre doiseaux absolument
nécessaire à ses investigations écologiques et de
libérer le reste. Il essaya donc dexpliquer aux indigènes
sa conception : en perpétuel recul, la nature constitue un bien
précieux que lon se doit de ménager et de
protéger.
Pour effectuer ses recherches en ornithologie, il utilisait des filets très
fins, mais indéchirables, de couleur foncée, dune
qualité et dune efficacité que les indigènes ne
pouvaient produire avec leur outillage en bois et bambou. Ces derniers
étaient donc fascinés par sa réussite à la chasse
et ne pouvaient pas comprendre pourquoi il nétait pas daccord
pour partager son butin. Ne sagissait-il pas de leur forêt, et
ne lui avaient-ils pas permis généreusement dy agir à
sa guise ? Leurs conceptions de la chasse divergeaient tellement quils
finirent inévitablement par échanger des mots peu aimables.
Au bout dune semaine, le jeune ornithologue retourna dans son laboratoire
citadin en bord de la mer, où il retrouva la lumière
électrique, les poulets congelés et les douches chaudes. Au
village restèrent des indigènes troublés qui se demandaient,
au nom du ciel, ce quils avaient fait de travers.
La communication avait donc échoué alors que, malgré
de considérables différences culturelles, la conception
quavaient les villageois à ce sujet ne différait pas
si radicalement de celle de leur visiteur occidental. A y regarder de plus
près, les deux visions de la nature comportaient à la fois
une part de jardin idyllique et une part de nature à létat
sauvage. Il faut dire que le jeune ornithologue avait surtout grandi en contact
avec la nature domestiquée, cest-à-dire le jardin idyllique,
tandis que les montagnards papous se voyaient quotidiennement confrontés
aux étendues sauvages. Ce qui paraissait « idyllique » au
scientifique - autrement dit, une des dernières « forêts
vierges intactes du monde » - signifiait pour ses hôtes «
la nature sauvage ». Mais que faut-il comprendre par ces termes ?
Commençons par les montagnards papous.
Le village Nokopo, où se déroula lhistoire des «
oiseaux volés », se situe à une altitude denviron
1 900 mètres dans une région de forêt vierge inaccessible
de la Nouvelle-Guinée. Dans cette région rude et escarpée,
les pieds restent le seul moyen de transport et largent nest
guère disponible. Le village est bâti sur la pente orientale
un peu plus douce dune vallée latérale, bien au-dessus
dune gorge inaccessible de la rivière Yupna. A première
vue, la région semble pittoresque : un village entouré de bambous
et de potagers. En revanche, à larrière plan, vers le
sommet des montagnes et de lautre côté de la vallée,
le cadre se limite à une forêt sombre et dense.
Les indigènes de Nokopo se sont décidés pour la pente
orientale plus ensoleillée. Là, le soleil dispense sa chaleur
sans discontinuer pendant toute la matinée, jusquà ce
que, vers midi, dépais nuages montent de la vallée. La
pente occidentale boisée reçoit moins de soleil et résiste
également mieux aux interventions humaines (comme les essarts pour
la culture des jardins) que la pente orientale amplement déboisée.
Pour les habitants de Nokopo, cette dualité entre la fraîcheur
de la forêt et la chaleur de leurs jardins et de la prairie,
représente un principe essentiel. La forêt héberge les
âmes de leurs morts. Le chasseur solitaire peut y rencontrer la «
mère du grand gibier », qui protège ses petits de
lintervention humaine, ou il peut être surpris, voire tué,
par les esprits des broussailles (Kocher Schmid, 1991).
La forêt est féminine mais cest la sphère
dactivité des hommes. Cette région ayant été
christianisée, la chasse représente pour les indigènes
le dernier véhicule de communication avec les pouvoirs de
lau-delà. La prairie et les jardins, en revanche, ont une
connotation masculine et forment le domaine dactivité des femmes.
La plupart des choses et des phénomènes peuvent être
attribués à lun des deux domaines : les couleurs de la
terre, rouge et noir, les fruits cultivés yams et taro, en
deçà et au-delà, jour et nuit, soleil et lune.
Jürg Schmid-Kocher del.
