La relation de communication entre léleveur et ses animaux demeure un domaine de recherche encore largement inexploré, alors que lévolution actuelle de lagriculture dans les sociétés occidentales et la place quoccupe lélevage au sein de cette agriculture mettent en relief ce domaine à plus dun titre. Dans cet article, très largement basé sur mes recherches bibliographiques, je soulignerai lintérêt de ce sujet dans le champ des recherches sur le bien-être animal et situerai cette problématique dans celui des qualifications et des compétences liées au métier déleveur. Puis je livrerai quelques pistes de réflexion, destinées à poser des bases pour une étude de la communication entre éleveurs et animaux et qui me paraissent pouvoir être proposées à la réflexion et au débat. Les animaux élevés par lhomme sont très divers ; mon propos, ici, concerne notamment les bovins, les porcins et les ovins.
Hommes et animaux partagent un monde commun depuis ce que lon a coutume dappeler « la domestication » des différentes espèces animales, étape que Digard (1990) décrit plus précisément comme la mise en place, au cours de lhistoire, de systèmes domesticatoires, parties prenantes de lévolution des sociétés humaines. Si les motivations à lorigine de ces processus sont le plus souvent présentées comme reposant sur un désir profond des hommes de sapproprier et de dominer la nature, deux aspects essentiels de la création du lien entre hommes et animaux sont curieusement sous-estimés, ceux de la communication et de laffectivité (1) . Or, si, comme Gould le précise : « Nous navons pas changé depuis 40 000 ou 50 000 ans »(2) , et bien que lorganisation des sociétés humaines ait subi de profondes évolutions, il est peut-être intéressant de lire lhistoire des processus domesticatoires à la lumière des motivations que nous avons aujourdhui à vivre avec les animaux, dautant que, comme Haudricourt le soulignait en 1962, les processus de domestication ont entraîné des rapports avec les animaux « dun type amical et qui ne sont pas sans rappeler ceux que les hommes entretiennent entre eux à lintérieur dun groupe ». Animal objet de transfert et expression de pouvoir certainement (3), mais doit-on pour autant négliger la part affective profonde que nous partageons avec les animaux et qui, loin dêtre uniquement un « transfert » qui sexprimerait en réponse à des relations humaines dégradées, pourrait être une forme parmi dautres de notre capacité commune à communiquer et à aimer (4). Comment hommes et animaux pourraient-ils dailleurs cohabiter sils ne partageaient pas, même de façon minimale, certains éléments dun langage commun et certaines motivations communes à être ensemble ?
La demande sociale en faveur du bien-être de lanimal
délevage
Une partie des consommateurs et des citoyens occidentaux revendiquent
aujourdhui bien-être et respect pour lanimal
délevage. Le bien-être de lanimal délevage,
comme le nôtre dailleurs, nest sans doute pas uniquement
affaire denvironnement matériel ou de replétion, et
lon peut avancer lhypothèse que la qualité des
liens de communication quentretiennent éleveurs et animaux participe
du bien-être de lanimal comme de celui de la personne au travail
avec les animaux. Ce thème de la communication entre éleveurs
et animaux na jusquà présent que trop peu retenu
lattention des chercheurs bien que la communication représente
pour de nombreux éleveurs, non seulement un facteur de bien-être
animal et humain, mais également un objet de profonde curiosité.
Lors dune récente émission télévisée
consacrée aux agriculteurs, un éleveur regrettait le manque
de travaux scientifiques réalisés sur ce sujet
(5). « Il y a quelque chose » mais nous ne
savons pas quoi. La bibliographie scientifique sur ce thème reste
accessoire à celle concernant la relation homme/animal et ses incidences
sur la productivité en élevage, et à celle relative
au comportement animal ; et cette relation nétant réellement
décrite nulle part.
La question de la communication entre éleveurs et animaux nest
pas intéressante à étudier du seul point de vue du
bien-être animal. Communiquer, cest donner du sens, et cest
précisément sur la question du sens que portent beaucoup des
critiques de consommateurs et de citoyens contre lélevage
industriel. Lélevage nest pas une activité productive
parmi dautres. Il est au coeur de notre relation à lanimal
et à la nature, et plus globalement au vivant. Il nous renvoie aux
rapports que nous construisons avec nous-mêmes. Les éleveurs
ont donc à double titre un rôle de communication, avec leurs
animaux tout dabord mais également avec les consommateurs et
citoyens qui construisent un lien de plus en plus virtuel avec la nature,
dont ils se sentent pourtant si proches, et sont ignorants des conditions
réelles dans lesquelles sont produits les biens alimentaires.
Concernant plus particulièrement lalimentation carnée,
des interrogations dordre philosophique viennent sajouter au
questionnement sur les façons de produire. Les préoccupations
éthiques engendrées par lévolution des
sociétés occidentales mettent à jour certaines
interrogations de fond sur lutilisation de lanimal à des
fins alimentaires. La disparition du clivage animal familier/animal
délevage amène en fait à une assimilation par
les citadins de lensemble des animaux à lanimal familier.
Lanimal sauvage (lours, le loup), lanimal domestique (le
porc, le mouton, la vache) et lanimal familier (le chat, le chien)
sont regroupés dans un même ensemble, lAnimal, opposé
à lHomme, dans des rhétoriques composites où se
mêlent nature et culture, animalité et humanité, droits
des animaux, culpabilité et pouvoir, santé et spiritualité...
Ces orientations ne doivent pas être sous-estimées car ce sont
elles qui peuvent amener à adopter certaines attitudes
(végétarisme, bouddhisme, anti-spécisme) de refus de
lalimentation carnée.
