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Les anciennes nouvelles de la vache folle
1998 et 1997

S'accumulent ici les informations mises en ligne dans la rubrique "Dernières nouvelles de la vache folle", en tête de la page principale Vache folle en ligne
rubrique alimentée par Yves Le Pape.

Les nouvelles de 2001, 1999, de 1998 ; les très anciennes nouvelles  de 1997.

NB. Les liens indiqués fonctionnaient. Certains sont morts depuis...


En 1998

Le 21 décembre 1998

Le réseau national d'épidémiosurveillance de l'encéphalopathie spongiforme bovine vient de déceler un nouveau cas sur un bovin provenant du département de l'Orne.
Il s'agit du 49ème cas répertorié en France depuis. C'est le 18ème cas mis en évidence en 1998.
L'animal atteint est une vache née en mars 1993 dans un élevage de l'Orne.
Il a été procédé à l'abattage et à l'incinération du troupeau -168 bovins- concerné.

Le 15 décembre 1998

Le réseau national d'épidémiosurveillance de l'encéphalopathie spongiforme bovine vient de déceler deux nouveaux cas sur deux bovins provenant pour l'un, du département de la Sarthe et pour l'autre du département de la Mayenne. Il s'agit des 47ème et 48ème cas répertoriés en France depuis 1990. Ce sont les 16ème et 17ème cas mis en évidence en 1998 dans notre pays. Les deux animaux atteints sont des vaches laitières nées respectivement en novembre 1993 dans un élevage de la Sarthe et en avril 1994 dans un élevage de la Mayenne. Il a été procédé à l'abattage et à l'incinération des deux troupeaux concernés de la Sarthe et de la Mayenne comptant pour le premier 183 bovins et pour le second 108 bovins.

Le 1er décembre 1998

La vigilance de Jean Glavany sur les conditions de la levée de l'embargo sur la viande bovine britannique.
Par un communiqué en date du 26 novembre 1998, le ministère de l'Agriculture estime que "la France a obtenu avec l'appui d'autres Etats-membres de renforcer les conditions imposées aux britanniques avant la levée de l'embargo. Le dernier dispositif proposé par la Commission et agrée par le Comité scientifique directeur est en cela satisfaisant. Toutefois, Jean Glavany, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, reste préoccupé par la mise en application effective de ces conditions et il a obtenu lors du dernier Conseil européen de l'Agriculture que les Etats-membres puissent examiner le rapport d'inspection communautaire sans toutefois pouvoir eux-même décider de la date de reprise des échanges. C'est d'ailleurs pour cette raison que la France n'a pas voulu approuver la décision proposée par la Commission."

Un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine dans le Pas-de-Calais
Le réseau national d’épidémiosurveillance de l’ESB vient de déceler un nouveau cas sur un animal du département du Pas-de-Calais.Il s’agit du 46e cas répertorié en France depuis 1990. C'est le 15ee cas mis en évidence en 1998. L'animal atteint est une vache laitière née en septembre 1994 dans un élevage du Pas-de-Calais et qui y a séjourné jusqu'à sa mort. Il a été procédé à l'abattage et à l'incinération de ce troupeau comptant 180 bovins.

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Le 26 novembre 1998

Face aux critiques suscitées par la décision de lever l'embargo sur le boeuf britannique, la Commission réagit aux critiques et invoque pour cela les avis du Comite d'experts )qui s'est prononcé sur cette question en mars 98 .

Le 26 novembre 1998

Dans quelques mois, la levée de l'embargo sur le boeuf britannique
La proposition de la Commission en faveur de la levée de l'embargo n'a donc pas obtenu de majorité qualifiée des ministres de l'Agriculture des 15, lundi à Bruxelles. L'Allemagne a voté contre cette proposition et la France s'est abstenue avec l'Autriche, l'Espagne et le Luxembourg. C'est donc la Commission elle-même qui a du prendre cette décision. Mais cette décision ne pourra entrer en vigueur que dans plusieurs mois à la suite d'inspections qui seront réalisées en Grande Bretagne par les services de la Commission. Seules seront autorisées les exportations de viandes désossées provenant d'animaux nés après le 1er août 1996, agés entre 6 et 30 mois et dont la "traçabilité" est assurée.