Les habitants de Nokopo éprouvent des sentiments ambivalents envers
leur forêt : dune part, elle représente pour eux la source
de tout ce qui existe et le siège des pouvoirs de lau-delà,
et par conséquent elle est un lieu qui inspire la peur. Dautre
part, elle est aussi utilisée de façon intensive : elle fournit
des quantités de bois pour le feu, la construction des maisons, des
clôtures et des ponts ; les lianes servent à la production de
matières adhésives et des parties dautres plantes sont
utilisées pour leurs vertus curatives ou nutritives. En outre, certaines
plantes de rapport (par exemple le taro, le pandamus) sont cultivées
dans les jardins et dans la forêt, tandis que le gibier offre un
complément de protéines bienvenu. Cependant, les indigènes
de Nokopo ne prennent pas particulièrement soin de la
végétation : ils élargissent constamment le réseau
de sentiers dans la forêt, en dégagent les bords, brûlent
les déchets végétaux, décortiquent les grands
arbres restants, abattent et brûlent les sous-bois. Leur attitude envers
la forêt est donc pragmatique : ils créent de lespace.
Ils détruisent ce qui les dérange et enlèvent des
matières utiles à lhomme afin de les transférer
ailleurs. Selon eux, la forêt naurait pas besoin de protection,
elle serait inépuisable et ses ressources se renouvelleraient sans
aide humaine.
Dans les jardins, les indigènes respectent davantage la
végétation : une rotation intelligente et réfléchie
empêche lappauvrissement rapide des terres. Ils entourent chaque
jardin de plantes particulières écartant les bêtes nuisibles
et les concurrents (par exemple les coléoptères du taro ou
les cochons), ils cultivent les fruits de façon flatteuse pour les
yeux, en formant des dessins (par exemple un damier composé par des
cultures de patates douces à feuilles vertes et rouges), et les bois
de bambou offrent non seulement lombre mais retiennent aussi leau
de surface et font ainsi obstacle à lérosion. Les
indigènes nont pas seulement laissé des arbres
sélectionnés mais en ont planté encore davantage : des
arbres fruitiers et du fourrage pour les petits perroquets, dautres
plantes qui leur sont utiles, dautres enfin pour leurs qualités
esthétiques reconnues (par exemple des conifères à aiguilles
larges, dont les nouvelles pousses servent à se décorer la
figure). Le chaleureux pittoresque paysage champêtre constitue le lieu
adapté à lhomme. Quiconque reste trop longtemps dans
la forêt est considéré comme non civilisé et
socialement problématique, bien que la plupart des habitants de Nokopo
fuient de temps à autre le jardin idyllique civilisé et se
retirent pour quelque temps dans la forêt sauvage, où ils se
sentent moins soumis au contrôle social.
La forêt est donc sauvage. Les habitants de Nokopo lui enlèvent
ce dont ils ont besoin - du bois, du gibier ou du feuillage - sans prendre
de dispositions pour régénérer les ressources comme
ils le font tout naturellement dans les jardins et la prairie. Pour un temps
limité, la forêt constitue un lieu de séjour
apprécié grâce à ses structures
considérées comme agréables, bienfaisantes et
esthétiquement satisfaisantes. Ces structures se retrouvent aussi
dans les jardins et la prairie. Celui qui a la chance de trouver dans la
forêt, après une averse, une branche couverte
dépiphytes, la rapportera dans le village et en déposera
quelques unes (surtout des orchidées et des fougères) sur un
arbre près de sa maison. Cet arbre, combiné à une plante
grimpante dont les pousses flottent doucement dans le vent, avait lui-même
été planté une fois et navait donc pas poussé
spontanément. « Les arbres dans leur robe de plantes grimpantes
et dépiphytes sont beaux », assurait un connaisseur et
un autre homme disait : « Nous plantons ces choses à
lintérieur dun village afin que ce dernier prenne les
airs dune forêt car la forêt est belle à regarder
». On transporte donc des structures forestières dans les jardins
et la prairie, à proximité des habitats humains, mais toutefois
pas dans leur composition « sauvage » originelle. Les composants
singuliers ont été sélectionnés daprès
leur valeur esthétique et recomposés par la suite. Non la
forêt en tant que telle, mais des parties limitées ont
été transportées et recomposées afin dapporter
la structure esthétiquement satisfaisante à proximité
de lespace vital humain.
Ce genre daction est une tradition chez les habitants de Nokopo : un
des objets rituels les plus importants du passé repose sur ce principe.