Les critiques faites aux éleveurs concernant le bien-être animal
en élevage, particulièrement dans les systèmes industriels,
et celles qui leur sont faites, comme à lensemble des agriculteurs,
concernant la protection de lenvironnement et les qualités des
produits, me paraissent pouvoir être regroupées dans un même
questionnement autour du métier déleveur. Etre éleveur
aujourdhui, est-ce seulement être producteur de biens dorigine
animale ?
La requalification du métier déleveur
Lévolution de lagriculture dans les pays européens,
lémergence de « nouvelles fonctions » dévolues
aux agriculteurs, le développement des biotechnologies comme nouvelles
formes de domestication et dutilisation de lanimal, jettent un
éclairage neuf sur le métier déleveur. Il est
notable que face à cette évolution, de nombreux éleveurs
continuent de trouver une justification à leur travail en terme de
résultats quantitatifs, selon les critères de compétence
décrits jusquà présent dans les écoles
agricoles, comme dans les discours syndicaux et professionnels (Porcher,
1997) : léleveur compétent est léleveur
performant ; la « production animale » est chiffrable et lanimal
en soi nest-il pas dailleurs le plus souvent exclu du raisonnement
zootechnique ?
En production porcine, par exemple, caillebotis, contention permanente des
animaux, distribution automatique de nourriture, raccourcissement du cycle
de production, division du travail et conduite en bandes ont réduit
le temps de présence moyen de léleveur auprès
des animaux et éclaté lunité du travail. Cela
n'a pu se faire sans une évolution des mentalités,
c'est-à-dire des représentations liées au travail de
l'éleveur et à l'animal d'élevage.
Réfléchir sur le métier déleveur, cest
dabord interroger la relation de la personne à ses animaux dans
ses multiples enjeux (personnels, professionnels, sociaux...).
Léleveur est lélément central de
lenvironnement de lanimal et, à ce titre, il peut agir
de façon positive ou négative sur son bien être. Il le
fait naître, le nourrit, le soigne, le tue, ou plus fréquemment
le fait tuer. Il intervient sur le corps de lanimal (bouclage, tatouage,
castration, reproduction...), dans lespace commun du bâtiment
ou du lieu délevage quil a lui-même défini,
voire construit. Il est en relation avec les animaux mais y a-t-il pour autant
communication entre eux ?
La place et le statut de l'animal auprès des uns et des autres est,
il me semble, au coeur du débat. Les éleveurs pour pouvoir
travailler dans les conditions de l'élevage industriel ont
réifié l'animal. On constate le phénomène inverse
en milieu urbain - où est concentrée la majeure partie des
consommateurs et des citoyens - et où l'on assiste à une
personnification grandissante des animaux familiers qui tend à en
faire des sujets (de droit, par exemple). La remise en cause actuelle des
méthodes de production utilisées en élevage intègre
une critique implicite aux éleveurs, celle de ne pas aimer leurs animaux.
Alors que les associations de protection animale, les consommateurs et les
non-consommateurs de viande argumentent leurs positions sur des bases
essentiellement éthiques, la question centrale de la souffrance des
animaux renvoie à celle de laffectif en jeu dans la relation
de lhomme à lanimal. « Lamour des animaux »
serait le monopole des défenseurs et des protecteurs tandis que les
éleveurs feraient figure dexploiteurs sans morale dun
« matériel » animal. Or nombreux sont les éleveurs
qui disent aimer leurs animaux et leur être attachés.
Lambiguïté propre à ce métier, qui lie la
mort à toute relation affective avec les bêtes, les oblige à
gérer ce lien afin de minimiser la souffrance des bêtes, et
la leur (Sens et Soriano, 1995).
Formulée de cette manière, la question du bien-être animal
et de la communication déborde évidemment lactivité
délevage. Mais de quoi parlent au juste les protagonistes du
débat ? Le problème posé nest-il pas celui de
la légitimité de lappropriation de lanimal ? Il
serait légitime dhéberger chiens, chats, hamsters, poissons
rouges... dans le but de les aimer et illégitime dhéberger
veaux, vaches, cochons, couvées dans le but de les tuer pour les manger.
Dans les deux cas pourtant, on aboutit à un enfermement de lanimal
et à un détournement de sa « nature ». Lanimal
objet damour est-il plus libre que lanimal objet alimentaire
? Où se situe la frontière entre le tolérable et
lintolérable dans cette manoeuvre commune dappropriation
à des fins uniquement humaines ? (mais le sont-elles ?). Quest-ce
qui pose réellement problème dans lalimentation carnée
? La mort de lanimal est-elle au centre du questionnement ?
Aborder la question du bien-être de lanimal délevage
par la voie de la communication, cest donc par là même
questionner la fonction de lélevage et des éleveurs dans
nos sociétés. Mais comment peut-on aborder cette complexe question
de la communication entre éleveurs et animaux ? Après avoir
présenté les résultats bibliographiques les plus marquants,
quelques clés dentrée seront proposées pour une
étude de ce domaine qui présente un intérêt pour
lensemble des acteurs sociaux.
Les éléments de bibliographie rassemblés sur le sujet
de la relation homme/animal, éleveur/animal peuvent être
structurés -de manière non exhaustive- sur la base des points
suivants :
Sur lintérêt dune relation homme/animal
positive
Les travaux dHemsworth (1981, 1987, 1992b) et de Seabrook (1986, 1987,
1990) ont mis en évidence lincidence positive dun certain
type de relation de « sympathie » sur le comportement des animaux
avec lhomme (réduction de la peur et du stress) et sur la
productivité (capacités de reproduction des truies et verrats,
croissance des jeunes porcs, quantité de lait produite). Les
résultats obtenus à la suite de ces travaux expérimentaux
trouvent des limites dans la difficulté qui existe à mesurer
de façon comportementale ou physiologique les réactions des
animaux sans induire de biais par le fait même de pratiquer des mesures.
