Le Courrier de l'environnement n°45 février
2002
Lexique des qualificatifs de
l'agriculture
Alternative, Appropriate,
Artificielle, Autarcique,
Autonome, Biodynamique,
Biologique, Bocagère,
Capitaliste, Chimique,
Citoyenne, Classique,
Commerciale, Commercialisée,
Compétitive, Conservation (de),
contingentée,
Conventionnelle, Courante,
Demain (de), Différente,
Diversifiée, Dominante,
Duale, Durable,
Ecologique, Econome,
Entreprise (de), Environnementale,
Extensive, Faible intrans (à),
Familiale, Fermentaire,
Fermière, Forestière,
Holistique, Identitaires,
Industrialisée, Industrielle,
Intégrée, Intensive,
Internationale, Interstitielle,
Marchande, Ménagère,
Méthodique, Moderne,
Montagne (de), Multifonctionnelle,
Nouvelle, Ordinaire,
Organique, Organo-biologique,
Patrimoniale, Paysanne,
Pérenne, Péri-urbaine,
Permanente, Physique,
Plurielle, Précision (de),
Productiviste, Qualité (de),
Quatrième type (du),
Radicale, Raisonnable,
Raisonnée,
Régénératrice,
Renouvelable, Rente
(de), Ressource efficient,
Rurale, Sauvage, Services
(de), Solidaire, Soutenable,
Subsistance (de), Synergétique,
Systématique, Temps partiel
(à), Territoriale,
Traditionnelle, Troisième,
Troisième type (du), Urbaine,
Vieille, Vivrière.
Glossaire de quelques acronymes et sigles propres à
l'agriculture
Références bibliographiques
À l'écoute des discours politiques (syndicats, ministères)
et à la lecture de brochures ou de notices d'information émanant
d'associations, d'instituts techniques, de professionnels agricoles, nous
avons constaté que le mot " agriculture " était de plus en
plus rarement utilisé seul et plutôt qualifié par des
adjectifs et des compléments du nom. Ces expressions ont une connotation
positive : agriculture raisonnée, agriculture de
précision, agriculture biologique, agriculture
paysanne sont des exemples pris parmi les expressions les plus courantes.
Elles peuvent être aussi connotées négativement, parce
qu'utilisées pour mettre des pratiques agricoles à l'index
: agriculture productiviste, agriculture intensive, agriculture
conventionnelle.
Toutes ces expressions sont largement utilisées, diffusées
ou simplement " à la mode ". Pourtant, au contact d'étudiants,
mais aussi d'agriculteurs et de professionnels de l'agriculture en
général, nous nous sommes aperçus que la définition
de ces expressions, bien qu'ils les utilisent, était mal connue, voire
n'était pas connue du tout. Nous avons alors cherché à
faire un point des définitions pour savoir de quoi l'on parle.
Aux États-Unis, est parue une brochure reprenant un large ensemble
des qualificatifs anglo-saxons de l'agriculture, sous le titre Sustainable
agriculture: definitions and terms (Gold, 1994). En France, ce travail
a déjà été entamé sur quelques termes
tels que " durable ", " paysanne ", " raisonnée ", " fermière
", " intégrée ", " de précision " ou " biologique ",
sous un angle sociologique (Féret et Douguet, 2001 ; Roué,
1999), agronomique (Robin, 1999 ; Toubon et al., 2001) et économique
(Roger, 2001). Beau (1992) a rédigé un Glossaire de
l'agriculture biologique, reprenant un ensemble d'expressions synonymes
d'" agriculture biologique ", mais sans détails, ni classification.
Mais il apparaît qu'il n'existe pas de document de synthèse
en langue française qui recense les expressions qualifiant l'agriculture.
Pourtant, les mots, à la définition explicite ou implicite,
s'infiltrent dans les discours et parfois sont détournés de
leur sens premier. Cette constatation a déjà été
faite, dans les années 1980, à propos de l'agriculture
productiviste(1) et, aujourd'hui,
à propos de l'utilisation l'adjectif " durable
"(2). Qu'en est-il des autres mots ? Nous avons donc
cherché à identifier et à définir les expressions
qualifiant l'agriculture afin de montrer la pluralité des idées
pour le développement de l'agriculture, mais aussi permettre
d'éviter le plus possible les incohérences, les mésusages
et les redondances éventuels.
Il est important de noter que, volontairement, le présent document
ne cherche pas à classer les termes recensés, mais simplement
à en dresser une liste alphabétique. Ce choix est dû
au fait que chaque expression peut être analysée de différents
points de vue (historique, sociologique, économique, agronomique
),
à partir desquels une classification différente peut être
proposée. Cet article est donc un essai de clarification terminologique
qui permet d'éclairer le sens d'un ensemble de qualificatifs au contenu
qui restait imprécis ou vague, et souvent très fortement
idéologique. Par ailleurs, le contenu multiforme pour chaque terme
décrit est mouvant au cours du temps, ce qui rend difficile toute
définition rigide. C'est pourquoi, nous proposons ce document comme
une base de travail. Les auteurs cités sont ceux auxquels il est
suggéré de se référer pour plus de détails.
Lorsque cela a été possible, nous avons identifié les
inventeurs des expressions ou le contexte historique de leur émergence.
Ce travail a été réalisé à partir de textes
publiés dans des revues, édités dans des ouvrages
individuels ou collectifs, ou enfin à partir d'informations tirées
d'Internet, dont nous donnons les références.
[R] Alternative
1. L'expression " agriculture alternative " a une dimension
écologique. Dans son acception générale, l'expression
" agriculture alternative " traduit la volonté de trouver des
méthodes agricoles qui évitent l'usage de produits chimiques
de synthèse et qui sont associées à de nouveaux
systèmes de production : " cette approche tend à établir
des modèles pérennisables qui ont pour fonction liée
à la production : i) de sauvegarder l'outil essentiel de production
qu'est la terre enchâssée de son écrin naturel, ii) de
restituer un meilleur équilibre entre la part d'autonomie individuelle
et/ou communautaire et la part d'interdépendance avec l'extérieur.
" (Cavelier, 1990). L'agriculture alternative développe " des
stratégies globalisantes qui visent à optimiser l'ensemble
des ressources des agroécosystèmes. [
] Elles s'appuient
souvent autant sur le savoir-faire empirique des populations locales que
sur les connaissances abstraites acquises à l'extérieur, et
l'approche scientifique aide à objectiver et à rationaliser
ce savoir-faire. Toutes ces stratégies reposent sur le rôle
important des associations culturales, avec l'arbre en particulier, et sur
celui des aspects spatio-temporels de l'utilisation des ressources. " (Cavelier,
1990). On pourrait d'ailleurs parler d'avantage d'" agricultures alternatives
" car, " libérées de dogmes rigides, la multiplicité
et l'adaptabilité de leurs variantes en font des démarches
compatibles avec les différents modèles d'échange comme
d'autosuffisance. " (Cavelier, 1990). Il s'agit en fait d'une expression
calquée sur l'expression anglaise " alternative agriculture ",
l'adjectif " alternative " signifiant, en anglais, la recherche d'une
solution de remplacement. Cette acception est critiquable sur un plan
sémantique car en français l'adjectif " alternatif " inclut
soit la notion de choix, de dilemme, soit la notion d'alternance, de successions
d'états ou de phénomènes opposés. Dans le cas
de l'agriculture " alternative ", il s'agit bien du remplacement d'une forme
d'agriculture dominante par une forme privilégiant des
procédés inspirés par l'écologie (Estevez et
Domon, 1999). L'agroécologie peut être considérée
comme l'une des bases de la recherche pour une (ou des) agriculture(s) "
alternative(s) " (Altieri, 1986).
2. Cette expression prend aussi un sens restreint emprunté au domaine
économique où sont favorisés des cultures, des
élevages et des produits fermiers non classiques, la transformation
des produits à la ferme, le tourisme et d'autres services connexes
de l'exploitation agricole, et la vente directe et le développement
de stratégies de marketing (Gold, 1994). C'est ce sens que l'on retrouve
aussi en français dans certains textes d'économistes, où
" agriculture alternative " traduit la diversité des systèmes
de production (Colson, 1986).
[R] Appropriate
Terme anglo-saxon sans traduction équivalente en français,
apparu aux États-Unis en 1977 dans un article de Michael Shepard et
John Jeavons, publié lors de la conférence " Small is beautiful
". Cette expression traduit la recherche d'alternatives à une
agriculture basée sur les énergies fossiles et tend à
montrer que la rentabilité des exploitations agricoles ne passe pas
forcément par un agrandissement des exploitations ou par l'accès
à des marchés importants. Il s'agit de trouver des applications
technologiques concrètes pour développer cette agriculture,
dont les modèles peuvent être la biodynamie, la
permaculture ou l'agriculture biologique.
[R] Artificielle
Variante de l'agriculture systématique. Cette expression reste très
peu usitée, certainement en raison de la connotation négative
de cet adjectif. On la retrouve dans des documents critiquant l'utilisation
d'OGM et de produits chimiques en agriculture (par exemple, le n° 33
de la revue de l'association Alsace Nature).
[R] Autarcique
Cette expression est une variante de celle d'" agriculture autonome ",
avec une connotation beaucoup plus traditionnelle (voir ce mot).
Contrairement à l'agriculture autonome, il semble que l'agriculture
autarcique ne cherche pas à acquérir l'autonomie après
avoir évolué vers un schéma de modernisation qui ne
lui conviendrait.
[R] Autonome
Cette expression traduit la volonté d'un moindre achat de matières
premières par l'agriculteur, donc in fine la recherche de plus
d'indépendance des agriculteurs vis-à-vis des groupe
agro-industriels (agro-alimentation et production d'intrants chimiques).
L'autonomie passe notamment par la production d'engrais sur la ferme via
le fumier et par les prairies artificielles à base de légumineuses
- principes assez anciens (Voisin, 1957 ; Pochon, 1993) mais redécouverts
ou développés - ou par une consommation énergétique
réduite (Rhessy, 1996). Des groupements d'agriculteurs de l'Ouest
de la France défendent davantage l'autonomie vis-à-vis de la
nutrition azotée des cultures (CEDAPA, dont l'origine est due à
André Pochon), tandis que d'autres se centrent davantage sur l'autonomie
énergétique (CEIPAL, Groupe Planète). Ces agricultures
ont des résultats positifs sur le plan économique (Risoud,
1999) et/ou environnemental (Roussel et al., 2000). Les expressions
associées sont " agriculture économe " et " agriculture
solidaire ".
[R] Biodynamique
Le courant " biodynamique " a été lancé en Allemagne
et en Autriche, dans les années 1920, par Rudolf Steiner, lequel a
cherché à appliquer à l'agriculture les principes de
sa science spirituelle, basée sur la prise en compte d'une
réalité matérielle, d'une part, et de " ce qui échappe
aux sens ", telle que la vie ou les phénomènes psychiques,
d'autre part (3). Ces thèses ont
été mises au point sur le terrain par Ehrenfried Pfeiffer dans
des exploitations agricoles européennes et américaines dès
1925 (de Silguy, 1994). Un ouvrage de vulgarisation a été plusieurs
fois réédité : Fécondité de la terre
(Pfeiffer, 1972). L'agriculture biodynamique s'inscrit dans un projet
de société plutôt rétrograde, voire
réactionnaire, prévu par Steiner puis par Pfeiffer (Viel, 1979).