Le 25 novembre 1998

La levée de l'embargo sur le boeuf britannique a donc été adoptée à Bruxelles. On lira l'analyse de Jean Quatremer dans Libération du 24 novembre 1998, sous le titre : La vache anglaise récupère son passeport. L'embargo, mis en place en 1996 pour cause de « vache folle», devrait être levé dès janvier.

Le 18 novembre 1998

Certains médias ont évoqué récemment la possibilité d'un décès par le nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jacob dans l'Est de la  France.
Après enquête auprès du réseau d'épidémio-surveillance de cette maladie, il apparaît que "le cas dont ont parlé les médias la semaine dernière à toutes les caractéristiques d'un cas de CJD sporadique banal".

Le 17 novembre 1998

La DG XXIV qui, à Bruxelles et sous la direction d'Emma Bonino, s'occupe en particulier des consommateures a publié sur le Web la troisième version de son Vade-mecum sur l'ESB.
Ce document fait le point, en anglais, sur la situation de l'ESB, sur l'état des connaissances scientifiques et des mesures prises par l'Union Européenne pour préserver la sécurité des consommateurs.

Par ailleurs, un important Colloque sur le thème de l’Union européenne et la sécurité alimentaire : les leçons de la crise ESB , va se tenir à Bruxelles, les 30 novembre et 1er décembre 1998. Cet événement est organisé de façon conjointe par la Commission et le Parlement Européen et donnera lieu sans doute à des exposés et débats intéressants.

Le réseau national d’épidémiosurveillance de l’encéphalopathie spongiforme bovine vient de déceler deux nouveaux cas sur deux bovins provenant pour l'un, du département de la Manche et pour l'autre du département de l'Ille-et-Vilaine. Il s’agit des 44e et 45e cas répertoriés en France depuis 1990. Ce sont les 13ème et 14ème cas mis en évidence en 1998.
Les deux animaux atteints sont des vaches laitières nées respectivement en octobre 1993 dans un élevage de la Manche et en août 1993 dans un élevage de l'Ille-et-Vilaine.
Il a été procédé à l'abattage et à l'incinération des deux troupeaux concernés de la Manche et de l'Ille-et-Vilaine comptant pour le premier 134 bovins et pour le second 82 bovins.

L'INRA fait le point sur les recherches conduites à l'Institut sur la tremblante du mouton. On apprend notamment dans ce communiqué que ces travaux devraient "permettre de lever le doute sur l’éventuel passage au mouton de l’agent responsable de la maladie de la vache folle : cet agent ne se cache-t-il pas parmi ces différentes souches de Tremblante ?" On signale également que 3 tests pour le diagnostic précoce de la Tremblante sont en cours de mise au point ou de validation à l'INRA en collaboration avec d'autres institutions.


Le 12 octobre 1998

Deux nouveaux d'ESB en France :
- Le 42e cas d'ESB a été diagnostiqué en France fin septembre et décelé dans le département du Nord ; il s'agit d'un animal de 3 ans environ.
- le 43e cas répertorié en France depuis 1990 est donc le 12e cas mis en évidence en 1998. L'animal atteint est une vache laitière du département de l'Orne, née en juin 1994 dans un élevage de ce département. Il a été procédé à l’élimination et à la destruction totale de ce troupeau de 138 bovins.

Six nouveaux cas d'ESB ont été confirmés au Portugal depuis le début d'octobre,  a écrit vendredi le quotidien indépendant de Lisbonne Publico, citant le laboratoire portugais de recherche vétérinaire (LIPV). On compte ainsi au Portugal 65 animaux atteints par l'ESB depuis le début de l'année (c'est plus que pour toute l'année 1997) et 159 cas depuis 1990. "Le gouvernement portugais a annoncé jeudi qu'il allait prendre des "mesures draconiennes" pour éliminer tout doute pouvant encore exister, de la part de l'Espagne ou de la Commission européenne, sur l'efficacité de la lutte contre la maladie de la vache folle au Portugal.", selon une dépêche de l'AFP datée du 9 octobre.


