Un dossier établi par
Pierre Donadieu et Alain Fraval pour
Paysage et Aménagement (P+A), paru
dans le n°33, hiver 95/96, surtitré Le paysage des agronomes
et des habitants et introduit par ce chapô : " Onze agronomes,
spécialistes de disciplines différentes, réagissent
à des images de paysages agricoles. Ces mêmes images ont
été soumises à des habitants de la grande banlieue
parisienne. Résultats troublants ! ".
Les textes écrits par nos experts (en agronomie) ne sont qu'un point de départ (facultatif) pour votre propre réaction à ces mêmes images. Faites la nous connaître, si vous le désirez (page Nous contacter). La règle du jeu était et reste : choisir de 1 à 7 des 14 images proposées et composer 1 à 7 commentaires libres, en n'omettant pas de mentionner la lettre (de a à n) qui identifie chaque photo.
Les images sans commentaire (80 à 140 Ko) :
a
b
c
d
e
f
g
h
i
j
k
l
m
n
Présentation du dossier (telle que dans P+A), les images avec l'avis des habitants et les commentaires des agronomes : photos A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, les agronomes, crédit photographique, autres Pages très spéciales.
La question du paysage agricole peut être approchée de deux
façons différentes. Il est possible d'analyser les modes sociaux,
économiques et politiques de production de l'espace agricole afin
de comprendre les évolutions des paysages ruraux et de les prévoir.
Il est tout aussi passionnant de décrire les processus
d'appréciation des évolutions de ces paysages par les
différentes catégories de public.
La mise en relation de ces deux démarches permet de mieux comprendre
la question contemporaine du paysage dans la culture occidentale et surtout
de ne pas y répondre uniquement en terme de protection, mais aussi
en terme de création de paysages.
Une méthode aujourd'hui utilisée par les chercheurs consiste
à utiliser des photographies de paysages pour cerner les
préférences des publics. L'image est en effet un médium
essentiel de l'appréciation du paysage. Elle sélectionne des
vues cadrées et permet à des jugements de valeur de s'exprimer.
Elle traduit ainsi des modèles d'appréciation du paysage souvent
anciens, mais aussi de nouvelles formes qui renouvellent celles qui tombent
lentement en désuétude.
Comment réagissent à des images de paysages d'une part, des
habitants de banlieues agricoles et, d'autre part, des agronomes travaillant
dans différents domaines de la recherche appliquée ? Leurs
opinion se rejoignent-elles ou diffèrent-elles ? L'univers des
scientifiques est-il proche des points de vue de l'homme de la rue, ou bien
vivent-ils sur des planètes différentes ?
Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons utilisé
les résultats de travaux effectués en 1995 par de jeunes chercheurs
de l'Ecole nationale supérieure du paysage (Versailles). Quatorze
images ont d'abord été sélectionnées parmi 45
afin de ne retenir que les plus significatives au regard des opinions
exprimées relativement à 4 critères (nature ou agriculture,
urbain ou rural, beau ou laid, moderne ou traditionnel). Puis ces photos
ont été montrées à 120 personnes habitant dans
la boucle de la Seine, au nord de Mantes-la-Jolie et dans la plaine de Chelles,
près de la forêt de Bondy. Onze agronomes, principalement de
l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) ou du Centre national
de la recherche scientifique (CNRS) ont reçu ces images avec mission
de commenter librement quelques-unes d'entre elles (choix libre du nombre,
de 1 à 7). Certes les méthodes de recueil des opinions
diffèrent : les habitants n'ont pas écrit et les agronomes
n'ont pas été soumis à la grille d'enquête.
Néanmoins, le rapprochement des réactions fait apparaître
des coïncidences et des divergences troublantes, que nous invitons le
lecteur à découvrir dans les pages de ce dossier. Juste en
dessous de la photo, l'opinion générale, majoritaire, très
brièvement résumée des habitants ; ensuite, les textes,
non retouchés, des agronomes dont on trouvera, ci-dessous, de très
succincts portraits.
Nous reprenons, en guise de conclusion, les propos liminaires que nous a livrés une de nos agronomes, Catherine Laurent :
Qui est le photographe ? Y-en a-t-il plusieurs ? Bref, d'où viennent ces représentations du paysage qu'on nous propose ? Il n'y a personne sur les photos. Plusieurs explications possibles : le photographe est misanthrope, ou il ne sait pas photographier les gens, ou il a une conception du paysage agricole d'où l'homme est absent, ou les pourtours de ces banlieues ont réellement en permanence cet air , ou... Un autre regard photographique permettrait d'autres questions mais ce ne serait quand même que des questions. L'observation du paysage ne fournit que des indications ténues sur la vie d'une commune, sur le bonheur que l'on peut avoir à y habiter, sur la possibilité que l'on a de profiter - ou non - de paysages qui peuvent nous paraître agréables sur une photo. Pour pouvoir répondre, il faut écouter les gens.
Régis Ambroise : Agronome au bureau des paysages du ministère
de l'Environnement, animateur national de l'opération expérimentale
mise en place par le ministère de l'Agriculture.
Jacques Baudry : Agronome et écologue, chercheur en écologie
du paysage au département de Recherches sur les Systèmes agraires
et le Développement (SAD) de l'INRA, à Rennes.
André Fleury : Enseignant-chercheur en Agronomie à
l'Institut national agronomique de Paris-Grignon jusqu'en 1992, puis à
l'Ecole nationale supérieure d'horticulture de Versailles
(transférée à Angers en 1995).
Bernard Hubert : Docteur vétérinaire, spécialiste
de l'agro-pastoralisme, chef du département SAD à l'INRA.
Alain Jacquet : Chercheur à l'unité de recherches sur
la Vigne et le Vin du centre INRA d'Angers.
Catherine Laurent : Docteur vétérinaire et économiste
au département SAD de l'INRA, à Versailles
Raphaël Larrère : Agronome et sociologue, chercheur au
département d'Economie et Sociologie rurales, à
Ivry-sur-Seine.
Etienne Landais : Docteur vétérinaire et agro-pastoraliste
au département SAD de l'INRA, à Versailles.
Yves Luginbühl : Agronome et socio-géographe, responsable
au CNRS du laboratoire STRATES.
Frédéric Morand : Agronome, actuellement étudiant
en DEA d'Economie des institutions à l'université de
Nanterre.
François Papy : Agronome, responsable de la station de recherche
INRA de Paris-Grignon.
[R] Pierre Donadieu
Ecole nationale supérieure du paysage
4, rue Hardy, RP 914, 78009 Versailles cedex.
Tél. : 01 39 24 62 33 ; fax : 01 39 24 62 47 ;
vers-ensp-nts@calvanet.calvacom.fr
[R] Alain Fraval
INRA-DPEnv.
147, rue de l'Université, 75338 Paris cedex 07, France.
Tél. : 01 42 75 92 49 ; fax : + 01 42 75 95 08 ;
fraval@jouy.inra.fr