On notera que l'agriculture biodynamique, si elle s'inscrit dans les
méthodes et techniques de l'agriculture biologique, propose d'aller
plus loin, d'une part, via l'utilisation de préparations d'origine
animale et végétale (bouses de vaches, plantes médicinales,
quartz
) pour vivifier le sol, influencer les cultures et lutter contre
les mauvaises herbes, et, d'autre part, via la maîtrise des " forces
cosmiques et naturelles " telles que les cycles lunaire et
nycthéméral (Pfeiffer, 1972). Cependant, il semble que
l'utilisation des préparations biodynamiques n'ait pas une influence
spécifique sur les paramètres de la biologie des sols tels
que la biomasse de vers de terre, la respiration, l'activité
déshydrogénase ou la minéralisation, mais que cette
influence soit liée plutôt au compost lui-même
(Carpenter-Boggs et al., 2000a). Aucune influence n'est démontrable
non plus sur les rendements, la fertilité du sol, la présence
d'adventices (Carpenter-Boggs et al., 2000b). En revanche, elles semblent
influencer l'évolution du compost (Carpenter-Boggs et al.,
2000c). L'agriculture biodynamique dispose de labels officiels (attribués,
par exemple, par les associations Biodyvin ou Démeter). Cf
Agriculture biologique.
[R] Biologique
Cette expression qualifie une agriculture basée initialement sur des
motivations philosophiques, qui ont été traduites peu à
peu techniquement (Robin, 1999). Trois courants majeurs ont traversé
l'agriculture biologique : Biodynamique, Organique, Organo-biologique
(de Silguy, 1994 ; Viel, 1979). En France, l'agriculture biologique a
été inventée dans le contexte d'une exigence accrue
de qualité alimentaire de la part de quelques consommateurs et de
médecins sensibles aux effets réels ou supposés des
produits chimiques utilisés en agriculture (Viel, 1979). On se reportera
aux travaux de Viel pour un historique de l'agriculture biologique en France,
pour la période entre les années 1950 et 1970. Au milieu des
années 1970, certains s'interrogent sur l'agriculture biologique,
car elle est " parfois déconsidérée par les abus
publicitaires sur la qualité réelle des produits, trop isolée
pour être réellement efficace " (Souchon, 1974). L'expression
" agriculture biologique " n'a, à cette époque, pas vraiment
de définition et fait l'objet de débat
(4). Cela conduit à l'invention d'une " agriculture
fermentaire " (Keilling, 1974) qui est, selon Viel (1979), synonyme
de l'agriculture biologique. Pour faire face à ces interrogations,
en 1980, apparaissent le Comité interprofessionnel national de
l'agriculture biologique (CINAB) et la première reconnaissance officielle
de l'agriculture biologique dans la Loi d'orientation agricole. La Charte
de Blois définit peu après le cadre strict de la production
de l'agriculture biologique afin d'éviter davantage de débats
et de divergences. Le nom " Agriculture biologique " devient une norme officielle
en 1985, en France, par la création d'un label (" AB "),
propriété du ministère de l'Agriculture. En 1991, est
rédigé un règlement européen pour les productions
végétales (CEE 2092/91), avec création d'un label
européen pour les produits issus de l'agriculture biologique. Le
ministère français de l'Agriculture et de la Pêche commande
le rapport Riquois pour connaître les possibilités de
développement de l'agriculture biologique dans le cadre d'un plan
pluriannuel (Riquois, 1998). En 2000, le Règlement européen
pour les productions animales donne un appui supplémentaire à
l'agriculture biologique. L'" agriculture biologique " est donc définie
strictement par la loi, avec une certification des exploitations qui veulent
revendiquer ce qualificatif par des organismes de certification
indépendants : par exemple, en France, Ecocert et Qualité France.
Actuellement, la production biologique intéresse fortement l'industrie
alimentaire compte tenu du changement de comportement des gens vis-à-vis
de ces produits (5). Les instituts de
recherche et, en particulier, l'INRA développent aussi des programmes
de recherche sur l'agriculture biologique (Bellon et al., 2000). Un
débat commence à naître sur les réels apports
de l'agriculture biologique en terme de préservation de l'environnement
et de fourniture de produits de qualité (Kirchmann et Thorvaldsson,
2000).
En Europe, il existe un ensemble d'expressions synonymes ou variantes de
" agriculture biologique ". L'" agriculture biologique " telle que définie
en France se traduit dans les pays anglophones par " organic farming
" (ou " organic agriculture ") et en allemand par " ökologische
Landwirtschaft ". Or, si les procédés prônés
par ces agricultures sont les mêmes, globalement, leurs traductions
littérales en français (" agriculture organique " et
" agriculture écologique ") ne trouvent pas d'échos
précis. Il faut donc rester vigilant lors des traductions. Pour les
termes présentant les " eco-logos " et " bio-logos ", le sens en
français variera en fonction du pays considéré : en
espagnol, " agricultura ecologica ", en allemand " ökologische
Landwirtschaft ", en portugais " agricultura biologica " se traduiront
en français par " agriculture biologique ". Le concept anglo-saxon
" ecological farming " est un terme générique synonyme
de " agriculture alternative ". Le terme anglais " biological
farming " a lui aussi une signification variable en fonction du pays
considéré : d'une acception très large synonyme d'"
ecological farming " à un sens restrictif synonyme d'" organic
farming ".
[R] Bocagère
L'agriculture bocagère est une adaptation au contexte français
de l'" agriculture forestière " (Beau, 1992). Elle a
été promue, en France, par Dominique Soltner, un auteur d'ouvrages
agronomiques de référence dans l'enseignement agricole.
[R] Capitaliste
Expression d'origine ancienne qui traduit la recherche d'une augmentation
du patrimoine agricole, et l'utilisation du salariat (Augé-Laribé,
1912). Actuellement, elle qualifie une agriculture intégrée
à la filière agro-alimentaire, scientifique, technique et
performante. C'est une expression du champ de l'économie politique
qui est parfois utilisée comme variante des agricultures
productiviste et moderne.
[R] Chimique
Variante de l'agriculture systématique ; elle qualifie une
agriculture basée sur l'utilisation de produits chimiques : engrais
à partir de la fin du XIXe siècle, puis pesticides
à partir de la fin de la première moitié du
XXe siècle. On trouve les premières
références à une agriculture chimique (et à une
" agriculture physique ") dès la seconde moitié du
XVIIIe siècle, début de la découverte du
rôle des éléments minéraux pour la nutrition des
plantes (Bourde, 1962). Elle prendra son essor lors de la production industrielle
d'engrais chimiques au XIXe siècle puis, surtout, après
la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, cette expression est utilisée
en opposition à celle d' " agriculture biologique ". Il s'agit
d'une agriculture " moderne ".
[R] Citoyenne
1. Expression qui, avec sa variante " agriculture solidaire ", traduit
la volonté de remettre l'agriculteur au cur de son projet et
de son territoire (notion d'agriculture " territoriale "), de lui
redonner des responsabilités dans la collectivité et la
société en matière de développement du territoire,
de qualité des aliments, du respect du patrimoine et des ressources,
alors qu'il était jusqu'à présent, à cause des
aides, un " assisté " ou un " chasseur de primes " (Mer, 1999).
2. Une variante est développée par Kressman (1996), pour qui
l'agriculture citoyenne est " une agriculture plus forte, mieux
insérée dans la société et donc dans l'économie
" (p. 35), une " agriculture capable de répondre d'une manière
ou d'une autre aux multiples besoins d'une société industrielle
en pleine mutation [qui] pourra s'appuyer sur la richesse de ses valeurs,
sa capacité d'innovation et la puissance d'un système
d'organisation professionnelle unique en son genre " (page 34). Pour Kressman,
cette agriculture est synonyme de l'agriculture " du quatrième
type " (cf cette expression).
[R] Classique
L'adjectif " classique " est ambigu puisqu'il peut vouloir exprimer
l'ancienneté tout autant que l'habitude. Il s'agit le plus souvent
de caractériser une agriculture " chimique ", " moderne
" qui n'a pas intégré dans ses pratiques les évolutions
technologiques récentes (telles que les OGM ou la
télédétection, par exemple). Voir " agriculture
dominante ", " agriculture conventionnelle " et " agriculture
moderne ".
[R] Commerciale
C'est l'équivalent de l'anglais commercial farming ou commercial
agriculture. Cette expression et sa variante, " agriculture
commercialisée " (Augé-Laribé, 1912 ; Chombart
de Lauwe, 1979), traduisent l'ouverture de l'agriculture aux marchés
nationaux et internationaux pour l'écoulement des productions. Il
s'agit d'agricultures ayant pour but de produire pour participer aux
échanges économiques nationaux et internationaux. Ce sont des
agricultures modernes.
[R] Commercialisée
Variante de l'expression " agriculture commerciale "
[R] Compétitive
Une agriculture est compétitive à partir du moment où
les profits sont maximisés, et où l'ajustement se fait par
les prix établis selon la loi de l'offre et de la demande. Une telle
agriculture tend à promouvoir l'investissement et l'amélioration
des techniques agricoles afin d'augmenter sa productivité (par rapport
aux facteurs rares).
[R] Conservation (de)
Traduction littérale de l'anglais " conservation agriculture ". Cette
expression traduit toute pratique qui réduit, change ou élimine
le travail du sol et évite le brûlage de résidus de surface
toute l'année ; certaines techniques sont : le semis direct (sans
travail du sol), la technique culturale simplifiée (façons
culturales minimales), la non-incorporation des résidus de récolte
en surface et les couverts végétaux en sylviculture
(végétation spontanée ou par un semis d'espèces
appropriées) ou entre deux cultures annuelles successives. Elle est
décrite sur quelques sites internet (6)
et développée par des associations telles que l'APAD et
l'ECAF (7).
[R]
Contingentée
Terme utilisé pour qualifier un modèle d'agriculture décrit
par Lacombe (1998), où les volumes de production sont limités
par des contingents, droits à produire ou quotas. Cet outil de
régulation est traditionnellement utilisé pour maintenir le
niveau des prix à la production et alléger le coût du
soutien public à l'agriculture. Dans le contexte actuel de crise agricole,
cet outil peut servir à promouvoir une production de qualité,
une nouvelle répartition des revenus entre acteurs et entre territoires.
[R] Conventionnelle
C'est l'équivalent de l'anglais conventional farming ou conventional
agriculture. Il s'agit le plus souvent de caractériser une agriculture
" chimique ", " moderne " qui n'a pas intégré
dans ses pratiques les évolutions technologiques récentes (telles
que les OGM ou la télédétection, par exemple). Cette
expression assez ancienne est très largement
répandue (8) ; elle est proche
d'" agriculture intensive ", à laquelle elle sera
préférée lorsque l'on ne précise pas le facteur
d'intensification auquel on se réfère. On peut se demander,
devant la relative imprécision de cette expression, si l'agriculture
n'a pas été qualifiée de conventionnelle, en réaction
au regain d'intérêt pour l'agriculture biologique, un qualificatif
en appelant un autre en réaction.
