Le Courrier de la Cellule Environnement n°1, avril 1987

L'INRA et les espaces protégés
Un bilan pour mieux cerner les perspectives de collaboration


Les parcs nationaux et leurs zones périphériques Les parcs naturels régionaux et parfois les réserves naturelles constituent des territoires dans lesquels une gestion appropriée nécessite souvent un effort de recherche important.
Si. ce ne sont pas des organismes de recherche scientifique ils peuvent accueillir des travaux de recherche ou y participer, et conduire des études. La Direction de ta protection de la nature le rappelait dans une instruction récente concernant les parcs nationaux (en date du 15 mai 1986) diffusée aux membres de la Cellule le 23 mai dernier
Parmi les problèmes les plus importants qui se posent ou vont se poser au gestionnaire il semble bien que l'on puisse inscrire en priorité ceux liés directement ou indirectement, à la déprise agricole
Non pas que seuls les espaces protégés soient susceptibles d'être concernés (Rappelons qu'ils ne représentent qu' environ 6% de la .surface de notre pays) mais bien parce qu'ils peuvent l'être d'une manière différente
D'une part contrairement à une opinion encore répandue les objectifs de protection sont loin d'être favorisés par une déprise. Cela est évident au niveau des paysages mais l'est souvent également au niveau des espèces elles-mêmes, sans compter bien entendu les sociétés rurales sur lesquelles pourtant la gestion des espaces protégés doit chercher à s'appuyer.
D' autre part ces différents établissements, leurs structures et les territoires dont ils ont la responsabilité, non seulement peuvent, comme nous le rappelions ,tout à l'heure accueillir des recherches mais aussi devraient y participer assez systématiquement, dans la mesure où celles-ci sont indispensables à l'accomplissement de leurs missions
Il est par ailleurs important de rappeler que la recherche dans les espaces protégés est coordonnée par différentes instances.
Le Comité de la Recherche dans Les Espaces Protégés (CREP) placé auprès de la Direction de ta Protection de ta Nature (au Ministère de l'Environnement propose des .thèmes de recherche ou donne son avis sur des thèmes susceptibles d'aider à mieux connaître et mieux gérer les espaces protégés. Il tente également de mieux coordonner les projets concernant divers espaces.
L' Atelier Technique des Espaces Naturels service de la, Direction de la Protection de la Nature (D.P.N) effectue un suivi des opérations en cours tente de constituer un "savoir faire" à partir des données existantes et en assure la diffusion
Ces instances peuvent évidemment s'appuyer sur les comités scientifiques des parcs nationaux ou les comités de gestion des réserves naturelles.
Quand il s'agit de recherches nécessitant un financement du service de la Recherche, des Etudes et du Traitement de l'Information (SRETIE), les projets doivent être présentés devant un comité (généralement le Comité "Ecologie et Gestion du Patrimoine Naturel'' EGPN). Le comité n'a pas à discuter de l'adéquation aux problèmes des espaces protégés, mais il examine la bonne tenue scientifique du programme, la capacité de l'équipe à .le mener à bien, et l'intérêt de regroupements ou d' extensions. Le suivi des opérations et la valorisation scientifique des résultats sont également de son ressort
Parfois, après avoir constaté l' importance d'un grand thème de recherche, au niveau des besoins exprimés, le comité peut lancer un appel d' offres qui. peut aussi bien concerner les espaces protégés que l'ensemble du territoire.
Pour sa part l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) dont une des missions est " la protection, la sauvegarde et la gestion rationnelle des ressources naturelles et de " l'espace rural" et qui est de plus impliqué dans la chaîne des conséquences de l' évolution de l' agriculture est directement concerné.
Il existe déjà de nombreux exemples de relations plus ou moins spontanées et parfois excellentes entre l' INRA et les espaces protégés.
Cependant, dans une situation complexe (du fait du nombre des interlocuteurs) et pressante (du fait de la rapidité d'évolution des situations) il paraît opportun d'effectuer une concertation.
Il serait ainsi possible tout d'abord de faire le point des relations existantes, mais surtout de définir une politique commune tenant compte d'une part des besoins de recherche des espaces protégés poux leur gestion, d' autre part des compétences et des programmes de recherche de l' INRA. En particulier on cherchera à mettre en évidence les avantages réciproques apportés pan cette collaboration qui. bien entendu ne comporte pas d' exclusives.
Une journée de travail, organisée avec nos partenaires, est donc prévue dans le courant de 1987 ; elle sera précédée pan un inventaire des actions récentes et en cours et par le recueil des réflexions faites par les chercheurs ayant participé ou non à des programmes ayant pour cadre des espaces protégés.