Prenons-nous à rêver
Périodiquement, on parle de "toiletter" la loi du 10 juillet 1976,
relative à la Protection de la Nature , l'un des piliers de la gestion
de l'environnement en France. Ce n'est pas toujours de bon augure ; il en
est toujours qui rêvent de la vider subrepticement de sa substance...
Chacun sait maintenant que les contradictions entre environnement et
développement sont solubles dans l'intelligence puisqu'elles ne sont
souvent que l'expression d'un déphasage : on fait, on finalise, on
agit et après, après seulement, on mesure les conséquences
négatives, les effets indésirables. A moi, alors, l'environnement
réparateur, chirurgie toujours délicate, souvent douloureuse
et éternellement coûteuse !
Pour ce qui est de la recherche, il faudrait donc intégrer l'environnement
dès le début des travaux. Pourtant dans ce domaine on a parfois
l'impression d'avoir à faire à un progrès à la
Pyrrhus 1
Prévoir, gérer systèmes et complexité,
modéliser, articuler dans une problématique interdisciplinaire
des points de vue différents, évaluer, etc. , devrait être
maintenant monnaie courante, et dans le domaine du proche inconnu, la recherche
est reine.
Alors pourquoi en cette année placée sous le signe de
l'environnement, ne pas proposer une petite, toute petite modification de
l'article 1 de la loi de la Protection de la Nature ? Histoire de ne pas
préparer à l'aveugle pollutions et dégradations de l'an
2030...
Il suffirait d'inscrire la recherche au nombre des activités devant
satisfaire aux exigences d'intérêt général reconnues
par la loi.
Autrement dit, on peut toujours espérer un nouvel article premier
comme celui-ci : "Article premier . ? La protection des espaces naturels
et des paysages, 1a préservation des espèces animales et
végétales, le maintien des équilibres biologiques auxquels
ils participent et la protection des ressources naturelles contre toutes
les causes de dégradation qui. les menacent sont d'intérêt
Général. (inchangé).
"Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde du patrimoine
naturel dans lequel il vit. Les activités publiques ou privées
De recherche, d'aménagement, d'équipement et de production
doivent se conformer aux mêmes exigences.
Bien sûr une loi ne fait pas tout. Mais elle donnerait plus de
légitimité à des démarches qui, tout en étant
aussi scientifiques que d'autres, ne correspondent parfois pas aux canons
de l'académisme parcellisateur... ou à d'autres, comme celle
de l'Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et
Technologiques, qui ne se développent pas avec l'ampleur souhaitable...
Encore faudrait-il qu'elle soit appliquée. Mais l'environnement n'a-t-il
pas le vent en poupe ?