Certains auteurs ont fait une étude sociologique pour caractériser
les agriculteurs se définissant comme " conventionnels " par rapport
à d'autres agriculteurs, notamment à ceux qui se qualifient
de " durables " (Comer et al., 1999 ; Kotile et Martin, 2000). L'agriculture
" conventionnelle " peut être aussi considérée comme
en opposition à l'agriculture " biologique " (Kirchmann et
Thorvaldsson, 2000). Voir " agriculture dominante " et " agriculture
moderne ".
[R] Courante
Cette agriculture " chimique ", " moderne " n'a pas
intégré dans ses pratiques les évolutions technologiques
récentes (telles que les OGM ou la télédétection,
par exemple).Voir " agriculture dominante ", " agriculture
conventionnelle " et " agriculture moderne ".
[R] Demain (de)
Cette expression contemporaine est née de la prise de conscience des
problèmes environnementaux et sociaux qu'a entraîné,
en Europe, le développement de l'agriculture depuis l'après-Seconde
Guerre mondiale. Il s'agit de rechercher des alternatives à ce
développement, de changer l'état actuel de l'agriculture (et
dans une vision plus large, de la société). Voir les expressions
" agriculture alternative " et " agriculture durable ".
[R] Différente
Qualifie des formes d'agriculture différentes non seulement de
l'agriculture " dominante ", mais aussi de l'agriculture " traditionnelle
" du XIXe siècle (Pernet, 1982). Ce sont des agricultures
qui sont en désaccord avec l'agriculture productiviste, qu'elles
critiquent et à laquelle elles proposent des solutions alternatives
(Colson, 1986), mais ne répondant pas non plus aux critères
de l'agriculture traditionnelle (en d'autres termes, elles ne sont pas
rétrogrades). Cette approche relève de l'économie politique
et traduit la mise à l'écart, volontaire ou subie, des agriculteurs
qui n'ont pas su s'adapter à l'orientation marchande de l'agriculture.
[R] Diversifiée
1. Cette forme d'agriculture s'oppose à la spécialisation de
l'agriculture qui a entraîné, par exemple, la monoproduction.
2. Cette expression révèle aussi des formes multiples d'agriculture
en réaction au modèle agricole dominant. Elle est apparue
dans les années 1980 et présentée dans Pour une
agriculture diversifiée (Jollivet, 1988). Cet ouvrage est une
approche pluridisciplinaire de l'agriculture, issue de la réflexion
collective menée de 1982 à 1986 par le Comité de
diversification des modèles de développement rural (Comité
DMDR).
[R] Dominante
Cette expression fait référence à un modèle
d'agriculture qui s'est développé dans le contexte occidental
avec la modernisation de l'agriculture voulue par les pouvoirs publics. Ainsi,
" se constitue progressivement un modèle agricole dominant qui est
le résultat du fonctionnement du système social global, qui
répond à ses attentes, par le biais d'une politique
économique et d'un appareil d'encadrement cohérents. Ce
modèle dominant, ce sont des systèmes techniques et des
systèmes productifs adaptés aux objectifs réels
assignés à l'agriculture, il s'organise dans un triple mouvement
d'intensification, de spécialisation et de concentration, il se localise
dans une partie seulement du territoire qui correspond le mieux aux
nécessités propres de son fonctionnement. " (Pernet, 1982,
pp. 13 et 14). A l'heure actuelle, la notion de modèle agricole dominant
est traduite par l'expression " agriculture dominante ".
A l'instar des adjectifs " classique ", " ordinaire " ou " courante ", l'adjectif
" dominante " est ambigu. En effet, si aujourd'hui cette expression s'applique,
en Occident, à un développement de l'agriculture basé
sur le productivisme (tel que défini par Tirel, 1983) et
l'industrialisation (voir, par exemple, Serra, 1986), en toute logique, avant
le XIXe siècle, les agronomes auraient dû qualifier
le modèle paysan traditionnel, de " dominant ", puisqu'il était
le plus répandu. De même, dans les pays en voie de
développement, l'agriculture " dominante " est loin d'être la
même que celle de l'Occident contemporain.
Par ailleurs, l'adjectif " dominant " a une dimension politique, une agriculture
" dominante " sous-entendant qu'il existe une agriculture " dominée
", expression qui cependant n'est pas utilisée (on trouvera plutôt
celle d'" agriculture(s) différente(s) "). Par conséquent,
on pourra préférer à l'expression " agriculture dominante
" certaines expressions générales qui lui sont synonymes, mais
n'ont pas de connotation politique, comme " agriculture courante ", " agriculture
ordinaire ", " agriculture classique " (Viel, 1979) ou "
agriculture conventionnelle " (Pernet, 1982).
[R] Duale
Apparue dans le milieu des années 1980, cette expression " peut être
interprétée comme la préoccupation de certains dirigeants
d'abandonner progressivement la conception d'un développement global
privilégiant les actions collectives, pour lui substituer une conception
plus libérale mettant l'accent sur un appui individualisé aux
exploitants performants. " (Colson, 1986, p. 8). Cette dualité est
à l'origine d'agricultures différentes (voir ce mot)
et pourrait conduire à deux agricultures, l'une réservée
aux " performants ", l'autre pour " les autres ".
[R] Durable
L'expression " agriculture durable " traduit la volonté de
développer une agriculture qui contribue à la "
durabilité "(9). La durabilité
serait l'un des paradigmes contemporains les plus flous mais aussi les plus
prometteurs (Bosshard, 2000). Il est né des impasses en terme de
développement et de préservation de l'environnement auxquelles
les chercheurs et décideurs se sont confrontés depuis les
années 1980. Ce concept (paradigme), très largement répandu
mais encore mal défini, est en grande discussion chez les scientifiques
(Sands et Podmore, 2000). Si l'on considère que l'humanité
est actuellement dans une phase de transition vers la durabilité
(McMichael et al., 2000), deux objectifs sont essentiels : d'une part,
il est important de définir la durabilité (Allen et al.,
1991) et, d'autre part, il est nécessaire de passer à une
application concrète de ce concept (Wagner, 1999). Pour ce qui est
de la définition de la durabilité, la littérature,
très vaste sur ce sujet (Bosshard, 2000 ; Hansen, 1996 ; Kotile et
Martin, 2000), s'accorde à peu près pour reconnaître
qu'elle est un concept qui associe le respect de
l'environnement (10), le maintien de
la rentabilité économique
(11), l'acceptabilité sociale
(12), la transmission des biens et des
connaissances (13), chacun de ces
thèmes devant être considéré pour lui-même
et par rapport aux autres, dans une approche systémique. De nombreux
points de vue permettent donc d'aborder ce concept : éthique et
philosophique (Cairns, 1999), économique avec les notions de
durabilité faible et celle de durabilité forte (Gowdy, 2000
; Karavezyris et Papanikolaou, 2000), politique (Mitchell, 2000 ; Tubiana,
2000), technique (Berge, 2000), sociologique et écologique, l'un insistant
sur le maintien du bien-être social tandis que l'autre souligne la
disparition des ressources naturelles (Farshard et Zinck, 1993). Cette très
grande diversité de points de vue prend son origine dans le rapport
Brundtland, paru en 1987, qui a permis de disséminer le terme "
durabilité " dans le monde entier, en particulier chez les chercheurs
et les décideurs. Ce succès tient, d'une part, à ce
que le terme tend à exprimer une expérience et une conscience
des problèmes de la société, confrontées à
la destruction de l'environnement et à la menace du bien-être
des générations futures, et, d'autre part, à ce qu'il
est suffisamment large pour permettre à chacun d'y projeter ses
idées et centres d'intérêt (Bosshard, 2000). Ces deux
raisons expliquent le paradoxe de ce terme : un poids dans les discours
politiques et culturels très lourd et une caractérisation avec
une applicabilité restreinte ou nulle (Bosshard, 2000).
Chercheurs, conseillers et décideurs essaient donc maintenant d'aller
au-delà des problèmes de définition pour trouver des
approches concrètes. Cette volonté se trouve dans des secteurs
et des champs d'activité, très divers. Le secteur agricole
est sans doute celui où le plus grand nombre de travaux se rencontre,
car de toutes les activités humaines, l'agriculture est celle qui
semble altérer le plus l'environnement terrestre (Sands et Podmore,
2000). Aux États-Unis, par exemple, l'agriculture durable était
perçue à travers les pratiques biologiques, ou à faibles
intrants, centrées essentiellement sur les exploitations avec cultures
et fruits et légumes et connue sous le nom d'" agriculture durable
à faible intrant " (" low input sustainable agriculture - LISA
") (Wagner, 1999). Un questionnaire envoyé aux agriculteurs
américains a révélé que 62,5% se considèrent
conventionnels et 37,5% durables (Comer et al., 1999). En France,
une application concrète a été développée
par le Réseau agriculture durable qui a déposé une marque,
diffuse de l'information et participe à des expérimentations.
Parallèlement, on trouvera chez certains auteurs la recherche d'une
traduction agronomique du concept d'agriculture durable, à travers
les systèmes de production intégrés, bases de l'agriculture
intégrée (Edwards, 1987 ; Girardin et al., 1996
; Viaux, 1995). Une agriculture durable est peut-être aussi une agriculture
diversifiée au sein d'un territoire (Bonny, 1996). On pourra enfin
parler d'" agricultures durables ", pour traduire la diversité
des initiatives concrètes pour appliquer les principes de la
durabilité (Beau, 1995).
Par conséquent, on peut supposer que les agricultures existantes
(raisonnée, biologique, productiviste, permanente, etc.) ne peuvent
pas se dire " durables " mais qu'en revanche, elles peuvent dire qu'elles
contribuent au développement durable de l'agriculture en
privilégiant particulièrement un ou plusieurs axes de la
durabilité.
Comme variantes de l'expression " agriculture durable ", on trouvera les
expressions générales : agriculture " renouvelable ",
agriculture " de demain " ou " pour demain ", la durabilité
étant un objectif à long terme. Voir en particulier l'expression
" agriculture soutenable " traduction littérale de l'anglais "
sustainable agriculture ".
[R] Écologique
Ou Écoagriculture. Cette expression est issue du concept d'"
ecological farming " des anglo-saxons, terme très
général synonyme d'" agriculture alternative ", prise dans
une acception large : la meilleure prise en compte de l'environnement dans
les procédés agricoles. Ce concept a été
utilisé au Québec dans les années 1990 par le
ministère de l'Agriculture (MAPAQ) sous le terme synonyme d'"
Éco-agriculture "(14)
(Estevez et Domon, 1999). Cette expression est aussi synonyme d'" agriculture
biologique ".
[R] Économe
Jointe au concept d'" agriculture autonome ", cette expression fait
référence au rapport de Jacques Poly
(15) qui cherchait des alternatives économiques
au modèle agricole dominant dans les années 1970. Des agriculteurs
ont repris ces expressions à leur compte, y ajoutant la notion
d'agriculture " solidaire " et les ont traduites agronomiquement et
économiquement (Pochon, 1993 ; Rhessy, 1996). Différents
organismes, en France et en Europe, travaillent et diffusent ces concepts
d'agriculture autonome et économe : CEDAPA, CEIPAL, Groupe Planète
(Europe).
