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[R] Bernard Hubert
Je sais que je n'y ai pas droit, mais je ne résiste pas à dire un mot de cette jument et de son poulain. J'aime les chevaux, la puissance de leur croupe, le flou de leur crins... et c'est justement cela le seul point de lumière sur cette image ! Aux abords d'une ville banale, un port probablement avec ses activités tournées vers ailleurs, dans des prairies basses et humides, plutôt mal entretenues, envahies par les genêts et les joncs, une jument joue avec son poulain au milieu des touffes d'herbes. Le centre du monde est là pour eux, entre deux clôtures qui briment et qui rassurent, au milieu des buissons qui rendent l'espace plus rugueux et protègent du vent et des intrus... peu importent, pour eux, la voiture qui passe là bas sur la digue, les lignes à haute tension et les centrales nucléaires qui sont au bout, les bateaux remplis de bananes qui viennent de si loin !
[R] Frédéric Morand
Pâturage permanents sous un horizon d'installations industrielles (zone portuaire ?). L'horizon industriel, dense (lignes de haute tension, grues, constructions), conduit à la domination par l'ordre (industriel des ordres domestique et écologique supportés par les deux équins, leur attitude joueuse, les clôtures rustiques, le sol accidenté, les fleurs, le vert profond de l'herbage. Le contraste m'inspire une impression de laideur.
[R] Etienne Landais
Ici, les champs ont déjà l'odeur triste de la ville. Aux confins de la cité, l'agriculture dépérit dans l'attente fiévreuse de la convoitise des promoteurs immobiliers. La prairie dégradée et envahie du premier plan, que seul le cheval lourd parvient encore à valoriser, est d'ordinaire l'apanage des landes désertifiées du rural profond... Les deux rives de l'agriculture se ressemblent.
[R] André Fleury
Ce paysage est empreint du contraste d'activités économiques
: La ville est peu visible, identifiée par les éléments
verticaux (métalliques surtout) qui lui confèrent une empreinte
de modernité.
L'espace du premier plan relève-t-il encore d'une agriculture
archaïque et moribonde, ou est-il déjà de la friche, comme
le suggère l'état de la végétation (petits buissons
ou arbustes dispersés) ?
L'impression générale est triste ; le mouvement du cheval ne
suffit pas à redonner un peu de vie. Qui pourrait avoir envie d'y
voir une nature attrayante ? En quelque sorte, il n'y a plus de paysage ;
il faudrait en reconstruire un, qui ne procédera pas de son
prédécesseur.
[R] Raphaël Larrère
Il y a dans cette vue de quoi montrer que l'industrialisation et la mise
en place d'infrastructures dans les campagnes n'en détruisent pas
toujours le paysage.
La plaine est comme graffitée par les lignes électriques. le
pays n'est plus qu'un espace où passent les infrastructures. C'est
peut-être pourquoi ceux qui l'utilisent lui donnent un aspect
débraillé.
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