Les différences constatées entre expérimentateurs ou
selon les systèmes de mesure retenus en sont témoin (Seabrook
et Bartle, 1992). On observe par ailleurs une grande variabilité
individuelle entre animaux (Lawrence et al., 1991).
Sur les facteurs influençant la relation homme/animal ou
éleveur/animal
La période favorable à létablissement de la relation
a été étudiée de façon expérimentale
(Scott, 1992 ; Hemsworth, 1986a, 1992a ; Boissy et Bouissou, 1988 ; Boivin,
1991) ainsi que la fréquence des relations et leur nature (Scott,
1992 ; Tanida et al., 1994, 1995 ; Gonyou et al., 1986). Les
périodes sensibles sont différentes selon les espèces
animales, quoique situées dans le jeune âge. La fréquence
des relations et leur persistance durant la période sensible sont
des facteurs favorables à létablissement et au maintien
dune relation de confiance de la part de lanimal. En situation
délevage, la personnalité de léleveur et
les comportements qui y sont liés semblent jouer un rôle
prépondérant (Dryden et Seabrook, 1986 ; Seabrook et Bartle,
1992 ; Hemsworth, 1989 ; Ravel et al., 1996).
Sur les moyens de communication des animaux et leur aptitude à
communiquer
Les travaux concernant la communication entre hommes et animaux concernent
surtout les animaux familiers (chiens, chats, chevaux, dauphins...) et les
grands singes. Chez ces derniers, on sintéresse
particulièrement à la capacité dacquisition des
langages humains non verbaux (6) .
Limportance du regard dans la communication chez les primates a
été relevée (Serpell, 1986). Cet auteur explique
dailleurs le succès des chiens et des chats auprès des
humains par leur capacité à sexprimer de manière
non verbale. Lutilisation de ces animaux, ainsi que du cheval et du
dauphin, à des fins thérapeutiques saccompagne de travaux
sur la communication entre lhomme et ces animaux. Coy (1988) relève
la capacité dempathie mutuelle qui existe entre hommes et animaux
et la capacité de lanimal à anticiper les comportements
humains.
Quant aux moyens de communication de lanimal délevage,
ils ont été relativement peu étudiés. Hemsworth
(1986b) souligne que manipuler implique un contact physique, visuel, auditif
et olfactif entre léleveur et ses animaux. Seabrook et Bartle
(1992) remarquent la complexité du lien entre éleveur et animaux
et déplorent le fait que des facteurs comme la perception par
lanimal des mouvements humains, des odeurs corporelles humaines, des
signaux émis par lhomme naient pas retenu lattention
des chercheurs.
Sur limportance des représentations dans la mise en place
des pratiques délevage
Comprendre les systèmes de communication mis en place entre éleveurs
et animaux nécessite dappréhender le système de
représentations des éleveurs. On peut définir les
représentations comme une reconstitution du réel qui a une
réalité et une signification (Moscovici, 1991). Le discours
des éleveurs exprime ces représentations ; le « porc-machine
» est une représentation autant que le « porc-chien »,
mais elles nengendrent pas les mêmes pratiques délevage
ni les mêmes façons de se comporter avec lanimal (Salmona,
1994 ; Soriano, 1985). Létude des représentations passe
par létude du langage. La pensée, du moins une certaine
forme de pensée, est construite par le langage
(7) . Il y a des points communs entre la façon
dont les personnes expliquent les choses et leurs façons de créer
leurs représentations. Les idées, les mots, le langage, les
images, les symboles, ne sont pas considérés comme des
réalités secondaires. Ils sont la réalité
(Windish, 1982). Cest cette réalité qui est donnée
à entendre et à lire dans des entretiens. La recouper avec
lanalyse des pratiques permet déclairer le système
de pensée des éleveurs (Darre, 1985, 1996).
La plupart des mots et des concepts utilisés pour décrire une relation dans le langage courant, voire dans la littérature scientifique relative à la relation homme-animal, ne sont pas expliqués et sont pris pour synonymes les uns des autres. Leur définition paraît aller de soi. Il nen est rien et je crois important de préciser le sens de certains afin dassurer une réflexion fondée quant à la place de laffectivité dans la relation de communication, lintérêt de lanimal à cette relation et ses moyens de communication, le statut de lanimal observé par le chercheur, qui me semblent être des points clés de recherche sur le sujet.
Une définition de la communication
Il nexiste pas, à ma connaissance, de définition propre
à la communication entre hommes et animaux. Communiquer, cest
« être en relation avec » et la relation suppose un «
lien de dépendance ou dinfluence réciproque entre des
personnes ». La caractéristique essentielle de la communication
est la réciprocité. « La communication est dabord
une perception ». « Ce par quoi une personne en influence une autre
et est influencée ». Pour Freud, la communication se fait
dinconscient à inconscient par la perception dindices
dont les individus nont pas conscience. Pour lEcole de Palo
Alto (8) : tout comportement est communication
:« Une bonne communication aboutit à créer un état
desprit commun ».
On pourrait retenir simplement la définition suivante « communiquer
signifie mettre ou avoir quelque chose en commun (9) »,
ce quelque chose en commun amenant lors de
léchange à une modification des comportements dun
ou des acteurs de la communication (Dewsbury, 1978, cité par Estep
et Hetts, 1992) et retenir par ailleurs lidée de Watzlawick
(1972) selon laquelle « on ne peut pas ne pas communiquer ».
Affectivité : Ensemble des sentiments, des émotions
et des passions dun individu. On distingue trois domaines imbriqués
dans la vie de lhomme : lactivité, lintelligence
et laffectivité. Bien plus quune simple composante de
la vie psychique, laffectivité en est la base. Cest par
elle que lêtre humain se situe dans le monde et dans ses relations
avec autrui (Dictionnaire usuel de psychologie, Sillamy, 1993).