[R] Entreprise (d')
Qualifie une agriculture qui privilégie l'investissement en capital
mécanique et les consommations intermédiaires sur l'achat de
terres (Colson, 1986). Cette expression traduit que " seuls les exploitants
ayant un comportement d'entrepreneurs et de commerçants pourront s'adapter
rapidement à cette agriculture
(16) plus ouverte à un environnement fluctuant "
(Colson, 1986, p. 7). C'est également le titre d'une revue publiée
par le CENAG jusqu'au milieu des années 1980.
[R] Environnementale
1. Expression utilisée au Canada pour souligner la responsabilité
des agriculteurs vis-à-vis de l'environnement. Les producteurs canadiens
cherchent, en effet, à prendre en compte la protection de l'environnement
dans leurs pratiques agricoles afin de limiter les risques de poursuites
judiciaires. Ils ont ainsi mis en place des plans d'agriculture environnementale
pour identifier les problèmes environnementaux et proposer des solutions
pour les résoudre (17).
2. Plus généralement, on trouve cette expression au Canada
comme synonyme d'" agriculture durable ", prise dans sa dimension
environnementale (18).
[R] Extensive
À l'inverse de l'expression " agriculture intensive ", le terme
" extensif " caractérise une agriculture qui compense les
prélèvements non maximisés par hectare en augmentant
les surfaces exploitées. L'extensification, dans une terminologie
actuelle, peut signifier, au sens large, la somme de différentes mesures
qui permettent d'inverser ou, au moins, stopper les effets non
désirés du développement agricole (érosion des
sols, diminution de la diversité spécifique, pollution de l'eau,
etc.), mais aussi, dans un sens plus restreint, la réduction des
rendements des grandes cultures (Gerowitt et Wildenhayn, 1997). Voir "
agriculture intensive
[R] "Faible intrant
(à)
Traduction littérale des anglais " low external input agriculture
" ou " low input agriculture ". Cette expression qualifie une agriculture
qui prône un achat minimum d'intrants à l'extérieur de
l'exploitation (pesticides et engrais) et la production in situ
d'intrants tels que fumier, compost, plantes de couverture. En 1985,
le Department of Agriculture lance, aux États-Unis, un programme ("
LISA ") pour élargir et diffuser l'information auprès des
agriculteurs intéressés par la réduction des intrants
chimiques. Ce programme est rebaptisé SARE en 1990 et élargi
à l'élevage et à la diffusion de pratiques agricoles
alternatives (Gold, 1994) L'objectif est de limiter les coûts de
production, d'augmenter la rentabilité à court et moyen terme
de l'exploitation, d'éviter les pollutions (eaux de surface et
souterraines) et les résidus de pesticides dans les aliments, et de
limiter les risques agricoles sur le plan économique et environnemental
(Gold, 1994).
[R] Familiale
Cette expression traduit une agriculture reposant sur une main d'uvre
familiale (Beau, 1992). Il existe une abondante littérature sur la
question et ce concept revient en force avec les problématiques de
la multifonctionnalité de l'agriculture et de la globalisation. Une
caractérisation plus précise des agricultures familiales pourrait
être la suivante (Lacombe, 1998) : prédominance du travail familial,
organisation familiale du processus de production, interrelation entre les
fonctions de production, de consommation et de reproduction du groupe domestique,
diversité des formes, niveaux de capitalisation des moyens de production
variables
Cette forme d'agriculture reste majoritaire dans les pays
en voie de développement et on la redécouvre aujourd'hui dans
nos contextes lorsque l'on est amené à s'interroger sur le
contenu d'une agriculture multifonctionnelle.
[R] Fermentaire
Voir " agriculture biologique ". Cette expression n'est plus
utilisée.
[R] Fermière
Il s'agit d'une " agriculture dont la spécificité réside
dans le fait que les personnes impliquées remplissent plusieurs fonctions
: celle de produire, transformer, et vendre leurs produits auprès
des consommateurs. Les producteurs fermiers sont impliqués dans
l'évolution de la société : réponse aux attentes
des consommateurs, création d'activité et d'emplois, revitalisation
des territoires et développement d'un espace rural vivant. Ils participent
ainsi au maintien du lien ville-campagne. " (FNAPF, citée par Féret,
2000). Les producteurs fermiers sont des producteurs et transformateurs de
leurs matières premières, et, des vendeurs de leurs produits
(FNAPF, 2001). Il s'agit d'une prise en compte socio-territoriale de
l'agriculture.
[R] Forestière
Expression synonyme d'" agroforesterie ". Une définition
proposée par l'ICRAF pour l'agriculture forestière est : "
terme collectif pour des systèmes et des technologies d'utilisation
des terres où les ligneux pérennes sont cultivés
délibérément sur des territoires utilisés par
ailleurs pour la culture et/ou l'élevage dans un arrangement spatial
ou temporel, et où existent des interactions à la fois
écologiques et économiques entre les ligneux et les autres
composantes du système " (Cavelier, 1990). Dans le cadre de
l'agroforesterie, on parle d'agrosylviculture en l'absence de productions
animales, et d'agrosylvopastoralisme en présence de telles
productions. Voir aussi " agriculture bocagère "
[R] .Holistique
Traduction littérale de l'expression anglo-saxonne " holistic
agriculture " avec une diffusion assez faible en français, sous
le qualificatif " agriculture holistique
"(19). Le terme " holistic " traduit la recherche
d'une approche globale de l'agriculture. En conséquence, l'appellation
" agriculture holistique " ne traduit pas la recherche d'un procédé
agricole unique mais, au contraire, regroupe l'ensemble des agricultures
" alternatives " ayant, outre une approche environnementale, une vision
globale de l'exploitation agricole (20)
(Gold, 1994).
[R] Identitaires
Ces agricultures traduisent une motivation sociale de l'agriculture. Elles
sont minoritaires et se revendiquent en marge de l'agriculture dominante.
Elles reposent sur un raisonnement à l'envers de la logique industrielle,
basée sur la différenciation qualitative, et une conception
artisanale du métier d'agriculteur. Elles privilégient les
systèmes de production à base de travail, recourent à
la rente de typicité (AOC et labels), manifestent un souci de
diversité. Par ailleurs, elles sont sélectives sur la modernisation
technique et minimisent le recours à l'emprunt en défendant
une approche de l'investissement basée sur la progressivité
et la poly-activité (Fougerouse, 1996).
[R]
Industrialisée
Expression ancienne faisant référence à la déconnexion
progressive de l'agriculture vis-à-vis de son environnement, qui a
conduit à une dépendance forte vis-à-vis des industries
(Augé-Laribé, 1912). C'est une variante de l'expression "
agriculture industrielle ".
[R] Industrielle
Expression traduisant l'application des principes économiques de
l'industrie à l'agriculture (Chavagne, 1984).
[R]
Intégrée
Parallèlement à la lutte raisonnée (cf " agriculture
raisonnée "), des moyens de lutte biologique ont été
découverts ou redécouverts, amenant l'expression " lutte
intégrée " pour qualifier un type de lutte contre les ravageurs
qui allie la lutte biologique à des moyens de lutte chimique
raisonnés (Ferron, 1999). Ensuite, la lutte intégrée
a été élargie à la " protection intégrée
" par l'ajout de mesures phytotechniques pour réguler les populations
de ravageurs. Ce concept de " protection intégrée " a
été inventé par l'OILB en Europe de l'Ouest,
parallèlement à la création de l'" Integrated Pest
Management " aux États-Unis (Ferron, 1999). Enfin, en ajoutant
l'ensemble des techniques de production ainsi que la gestion de l'exploitation
à la notion de protection intégrée, est née
l'expression " production intégrée ", élargie à
celle d'" agriculture intégrée ", dans la mouvance de
l'agro-écologie (Altieri, 1986). La " production intégrée
" est définie par l'OILB comme étant un système de
production qui assure une agriculture viable sur le long terme, qui fournit
des aliments de qualité et d'autres matières premières
en utilisant au maximum les ressources et les mécanismes de
régulation naturels et en limitant le plus possible les intrants
dommageables à l'environnement. L'objectif est d'obtenir une récolte
qualitativement optimale par des techniques culturales satisfaisant des exigences
économiques, écologiques et toxicologiques (Viaux, 1997 ; 1999).
Ces travaux de l'OILB ont conduit à la rédaction de directives
générales (El Titi et al., 1993) et par secteur de
production comme, par exemple, en grandes cultures (Böller et al.,
1997). Au niveau européen, un groupe de travail conduit par Vereijken
s'est chargé de la mise en pratique de systèmes basés
sur les concepts de l'agriculture intégrée (Vereijken, 1997).
Le concept de production intégrée se retrouve en anglais sous
le nom d'" Integrated Farming Systems " (IFS), élargi à
celui d'" Integrated Food and Farming Systems " (IFFS), soulignant
que la production agricole et l'exploitation doivent être vues comme
un système dans lequel l'utilisation des ressources économiques,
sociales et environnementales est équilibrée. Par l'adjectif
" intégré ", on entend donc, d'une part, incorporer
différents moyens de lutte pour protéger les cultures et, d'autre
part, prendre en compte simultanément les dimensions sociales,
économiques et environnementales de l'agriculture. La notion de "
production agricole intégrée " a été élargie
à celle d'" agriculture intégrée " qui étend
à l'échelle du secteur agricole les réflexions menées
au niveau du système de production. Le concept d'agriculture
intégrée correspond à la recherche d'une agriculture
valorisant mieux les richesses naturelles, et respectant la diversité
et l'équilibre du terrain agricole, considéré comme
un écosystème, d'où la notion de "
troisième agriculture " (voir ce mot). Il a été
montré qu'il existe une évolution possible de l'agriculture
" raisonnée " vers l'agriculture " intégrée ",
la première étant certainement un premier pas vers la seconde
(Pervanchon et Blouet, 2002).
[R] Intensive
Empruntée au champ de l'économie (Bonnieux, 1986) et en lien
avec le rôle des industries (Serra, 1986), l'expression est souvent
associée à l'" agriculture productiviste ". La date d'apparition
de la notion d'intensification en agriculture est difficile à
préciser, mais elle remonterait à l'époque de la mise
en cause de la recherche d'une productivité toujours croissante (Serra,
1986). L'adjectif " intensive " qualifie une agriculture cherchant à
augmenter les rendements par unité de travailleur, mais aussi les
rendements à l'hectare, les rendements zootechniques (carcasses, lait)
en augmentant les performances des animaux, des végétaux et
des sols, par exemple via la sélection variétale, la
sélection génétique ou la fertilisation des sols. En
français, l'expression est souvent mal utilisée, car il est
nécessaire, quand on parle d'intensification, de préciser à
quoi l'on se réfère : intensification de la production, du
travail, de l'investissement ? (Tirel, 1983). Aussi, l'expression se
retrouve-t-elle en anglais sous les termes plus précis de : " capital
intensive agriculture " ou " labor intensive agriculture ", pour
qualifier une agriculture " intensive " par rapport à un facteur de
production tel que le capital ou le travail. Il est important de noter que
l'intensification n'est pas associée à une dépendance
de l'agriculture vis-à-vis des industries, puisque certaines industries
agroalimentaires s'accommodent parfaitement d'une agriculture extensive (Serra,
1986). En France, le terme d'" agriculture intensive " est utilisé
parfois comme synonyme d'" agriculture dominante ", car il
caractérise une utilisation maximale des potentialités de
l'exploitation agricole pour obtenir un rendement le plus élevé
possible ; dans ce cas, comme l'on ne précise pas à quel facteur
on se réfère en utilisant l'adjectif " intensif ", il serait
préférable d'utiliser l'expression " agriculture
conventionnelle ".
