Sommaire :
En In memoriam
: Les bousiers ;
lUrbi et orbi est en
"européen bruxellois"
Tous les articles de ce numéro sont en ligne - marqués (L)
PROBLÉMATIQUES ET DÉBATS
Les grands prédateurs contre l'environnement ? Faux enjeux pastoraux et débat sur l'aménagement des territoires de montagne (par Farid Benhammou ) ; Phosphore, azote et prolifération des végétaux aquatiques ( par Guy Barroin ) ; La maladie du buf hongrois (par Jean-Noël Jeanneney et Madeleine Ferrières) ; Vache folle : le bout du tunnel (par Yves Le Pape) ; Des chercheurs devenus agriculteurs (par Jean-Pierre Deffontaines, Anne Mathieu et Camille Raichon) ; La vache laitière à haute qualité territoriale (VLHQT) (par Denis Michaud).
Repères dans le paysage agricole français
L'échec des replantations de haies bocagères dans les communes remembrées d'Ille-et-Vilaine (par Samuel Perichon) ; Les chartes forestières de territoire : vers un nouveau contrat social au sujet des espaces forestiers ? (par Stéphane Weiss) ; L'élaboration des plans de gestion des réserves naturelles (par Frédéric Bioret ).
Autres repères, autres paysages
Agriculture anglaise et protection de l'environnement (par Jean-Luc Hoarau ) ; Le dispositif des zones refuges pour le maïs Bt aux États-Unis (par Denis Bourguet, Marion Desquilbet et Stéphane Lemarié).
ON EN PARLE ENCORE
De " L'eau, l'agriculture et l'environnement " ; du " Paysage ".
COLLOQUES
Comptes rendu
Le campagnol (par Malory Carron-Mesnier).
Annonces
On a lu, on a vu
On signale
Résumés-annonces
Les grands prédateurs contre l'environnement
? Faux enjeux pastoraux et débat sur l'aménagement des territoires
de montagne (L)
Des loups d'origine italienne ont fait leur réapparition dans les
Alpes au début des années 1990, trois ours ont été
réintroduits en 1996-1997 en Pyrénées centrales. Le
retour de ces grands prédateurs s'est fait sur des territoires montagnards
périphériques aux caractéristiques socio-économiques
précaires où survivait bien souvent une activité pastorale.
Selon plusieurs députés montagnards, ces grands prédateurs
sont le principal problème auquel doivent faire face les élevages
de montagne.
Dans cet article qui traite plus particulièrement du cas du loup,
est étudié - et réfuté - le postulat, grandement
diffusé par la profession agricole et repris par certains chercheurs,
selon lequel les grands prédateurs ne sont pas des objets environnementaux
dignes d'intérêt et de protection, qu'au contraire leurs effets
sont non seulement néfastes sur les activités humaines mais
également sur la nature, et que, en quelque sorte, protéger
les loups reviendraient à exclure les hommes de la montagne et à
détruire des pans entiers d'écosystèmes.
par Farid Benhammou
École nationale du génie rural, des eaux et des
forêts, 19 av. du Maine, 75732 Paris cedex15.
Benhammou@engref.fr
Phosphore, azote et prolifération des
végétaux aquatiques (L)
C'est à partir des substances minérales dissoutes dans l'eau
que les algues synthétisent leurs tissus. Du point de vue de la structure,
le carbone est le composant principal, après l'hydrogène et
l'oxygène. Mais c'est le phosphore qui, en conditions naturelles,
est le tout premier nutriment à faire défaut pour assurer la
synthèse de nouveaux tissus, avant l'azote et le carbone. Le phosphore
est dit " facteur limitant ", notion empruntée à l'agronomie.
C'est également le facteur de maîtrise puisque c'est en agissant
sur lui qu'il est possible d'augmenter ou de réduire les
proliférations algales.