Aimer : « Éprouver de laffection, de
lamitié, de la tendresse, de la sympathie pour quelquun
» ; syn. damour = affection, attachement, inclination, tendresse
(Robert, 1994).
Lamour, dun point de vue étymologique (grec) et philosophique,
recouvre trois aspects : léros (le désir de
lautre = le sentiment amoureux), la philia qui « désigne
une relation empreinte de réciprocité et destime mutuelle,
terme souvent traduit par amitié mais le sentiment a une portée
plus large puisquil consiste en laffection montrée à
autrui et la volonté dentretenir avec lui des rapports où
se manifeste une certaine excellence morale »,
lagapé qui est lamour consacré à
autrui considéré dans sa qualité fondamentale
dêtre humain et de prochain, cest un sentiment sans attente
de réciprocité et dune certaine façon
indépendant de ce quest laimé (amour de Dieu, par
exemple). Ces trois sentiments au sein de lamour ont en commun le
désir de faire le bien dun objet aimé (Dictionnaire
déthique et de philosophie morale, Canto-Sperber, 1997).
Les différentes définitions que lon peut trouver de
lamour se rapportent à des sentiments entre humains ou entre
humains et une entité. « Lamour des bêtes »
na pas sa propre définition et est dailleurs ignoré
des dictionnaires (quid des « 30 millions damis » ?). Il
me semble que des trois composantes ci-dessus, philia est la forme
damour qui exprimerait au plus près ce que le sens commun
désigne par « amour » lorsque celui ci sadresse aux
animaux. Plutôt que de parler damour, il serait plus précis
alors de parler damitié : « sentiment réciproque
daffection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur les liens du sang
ni sur lattrait sexuel » (Sillamy, 1993). Les facteurs essentiels
à léclosion et à la durabilité de
lamitié sont la proximité, le voisinage, le contact (Sillamy,
1993). « Le thème le plus souvent invoqué par les personnes
interrogées pour définir lamitié est celui de
la communication : lamitié arrache le moi à la solitude,
permet léchange et les confidences » (Maisonneuve, 1997).
Attachement et communication
Le concept dattachement est important à retenir car «
être attaché » aux animaux est récurrent dans le
discours des éleveurs autour de leurs bêtes (Porcher, 1996).
Les comportements médiatisant la fonction dattachement
présentent de fortes similitudes avec les comportements de communication
éleveur/animal décrits par les éleveurs (Salmona, 1994
; Porcher, 1997).
- Sentiment qui unit une personne aux personnes ou aux choses quelle
affectionne : Þ affection, amitié, amour, estime, lien -
contr. : détachement, aversion, dégoût,
indifférence. (Robert, 1994).
- Sentiment qui nous unit à une autre personne (Sillamy, 1993).
- Recherche et maintien de la proximité avec un autre individu (Bowlby,
1978). Lattachement désigne un lien spécifique dun
individu avec un autre (Zazzo, 1972). Lattachement est un système
daffection mère-petit prenant place au sein de systèmes
daffectivités rattachant les individus aux membres de leur
espèce (Harlow, 1979).
Les comportements médiatisant la fonction dattachement dans
le système dattachement mère-petit des psychanalystes
et des éthologues sont des comportements de communication : appeler
et répondre à lappel par la voix, regarder, capter le
regard et suivre des yeux, suivre (following), étreindre, rechercher
la proximité physique et contrôler la distance
déloignement (comportement de retrieving de la mère,
de surveillance de la distance déloignement de la part du petit),
rechercher la chaleur du corps, caresser, allaiter (Bowlby, 1978). Les
comportements liés au sourire, qui a une fonction dappel, et
à la parole sont spécifiques de lhumain.
Communication, affectivité et apprentissage
Leffet positif de laffectivité dans les situations
dapprentissage est connu (Bowlby, 1978 ; Cyrulnik, 1983, 1993, 1997).
La reconnaissance de cette part affective dans la relation à
lanimal pourrait être un facteur favorable à la communication.
En effet, de nombreux entretiens déleveurs révèlent
que ceux-ci disent aimer leurs animaux. Que mettent les personnes derrière
cette affirmation ? Différents travaux personnels (Porcher, 1996,
1997) me laissent penser que, dune part, les personnes mettent la
même chose derrière ce verbe et que, dautre part, ce sentiment
exprime leur plaisir à être avec les animaux. Ils apprécient
la proximité physique des bêtes, leur contact, léchange
daffection et de reconnaissance quils disent obtenir en retour.
Ils décrivent une « affinité » avec lanimal,
autrement dit une relation, un lieu de convergence. Aimer les bêtes
pourrait signifier principalement aimer être avec les
bêtes, avoir pour elles un attachement, et aimer
communiquer avec elles.
Lexistence dans de nombreux élevages dun lien
privilégié entre un animal (ou plusieurs) et léleveur
amène à sinterroger sur le fait de reconnaître
les animaux. Les animaux préférés sont très souvent
remarqués par léleveur grâce à leur bonne
adaptation à lélevage mais aussi à leur
adéquation avec le caractère de celui-ci (bonne production,
bon caractère - ou type de caractère et de comportements qui
plaisent à léleveur -, bonne santé - ou
fragilité qui suscite lattention -, facilité de
manipulation...). Remarquer un animal, lui manifester son intérêt,
lui présupposer des capacités de compréhension et de
communication ne sont-ils pas des facteurs favorables à
lémergence de ces capacités - effet Pygmalion - (Davis
et Balfour, 1992) ? Le « bon animal » est-ce celui qui produit
bien, du fait de facteurs propres à lanimal ou est-ce celui
que léleveur a distingué des autres et qui, de ce fait,
produit bien ? Les représentations des éleveurs concernant
« le bon animal » auraient donc des conséquences directes
sur les capacités de compréhension des animaux, lors de
manipulations par exemple.