[R] Internationale
Expression trouvée chez Michel Augé-Laribé (1955) pour
qualifier l'agriculture pratiquée après 1871, et jusqu'en 1939,
et caractérisée par une amélioration des techniques
de production et de distribution, et une modification des marchés.
Il s'agit des débuts de l'agriculture moderne.
[R]
Interstitielle
" L'agriculture interstitielle, c'est l'agriculture mêlée à
la ville, qu'elle soit au milieu de l'agglomération, qu'elle l'entoure,
ou encore qu'elle sépare deux agglomérations entre elles. [
]
ainsi définie elle a une fonction sociologique car, espace vert,
réserve d'air et de chlorophylle, elle réalise une rupture
avec le béton ; elle constitue un espace biologique nécessaire
aux citadins, et permet de réaliser l'équilibre ville-campagne
" (Gaye, 1974). Pour des nuances, voir " agriculture urbaine " et
" agriculture péri-urbaine ". Ces trois agricultures sont parties
prenantes du développement durable, et conduisent à
l'émergence de " villes durables " (Helmore et Ratta, 1995).
Avec ses variantes que sont l'" agriculture urbaine " et l'" agriculture
péri-urbaine ", l'agriculture interstitielle
caractérise l'agriculture par rapport à un territoire
urbanisé. Ces agricultures induisent des problématiques propres
à l'aménagement du territoire soulevées depuis plusieurs
décennies (Falque, 1974).
[R] Marchande
La dualité entre une agriculture marchande et une agriculture favorisant
le développement rural est présentée dans l'ouvrage
d'Edgar Pisani, Pour une agriculture marchande et
ménagère, base de propositions pour une réforme
de la politique agricole en France. Cet ouvrage montre la nécessité
pour l'agriculture de trouver un équilibre entre une orientation
commerciale vers les marchés internationaux (ce que traduit le mot
" marchande ") et le maintien d'une activité rurale au sein du territoire
(ce que traduit le mot " ménagère "). Il s'agit de
réconcilier le monde rural avec le monde agricole, dans un objectif
de développement territorial harmonieux (Pisani, 1994).
[R]
Ménagère
Expression traduisant la volonté politique de maintenir une activité
rurale au sein du territoire (Pisani, 1994). Elle est en opposition avec
l'expression " agriculture marchande " et fait probablement
référence au Mesnage des champs d'Olivier de Serres.
[R]
Méthodique
Expression trouvée chez Michel Augé-Laribé (1955) pour
qualifier l'agriculture pratiquée de 1815 à 1871, période
de transition entre l'agriculture traditionnelle et l'agriculture " moderne
" ou " internationale ". Cette agriculture est marquée par le début
de l'application des découvertes scientifiques, et de la création
d'un enseignement spécial pour l'agriculture (Augé-Laribé,
1955).
[R] Moderne
L'adjectif " moderne " est ambigu, puisque relatif à la période
considérée. Ainsi, on la rencontre depuis le XVIIIe
siècle, période de son apparition : les principes de la
nouvelle agriculture de Duhamel du Monceau marquant une révolution
dans l'art agricole (Bourde, 1962), l'adjectif " moderne " traduit alors
l'application de principes scientifiques aux cultures agricoles, et une
rationalisation des pratiques agricoles. Cette expression se retrouve aussi
chez Augé-Laribé pour décrire l'agriculture de la seconde
moitié du XIXe siècle : en effet, c'est vers 1860
que l'agriculture amorce son passage d'une économie domestique à
une économie industrielle, grâce à l'émergence
de l'industrie des engrais, du développement des transports et de
l'invention de moyens frigorifiques et de machines agricoles
(Augé-Laribé, 1912). Ce passage sera vraiment réalisé
en Europe seulement à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale
pendant " les Trente Glorieuses ", lorsque l'Europe cherchera à assurer
l'autosuffisance alimentaire des peuples européens en développant
la mécanisation, l'application des progrès techniques et
scientifiques, et en mettant en uvre la Politique agricole commune
(Chombart de Lauwe, 1979). L'agriculture est alors qualifiée de "
moderne " (Servolin, 1989). On peut associer à l'expression " agriculture
moderne ", celles d' " agriculture dominante " et d' " agriculture
compétitive ", mais il ne faut pas oublier le contexte historique
de leur utilisation.
[R] Montagne (de)
Qualification de l'agriculture par rapport au territoire. Elle fait l'objet
d'une délimitation administrative compte tenu de ses contraintes (relief,
climat, accessibilité). Cette agriculture justifie donc d'aides
particulières de l'Union européenne telles que l'indemnité
spéciale montagne (ISM) et l'indemnité compensatrice des handicaps
naturels (ICHN).Voir " agriculture territoriale ".
[R] Multifonctionnelle
Il s'agit de traduire par cette expression une volonté d'élargir
l'agriculture à de nouvelles missions, au-delà de sa fonction
première qui est nourrir la population. L'apparition d'une agriculture
multifonctionnelle au service du développement rural
- devenu le second pilier de la PAC depuis la conférence de Cork en
1995 - est reconnue dans la loi d'orientation agricole (LOA) française
par l'intermédiaire du CTE. On peut lire dans la LOA adoptée
par l'Assemblée nationale le 8 avril 1999 que : " la politique agricole
prend en compte les fonctions économique, environnementale et sociale
de l'agriculture et participe à l'aménagement du territoire,
en vue d'un développement durable " ; puis, plus loin, parmi les objectifs
de l'agriculture, que " la préservation des ressources naturelles
et de la biodiversité, et l'entretien des paysages, l'équilibre
économique des exploitations ne [doivent] pas être mis en
péril par les obligations qui en découlent, notamment en
matière de préservation de la faune sauvage, sans qu'il en
résulte des charges supplémentaires pour l'État " (article
1er). Ce projet politique cherche donc à concilier toutes
les fonctions de l'agriculture : sociale, économique, territoriale,
écologique. Encore plus, il incite les agriculteurs à assurer
ces fonctions en leur soumettant la possibilité de signer un CTE dont
le contenu sera modulé en fonction des motivations de l'agriculteur
à s'engager " sur les orientations de la production de l'exploitation,
l'emploi et ses aspects sociaux, la contribution de l'activité de
l'exploitation à la préservation des ressources naturelles,
à l'occupation de l'espace ou à la réalisation d'actions
d'intérêt général et au développement de
projets collectifs de production agricole " (Titre 1er, Article
2).
[R] Naturelle
Cette expression traduit une conception cosmogonique du travail agricole
: indivisibilité des mondes physique et spirituel, et pouvoirs de
vie des éléments du feu, de l'eau et de la terre donnés
au sol. Une variante est l'expression " Kyusei nature farming " qui, par
rapport au " nature farming ", traduit l'utilisation de technologies
spécifiques telles que l'inoculation de microorganismes dans le sol
pour en accroître la diversité (Gold, 1994).
Attention : cette expression se traduit en anglais par " nature farming ",
à ne pas confondre avec " natural farming " (voir " agriculture
sauvage ").
[R] Nouvelle
Née à la seconde moitié du XVIIIe siècle,
inventée par Duhamel du Monceau à la suite de sa traduction
des travaux de Jethro Tull, la " nouvelle agriculture " est la recherche
d'un nouvel art agricole, basé sur des approches nouvelles de la
physiologie végétale, la simplification des opérations
agricoles et la rationalisation des cultures sur des fondements scientifiques
(Bourde, 1962). Cette méthode permet : " rendements accrus, travail
simplifié ; moins de main d'uvre ; indifférence au terrain
; et surtout pas besoin de fumier. [
] La nouvelle agriculture
entraînait avec elle une redéfinition des démarches
traditionnelles de la " vieille agriculture " et semblait impliquer une
transformation profonde des structures de cette dernière " (A. Bourde,
p. 369). Cette nouvelle agriculture a ouvert la voie de la modernisation
de l'agriculture, en particulier la découverte et l'usage des engrais
chimiques (industrialisés sous l'initiative de Liebig, au
XIXe siècle), et à la mécanisation. Voir
les expressions " agriculture moderne ", " agriculture chimique
" et " agriculture physique ".
[R] Ordinaire
Voir " agriculture conventionnelle ".
[R] Organique
Le courant " organique " est né en Grande-Bretagne dans les
années 1940, reprenant les thèmes d'Albert Howard, qui a
travaillé à l'alimentation des populations des Indes (Viel,
1979). Ce dernier cherchait à revaloriser le système agricole
traditionnel affaibli par la colonisation britannique en mettant en place
des technologies peu coûteuses en capital et exigeantes en travail.
De retour en Angleterre, il constata que la classe ouvrière souffrait
elle aussi d'une mauvaise situation alimentaire et qu'il était de
l'intérêt de tous, patrons et ouvriers, de produire des aliments
sains et peu coûteux, cet effort reposant sur les agriculteurs,
propriétaires de la terre (Viel, 1979). Howard a créé
la " Soil Association " qui regroupe encore très peu d'exploitations
mais intéresse des jardiniers (Viel, 1979). Voir Agriculture
biologique.
[R]
Organo-biologique
Le courant " biologique " de l'agriculture a été lancé
en Autriche et en Suisse, dès les années 1930, par les travaux
de H. Müller, créateur de l'agriculture "
organo-biologique ", repris par de H. P. Rusch en Autriche (de Silguy,
1994) et Lord Nothbourne, inventeur du mot " organic farming " en
1940, en Grande-Bretagne. Il s'agit d'un des courants de l'agriculture biologique
(voir Agriculture biologique).
[R] Patrimoniale
L'éclosion d'agricultures " patrimoniales " correspond à
de nouvelles stratégies entrepreneuriales, rurales et
résidentielles, répondant au plus près aux demandes
exprimées par la société. Associant valorisation du
patrimoine, identification au territoire et prestations de services, elles
développent une alternative multiforme à la modernisation
agro-industrielle (Fougerouse, 1996).
[R] Paysanne
1. Expression mise en valeur politiquement et syndicalement, notamment par
le syndicat minoritaire Confédération paysanne qui en a
rédigé une charte (21),
ainsi que par la FADEAR. " L'agriculture paysanne doit permettre à
un maximum de paysans répartis sur tout le territoire de vivre
décemment de leur métier en produisant sur une exploitation
à taille humaine une alimentation saine et de qualité, sans
remettre en cause les ressources naturelles de demain. Elle doit participer
avec les citoyens à rendre le milieu rural vivant dans un cadre de
vie apprécié par tous. " FADEAR (citée par Féret,
2000). En outre, l'agriculture " paysanne " cherche à mettre en valeur
et développer les paysanneries du monde entier (Beau, 1992).
2. Sociologiquement, c'est un terme appliqué à certaines
agricultures, par exemple à celles des fronts pionniers d'Amérique
du Sud.
[R] Pérenne
1. Synonyme de " agriculture permanente ".
2. Elle caractérise aussi une agriculture basée sur
l'écologie des prairies, définie aux États-Unis par
le Land Institute (Beau, 1992).