En déversant dans le réseau hydrographique des quantités
considérables de phosphore, les activités humaines, qu'elles
soient domestiques, industrielles ou agricoles, induisent une carence en
azote qui, mise en évidence à l'échelle réduite
de temps et d'espace propre à l'expérimentation scientifique,
le fait apparaître comme facteur limitant - mais, à l'échelle
globale de l'hydrosystème, c'est bien le phosphore qui est le facteur
limitant puisque c'est lui qui déclenche la fixation biologique de
l'azote...
Une étude très fouillée dont le Courrier
n'a repris que la seconde partie. Le document complet
(éq. env. 30 pages) est mis en ligne simultanément
à la parution de la revue.
par Guy Barroin
INRA - Hydrobiologie et faune sauvage, BP 511, 74203
Thonon-les-Bains
barroin@thonon.inra.fr
La maladie du buf hongrois
(L)
Cet " article " est la transcription d'une émission radiophonique
de France Culture, Concordance des temps, préparée et animée
par Jean-Noël Jeanneney . Le 14 décembre 2002, il recevait Madeleine
Ferrières, professeur d'histoire moderne à l'université
d'Avignon et auteur notamment de Histoire des peurs alimentaires : du
Moyen Age à l'aube du XXe siècle, paru aux
Éditions du Seuil en octobre 2002. Lancés sur les ondes, les
propos de l'invitée et du producteur sont reportés ici sans
ré-aménagement ni réécriture de fond.
"Faut-il avoir peur de la vache folle ? Notre comportement contemporain
vis-à-vis de la nourriture connaît-il des précédents
? En compagnie de Madeleine Ferrières, Jean-Noël Jeanneney revient,
entre discordance et concordance, sur deux moments topiques de ces peurs
alimentaires : la Maladie du buf hongrois au XVIIIe siècle
et celle du buf anglais au XIXe siècle."
par Jean-Noël Jeanneney et Madeleine Ferrières
www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/concordance/presentation.php
Vache folle : le bout du tunnel
(L)
Un point sur la crise de l'ESB, en 1 page.
(bientôt en ligne)
par Yves Le Pape
ME&S
ylepape@aol.com
La Vache folle en ligne - actualités
quotidiennes.
La vache laitière à haute qualité
territoriale (VLHQT) (L)
Le massif du Jura se présente comme une succession de larges plateaux
en marches d'escalier, aux bordures boisées, auxquels succèdent
à partir de 900 m les plissements caractéristiques de la
haute-chaîne. Là alternent des synclinaux étroits aux
versants redressés, les vaux occupés par les herbages et les
villages, et des anticlinaux plus larges et aplatis, les monts où
domine le pré-bois, cette association de hêtraies-sapinières
et de clairières de tailles variées. C'est un pays d'élevage
laitier et de production fromagère à AOC, le pays de la race
Montbéliarde et du Comté [...].
Qui pourrait penser que derrière la douceur des lignes du relief,
dans la quiétude de ces paysages de combes ou de vaux, sous le toit
des solides fermes comtoises, la vache montbéliarde a ouvert un
débat et placé l'agriculture jurassienne à la croisée
des chemins ? (chapô des auteurs)
par Denis Michaud
25240 Reculfoz
michaud.denis@infonie.fr
L'échec des replantations de haies bocagères
dans les communes remembrées d'Ille-et-Vilaine
(L)
"Pour concilier les attentes des agriculteurs bretons et celles des pouvoirs
publics, le remembrement a longtemps été considéré
comme l'outil providentiel. Interpellés ensuite par la gravité
des préjudices causés à l'environnement et aux paysages,
les pouvoirs publics d'Ille-et-Vilaine ont lancé au milieu des
années 70 un vaste programme de replantation de haies bocagères.
Or ce retournement de situation a été d'autant plus mal vécu
dans les zones remembrées qu'elles étaient jusqu'alors
montrées en exemple. Au lendemain du 25ème anniversaire de
cette politique, il convient de revenir sur les raisons d'un tel échec."
(résumé de l'auteur)
par Samuel Perichon
Laboratoire de recherche de l'École nationale supérieure
du paysage, 10 rue du Maréchal-Joffre, 78000 Versailles
s_perichon@voila.fr
Les chartes forestières de territoire : vers
un nouveau contrat social au sujet des espaces forestiers ?