Le 24 septembre 1998

Une dépêche AP de Londres en date du 23 septembre 1998 annonce que 8 personnes ont été hospitalisées après l'accident d'un poids lourd transportant le sang de bovins qui avaient été abattus dans le cadre de la campagne d'éradiction de l'ESB. Ce sang était aussi destiné à la destruction. On ne sait pas si ce sang était ou non infecté a déclaré l'inspecteur de police chargé de l'enquête. Un représentant du ministère de l'Agriculture a déclaré que ce risque était très faible.


Le 16 septembre 1998

Un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine dans la Manche

Le Réseau national d’épidémiosurveillance de l’encéphalopathie spongiforme
bovine vient de déceler un nouveau cas sur un animal du département de la Manche.Il s’agit du 41e cas répertorié en France depuis 1990 et c'est le 10e cas mis en évidence en 1998. L'animal atteint est une vache laitière de race Prim' Holstein née en 1989 dans un élevage de la Manche. Il a été procédé, hier, à l’élimination et à la destruction totale de ce troupeau de 134 bovins.


Le 28 août 1998

Le réseau national d’épidémiosurveillance de l’encéphalopathie spongiforme bovine a décelé en août deux nouveaux cas sur deux animaux des départements de l’Aisne et du Finistère.
Il s’agit des 39e et 40e cas répertoriés en France depuis 1990 pour un cheptel de 21 millions de têtes. Ce sont les 8e et 9e cas mis en évidence en 1998 dans notre pays.
Les deux animaux atteints sont des vaches laitières nées respectivement en septembre 1991 dans un élevage de l’Aisne et en mars 1989 dans un élevage du Finistère.
Il a été procédé à l’élimination et à la destruction totale de ces deux troupeaux de l’Aisne et du Finistère comptant pour le premier 149 bovins et pour le second 74 bovins.


Le 4 août 1998

Le 38e cas d'ESB en France

On vient de déceler un nouveau cas de vache folle dans un cheptel du département de la Manche. Il s'agit du 38 ème cas de vache folle répertorié en France et du septième cas mis en évidence en 1998.


Le 6 juillet 1998

Le 37e cas d'ESB en France

Le réseau national d'épidémiosurveillance de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) vient de déceler un nouveau cas de vache folle dans un troupeau du Loir-et-Cher.
Dans son communiqué, le ministère de l'Agriculture précise lundi qu'il
s'agit du 37e cas de vache folle répertorié en France et du sixième cas mis en évidence en 1998. L'animal atteint est une vache laitière née en décembre 1993 dans un élevage du Loir-et-Cher. Il a été procédé à l'élimination et à la destruction totale de ce troupeau comptant 52 bovins.

Le 30 juin 1998

Deux nouveaux cas d’encéphalopathie spongiforme bovine sont signalés en France, lundi 29 juin 1998, par le ministère de l'Agriculture.

Le réseau national d’épidémiosurveillance de l’encéphalopathie spongiforme bovine vient de déceler deux nouveaux cas sur deux animaux des départements des Côtes-d’Armor et du Maine-et-Loire. Il s’agit des 35ème et 36ème cas répertoriés en France depuis 1990 et des 4ème et 5ème cas mis en évidence en 1998. Les deux animaux atteints sont des vaches laitières nées respectivement en août 1993 dans un élevage des Côtes-d’Armor et en août 1992 dans un élevage du Maine-et-Loire.
Les deux troupeaux des Côtes-d’Armor et du Maine-et-Loire comptant pour le premier 80 bovins et pour le second 68 bovins ont été éliminés totalement.

Le 23 juin 1998

Le ministre de l'Agriculture britannique répond au journal Le Monde.