Il sagit dune composition de différentes mousses et feuilles,
de plantes grimpantes avec des tuyaux de bambou et des coquilles
duf vidées (de poules sauvages). Cette création
sappelle « représentation des esprits des ancêtres
». Avant la christianisation, les indigènes la reproduisaient
chaque année et la suspendaient à lentrée de la
maison des hommes entre deux arbres particuliers. Jadis, le matériel
végétal utilisé avait été cueilli à
un endroit bien précis de la forêt, « la piste de danse
des esprits des ancêtres » où, normalement, personne ne
mettait les pieds. A la christianisation, ce lieu a été
irréparablement détruit, mais des hommes âgés
décrivirent en 1987 le caractère et lapparence de cette
forêt spéciale de façon si précise que des
scientifiques furent capables de découvrir lespèce rare.
Il sagit dune forêt avec une grande majorité de
palmiers qui atteignaient rapidement leur hauteur maximale sur le sol dun
lac asséché. Les troncs poussaient côte à côte,
le sol était dépourvu de végétation et inondé
selon la saison. Pendant la saison sèche, lorsque les hommes entraient
dans la forêt, les feuilles de couleur pourpre éclatant de cette
espèce darbre, qui composait la majorité de la canopée,
étaient éparpillées sur la sol nu et sec ; il faisait
sombre, et lon ne voyait pas loin entre ces troncs denses. Les hommes
décrivaient leur séjour dans la forêt comme funèbre
et inquiétant. « La piste de danse des esprits des ancêtres
» symbolisait la forêt sauvage, non touchée par lhomme,
à lexception des rites contrôlés et limités.
Elle constituait le foyer et le siège des pouvoirs surnaturels qui,
ainsi que la forêt sauvage, se trouvent en dehors de la sphère
dinfluence et de contrôle humains.
La composition des matériaux enlevés annuellement de la «
piste de danse » symbolisait la « représentation »
des esprits des ancêtres au centre de la sphère dinfluence
humaine, à côté de la maison des hommes. Lincarnation
de la forêt sauvage, lessence de ce qui la représente
pour les hommes de Nokopo, a été concentrée de nouveau
et résumée par une forme plus concrète et ainsi moins
dangereuse. Les indigènes ont donc adopté la nature sauvage
et intégré une forme domestiquée de ses structures
agréables et esthétiquement satisfaisantes dans leur vie
quotidienne : ils ont transformé la contrée sauvage en un lieu
idyllique. Par conséquent, les jardins idylliques représentent
une contrée sauvage domestiquée et concrète. Ils ne
contiennent que les aspects agréables pour lhomme mais quelque
chose émane pourtant de leur entité dangereuse dorigine.
En général, cet aspect forme justement ce charme idyllique.
De telles transpositions et recompositions concrètes de la nature
sauvage se retrouvent non seulement dans les villages mais aussi, par exemple,
dans les jardins familiaux de la région bâloise. Pour une grande
partie des habitants du Nord-Ouest de la Suisse, région densément
peuplée, ces jardins offrent souvent la seule possibilité de
soccuper activement de la nature, de la former à leur
goût (1). Dans leur division
plutôt unitaire, les jardins privés sont généralement
partagés en trois. Au premier plan se trouve la partie
représentative avec les plates bandes à fleurs multicolores
qui longent les sentiers publics ou semi-publics. Dans le fond, à
proximité de la petite maison et caché de lextérieur,
la plupart des jardiniers ont créé un espace individuel
privé. Entre ces deux parties se trouve le véritable potager
ou/et un assemblage de plantes dornement plus ou moins visible de
lextérieur.
Le plus souvent dans lespace privé, parfois aussi dans le domaine
semi-public, les jardiniers ont cultivé des paysages miniatures (80
jardins sur 369, cest-à-dire environ 22% des jardins examinés
; 21 jardins font même preuve de deux reproductions de paysages
différents). Les jardins rocailles (43) connaissent la plus grande
popularité, suivis des biotopes humides (32). Ces paysages condensés
représentent des lieux de créativité personnelle.
Les jardins alpins et rocailles ont une tradition longue dun à
deux siècles, remontant aux recherches documentées sur les
Alpes, qui furent les dernières contrées sauvages dEurope.
A la fin du XIXe siècle, la synthèse entre la botanique et
lalpinisme et la collection populaire de plantes alpines adoptèrent
de telles formes que lon dut prendre des mesures contre lextinction
de certaines espèces. Dès le début, il sagissait
de cultiver des jardins alpins non seulement pour des raisons scientifiques
mais aussi pour vaincre la nature sauvage en la transformant en un jardin
idyllique. Le botaniste et alpiniste Kerner (1864 : 1) écrit dans
lintroduction de son fameux livre Culture des plantes alpines «
combien dinvalides botaniques voudraient bien faire
apparaître une flore alpine pittoresque devant leurs fenêtres
ou dans leur jardin, lorsquun jour leur vieillesse ne leur permettra
plus de se rendre sur les versants de montagnes lointaines
» (2).