Le statut de lanimal observé
Le fait dutiliser le concept de communication pour caractériser
un échange entre homme et animal suppose de considérer
lanimal comme sujet de la relation qui existe entre lui et
léleveur et non comme objet. Cette question
épistémologique de léthologie est évidemment
centrale (10) et est au coeur du travail
sur les représentations des éleveurs. Elle implique
lintégration du chercheur, et lexplicitation de ses propres
représentations (référentiel de lobservateur),
dans le processus de recherche. En effet, il ny a pas de
réalité indépendante de lobservateur et la
manière de formuler les questions induit le champ possible des
réponses que lon peut obtenir (Watzlawick, cité par Cyrulnik,
1983). Exposer et assumer sa subjectivité, cest quelque part
tendre vers plus dobjectivité. La rhédibitoire accusation
danthropomorphisme derrière laquelle se réfugie certains
comportementalistes est elle-même à mettre en cause, en ce sens
quelle est un frein à la mise au point de protocoles adéquats
et au choix dhypothèses réellement adaptées à
la recherche sur la relation entre lhomme et lanimal. John Bowlby,
psychanalyste pionnier des travaux sur lattachement mère-petit
écrivait en 1978 : « Le fait que les mots dénotant un
sentiment servent à prédire un comportement signifie quon
peut les utiliser sur un mode scientifique rigoureux non seulement à
propos des humains mais aussi à propos des animaux. Effectivement,
ils offrent une sténographie indispensable pour ce qui autrement ne
serait que des descriptions longues, maladroites et inadéquates. Hebb
(1946) a été parmi les premiers à lexpliciter.
Dans les études de chimpanzés où lon a comparé
différentes façons de décrire létat dun
animal, on sest aperçu quon observait de bonnes
prédictions du comportement lorsque lobservateur utilisait des
concepts de lémotion franchement anthropomorphiques ; alors
que lorsquon tentait une description plus détaillée «
objective », on nobtenait que des séries dactes
spécifiques inutiles pour une prédiction » (p. 173). Strum
(1990) remarque dailleurs : « Est-il anthropomorphique de croire
que les babouins manipulent leurs partenaires sociaux avec intelligence,
quils font des choix judicieux, quils prennent des décisions
; de penser que, même sans langage, ils disposent de symboles mentaux
qui leur permettent de réfléchir dabord et dagir
ensuite, et détablir de remarquables contrats de
réciprocité ? Tout bien pesé, il me paraît
singulièrement humain, particulièrement
anthropocentrique de ne pas reconnaître ces facultés
» (p. 198).
Remarquons dautre part que lanimal élevé est un
individu même lorsquil est élevé en groupe comme
dans le cas du mouton : on manipule des moutons, mais lanimal
quon pèse, quon numérote ou quon décide
denvoyer à labattoir est lindividu X,
différencié des autres le temps de la manipulation, et la relation
instaurée lors du travail, si elle représente la rencontre
de léleveur et du groupe, est aussi celle de deux
individualités, celle de la personne et celle de lanimal.
Cest lensemble de toutes ces imperceptibles relations individuelles,
ainsi que celles des animaux entre eux, qui construisent la relation de
léleveur et de ses bêtes et qui font que certains traits
de la personnalité de léleveur peuvent, par exemple,
se lire au travers du comportement de lensemble de son troupeau.
Lintérêt pour lanimal de la communication
éleveur-animal
On peut faire lhypothèse que lanimal a besoin ou envie
de communication, et cela dautant plus que le milieu le contraint souvent
à linactivité. Lanimal élevé dans
les conditions industrielles est paradoxalement « humanisé ».
Coupé du milieu naturel, contraint à des rapports de groupe
différents de ceux habituels à son espèce, ou à
la solitude physique, ses besoins ne peuvent plus être lus seulement
en terme de besoins « naturels ». Une troupe de laies dans une
châtaigneraie na apparemment nul besoin de communication avec
lhomme, ce qui nest pas le cas dun lot de porcs dans une
case de porcherie. Si lon se réfère à
léchelle des besoins de Maslow (1970), on pourrait décrire
comme satisfaits les besoins élémentaires de lanimal
(se nourrir, ne pas avoir froid, ne pas souffrir de maladie, ne pas craindre
un prédateur et, dans une certaine mesure, se reproduire) et donc
considérer que ses besoins se situent à un niveau supérieur,
celui des relations.
On peut se demander par ailleurs si les races très
sélectionnées, type vaches Holstein ou porcs Large White,
nont pas, du fait de la sélection sur des critères de
productivité et dadaptation à un environnement construit
par lhomme, été sélectionnées aussi sur
des critères dacceptation de la proximité et des exigences
humaines. Cette sélection semble rendre en effet ces races plus
dépendantes - comparés aux porcs corses, par exemple, les porcs
croisés Large White ont beaucoup moins defficacité à
se nourrir de façon autonome sils sont élevés
en plein air (Peyraud, 1980) - , et plus sensibles à
lactivité humaine qui les entoure (les Holstein sont par exemple
décrites par certains éleveurs comme des vaches douces et
obéissantes - « le top de la domestication » -).
On peut penser que ces animaux sont aussi plus enclins et réceptifs
à la communication avec lhomme et quelle leur est
nécessaire. La remarque que ma faite un jour un éleveur
« En fait, les bêtes sont sélectionnées sur la
bêtise » me laisse penser que limplication croissante
de lhomme dans la « construction » de lanimal rend
indispensable de sintéresser à la communication.
