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[R] Bernard Hubert
Ce n'est pas un paysage à regarder mais à voir, sentir et ressentir
: la lumière est diffuse, homogénéisée par le
verre ou le plastique... C'est d'ailleurs ce qui est recherché pour
le " bien-être "des plantes. Enchevêtrement de tubulures, alignements
de pots à plantes, désordre, au fond, de matériel
laissé en plan par les hommes physiquement absents pour le moment.
C'est vrai que dans un tel environnement, ils sont présents partout,
par leurs traces ! (paysage agricole ou plutôt agronomique ?). Il fait
chaud, l'atmosphère est glauque, ça sent la terre humide...
J'ai assez vite envie de sortir !
C'est pour moi un concentré d'artificialisation qui me fascine et
me fatigue assez vite. On a l'impression qu'on peut y contrôler tout
: la lumière, la température, l'apport d'eau et de fertilisants,
la variabilité des plants... Mais on sait qu'en fait on n'y maîtrise
pas grand chose : la terre persiste à tourner autour du soleil, les
tubes font de l'ombre, l'aspersion n'est pas uniforme, la vigueur des plantes
n'est pas identique pour toutes. Cela me rassure, comme les jours de neige
qui font lambiner les TGV et envoient les 747 se poser à Bruxelles
!
Il n'y a rien qui me procure du plaisir dans cette ambiance, si ce n'est
d'imaginer celui qu'il y aurait à y faire pousser des fougères
arborescentes, des lianes, des hibiscus, des plantes tropicales, diverses
et exubérantes, s'enchevêtrant et se concurrençant pour
créer un grand bordel du vivant jouant de l'eau, de la lumière
et des nutriments pour que l'ordre génère du désordre
(et vice versa) et nous régale de bananes, goyaves et autres fruits
de la passion !
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