3. Enfin, elle a pris un sens nouveau depuis le 14 mai 2001, date de la signature
de la " Charte pour l'agriculture pérenne ", à Rennes, en Bretagne,
par le ministre de l'Agriculture Jean Glavany
(22). L'objectif est la réforme des méthodes
de production agricoles et agroalimentaires bretonnes, avec un
intérêt particulier porté à la qualité
de l'eau (23).
[R]
Péri-urbaine
L'agriculture périurbaine est un ensemble d'" unités agricoles
proches de la ville qui gèrent des exploitations intensives commerciales
ou semi-commerciales en pratiquant l'horticulture (légumes et autres
cultures), l'élevage de volailles et d'autres animaux destinés
à la production de lait et d'ufs " (FAO, 1999). Pour des nuances,
voir " agriculture urbaine " et " agriculture interstitielle
".
[R] Permanente
Expression inventée en 1978, en Australie (Mollison et Holmgren, 1986).
Elle a été soutenue, en France, en particulier par Dominique
Soltner qui a préfacé la traduction française de 1986
du livre de Mollison et Holmgren. L'" agriculture permanente " est définie
comme " une association harmonieuse de l'agriculture, de la sylviculture,
de l'élevage et de l'horticulture " (Mollison et Holmgren, 1986).
Il s'agit de trouver des solutions écologiques aux problèmes
de l'agriculture. La philosophie à la base de la réflexion
de Mollison est la même que celle de M. Fukuoka (voir " agriculture
sauvage ") : permettre au paysage une auto-défense où
le respect du sol est à la base d'un " système intégré
et auto-évoluant de certaines familles de plantes pluriannuelles qui
s'ensemencent elles-mêmes et d'animaux utiles à l'homme et au
système ; tout l'ensemble, y compris l'habitat humain, constitue un
écosystème complet qui s'entretient lui-même " (Vasella,
1985). L'homme exerce une fonction de contrôle de ce système
qui s'autogère. L'expression " agriculture permanente " est synonyme
de " permaculture ", et c'est une des variantes de l'agriculture
pérenne.
[R] Physique
Cette expression se trouve dès la seconde moitié du
XVIIIe siècle, lors des débuts de l'utilisation
de l'expérimentation et des connaissances scientifiques pour le
développement de l'agriculture (Bourde, 1962). Voir les expressions
" agriculture nouvelle " et " agriculture chimique ".
[R] Plurielle
L'expression, créée par Kressman (1985), traduit la diversité
de l'agriculture et " s'éloigne définitivement du modèle
d'exploitation à 2 UTH (unités de travail humain) et devrait
voir cohabiter des complexes agro-industriels et agro-commerciaux [
]
pouvant rassembler un nombre important de personnes [
] à l'autre
bout
des mini-exploitations de jardinage et d'auto-subsistance " (Kresman,
1985, cité par Colson, 1986, p. 7).
[R] Précision
(de)
Qualifie l'agriculture qui fait appel aux nouvelles technologies : SIG
(système d'information géographique), GPS (global positioning
system), satellite, informatique. L'agriculture de précision
revendique l'usage d'informations précises et répétées
pour moduler les données techniques. Elle est basée sur le
principe qu'une parcelle étant hétérogène,
aut apporter les intrants (fertilisants, graines, pesticides) en fonction
des caractéristiques uniques de chaque zone de la parcelle, ce qui
a des répercussions positives sur l'environnement puisque l'on n'apporte
à la culture que ce dont elle a réellement besoin (Auernhammer,
2001). Les termes anglais désignant l'agriculture de précision
sont très explicites, les " precision farming " ou " precision agriculture
" étant synonymes de " prescription farming " ou " site specific
management " (Gold, 1994).
Du point de vue de FARRE, l'agriculture raisonnée entretient un lien
étroit avec l'agriculture de précision (Lambert, 2000).
[R] Productiviste
Expression liée à celle d'" agriculture intensive ",
ayant fait l'objet de nombreux débats (voir, par exemple, les
numéros 171 et 172 d'Économie rurale). La notion de
productivisme, souvent utilisée en faux-sens, est associée
à " l'analyse du processus de développement suivi par l'agriculture
française depuis la fin des années 50 " (Tirel, 1983, p. 23).
Traiter de l'agriculture productiviste implique de s'interroger sur de nombreux
points, parfois antagonistes : l'accroissement du capital par travailleur,
la marginalisation de certaines zones, les structures et l'économie
d'échelle, l'intensification et la productivité animale et
végétale, la baisse de productivité des consommations
intermédiaires, la dépendance de l'agriculture vis-à-vis
de l'agro-industrie (fourniture et production alimentaire), l'intensité
du travail, le lien avec les marchés extérieurs et, enfin,
l'impact sur la qualité de vie et l'environnement (Tirel,
1983) (24).
[R] Qualité (de)
Cette expression s'inscrit dans une tendance consumériste de recherche
de qualité (Mer, 1999). Elle traduit une agriculture productrice
d'aliments de qualité (Beau, 1992) (qualité organoleptique
et qualité sanitaire), mais aussi respectueuse de l'environnement.
[R] Quatrième type
(de)
L'expression veut aller plus loin que celle d'" agriculture du troisième
type " (cf ci-dessous). En effet, l'agriculteur, en plus " de se battre
avec les armes des autres entrepreneurs pour conquérir les marchés
nouveaux ", doit satisfaire le citoyen et le contribuable (Kressman, 1996).
En d'autres termes, l'agriculteur doit gérer les risques climatiques,
mais aussi économiques, financiers, juridiques, fiscaux, sanitaires
et agronomiques ; il doit aussi sortir de son individualisme et nouer des
alliances afin d'innover, de découvrir d'autres entreprises, avoir
des avis extérieurs, d'être plus performant et s'entourer de
compétences variées ; et, enfin, il doit gérer son
exploitation, non plus à long terme, mais avec un horizon plus raccourci
(Kressman, 1996). Cette agriculture du quatrième type est pour Kressman
(1996), une agriculture " citoyenne " (voir ce mot).
[R] Radicale
Traduction littérale de l'anglais " radical agriculture ",
vocable inventé par Richard Merril (1976). Son ouvrage présente
20 essais qui sont des réflexions sur les cultures, les relations
entre agriculture et agribusiness, les alternatives aux pratiques intensives
et, d'une façon générale, la quête d'une " renaissance
rurale ". Cette expression fait référence à une agriculture
" écologique " (Estevez et Domon, 1999). Ce terme n'a pas
d'écho dans les pays francophones, l'ouvrage n'ayant pas été
traduit à notre connaissance.
[R] Raisonnable
Expression davantage parlée qu'écrite, employée
par analogie à l'agriculture durable en insistant sur la dimension
nécessairement humaine, voire familiale, des exploitations (rapprochement
de l'agriculture paysanne) et sur le respect des ressources naturelles
(rapprochement de l'agriculture biologique sous son angle technique). Cette
expression est privilégiée par les personnes désirant
montrer qu'une conception et une pratique sages de l'agriculture
(c'est-à-dire gérer une exploitation agricole " en bon père
de famille ") amènent à des systèmes et modes de production
relevant du bon sens.
[R] Raisonnée
On trouve la première référence à une " agriculture
raisonnée " chez Thaer au début du XIXe
siècle (P. Robin, comm. pers.). Cette expression a actuellement un
nouveau sens qui prend sa source dans le développement de la lutte
raisonnée, apparue après la Seconde Guerre mondiale, lorsque
l'utilisation de produits phytosanitaires chimiques est devenue
problématique en termes économique et environnemental. On cherche
à substituer à une lutte " aveugle " contre les ravageurs des
culture, une lutte en fonction de seuils de tolérance des cultures,
dite " lutte raisonnée " ou " lutte dirigée " (Ferron, 1999).
L'agriculture raisonnée est un élargissement de ce concept
de lutte à la production dans son ensemble, impliquant que l'on apporte
toujours des produits chimiques de synthèse sur les parcelles mais
que cet apport n'est plus systématique mais maîtrisé
en fonction des besoins des cultures, selon des seuils de tolérance
agronomique. Il existe actuellement plusieurs définitions de l'agriculture
raisonnée, dépendantes des objectifs qui lui sont fixés
(Pervanchon et Blouet, 2002). Une première définition est
donnée dans un objectif de communication par les industries,
relayées par les syndicats agricoles majoritaires ; elle traduit une
volonté d'amélioration de l'agriculture dominante, via une
meilleure observation de l'environnement et une rationalisation des pratiques
agricoles. Une deuxième définition a été donnée
par les agronomes dans un objectif d'application concrète. Elle regroupe
un ensemble de méthodes " raisonnées " nées des travaux
en faveur d'une meilleure fertilisation des terres agricoles, engagés
depuis les années 1980 par le CORPEN et le COMIFER pour limiter l'impact
sur l'environnement des procédés agricoles dominants. Une
troisième et dernière définition s'inscrit dans un objectif
politique : il s'agit de la définition par le ministère de
l'Agriculture et de la Pêche français, qui devrait déboucher
sur la publication d'un décret au début de l'année 2002.
La proposition la plus récente, en date du 8 janvier 2002, faite par
le CSO définit ainsi l'agriculture raisonnée : " l'agriculture
raisonnée correspond à des démarches globales de gestion
d'exploitation qui visent, au-delà du respect de la réglementation,
à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur
l'environnement et à en réduire les effets négatifs,
sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations.
Les modes de production raisonnés en agriculture consistent en la
mise en uvre de moyens techniques dans une approche globale de
l'exploitation. Au-delà des impératifs de sécurité
alimentaire des produits agricoles, qui s'imposent à toutes les
productions, les modes de production raisonnés peuvent faciliter la
maîtrise des risques sanitaires et contribuer à l'amélioration
du bien-être animal. Ils permettent également de contribuer
à l'amélioration des conditions de travail ".
[R]
Régénératrice
Traduction littérale de l'anglais " regenerative agriculture
", cette expression souligne l'importance de développer des
procédés agricoles permettant le renouvellement (la
régénération) des ressources renouvelables sur le plan
environnemental (Edwards, 1987), ce concept de régénération
pouvant aussi s'appliquer aux plans économique et social ; ce concept
est développé et diffusé aujourd'hui par le Rodale Institute
et le Rodale Research Center, aux États-Unis.
[R] Renouvelable
Ce qualificatif se retrouve chez Viel (1979), pour signifier qu'il faut
peut-être rechercher une voie intermédiaire pour l'agriculture,
différente de l'agriculture biologique et de l'agriculture
courante.
[R] Rente (de)
Terme appliqué le plus souvent aux agricultures des pays en
développement, qui reposent sur des systèmes de culture à
base de productions végétales destinées à la
commercialisation et à l'exportation. Ce terme est
généralement opposé à " agriculture
vivrière ".
[R] Resource
efficient
Terme anglo-saxon sans traduction équivalente en français.
Cette expression fait référence à une agriculture "
écologique " (Estevez et Domon, 1999) et prône une
démarche participative, associant agriculteurs et chercheurs pour
le développement de modes écologiques de production d'aliments
mais aussi de fibres, d'énergie. Les projets sont soutenus par un
organisme de recherche et de consultants au Canada, créé en
1986 (voir le site www.reap.ca).