Les moyens de la communication
Lanimal communique de façon orale et par son comportement (ainsi
que par des voies olfactives). Lintuition, « ce mystérieux
moyen par lequel nous arrivons à la solution dun problème
sans le soumettre au raisonnement » (11)
, le non-verbal (12) ,
latemporel, lanalogique peuvent être considérés
comme les modes essentiels de son appréhension de lenvironnement
(ces modes sont ceux décrits comme dévolus chez les humains
au « cerveau droit »). La pensée, la communication humaine
passent par le langage verbal et non verbal ainsi que par les émotions
: « qui ne ressent pas profondément ne pense pas » (Yourcenar,
1980). Le comportement de léleveur comme celui de lanimal,
sont également moyens de communication. Si le langage verbal nest
pas supposé connu de lanimal, la voix qui véhicule les
affects (Salmona, 1994) est néanmoins porteuse de messages perceptibles
par lanimal. Fox (1985) souligne dailleurs que certaines expressions
vocales et comportementales sont analogues chez lhomme et lanimal
(manifestations de douleur, de plaisir, de peur, de colère...).
Comme il y a de lanimal dans lhumain, ny aurait-il pas
de « lhumain dans lanimal
(13) » qui se serait accroché aux ramifications
du « buisson touffu (14) »
de lévolution ? Lensemble de ce qui fait notre «
humanité » est-il uniquement lapanage des hommes ?
Lintuition nest-elle pas lexemple dune capacité
commune à lhomme et à lanimal ? Le langage du corps
nest-il pas lexemple dun moyen de communication lui aussi
partagé ? Puisque les éleveurs communiquent avec les animaux
(si ce nétait pas le cas, toute manipulation serait impossible),
il est logique de penser quils le font sur la base dun langage
commun. Ce sont des éléments de ce langage commun quil
est important de mettre à jour.
Etre éleveur, et cest apparemment un paradoxe puisque le profil
de léleveur compétent, décrit notamment par Seabrook,
révèle des personnalités plutôt portées
sur la solitude et lindépendance, est un métier de la
communication. Métier de la technique et de la passion, comme le dit
Soriano, métier de la vie et de la mort, au coeur de nos
sociétés prises entre compassion et oubli, éthique et
compétitivité.
Mais, la mort des animaux délevage, quà peu près
seules les personnes travaillant en abattoirs assument, nest pas une
métaphore et, pour autant que le milliard danimaux abattus en
France chaque année (15) aboutisse
bien dans lassiette des consommateurs, il est nécessaire de
la regarder en face et de regarder également pour ce quils sont
les systèmes industriels dexploitation des animaux qui les
pourvoient en majeure partie. Une récente description des
compétences nécessaires aux salariés travaillant en
élevage porcin (16)
présente un référentiel professionnel doù
est exclue toute compétence rattachée aux qualités dites
« humaines » (patience, affection, compassion, douceur...) et qui
sont pourtant celles décrites par les éleveurs eux-mêmes
comme essentielles à lexercice de ce métier («
surtout il faut être patient et aimer les animaux »). Cette
abstraction des compétences historiques de léleveur en
élevage porcin actuellement confirme, il me semble, le fait que le
salarié dans ce type délevage nest pas éleveur
mais ouvrier, plus ou moins qualifié. Dans ce processus industriel
au sein duquel lélevage est une unité de production,
léleveur un ouvrier et lanimal un matériel, comment
poser la question du bien-être de lanimal ?
"le bon éleveur, cest celui qui aime ses bêtes, qui sait les comprendre et leur parler ». Cet éleveur là, comme Seabrook et Hemsworth lont montré, a aussi de bons résultats en matière de productivité. Cet éleveur là « est bien avec ses bêtes et ses bêtes sont bien avec lui ». Cet éleveur là a dix mille ans et vraisemblablement beaucoup de choses à nous apprendre. Pourtant aujourdhui, que savons-nous de lui (17) ?
Cet article a été écrit dans le cadre dune thèse dirigée par Joseph Bonnemaire (INRA SAD, Paris), que lauteur remercie pour son aide à la mise au point du manuscrit.
[R] Notes
(1) Lorenz (1983) comme Serpell (1986)
font l'hypothèse que les animaux d'élevage ont d'abord
été des animaux familiers et que c'est paut-être la
capacité d'aimer les animaux qui a été à
l'origine de la domestication. [VU]
(2) "Les entretiens du XXIe siècle" de l'UNESCO;
le Monde du 16 septembre 1997. [VU]
(3) Voir l'article concernant les chiens d'attaque dans le
Monde du 24/9/97 et la revue Panoramiques n°31 -"Mon chien, c'est
quelqu'un", 4e trimestre 1997, Arléa-Corlet.
[VU]
(4) "L'esprit humain est profondément
sous-développé, ainsi que nos possibilités affectives.
Des possibilités extraordinaires, liées à la
complexité de notre cerveau existent" E. morin. Les entretiens du
XXIe siècle de l'UNESCO. Le Monde du 16 septembre 1997.
[VU]
(5) Je pense qu'il y a une sorte de télépathie
qui s'installe entre l'agriculteur et la bête pour, je pense que vous
verrez, quand la recherche avancera beaucoup plus, je suis persuadé
qu'on verra que peut-être, c'est pas une forme d'intelligence, mais
c'est une forme de compréhension, ou est-ce qu'on dégage des
ondes, qu'elles captent, je n'en sais rien [...] moi je crois que les
bêtes, elles savent qui c'est qui les fait naître, elles savent
qui c'est qui les a soignées et elles savent qui c'est qui
les aime [...]" M. Roucan, éleveur de vaches Salers. "Ca se discute"
5 mars 1997, France 2. [VU]
(6) Apprentissage du language américain des sourds-muets,
par exemple. [VU]
(7) La définition de "pensée" est au sens large
"tout ensemble de représentations, d'images, dans la conscience".
