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[R] Yves Luginbühl
Paysage investi d'une affection personnelle ; la vigne, le vignoble, c'est là où j'ai fait mes premières armes dans le travail de recherche. Ce n'est pas la côte de Bourgogne, mais ce pourrait l'être, bien qu'en Bourgogne, on imaginerait mal un champ non cultivé (du moins provisoirement) à côté d'une vigne. Le paysage viticole est le prototype du paysage soigné, architecturé (le tracteur est en train de donner une forme parallélépipédique à la rangée de vigne, en les rognant), qui assimile davantage les viticulteurs à des artisans qu'à des agriculteurs. Bien évidemment, on pense à Virgile (" Bacchus amat colles "), au plaisir à l'ivresse. Mais ce qui me vient à l'esprit, immédiatement, en voyant ce vignoble de l'Ile-de-France, c'est la similitude de ce paysage avec tous les vignobles du monde : une même apparence, un même soin apporté à la mise en forme des ceps, une même mythologie, un sens identique à la fois de la richesse et de la lutte entre petits viticulteurs et grands propriétaires. Mais en fait, pour qui connaît assez bien les paysages de vignoble, il est indéniable que ce sont des paysages faits pour être vus, pour évoquer le produit fini et ce qu'il signifie, mais pas des paysages où l'on se promène. Il n'y a rien de pire que se promener dans une vigne. Cependant, en région périurbaine, ce sont peut-être des paysages susceptibles de résister à la pression d'urbanisation.
[R] Bernard Hubert
C'est la seule photo avec un homme au travail ! Il est sur une machine
spécialement conçue pour le travail des vignes ; nous sommes
donc dans une région viticole ; mais ce n'est apparemment pas le Sud
d'après l'architecture du bâti. Celui-ci ferme quasi totalement
l'horizon constitué de toitures en tuiles sur le rebond d'une
légère pente : des bâtiments anciens pour l'essentiel,
en bon état apparemment. Des vergers et jardins assurent la lisière
entre les champs et le bâti et donc un environnement proche des habitations
plus " arrangé "et diversifié.
A droite, une friche dans laquelle on distingue encore les billons ; une
ancienne vigne ? Il y aurait alors de la déprise ou une politique
de qualité limitant les surfaces et les hectos ? L'été
est avancé et c'est déjà bien sec ; la friche est "
sauvage ", on y distingue de nombreuses espèces à différents
stades végétatifs ou en floraison, voire déjà
en sénescence pour certaines. C'est en contraste avec les alignements
de la vigne, débarrassés de toute herbe folle !
L'homme travaille seul sur son tracteur ; je ne connais pas assez la viticulture
et je ne vois pas bien sur la photo ce qu'il fait. Il pourrait vendanger,
seul sur une pièce de terre ; si c'est le cas, il illustre bien le
transfert capital/travail : la machine remplace les hommes et les femmes
que nous aurions vus, quelques années auparavant, cueillir à
la main et transporter dans des paniers les grappes précieuses. Si
ce n'est pas cela, mais seulement une taille, qu'elle paraît
grossière alors, semblable à l'épareuse qui entretient
les chemins sans considération pour les noisetiers des promeneurs
!
Trois masses : le bâti, la vigne et la friche ; une mosaïque qu'on
aimerait voir d'en haut !
[R] Alain Jacquet
Cette photo montre un paysage viticole composite où la vigne s'inscrit
dans un contexte de constructions rurales avec jardins arborés et
d'un champ cultivé. Un homme procède au rognage de la vigne,
sa tenue vestimentaire et l'état de la végétation correspond
à la période estivale.
Plusieurs éléments évoquent la présence d'une
zone de viticulture traditionnelle assez importante. Il s'agit du relief
de coteau léger assez pierreux (situation viticole favorable a-priori),
du matériel utilisé pour rogner (tracteur enjambeur),
spécifique à la viticulture et qui ne se justifierait pas pour
une production à caractère anecdotique ou familiale. Par contre,
le champs à droite sur la photographie, révèle l'existence
de polyculture et probablement pas une grande notoriété de
la production viticole dans le secteur. Ceci, d'autant plus que l'on se trouve
à proximité du village, zone très colonisée par
la vigne en situation de grand cru.
La forte vigueur de la vigne, en particulier visible sur sa partie gauche
non-rognée, laisse à penser que le sol est profond, fertile
et dispose de bonnes réserves en eau. [...]
L'ensemble évoque l'arrière d'un village ancien et paisible,
où la prospérité de certains habitants a permis
d'édifier des bâtiments, somme toute, assez importants (comme
en haut de la vigne).
[R] Raphaël Larrère
C'est l'éternelle pastorale, malgré le tracteur enjambeur. la vigne habille toujours bien les paysages ruraux, surtout quand elle est en terrasses, ou plantée selon les courbes de niveau. Ce n'est pas ici le cas, mais par bonheur, la pente est souple.
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