Dans les jardins rocailles, les familles plantaient en 1994 et 1995 des fleurs
alpines typiques comme la gentiane, les immortelles des neiges ou les chardons
argentés. Elles créaient aussi souvent lidée de
la végétation alpine en arrangeant des pierres, des racines,
des coussins de fleurs de petite taille et des plantes précieuses
(par exemple lorchidée), sans que les éléments
appartiennent forcément à la flore alpine. Souvent, les plantes
choyées dans les jardins rocailles ont été trouvées
dans la nature sauvage ainsi que les racines ou les pierres ramenées
des randonnées en montagne.
Ces dernières années, suite aux promotions et aux recommandations
de certains biologistes, le biotope humide a évolué dans la
région de Bâle en « biotope » et « lieu naturel
» tout simplement. Par conséquent, un biotope humide, une petite
flaque avec la flore correspondante, symbolise pour les familles « la
nature » en sa forme la plus pure. Les surfaces deau enrichissent
dailleurs aussi les jardins par la dimension animale : la grenouille,
le triton et la couleuvre à collier jouissent de la popularité
générale, et les jardiniers savent exactement combien
dindividus de tel ou tel genre sébrouent dans leurs eaux.
Contrairement au jardin rocaille, le biotope humide ne contient guère
de plantes collectées par le jardinier lui-même mais des plantes
achetées dans le centre dhorticulture.
Généralement, on constate que les paysages de lEurope
centrale ont été influencés considérablement
par lêtre humain depuis des siècles ; la véritable
nature sauvage (comme la forêt vierge de Nokopo) nexiste presque
plus, et ce que lon appelle ordinairement « la nature » forme
le paysage culturel anthropogène, comme lavaient construit les
paysans avant la mécanisation de lagriculture (différents
types de forêt, de prés et de pâturages). Lentité
des jardins familiaux représente une reconstitution et une
idéalisation de ce paysage de culture agricole (Kocher Schmid, 1996).
Les paysages condensés, composés de pièces soigneusement
sélectionnées selon des critères esthétiques,
se retrouvent au milieu de cette reconstruction et idéalisation. La
notion tant soit peu perceptible du danger dorigine dun tel paysage
sauvage a aussi sa valeur. Sous le titre « Idées pratiques pour
notre alpinum », lorgane officiel des jardiniers privés
écrit : « Par le voisinage bien équilibré de plantes
en fleurs simultanément et harmonisées entre elles, nous
créons de multiples effets de couleurs attrayants. Autour du jardin
rocaille, flotte un certain charme sauvage. » (A.A., 1970 : 117 sqq.).
Lexamen des jardins rocailles privés de Bâle permet de
constater : « Ici, dans cet espace le plus étroit, on combine
des plantes et des pierres qui, dans la nature, se trouvent souvent loin
les unes des autres. Dans ce monde sublime et sauvage des montagnes,
lhomme risque de se perdre entre les immenses parois rocheuses et les
crevasses profondes. Le jardin rocaille, en revanche, en représentent
une version de poche confortable, il est aimable, sans danger,
et, de toute façon, à parcourir des yeux : lEngadine
se trouve à côté du Valais et devant lOberland
bernois » (Suter, 1995 : 23-24).
Le charme sauvage du jardin rocaille est perceptible, ce qui nest toutefois
pas vrai pour le biotope humide. Car il ne sagit pas de la transposition
dune expérience vécue, mais dune nature sauvage
redimensionnée et rendue accessible par des spécialistes. Le
cur idyllique dune nature idyllique en dautres termes,
car les biotopes humides aux sentiers tortueux et aux passerelles cocasses,
tels que de nombreuses communes et organisations privées les
aménagent et les entretiennent, représentent déjà
une nature domestiquée et recomposée. En conséquence,
il nest que logique que les éléments particuliers, dont
on a besoin pour construire un biotope humide dans son propre jardin, puissent
être achetés dans le département « plantes aquatiques
et biotope » du commerce.