(L)
Les chartes forestières de territoire (CFT) sont un outil contractuel
créé par l'article premier de la loi française d'orientation
forestière n° 2001-602 du 9 juillet 2001 (LOF). Leur finalité
est de mettre en relation l'ensemble des acteurs et usagers de la forêt
à l'échelle d'un territoire donné, en vue de négocier
les conditions de satisfaction des différentes demandes d'usage de
la forêt, dans une perspective de développement durable. Il
s'agit donc d'ouvrir la forêt sur les territoires ruraux et
périurbains qui la portent, au travers d'une contractualisation en
termes de droits et de devoirs entre les détenteurs du foncier et
les usagers. À ce titre, lesdites chartes, en offrant l'opportunité
de négocier localement un nouveau contrat social au sujet des espaces
forestiers et de leurs usages, représentent une innovation dans le
domaine forestier français, caractérisé depuis la
deuxième moitié du XXe siècle par un certain
néocorporatisme où dominent l'État et les acteurs
économiques."
par Stéphane Weiss
UR Développement des territoires montagnards, CEMAGREF, BP
76, 38 402 St Martin-d'Hères.
Stephane.Weiss@grenoble.cemagref.fr
L'élaboration des plans de gestion des réserves
naturelles (L)
"Le plan de gestion est un outil destiné en priorité au
gestionnaire, lui permettant d'avoir un " tableau de bord " de la réserve,
sur lequel pour chaque objectif de gestion les opérations sont
planifiées dans l'espace et dans le temps pour une durée de
cinq années. Le plan de gestion constitue en quelque sorte le document
mémoire de la gestion de la réserve. Il revêt un
côté pratique en rassemblant toutes les informations, anciennes
et actuelles, relatives à la réserve, dans un même document.
"
Cet article détaille les étapes de l'élaboration de
ce document.
par Frédéric Bioret
Laboratoire Géosystèmes, UMR 6554, IUEM, université
de Bretagne occidentale, place Copernic, 29280 Plouzané
bioret@mailhost.univ-brest.fr
Agriculture anglaise et protection de l'environnement
(L)
Les années 1960 et 1970 voient le début d'une progression des
mouvements écologistes dans le paysage politique anglais. Diverses
publications révélent les méfaits de l'agriculture sur
l'environnement et le fermier anglais commençe alors à se rendre
compte que ses pratiques allaient être de plus en plus difficiles à
justifier auprès de citadins qui gardent la nostalgie d'une campagne
idyllique. Le mouvement écologiste commençe à
apparaître comme une force capable d'alerter l'opinion, de s'opposer
au lobby agricole et d'influencer le gouvernement...
par Jean-Luc Hoarau
IUT d'Angers -Génie biologique
1 rue de la Croix de Cheminée, 49124
Saint-Barthélémy-d'Anjou
hoarau@iut.univ-angers.fr
Le dispositif des zones refuges pour le maïs Bt
aux États-Unis (L)
Aux États-Unis, depuis 1996, des surfaces importantes sont
cultivées avec des variétés transgéniques de
coton, de pomme de terre et de maïs résistantes à des
insectes ravageurs de ces cultures. La mise sur le marché de ces
variétés transgéniques a été accompagnée
par des réglementations pour contrôler les risques d'apparition
d'insectes qui seraient eux-mêmes résistants aux plantes
génétiquement modifiées. Ainsi, chaque agriculteur cultivant
une variété transgénique résistante à
un insecte doit utiliser une variété conventionnelle qui n'est
pas résistante à cet insecte sur une partie de ses surfaces
: ce sont les " zones refuges ", qui visent à maintenir un réservoir
d'insectes sensibles pour limiter les risques d'apparition de résistance
chez les insectes cibles.