[R] Rurale
Cette expression est utilisée en opposition (ou en complément)
de celle d'" agriculture urbaine " (voir ce mot). Cette expression
prend son origine dans le champ de l'économie et, dans un contexte
de modification des rapports de l'agriculture au territoire, elle peut aussi
qualifier un modèle d'agriculture qui repose sur la valorisation des
ressources du territoire dans lequel elle est inscrite (Lacombe, 1998). Ces
ressources territoriales comprennent des ressources naturelles mais aussi
du capital social (savoir-faire, relations de proximité, etc.). Les
activités qui en découlent dépassent la simple production
agricole pour inclure des activités touristiques.
[R] Sauvage
" Natural farming " en anglais (Fukuoka, 1990), dite aussi agriculture
" synergétique ". La philosophie est celle d'un travail en
harmonie avec le sol et non contre lui, en appliquant au paysage les principes
de l'Aïkido, art de l'auto-défense, qui " permettent la
transformation de la malchance en force et d'en tirer des énergies
positives " (Vasella, 1985). Le terme " sauvage " est bien choisi dans
la mesure où cette agriculture prône l'absence d'intervention
de l'homme sur la production (le synonyme en anglais de " natural farming
" étant " do-nothing farming "), par opposition
aux autres formes d'agriculture qui sont nécessairement " artificielles
" puisque nécessitant l'intervention de l'homme. Voir " agriculture
permanente ".
Attention : cette expression se traduit en anglais par " natural farming
", à ne pas confondre avec " nature farming " (voir " agriculture
naturelle ").
[R] Services (de)
Expression née chez les économistes pour désigner un
modèle d'agriculture multifonctionnelle, qui s'appuie sur la valorisation
de ressources du rural pour offrir des services diversifiés (offre
de produits de qualité, entretien de l'espace, services touristiques,
etc.) à une population urbaine qui aujourd'hui voit dans le milieu
rural un espace de vie et d'emploi (Bourgeois et al., 2000 ; Lacombe,
1998 ; Lacombe et Guihéneuf, 2000).
[R] Solidaire
Ce terme fait référence à des préoccupations
économiques (partage de l'emploi, revenu agricole décent,
subventions
) et sociales (échanges de savoir-faire, circulation
de l'information dans des réseaux) (Rhessy, 1996). Cette expression
est fortement liée à celles d' " agriculture autonome "
et d'" agriculture économe ".
[R] Soutenable
Traduction littérale de l'expression anglaise " sustainable
agriculture ". Il s'agit de nuances sémantiques sur les
différents termes utilisés pour exprimer la durabilité.
Nous rappellerons simplement quelques termes, que l'on peut considérer
comme synonyme de " durabilité " dans notre étude : " soutenance
" ou en anglais " sustenance " (Olowolafe et Dung, 2000), "
soutenabilité " ou en anglais " sustainability ", ou encore
" concentricity " (Mitchell, 2000), et pour l'adjectif " soutenable
", on trouvera comme synonyme " durable ", en anglais " sustainable
" ou " stainable " (par exemple : " stainable farming systems
" chez Webster in Tellarini et Caporali, 2000, page 269). Le terme allemand
est " nachhaltig ", adjectif du nom " die Nachhaltigkeit " (Bosshard,
2000). De même, certains auteurs voient une différence
sémantique entre durabilité et développement durable
(Grainger, 1999). Cependant, il s'agit encore de nuances
(25) que certains auteurs réfutent (Karavezyris
et Papanikolaou, 2000). Voir l'expression " agriculture durable ".
[R] Subsistance (de)
Expression née chez les économistes pour désigner une
agriculture tournée essentiellement vers l'auto-suffisance alimentaire
et peu intégrée à l'économie marchande.
[R] Synergétique
Voir " agriculture sauvage ".
[R] Systématique
1. Expression utilisée par les archéologues et les historiens
pour qualifier le passage de l'homme d'un statut de chasseur-cueilleur à
celui d'agriculteur faisant un semis et une récolte
systématiquement, d'année en année, et domestiquant
plantes et animaux.
2. Cette expression traduit aussi la volonté de protéger les
cultures contre les aléas (climat, ravageurs), et d'assurer une production
maximale des cultures en apportant, de façon rigide et
déterminée à l'avance, les intrants nécessaires
à la culture. Il s'agit en fait d'une agriculture chimique
systématisée (Besnault, 1998).
[R] Temps partiel (à)
Il s'agit de traduire par cette expression le temps de travail de la main
d'uvre agricole, dans un souci d'analyse (Duby et Wallon, 1977). C'est
une expression s'inscrivant dans une analyse économique de l'agriculture.
[R] Territoriale
Expression qui traduit la volonté de remettre l'agriculteur au cur
de son projet et de son territoire, de lui redonner des responsabilités
dans la collectivité et la société en matière
de développement du territoire. Il s'agit de lutter contre la
désertification rurale par le développement d'exploitations
" à taille humaine " et mobilisant les ressources du territoire dans
lequel elle est inscrite. Voir " agriculture citoyenne ", " agriculture
rurale ", " agriculture multifonctionnelle " et " agriculture
de montagne ".
[R] Traditionnelle
1. Cette expression caractérise l'agriculture qui prévalait
à la fin du XIXe siècle. Par exemple, en France, il s'agissait
d'un modèle " paysan ", issu de la société rurale
féodale (Braudel, 1986). Il n'en existe plus aujourd'hui que quelques
formes relictuelles (Pernet, 1982), car l'agriculture " traditionnelle "
a décliné au profit du modèle danois, intrinsèquement
plus compétitif grâce à une agriculture basée
sur des exploitations familiales dont la production est destinée à
des marchés nationaux et internationaux et qui est à l'origine
des agricultures européennes actuelles (Servolin, 1989). Michel
Augé-Laribé (1955) place précisément l'agriculture
traditionnelle entre 1600 et 1815. Ensuite, prend place l'" agriculture
méthodique ", de 1815 à 1871, avec l'application des
principes de la science à l'agriculture, puis enfin apparaît,
à partir de 1872, l'" agriculture internationale " basée
sur les échanges mondiaux (Augé-Laribé, 1955).
2. On notera que, dans le contexte agricole actuel, l'expression " agriculture
traditionnelle " peutêtre considérée comme le
qualificatif d'une agriculture anti-modernisation (Beau, 1992).
[R] Troisième
Cette expression qualifie une agriculture entre l'agriculture
biologique et l'agriculture conventionnelle et qui intègre
davantage les connaissances scientifiques sur l'écologie (Souchon,
1974). Cette expression se rapproche de celle d'" agriculture
intégrée ", décrite comme troisième voie
pour l'agriculture (Häni, 1990 ; Morris et Winter, 1999). Cette idée
de troisième voie se retrouve aussi restreinte aux seules grandes
cultures (Viaux, 1999).
[R] Troisième type (du)
Kresman, inventeur de cette expression, résume sa thèse ainsi
: " l'agriculture est en train de devenir pour tout le monde, sauf
peut-être pour un certain nombre encore d'agriculteurs, un secteur
économique comme les autres, banalisé, qui doit utiliser au
mieux ses facteurs de production pour être compétitif et se
développer tout seul, avec un minimum d'aides économiques de
la collectivité " (Kressman, 1996, pp. 26-27). Cette agriculture (du
troisième type) se situe dans la continuité de l'industrialisation
technique de l'agriculture et de l'internationalisation de ses marchés.
Il s'agit de diversifier ses productions, de façon à compenser
les échecs conjoncturels d'une production par les profits obtenus
sur des produits qui ont davantage de succès (Kressman, 1985). En
effet, si la spécialisation agricole est une bonne stratégie
sur des marchés déficitaires et à croissance rapide,
il faut utiliser une stratégie opportuniste et spéculative
lorsque la demande ne suit plus l'accroissement de l'offre et que le soutien
public des marchés devient moins systématique. Il s'agit de
proposer un développement agricole " à la carte ",
considérant qu'il existe des agriculteurs " super techniciens " et
des agriculteurs " traditionnels " (Colson, 1986). Cette agriculture est
en train d'évoluer vers une agriculture du " quatrième
type " (voir cette expression). Notons que l'agriculteur du " troisième
type " peut être appelé " agri-manager " (Kressman, 1996, page
32).
[R] Urbaine
Expression qualifiant une agriculture au cur des agglomérations
; celle-ci " se réfère à de petites surfaces (par exemple,
terrains vagues, jardins, vergers, balcons, récipients divers)
utilisées en ville pour cultiver quelques plantes et élever
de petits animaux et des vaches laitières en vue de la consommation
du ménage ou des ventes de proximité " (FAO, 1999). Pour des
nuances, voir " agriculture péri-urbaine " et " agriculture
interstitielle ".
NDLR : La question " Qu'est-ce que l'agriculture urbaine ? " est explicitement
posée sur le site Internet du Courrier
(www.inra.fr/dpenv/aurbaine1.htm) ; des
réponses en quelques lignes ; en plusieurs pages... Dans le Courrier
de l'environnement n°31, août 1997, on a lu (on relira) " De
l'agriculture péri-urbaine à l'agriculture urbaine ", par
André Fleury et Pierre Donadieu, en ligne à
www.inra.fr/dpenv/fleurc31.htm.
[R] Vieille
Expression utilisée pour marquer la rupture que constitue l'agriculture
" nouvelle " (Bourde, 1962). Voir l'expression " nouvelle agriculture
".
[R] Vivrière
Terme utilisé pour qualifier des agricultures qui reposent sur des
systèmes de culture à base de productions végétales
destinées avant tout à l'autoconsommation. L'agriculture
vivrière est opposée à " l'agriculture de rente ".
Ce terme s'applique le plus souvent aux pays en développement.
Geneviève Nguyen et Jean-Pierre Sarthou sont
enseignants-chercheurs, respectivement, au Laboratoire dynamiques rurales
et en Agroécologie-Entomologie - équipe Biodiversité
dans les agroécosystèmes - de l'École nationale
supérieure agronomique de Toulouse (nguyen@ensat.fr -
sarthou@ensat.fr). Samuel Féret est chargé de mission du
FR CIVAM Bretagne, Réseau agriculture durable
(sferet@wanadoo.fr).
Les Auteurs tiennent à remercier Christian Bockstaller, Philippe Girardin
et Paul Robin pour leur aide et leurs commentaires sur certaines
définitions de ce lexique.