Revenons au jeune ornithologue du début. Le scientifique ne trouve
guère sa nature idyllique dans un jardin rocaille mais dans les
contrées sauvages de cette planète. Globalement, cette nature
vierge est devenue de plus en plus restreinte et il est toujours plus difficile
de sy perdre. En dautres termes, ces derniers restes se sont
réduits aux jardins idylliques pour les observateurs et visiteurs
occidentaux. Et cest là qua commencé le grand
malentendu entre le jeune ornithologue et les montagnards de Nokopo : pour
ces derniers, la forêt sauvage renferme des dangers considérables.
Sy casser la jambe entraîne pour un jeune indigène des
conséquences imprévisibles durant le reste de sa vie. Il aura
toujours du mal à marcher et ses activités ainsi que sa
qualité de vie seront dramatiquement limitées. Pour son visiteur
occidental, le même accident signifierait quun
hélicoptère lemmènerait à
lhôpital, où il serait soigné dans les règles
de lart. Néanmoins, le jeune indigène pourrait profiter
en théorie du même service, mais seulement en théorie
car il ne serait même pas capable de payer le déplacement et
encore moins les coûts ultérieurs.
La nature sauvage sest contractée en jardin idyllique pimenté
dune pointe de danger non seulement pour le jeune ornithologue mais
aussi pour le reste de la population nantie du monde. Pour linstant,
ceci représente le dernier stade dune évolution qui a
commencé il y a plus de 200 ans en Angleterre : « By the end
of eighteenth century, therefore, the old preference for a cultived and
man-dominated landscape had been decisively challenged. Encouraged by the
ease of travel and by immunity from direct involvement in the agricultural
process, the educated classes had come to attach an unprecedented importance
to the contemplation of landscape and the appreciation of rural scenery ».
(Thomas 1987 : 267)3.
[R] Bibliographie
A.A., 1970. Praktische Hinweise für Alpinum. Der Gartenfreund (Bâle), 6, 117-121.
Kerner A. (Von Marilaun), 1964. Die Cultur des Alpenpflanzen. Insbruck : Verlag des Wagnerischen Universitäts-Buchhandlung.
Kocher Schmid C., 1991. Of people and plants : a botanical ethnography of Nokopo village, Madang and Morobe Provinces, Papua New Guinea. Basel : Wepf Verlag/Museum für Völkerkunde (Basel Beiträge zur Ethnologie, 33).
Kocher Schmid D C., 1996. Asthetische Präferenzen im Umgang mit Pflanzen. in LESCH WALTER : Oekologie zwischen Kommunikation und Aesthetik. Birkhaüser, Bâle/Boston/Berlin, pp.149-173.
Suter D., 1995. Steingärten : eine Studie im Familien gartenareal Spittelmatt. (Feldforschungsübung SS 1995, Seminar für Volkskunde der Universität Basel - Prof. Dr. Ch. Burckhardt-Seebass. Manuskript).
Thomas K., 1987 (1983). Man and the natural world : changing attitudes in England 1500-1800. Penguin, Harmondsworth.
[R] Notes
1. La ville de Bâle compte environ 6 000 jardins privés organisés en associations et encore environ le même nombre de jardins non-associés ou organisés différemment. On peut donc en conclure quenviron 12 000 familles possèdent un tel jardin et quelles cultivent à peu près 240 hectares.[Vu]
2. Ces considérations historiques se fondent sur Daniel Suter (1995 : 7-11). [Vu]
3. « Cest vers la fin du XVIIIe siècle que le défi de culture et de domination de la terre, vieux désir de lhomme, a été relevé de façon décisive. Encouragées par la facilité de voyager et sans tenir compte du processus agriculturel, les classes instruites ont attribué une importance sans précédent à la contemplation du paysage et à lappréciation de la scène rurale. » [Vu]
Cette étude est fondée sur deux types de recherche : des recherches sur le terrain en Papouasie-Nouvelle-Guinée (1986-1987), financées par lAcadémie suisse des sciences humaines et sociales ; et le projet « Lesthétique des plantes » comprenant des investigations dans les jardins privés bâlois (1994-1995), projet coordonné par le module 3 « Biodiversité » du programme « Environnement » du Fond national suisse et financé par la Fondation « Homme Société Environnement » de lUniversité de Bâle. Nous présentons nos chaleureux remerciements aux institutions intéressées pour leur soutien généreux et leur confiance.
Article repris de Natures en tête, recueil publié
par le Musée dethnographie de Neuchâtel (Suisse) en 1996,
avec laimable autorisation de léditeur.
Marcol.Gonseth@men.unine.ch