Jack Cunningham a en effet vivement réagi à l'article de J.-Y. Nau dont nous avions rendu compte ci-dessous. Sa réponse est publiée dans Le Monde daté des 21 et 22 juin 1998. Il affirme qu'aucun scientifique britannique ne lui a confirmé l'information avancée par Le Monde qui annonçait que des chercheurs britanniques avaient "trouvé l'agent de l'ESB dans des échantillons prélevés sur des cas de tremblante de mouton" et il demande en conséquence au journaliste français de lui faire parvenir tous les éléments dont son ministère n'aurait pas encore connaissance.
En réponse à ce courrier Le Monde maintient son information ,qui lui a été "confirmée par l'un des experts officiels du gouvernement français". Il précise que si ce résultat n'a pas encore fait l'objet d'une publication scientifique, "il devrait être évoqué lors de la prochaine réunion du comité officiel des experts britanniques sur la maladies à prions, prévue en juillet".

Nous concluerons cet épisode en reprenant ce constat fait par Le Monde du décalage qui existe souvent "entre les résultats expérimentaux obtenus en laboratoire, leur validation par la communauté scientifique et l'information des responsables politiques". Bien évidemment cela pose le problème de la responsabilité des journaux comme Le Monde à se situer dans ce processus de façon pertinente. Le débat est ouvert !!!!

Le 16 juin  1998

L'agent de la "vache folle" a contaminé le mouton selon des données expérimentales britanniques.

Un nouveau problème majeur de santé publique. Tel est le titre de l'article de Jean-Yves Nau dans le Le Monde des 14-15 juin 1998. En s'appuyant sur une déclaration qui lui a été faite par l'un des experts officiels français des maladies à prions, Jean-Yves Nau, affirme que cette information fait depuis peu l'objet "d'échanges confidentiels dans la commmunauté des experts " mais n'a pas encore donné lieu à publication dans la "presse scientifique spécialisée". Dans cet article le problème est donc posé des risques encourus en Grande-Bretagne "par les consommateurs des viandes ovines potentiellement infestées", compte tenu que la France a déja pris très tôt des "mesures sanitaires préventives".

Le même numéro du Monde signale par ailleurs, en s'appuyant sur un article de l'hebdomadaire britannique New Scientist , qu'un test de la Société PRIONICS de Zurich, aurait établit que "le cheptel bovin suisse serait cent fois plus touché [par l'ESB]que ne l'indiquent les chiffres officiels".

Le 10 juin 1998

L'Union européenne propose la levée de l'embargo sur le boeuf britannique.
Selon l'Agence France Presse (mardi 9 juin 1998), "la Commission européenne, convaincue que la viande de boeuf britannique est saine et ne présente plus de danger pour le consommateur, va proposer mercredi de lever l'embargo frappant les exportations de boeuf de Grande-Bretagne".
Franz Fischler souhaite que cette décision s'applique aux animaux nés après le 1er août 1996, "date d'entrée en vigueur de l'interdiction au niveau européen de nourrir les bovins avec des farines animales".
Toutefois la mise en oeuvre de cette décision ne pourrait intervenir avant l'automne prochain.

S.Prusiner (le 6 juin 1998) et J. Collinge (le 4 juin 1998) sont venus témoigner devant la Commission d'enquête publique qui poursuit ses travaux en Grande-Bretagne. Les textes de leur communications sont disponibles sur le superbe site Web ouvert pour rendre compte des travaux de cette Commission. Un bel exemple à suivre !

Le 29 avril 1998

L' article de Nature du 23 avril 1998 : le cas des porcs et des poulets

Natalie Levisalles   présente dans le journal Libération du 28 avril le contenu du nouvel article de Nature (vol. 392, n°6678) que signent Richard Race et Bruce Chesebro du National Institute of Allergy and Infectious Diseases dans le Montana aux Etats-Unis. Ils ont montré "qu'un animal qui n'a pas l'air malade peut néanmoins être un réservoir -ou 'porteur sain'- de l'ESB". Cette découverte pose la question des porcs et des poulets qui pourraient s'avérer "porteurs subcliniques" de la maladie, ce qui justifierait, selon les deux chercheurs, l'interdiction de l'utilisation des farines animales dans l'alimentation de toutes les espèces animales. L'article de Libération ajoute que le risque est limité en France puisque, depuis 1996, "on ne met dans les farines animales que ce qui est bon pour la consommation humaine". Dominique Dormont, quant à lui, estime qu'il faut faire de nouvelles expériences pour "voir par exemple si des poulets ou des porcs nourris de farine de bovins contaminés sont capables de transmettre la maladie à d'autres bovins" ...expérience qui est en cours de réalisation en ce moment en Grande-bretagne, précise Natalie Levisalles.


