Figure 1. Protection de l'environnement
Les Lorrains estiment que les principaux problèmes de qualité de l'environnement qui se posent dans la région sont ceux de la pollution des eaux douces et de la pollution de l'air (fig. 2). Parmi les problèmes locaux, la protection des paysages ruraux et celle des espèces animales et végétales menacées sont également considérées comme importantes. Par contre, la question de l'accueil du public en forêt ne semble pas poser de problème majeur, ce qui traduit une assez bonne satisfaction de la situation actuelle dans ce domaine.
Figure 2. Principaux problèmes d'environnement
Les motifs de l'intérêt porté par les ménages à la protection des forêts sont d'abord de nature altruiste et éthique (fig. 3). Il s'agit de transmettre aux générations futures des écosystèmes protégés et de préserver la nature pour elle-même. Le souci de pouvoir bénéficier personnellement dans le futur des biens et services procurés par les forêts n'intervient qu'en troisième position et l'utilisation actuelle des services récréatifs des forêts est encore moins souvent retenue. Enfin, la nécessité de disposer, aujourd'hui et dans l'avenir, d'une ressource en bois est le motif le moins partagé. Une légère majorité de Lorrains estime cependant que c'est un objectif à ne pas négliger.
Figure 3. Motifs de protection de la forêt
La production de bois et l'influence sur les paysages sont les deux rôles des forêts considérés comme les mieux remplis actuellement (fig. 4). Les Lorrains semblent aussi relativement satisfaits de la façon dont les forêts jouent leurs rôles d'espace de détente et de récréation et de protection d'espèces animales et végétales menacées. Ils sont par contre plus réservés sur les autres rôles écologiques (eau, air, nature), qu'ils souhaiteraient d'ailleurs voir développer, au détriment de la production de bois, dans la gestion future.
Figure 4. Rôles actuels remplis par la forêt
Les forêts de Lorraine sont l'objet d'une très importante fréquentation de la part du public : chaque famille se rend en moyenne en forêt 40 fois par an (fig. 5). Seuls 4% des ménages n'y vont jamais, un tiers y va moins d'une fois par mois, un tiers entre une fois par mois et une fois par semaine et un tiers plus d'une fois par semaine. Au total, les 840 000 ha de forêts lorraines recevraient annuellement 90 millions de visites.
Figure 5. Fréquences des visites en forêt
La fréquentation des forêts en Lorraine est essentiellement une fréquentation de proximité : les forêts visitées se situent en moyenne à 15 km du domicile (fig. 6). Plus du tiers des ménages se rendent dans des forêts situées à moins de 5 km de chez eux, un quart dans des forêts situées entre 6 et 15 km et un tiers dans des forêts situées à plus de 15 km. Dans quelques cas (7%) les visites en forêt donnent lieu à des déplacements importants (activités sportives dans le massif vosgien). L'ensemble de ces déplacements correspond, au prix du carburant, à un coût total d'environ 280 millions de Francs/an que consentent donc les ménages lorrains pour bénéficier de loisirs en forêt.
Figure 6. Distances des visites en forêt
Le motif principal des déplacements en forêt est la promenade
et la détente (57% des cas). La fréquentation des forêts
correspond ensuite à des loisirs sportifs (17%) et d'observation de
la nature (12%). La cueillette (10%) s'avère finalement assez peu
fréquente et la chasse (4%) reste une activité marginale. Les
avis des Lorrains sur les équipements d'accueil en forêt sont
très partagés : une légère majorité souhaite
des forêts peu équipées, mais une forte minorité
préfère des forêts équipées. Ils se
déclarent, au total, relativement satisfaits des équipements
actuels tout en souhaitant moins de routes carrossables et plus de panneaux
pédagogiques et de sentiers de promenade.
La majorité des personnes ayant répondu à l'enquête
se déclare favorable à l'idée d'une participation à
l'amélioration des services écologiques et de loisirs des
forêts (fig. 7). Cette volonté est surtout marquée pour
les aspects écologiques, beaucoup moins pour les aspects
récréatifs dont une trop forte augmentation fait craindre la
perte du caractère naturel de la forêt. Par ailleurs, les motifs
de refus de participation ne correspondent en général pas à
un désintérêt pour les rôles écologiques
et sociaux des forêts mais à des souhaits d'arbitrages
différents dans l'affectation des fonds publics existants. L'acceptation
de principe d'une participation est nettement plus forte pour les
diplômés de l'enseignement supérieur, les ménages
ayant les plus hauts revenus et les citadins.
Figure 7. Financement des services de la forêt
Le montant que les ménages lorrains seraient prêts à
consacrer à l'amélioration des services écologiques
des forêts est finalement assez faible. Il est, en moyenne, d'environ
100 F/ménage/an soit, au total, de 80 millions de francs/an. Seuls
65% des ménages se déclarant favorables à une participation
ont en effet exprimé une valeur non nulle (fig. 8). Globalement, un
peu plus d'un tiers des ménages accepterait donc de financer ces services.
Pour la majorité d'entre eux les montants annuels sont inférieurs
à 200 F/ménage.
Le moyen de financement qui recueille le plus d'opinions favorables est celui
d'une taxe sur les activités polluantes (" éco-taxe "). Les
ménages sont, par contre, assez opposés à un financement
par voie fiscale (nationale ou locale) ainsi qu'à l'idée
d'acquitter un droit d'entrée en forêt.
Figure 8. Montants annuels acceptés