La place des émotions, de l'affectivité et du corps dans ce
processus est de plus en plus mise en lumière (B. Cyrulnik, 1988;
A. Damasio, 1994; D. La plane 1997) [VU]
(8) Groupe de Palo Alto: créé en 1953, ce groupe
a rassemblé des chercheurs et des cliniciens autour de G. Bateson
et Don D. Jackson à l'institut de recherche mentale de Palo Alto
(Californie). Il s'est particulièrement ontéressé
à l'étude du comportement en tant que fonction de
communication et d'interaction dans certains systèmes sociaux, notamment
dans la famille. [VU]
(9) Dictionnaire d'éthique et de philosophie morale
-sous la direction de M. Canto-Sperber, PUF, 1996.
[VU]
(10) A. Gallo, 1988. Pour une approche
psycho-éthologique du comportement animal. Thèse,
université Paul-Sabatier, Toulouse,. Psychologie animale
[VU]
(11) A. Damasio, 1995. L'erreur de Descartes. Odile Jacob,
Paris. [VU]
(12) Sur la pensée non verbale et les rapports entre
language et pensée, voir La pensée d'outre-mots de D.
Laplane (1997) -Les empêcheurs de penser en rond. Synthélabo.
Lire aussi de Cyrulnik "le jour où l'on comprendra qu'une pensée
sans laguage existe chez les animaux, nous mourrons de honte pour les avoir
enfermés dans les zoos et les avoir humiliés par nos rires"
(1983, p. 143). [VU]
(13) M. Blanc, 1991. De l'humain dans l'animal. Alliage,
L'animal, l'homme [VU].
(14) cf S. J. Gould, 1996. Comme les huit doigts de la main.
Seuil. [VU]
(15) Burgat F., 1995. L'animal dans les pratiques de
consommation. PUF, Que sais-je.[VU]
(16) P. de Langhe: Le métier de salarié en
élevage porcin. Atout Porc, juillet 1997.
[VU]
(17) Les pistes de réflexion proposées ici
ne demandent qu'à être développées... Critiques
et propositions seront attentivement, patiemment et amicalement reçues
! [VU]
Blanc M., 1991. De lhumain dans lanimal. Alliage -
Lanimal, lhomme, 94-98.
Boissy A.; Bouissou M.F., 1988. Effects of early handlings on heifers
subsequent reactivity to humans and to unfamiliar situations. Applied
Animal Behaviour Science, 20, 259-273.
Boivin X., 1991. Etude des facteurs expérientiels et
génétiques de la relation des bovins domestiques avec
lhomme. Thèse n° 746, université de Rennes-I,
235 pp.
Bowlby J., 1978. Attachement et perte. Vol. 1, PUF, Paris, 539 pp.
Burgat F., 1995. Lanimal dans les pratiques de consommation. Que
Sais-je ? n° 374, PUF, Paris, 128 pp.
Coy J., 1988. Animals attitude to people. What is an animal ?
Routledge, Londres, pp 77-83.
Cyrulnik B., 1983. Mémoire de singe et paroles dhomme.
Pluriel, Hachette, Paris, 303 pp.
Cyrulnik B., 1993. Nourritures affectives. Odile Jacob, Paris, 244
pp.
Cyrulnik B., 1997. Lensorcellement du monde. Odile Jacob, Paris,
310 pp.
Damasio A.R., 1994. Lerreur de Descartes. Sciences. Odile Jacob,
Paris, 368 pp.
Darre J.P., 1985. La parole et la technique. Alternatives paysannes.
LHarmattan, Paris, 196 pp.
Darre J.P. 1996. Linvention des pratiques dans lagriculture.
Vulgarisation et production locale de connaissances. Karthala, 194 pp.
Davis H., Balfour A.D., 1992. The inevitable bond. Cambridge University
Press, pp. 1-5.
Digard J.P., 1990. Lhomme et les animaux domestiques- Le temps des
sciences. Fayard, Paris, 325 pp.
Diry J.P., 1985. Lindustrialisation de lélevage.
OPHRYS, 679 pp.
Dryden A.L., Seabrook M.F., 1986. An investigation into some components of
the behaviour of the pigstockman and their influence on pig behaviour and
performance. Journal of Agriculturel Manpower Society, 1, 44-52.
Estep D.Q. , Hetts S., 1992. Interactions, relationships and bonds : the
conceptual basis for scientist-animal relations. In H. Davis & A.D. Balfour
: The inevitable bond. Cambridge University Press, pp. 6-26.
Fox M.W., 1985. Philosophies and ethics in ethology. In A.F. Fraser :
Ethology of farm animals. Elsevier, Amsterdam, pp. 27-46.
Gallo A., 1988. Pour une approche psycho-éthologique du comportement
animal. Thèse Psychologie animale, univ. Paul-Sabatier, Toulouse,
n°1358.
Gonyou H.W., Hemsworth P.H., Barnett J.L., 1986. Effects of frequent interactions
with human on growing pigs. Appl. Animal. Behav. Sci. 16, 269-278.
Gould S.J., 1996. Comme les huit doigts de la main. Seuil, Paris,
510 pp.
Harlow H.F., 1979. Les affectivités (et autres interventions).
Colloque sur lattachement. Textes de base en psychologie, Delachaux
et Niestlé, Neuchatel, Paris, 250 pp.
Haudricourt A.G., 1962. Domestication des animaux, culture des plantes et
traitement dautrui. LHomme, 2(1), 40-50.