Le 2 avril 1998

Nouvelles de Bruxelles
Le journal Le Monde du Jeudi 4 avril titre : "Vache Folle" : report de l'interdiction des abats dangereux.
Sous la plume de Jean-Yves Nau on apprend que le Conseil des ministres de l'agriculture des 15 a décidé de retarder au 1er janvier 1999 la principale mesure de prévention réclamée par les scientifiques pour prévenir l'épidémie d'ESB : l'interdiction des abats animaux dangereux.
Cette décision concerne les "matériaux à risques spécifiques" considérés comme les vecteurs privilégiés de la transmission de l'ESB. Malgré les assouplissements introduits par la Commission, seuls la France, le Portugal et la Grande-Bretagne ont soutenu le projet de directive. Devant l'opposition de la majorité des Etats-membres et plutot que d'abandonner définitivement toute idée de réglementation communautaire, la France et la Grande-Bretagne ont obtenu un report de la mise en oeuvre de cette mesure.

La Commission européenne va tenter une dernière fois d'instaurer un régime communautaire des matériels à risques spécifiés (MRS), considérant que ces mesures sont essentielles pour atteindre un niveau élevé de protection des consommateurs contre les risques d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). La dernière tentative a échoué le 17 mars dernier, date à laquelle le Conseil des ministres de l'agriculture a rejeté la dernière proposition de la Commission.

À présent, la Commission va mettre une dernière fois à l'épreuve la volonté réelle des États membres de doter la Communauté d'une stratégie concernant les MRS en soumettant le texte de compromis déjà présenté lors du Conseil Agricole au comité vétérinaire permanent. Si ce compromis échoue, il sera impossible à la Commission d'adopter un régime communautaire des MRS sur la base d'une clause de sauvegarde.

17 mars 1998

Le ministère français de l'Agriculture a annoncé qu'un nouveau cas d'ESB avait été décelé dans le département de la Haute-Saône. Il s'agit du 34e cas répertorié en France depuis 1990 et du 3e cas détecté en 1998.
L’animal atteint était une vache laitière née en septembre 1993 dans un élevage de Haute-Saône où il a séjourné jusqu’en octobre 1996. Depuis cette date, il faisait partie d'un cheptel de Haute-Loire où il n'a séjourné que 17 mois. Par rapport à la durée connue d’incubation de l’encéphalopathie spongiforme bovine, l’animal n’a pas pu être contaminé dans cet élevage.

Une grande enquête publique sur la crise de l'ESB vient de débuter en Grande-Bretagne. Un site Web de grande qualité a été créé pour permmettre à chacun de suivre quotidiennement les travaux du comité. A l'heure où la France s'engage elle aussi dans ce type de débat (en l'occurrence à propos des organismes génétiquement modifiés) il est très intéressant de pouvoir suivre "en direct" cette expérience britannique.

10 févrer 1998

Lors de son "point de presse" du 9 février, Louis Le Pensec, ministre français de l'Agriculture a annoncé qu'afin de respecter le droit communautaire, le Gouvernement a décidé d'interdire la commercialisation des farines de viandes et d'os qui n'auraient pas subi le traitement 133°C, 20 mm, 3 bars. Pour le Ministre, "il s'agit d'afficher notre détermination à nous conformer aux prescriptions de la décision 96-449-CE afin de faciliter la circulation de nos produits au sein de la Communauté et à destination des pays tiers".
Jusqu'au 30 juin 1998, des mesures financières sont prévues pour indemniser les fabricants de farines animales en attendant la mise aux normes de leurs installations.Au total, en considérant que la moitié des farines produites d'ici le 30 juin serait retraitée et l'autre moitié détruite, cette mesure pourrait coûter entre 300 et 450 MF.