[R] Notes
(1) "
Productivisme est un néologisme [qui] a rejoint ainsi la cohorte
des termes que l'on retrouve dans les rapports et les discours des uns et
des autres et qui ne valent que par leur connotation : ainsi parle-t-on de
la compétitivité sans préciser le niveau d'où
on la juge, de la productivité sans définir l'unité
à laquelle on se réfère, de l'intensification sans
même évoquer la nature des processus incriminés
La démarche a un côté sympathique : chacun met ce qu'il
veut derrière chaque concept, et aborde le débat sans crainte
de voir se réaliser un malencontreux consensus qui le priverait de
la joie sans cesse renouvelée de retrouver la discussion au point
initial. " (Tirel, 1983, p. 23).[VU]
(2) Ainsi, " le concept de développement durable a
fait irruption dans le monde agricole au point de figurer dans tous les discours
d'orientation ou stratégiques, y compris de groupes phytosanitaires
! Ce mot magique, un temps consensuel, cache des sensibilités et des
orientations différentes et donne lieu à des glissements de
sens au gré de chacun. Si le concept est fécond, à la
dimension des portes qu'il ouvre à l'agriculture, il faudrait éviter
qu'il se vide de son contenu, en étant l'auberge espagnole d'une
agriculture en mal de projet, de la pérennité et de la
transmissibilité des entreprises au respect de l'environnement, de
l'emploi au développement rural, de l'écologie
à
l'éthique ou à l'équité sociale. C'est selon,
mais à force les idées sous-jacentes avancent. " (Mer, 1999,
p. 223).[VU]
(3) On ne jugera pas ici ces théories, ni la
personnalité sujette à polémique de son inventeur allemand,
R. Steiner, à l'origine de l'anthroposophie en 1913 et
présenté, selon les auteurs, soit comme un précurseur
de génie, soit comme un charlatan. Ces théories sont à
remettre dans un contexte historique très chargé pour l'Allemagne
de l'après-Première Guerre mondiale (Viel,
1979).[VU]
(4) Par exemple, est-il une agriculture qui ne soit pas "
biologique " ni " artificielle " ? [VU]
(5) Voir, par exemple : " Le haut de gamme, nouveau cheval
de bataille des marques de la distribution " (Le Monde, 20 octobre 1998),
" Main basse sur les produits bio " (Le Monde diplomatique, mars 1999),
" Sursis européen pour les produits bio bidons " (Le Canard
enchaîné, 8 septembre 1999)
Lire aussi l'article de
Kristensen et al. à :
www.jrc.es/iptsreport/vol20/french/FOO3F206.htm.
[VU]
(6) Sites Internet :
http://www.cals.ncsu.edu/sustainable/peet/tillage/c03tilla.html
http://scarab.msu.montana.edu/Agnotes/agnotes12b_149.htm
http://agriculture.house.gov/glossary/no-till_farming.htm
[VU]
(7) Sites Internet :
http://www.ecaf.org/frances/Envirom.htm
http://sis.agr.ca/CANSIS/PUBLICATIONS/HEALTH/~intro.html
[VU]
(8) Une définition générale pourrait
être " capital intensive, large-scale, highly mechanized agriculture
with monoculture of crops and extensive use of artificial fertilizers,
herbicides, and pesticides with intensive animal husbandry " (Knorr and
Watkins, 1984, in Comer et al. 1999).[VU]
(9) Citons plusieurs exemples de définition illustratifs.
Une définition politique de l'agriculture durable pour le gouvernement
américain est tirée de la Section 1404 du Natural Agricultural
Research Extension and Teaching Policy Act de 1977, amendé par la
section 1603 du FACT Act : " sustainable agriculture is an integrated
system of plant and animal production practices having a site-specific
application that will, over the long term: i) satisfy human food and fiber
needs; ii) enhance environmental quality and the natural resource base upon
which the agricultural economy depends; iii) make the most efficient use
of non-renewable resources and on-farm resources and incorporate, where
appropriate, the natural biological cycles and controls, iv) sustain the
economic viability of farm operations; and v) enhance the quality of life
for farmers and society as a whole " (Letey, 1994). Cette
définition se rapproche de celle du développement durable des
espaces agricoles par : " a system of technologies and/or planning that
aims to integrate ecological with socio-economic and political principles
in the management of land for agricultural and other purposes to achieve
intra- and intergenerational equity " (Hurni, 2000, p. 85). On trouve
encore : " agriculture can be considered "sustainable" only if it understands
productivity and environmental protection as equally essential features of
the entire system, which has to be kept intact for future generations "
(Eckert et al., 2000). En France, on trouve la définition
du réseau Agriculture durable : " L'agriculture durable invite à
promouvoir et à pratiquer une agriculture économiquement viable,
saine pour l'environnement et socialement équitable. L'agriculture
durable est une agriculture soutenable car elle répond aux besoins
d'aujourd'hui (aliments sains, eau de qualité, emploi et qualité
de vie) sans remettre en cause les ressources naturelles pour les
générations futures. " (RAD in Féret,
2000).[VU]
(10) Préservation des sols, de l'eau, de l'air, des
ressources non renouvelables, de la biodiversité et des
paysages.[VU]
(11) Maintien du potentiel agronomique des sols, maintien
ou amélioration du niveau de vie de l'exploitant, praticabilité
à long terme, mais aussi contribution aux échanges commerciaux
locaux, nationaux ou internationaux
[VU]
(12) Prise en compte d'une dimension éthique, assurance
d'une alimentation en quantité et en qualité à tous
les peuples, maintien ou renforcement du tissu social rural ou
urbain
[VU]
(13) Possibilité technique et économique de
reprise des exploitations par un jeune agriculteur, accessibilité
et diffusion de connaissances anciennes, et des avancées techniques
et scientifiques.[VU]
(14) Ce mot rappelle celui de Ignacy Sachs : "
Eco-développement ", synonyme de " développement durable "
ou de " durabilité " (Sachs, 1997). Voir l'expression " agriculture
soutenable ".[VU]
(15) Ancien président-directeur général
de l'INRA qui a rédigé, en 1978, le rapport Pour une agriculture
plus économe et plus autonome.[VU]
(16) Il s'agit de l'agriculture du milieu des années
1980 caractérisée par la recherche d'une diversification des
productions (kiwi, fraise des bois, lapins angora, chèvres angora,
lama, bisons, etc.).[VU]
(17) Voir le site
http://www.agr.ca/pfra/nesa/nesa7f.htm [VU]
(18) Voir, par exemple, les sites
www.qfa.qc.ca/agrenv/fr/intro.html et
www.farmcentre.com/french/cbc/?where=id=34
[VU]
(19) Ouvrage de Thompkins et Bird traduit de l'américain
: " Agriculture holistique, la vie secrète du sol " chez Robert Laffont
[VU]
(20) Mary V. Gold (1999) nous apprend que, cependant, une
acception plus restrictive de l'agriculture holistique existe sous le terme
anglo-saxon " holistic management " (HM) appelé à l'origine
" holistic resource management " (HRM). Le HM (ou HRM) est une approche
développée par un biologiste zimbawéen, Allan Savory,
pour limiter la progression de la désertification. Il s'agit d'un
procédé d'aide à la décision basé sur
la compréhension des relations entre l'homme, les animaux et leur
environnement. Ce procédé aide les acteurs locaux à
identifier et clarifier les valeurs principales pour leur permettre ensuite
d'agir efficacement sur les plans environnemental, économique et social.
Le concept HM est développé et diffusé par le Center
for Holistic Management. [VU]
(21) Site Internet :
www.confederationpaysanne.fr/anapro/principe.html
[VU]
(22) Discours du Ministre sur :
www.agrisalon.com/glav1505.htm [VU]
(23) Voir la dépêche de l'AFP à :
www.terre-net.fr/actus/actus_detail.asp?id=16510
[VU]
(24) Nous avons repris ici les grands chapitres de l'article
de Tirel (1983), auquel le lecteur pourra se référer pour plus
de détails.[VU]
(25) Le développement durable peut être
défini comme un développement qui évite le déclin
du bien-être humain au cours du temps, le bien-être s'entendant
sur le plan social et environnemental. Appliqué d'abord pour les pays
en développement, il est maintenant généralisé
globalement. Pour Grainger (1999), ce concept est différent de la
durabilité, cette dernière considérant que les humains,
ayant des impacts sur les ressources et l'environnement, sont contraints
de protéger les systèmes nécessaires à la vie,
mais sans les équilibrer directement avec les bénéfices
du développement.
[VU]
[R] Glossaire de quelques acronymes
et sigles propres à l'agriculture
AB : agriculture biologique
AFAB : Association française pour l'agriculture biologique
ANCEMA : Association nationale des cercles d'échanges et de machinisme
agricole
ANIA : Association nationale des industries alimentaires
APCA : Assemblée permanente des chambres d'agricultures
APAD : Association pour la promotion d´une agriculture durable
BCMA : Bureau de coordination du machinisme agricole
BIR : Bulletin d'informations rapides de l'APCA
CEDAPA : Centre d'étude pour un développement agricole plus
autonome
CEDAPAS : Centre d'études et de développement d'une agriculture
plus autonome et solidaire
CEIPAL : Centre d'études internationales paysannes et d'actions locales
(fait partie du groupe Planète)
CENAG : Centre de l'agriculture d'entreprise
CFCA : Confédération française de la coopération
agricole
CINAB : Comité interprofessionnel national de l'agriculture biologiqueCNJA
: Centre national des jeunes agriculteurs
CNMCCA : Confédération nationale de la mutualité de
la coopération et du crédit agricoles
COMIFER : Comité français pour l'étude et le
développement de la fertilisation raisonnée
CORPEN : Comité d'orientation pour la réduction de la pollution
des eaux par les nitrates et les phosphates provenant des activités
agricoles
CUMA : Coopératives de machinisme agricole
CSO : Conseil supérieur d'orientation et de coordination de
l'économie agricole et alimentaire
CTE : Contrat territorial d'exploitation
DEXEL : Diagnostic environnemental de l'exploitation d'élevage
DMDR : Comité de diversification des modèles de développement
rural
DATAR : Délégation à l'aménagement du territoire
et à l'action régionale
ECAF : European Conservation Agriculture Federation
EIIF : European Initiative for Integrated Farming
EISA : European Initiative for Sustainable Development in Agriculture
EISF : European Initiative for Sustainable Farming
FADEAR : Fédération associative pour le développement
de l'emploi agricole et rural
FAO : Food and Agriculture Organisation (Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture)
FARRE : Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de
l'environnement.
FCD : Fédération du commerce et de la distribution
FIL : Fordergemeinschaft integrierter Landbau
FNAB : Fédération nationale de l'agriculture biologique
FNAPF : Fédération nationale des associations de producteurs
fermiers
FNASAVPA : Fédération nationale des associations de salariés
de l'agriculture pour la vulgarisation du progrès agricole
FNGEDA : Fédération nationale des groupes d'études et
de développement agricole
FNSEA : Fédération nationale des syndicats d'exploitation
agricole
GABO : Groupement des agriculteurs biologiques de l'Ouest
GIE : Groupement d'intérêt économique
ICRAF : International Centre for Research in Agroforestry
IFOAM : International Federation of Organic Agriculture Movements
INRA : Institut national de la recherche agronomique
ITEB : Institut technique de l'élevage bovin
LISA : Low-input sustainable agriculture
LOA : Loi d'orientation agricole
MAP : ministère de l'Agriculture et de la Pêche
OILB : Organisation internationale de lutte biologique et intégrée
contre les animaux et les plantes nuisibles
PMPOA : Programme de maîtrise des pollutions d'origine agricole
SARE : Sustainable Agriculture Research and Education
RAD : Réseau agriculture durable
UFAB : Union française d'agrobiologistes
UIPP : Union des industries de la protection des plantes
WCED : World Commission on Environment and Development
NB: on pourra se référer au site
www.dr-belair.com/index-fr.html pour une liste très complète
des acronymes liés à l'agriculture.
[R] Références bibliographiques
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