Hemsworth P.H. et al., 1981. The behavioural response of sows to
the presence of human beings and its relation to productivity. Livestock
Production Science 8, 67-74.
Hemsworth P.H. et al., 1986a. The influence of early contact with human and
subsequent behavioural response of pigs to human. Appl. an. Behav. Sci.,
15, 55-63.
Hemsworth P.H. et al., 1986b. Human communication with pigs : the behavioural
response of pigs to specific human signals. Appl. an. Behav. Sci.,
15, 45-54.
Hemsworth P.H., Barnett J. L., 1987. The human-animal relationship and its
importance in pig production. Pig News and Information, 2, 8. CAB
international, pp 133-136.
Hemsworth P.H. et al., 1989. A study of the relationships between
the attitudinal and behavioural profiles of stockpersons and the level of
fear. Appl. an. Behav. Sci., 23, 301-314.
Hemsworth P.H., Barnett J.L., 1992a. The effects of early contacts with humans
on the subsequent level of fear of human in pigs Appl. an. Behav. Sci.,
35, 83-90.
Hemsworth PH. , Barnett J.L., Coleman G.J., 1992b. Fear of humans and
its consequences for the domestic pigs In H. Davis & A.D. Balfour
: The inevitable bond. Cambridge University Press, pp. 264-284.
Laplane D., 1997. La pensée doutre-mots. Les empêcheurs
de penser en rond. Institut Synthélabo, Le Plessis-Robinson.
Lawrence A.B., Terlouw E.M.C., Illius A.W., 1991. Individual differences
in behavioural responses of pigs exposed to non-social and social challenges.
Appl. an. Behav. Sci., 30, 73-86.
Lorentz K., 1983. Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et
les poissons - Tous les chiens, tous les chats. Flammarion, Paris, 497
pp.
Maisonneuve J., 1997. Les joies de lamitié. Sciences humaines,
75, 34-36.
Moscovici S., 1991. In D. Jodelet : Les représentations sociales.
PUF, Paris, 456 pp.
Peyraud J.C., 1980. Le porc corse, un animal, un milieu, une salaison à
sauver. Lélevage porcin, 91, 40-45.
Porcher J., 1996. Eléments de caractérisation de la relation
homme-animal par lanalyse de discours déleveurs. ENESAD,
Dijon, 17 pp.
Porcher J., 1996. Expositions répétées de porcs à
lhomme : effets du type de contacts sur les réponses
comportementales et sur les qualités des viandes. Mém.
Ing. Agricole. INRA - ENESAD Dijon, 45 pp.
Porcher J., 1997. Représentations des transporteurs et manipulateurs
danimaux en abattoirs relatives à leur métier et aux
animaux avec lesquels ils travaillent. Place de laffectivité
dans lexpression de la relation à lanimal
délevage. Mém. DEA, INA-PG/université
dOrléans. Bergerie nationale/INRA, 43 pp.
Porcher J., 1997. Des éleveurs et des animaux : études des
représentations du métier et des animaux chez les éleveurs
salariés de la Bergerie nationale de Rambouillet -
Anthropozoologica (soumis)
Porcher J., 1997. La relation de communication entre léleveur
et ses animaux : un lien inévitable. Vidéo 30 mn. Bergerie
nationale, Rambouillet.
Ravel A. et al., 1996. Importance relative selon le type délevage
de la régie et de léleveur sur les performances
pré-sevrage. Journées de la recherche porcine 1996,
pp 295-301.
Salmona M, .1992. Les paysans français. LHarmattan, Paris, 371
pp.
Scott J.P., 1992. The phenomenon of attachment in human-non human
relationships. In H. Davis & A.D. Balfour : The inevitable
bond. Cambridge University Press, pp. 72-92.
Seabrook M.F., 1986. The relationship between man and animals in managed
systems. In D.J.A. Cole & G.C. Brander : Bioindustrial
Ecosystems, pp. 211- 222.
Seabrook M.F., 1987. The role of the stockman in livestock productivity and
management. Proceedings of a seminar in the Community programme for
coordination of agricultural research. Bruxelles, 16-17 décembre
1986. M. Seabrook (ed.), Univ. Nottingham (Royaume-Uni), 145 pp.
Seabrook M.F., 1990. Conséquences économiques et sociales des
rapports entre lhomme et lanimal. Ethnozootechnie, 46,
13-23.
Seabrook M.F., Bartle N.C.C., 1992. Human factors. In Phillips &
Diggins : Farm animals and the environment. Wallinford, CAB international,
pp. 111-125.
Sens S., Soriano V., 1995. Elever pour tuer. ENESAD Dijon.
Serpell J.,1986. In the company of animals. Blackwell. Oxford
(Royaume-Uni), 215 pp.
Soriano V., 1985. Choisir et réussir son élevage ou le roman
de la technique et de la passion. DGER-CFPPA, Le Rheu.
Strum S.C ,1990. Presque humain - Voyage chez les babouins. Eshel,
Paris, 339 pp.
Tanida et al., 1994. The role of handling in communication between
humans and weanling pigs. Appl. an. Behav. Sci., 40, 219-228.
Tanida et al., 1995. Behavioural response to humans in individuallys
handled weanling pigs. Appl. an. Behav. Sci., 42, 249-259.
Watzlawick P., 1979. Une logique de la communication. Points-Essais,
Seuil, 288 pp.
Windish U., 1982. Pensée sociale, langage en usage et logiques
autres - Pratiques des sciences de lhomme. LAge dhomme,
128 pp.
Yourcenar M., 1980. Les yeux ouverts - Entretiens avec M. Galey. Le
livre de Poche. Le Centurion, 317 pp.
Zazzo R., 1979. Lattachement. Textes du colloque. Delachaux
et Niestlé, 250 pp.