la Baleine bleue ou grand Rorqual est l'animal le plus grand et le plus lourd
que la Terre ait jamais porté, n'en déplaise aux fervents de
Erreur! Source du renvoi introuvable. qui sont généralement
prêts à vous soutenir mordicus que ce record est l'apanage des
Dinosaures. Il n'en est rien ! La plus grande espèce animale du globe
est bien contemporaine de l'Homme... mais pour combien de temps ?
Une longueur moyenne de 25 m avec un record de 31 m pour les mâles
et de 26 m pour les femelles, un poids moyen de 130 et 80 t pour l'un et
l'autre sexe avec un record de 178 t : voici des mesures qui en imposent.
Il est vrai qu'après une gestation de 11 à 12 mois, le baleineau
pèse déjà à la naissance 7,25 t. Cette naissance
a lieu dans les eaux chaudes et, au cours d'une lactation qui dure 7 mois,
la femelle délivre quotidiennement près de 600 litres d'un
lait particulièrement riche à son rejeton. A ce régime,
le poids du baleineau double presque en une semaine et il atteint la taille
respectable de 15 m au sevrage. L'espèce fréquente toutes les
eaux du globe et se nourrit essentiellement de krill en Antarctique et de
quelques espèces de crustacés dans l'Atlantique et le Pacifique
Nord. Pendant les quelques 120 jours que dure sa période d'alimentation
annuelle, la Baleine bleue avale quotidiennement près de 4 t de
zooplancton.
Il était admis dans les années 1980, que la chasse baleinière avait réduit à quelque 12 000 individus (respectivement 6 000 inféodés à l'Antarctique et 3 000 pour l'Atlantique et le Pacifique Nord) l'effectif de cette espèce qui, la première protégée par une instance internationale, la Société des nations (SDN), en aurait compté un quart de million en 1930. Voici qui était déjà bien fâcheux ! Il est parfaitement clair, à ce jour, que le nombre de survivants est en réalité inférieur au millier et certains prétendent que le Grand Rorqual, en dépit de l'efficacité supposée du statut d'espèce protégée qui lui a été conféré par la Commission baleinière internationale (CBI) depuis maintenant trente ans, ne voit pas ses populations se reconstituer, mais plutôt poursuivre leur déclin. Ceci est peut-être exact, mais le millier d'individus supposé exister de nos jours peut fort bien résulter de l'accroissement d'une population résiduelle qui comptait moins d'un millier d'individus car...
En 1960, la Baleine bleue était protégée par la CBI quand Tadayoshi Ichihara publia son article faisant état de la découverte d'une nouvelle espèce dans les eaux de Kerguelen et de Crozet, la Baleine bleue pygmée. Entre 1960 et 1963 la flotte baleinière japonaise collecta en toute sérénité 2 540 cétacés sous la dénomination Baleine bleue pygmée : le règlement de la CBI statuait sur le cas de la Baleine bleue mais pas sur celui de la Baleine bleue pygmée !
Parmi ceux qui prétendent que les populations de Baleine bleue poursuivent
leur déclin, certains affirment que la faute en incombe au planctonophage
Petit Rorqual dont les effectifs, déjà élevés,
se seraient accrus. Ce profiteur ferait une concurrence déloyale au
majestueux Leviatan : pour sauver ce qui devient progressivement un
emblème, il importe donc de réduire avec vigueur les populations
du Petit Rorqual que d'aucun n'ont pas hésité à qualifier
dans la presse de "peste" de "lapin" ou de "rat" des mers.
Tout d'abord, si les Petits Rorquals demeurent nombreux, c'est seulement
parce que leur exploitation, jugée économiquement peu
intéressante par le passé, n'a débuté de façon
sérieuse que depuis 1972. Par ailleurs, une analyse globale du
phénomène montre que cette affirmation n'est guère
crédible : la biomasse totale de grands cétacés de
l'hémisphère austral, qui pouvait s'élever à
quelques 50 millions de tonnes en 1930, a été réduite
à moins de 10% de ce chiffre. Face à ce déclin, l'actuelle
biomasse des Petits Rorquals de l'hémisphère austral est quasi
insignifiante.
"" L'homme, attiré par les trèsors que pouvoit lui livrer la
victoire sur les cétacés, a troublé la paix de leurs
immenses solitudesn a violé leur retraite, a immolé tous ceux
que le désert glacé et inhabordables des pôles n'ont
pas dérobés à ses coups; et il leur a fait une guerre
d'autant plus cruelle qu'il a vu que les grandes pêches dépendoient
la prospérité de son commerce, l'activité de son industrie,
le nombre de ses matelots, la hardiesse de ses navigateurs, l'expérience
de ses pilotes, la force de sa marine, la grandeur de sa puissance.
C'est ainsi que les géans des géants sont tombés sous
ses armes; et comme son génie est immortel, et que sa science est
maintenant impérissable, parce qu'il a pu multiplier sans limites
les exemplaires de sa pensée, ils ne cesseront d'être les victimes
de son intérêt, que lorsque ces énormes espèces
auront cessé d'exister. C'est en vain qu'elles fuient devant lui:
son art le transporte aux extrémités de la terre; elles n'ont
plus d'asyle que dans le néant".
Extrait du Tome I du classique histoire Naturelle des Cétacés,
publié en 1804, un siècle exactement avant que débute
la période moderne de la chasse à la baleine en Antarctique,
par le Comte Brenard-Germain de Lacépède, le père de
la cétologie.
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