L'article examine le cas du maïs, dont les variétés
transgéniques actuellement commercialisées sont résistantes
à la Pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis
(Lépidoptère Pyralidé).
par Denis Bourguet, Marion Desquilbet et Stéphane
Lemarié
INRA, unité Génétique microbienne et Environnement,
La Minière, 78285 Guyancourt cedex
bourguet@jouy.inra.fr
INRA, Économie et Sociologie rurales - université
Pierre-Mendès-France, BP 47, 38040 Grenoble cedex 9
desquilbet@grenoble.inra.fr,
lemarie@grenoble.inra.fr
Pour les cochons (après le matelas pour vaches, le waterbed
pour porcelets) ; Trouvés (des orangs-outans à Bornéo,
par le comptage des nids en haut des arbres) ; Sur souris
(nous avons en commun 99% de nos gènes) ; Sidérophagie
(des champignons en croquent pour le fer, associé à l'amiante)
: Amis, donnez
(pour de la neige à base d'amidon) ;
À Paname, le piaf se la coule douce (trad. : Paris est un bon
habitat pour Passer domesticus) : Le coton Bt file un mauvais
cocon ? (Dans le Sud des États-Unis, le Ver de l'épi de
maïs, Helicoverpa zea - Lépidoptère Noctuidé-
profite encore du coton conventionnel...) ; Hérissant (la
destruction de 5 000 hérissons des îles Hébrides) ;
Anthropisation en trop (en amont du barrage de Petit Saut, en Guyane,
les orpailleurs chassent les écologues) ; Ver jaune (Lumbricus
rubellus, plein d'arsenic) ; Machines à café (la
caféïne, indicateur de pollution des eaux par les activités
humaines domestiques) ; Entomo spatiale (15 grosses fourmis moissonneuses,
Pogonomyrmex occidentalis, étaient dans Atlantis qui s'est
écrasée) ; Label loup (le loup gris de l'Arizona fait
la joie et le profit des éleveurs) ; Les tout petits feux sont
dangereux (habiter séparément nuit gravement à
l'environnement) ; Goût partagé (des lions, malades ou
en pleine forme, aiment l'homme) ; Orgues sourdes (des tuyaux pour
des barrières anti-bruit) ; Camarade soldat, camarade chasseur,
même combat (les dispositions sur la protection de la nature les
gènent) ; Très fines gueules (Les chimpanzés
du zoo de Copenhague choisissent les bananes bio) ; Le combat de la mouche
et de l'araignée (Arachnidomya lindae - Diptère
Sarcophagidé - contre Meteplira incrassata) ;Vachement
intéressé (Le bovin est un être sensible - mais à
quoi ? À la nourriture. Point) ; Piqûre de rappel
(les objectifs du développement durable) ; Carnet de
ME&S (académiciens et commissionaires) ; Parle à
mon QI, ma queue de détente est malade (" Le borgne, l'aveugle
et le paralytique " du Courrier n°47, qui c'est ?) ;
Contre-mesure de précaution (ressources génétiques
animales) ; Les fées de serre (le grand bond en avant de la
voiture chinoise) ; Le Lapin, le lapin ! (demande , acculé
à la disparition, le Lynx pardelle, Lynx pardinus, d'Espagne)
; La découverte de l'Amérique (la lutte biologique contre
les ravageurs introduits) ; " Sol " de chez Streptomyces (un
parfum bactérien de dessous les pieds) ; À porcs perdus
(oui, égarés dans la "chaîne alimentaire" états-unienne
- et transgéniques) ; On en tient une, de couche ! (jetable
et soluble et donc biodégradable) ; Experts durables (le PNUE
veut orienter les gens vers une consommation " durable ") ; Gros rongeur
costaud (lièvre forestier et même bûcheron) ;
Défoncés (des éléphants souls et homicides)
; La main lourde (pour faire la vaisselle à la main) ;
Cyberzootechnie (les insectoïdes de la NASA) ; Terreur
entomologique ( la Chrysomèle du maïs, Diabrotica virgifera,
arme de destruction massive ?).
Et, dans EN VRAC ET EN VITESSE, un dernier tour du monde, vite fait,
mais qui, bien sûr, ne contourne pas, parmi d'autres problème
environnementaux dignes d'une étape, celui des
limaces.