9 février 1998

Un nouveau cas d'ESB a été détecté au début du mois de février 1998 dans une ferme du département de la Savoie. La vache contaminée avait été achetée en 1995 dans une ferme de Haute-Savoie où elle était née en 1998. Ces deux troupeaux ont été entièrement abattus.

En attendant les décisions concernant les risques de transmission de l'ESB par ingestion de la "viande à l'os" , on consultera avec intérêt sur le Web le rapport de la socité DNS, "Assessment of Risk from Possible BSE Infectivity in Dorsal Root Ganglia", qui est à l'origine de l'interdiction prise en Grande Bretagne.

Les dernières statistiques britanniques (du 2 février 1998) confirment par ailleurs le 23e cas de nvCJD diagnostiqué en Grande-Bretagne au 31 décembre 1997.

Au niveau européen ,on peut consulter avec intérêt le point de vue de l'avocat général de la Cour de Justice qui valide la décision par laquelle la Commission a interdit au Royaume-Uni d'exporter des bovins vivants, des viandes bovines et des produits dérivés dans les autres États membres et dans les pays tiers. Par ailleurs la DG XXIV, la direction qui s'occupe de la politique en direction des consommateurs, fait le point sur ce qu'elle a entrepris à propos de la crise de l'ESB et publie un guide pratique à destination du consommateur disponible gratuitement à la Commission.

L'actualité française de la "vache folle" connaissant une certaine accalmie, on peut en profiter pour lire sur le site INFOBIOGEN le point de vue d'Anne-Marie de Recondo, directeur de recherche CNRS, à propos de l'attribution du prix Nobel à Stanley Prusiner , nouvelle qui n'a pas été reçue partout avec enthousiasme dans le monde scientifique français. Elle conclut son texte de la façon suivante : "En récompensant S. Prusiner, le jury du prix Nobel a reconnu la richesse d'un concept original qui, bien qu'encore non entièrement démontré, se révèle de plus en plus généralisable et apermis une approche biochimique et biophysique de différentes énigmes médicales et génétiques. Nous pouvons considérer ce choix comme un magnifique encouragement pour la recherche fondamentale."


1997   [R]

23 décembre 1997

Le Télégramme de Brest, le grand journal quotidien du Finistère, signale le trente et unième cas d'ESB, découvert en Bretagne dans un élevage de Plonévez-du-Faou dans le centre du Finistère.
L'animal était né en 1992, soit deux ans après l'interdiction d'introduire des farines animales dans l'alimentation des bovins. Le ministère de l'Agriculture avait signalé le 30e cas samedi, dans le département de la Sarthe.

On peut lire sur le site web de l'Office International des Epizooties le communiqué présentant le cas d'ESB luxembourgeois, le cas belge d'octobre 1997 et du cas allemand de septembre 1997.

Ouest-France, citant une dépêche de l'AFP annonce que le gouvernement britannique s'apprête à lancer une enquête officielle sur les origines de l'ESB et se prépare également à une profonde restructuration du secteur de la viande bovine.

17 décembre 1997

En première page du Monde de ce jour on peut lire : "Conflit euro-américain sur la "vache folle" : Washington a décidé d'interdire l'importation de toute viande bovine et ovine d'origine européenne ; Bruxelles juge "disproportionnée" cette mesure à faible impact financier ; Londres menace le boeuf continental d'un nouvel embrago à partir du 1er janvier".

Marc Savey, vice-président du Comité Dormont, réagit de la façon suivante à cet embargo : "Officiellement, les Etats-Unis n'ont pas de cas d'ESB. Pour autant, différents éléments plaident en favueur du contraire ... Le paradoxe veut que c'est au moment où l'on commence à bâtir en Europe une politique fondée sur le principe de précaution que cet embrago est décrété par un pays qui n'a pris aucune mesure particulière et avec lequel l'Union Européenne a de nombreux contentieux sur les questions sanitaires".

Le Monde annonce par ailleurs que la directive prohibant la commercialisation des abats à risques (désormais désignés par le terme de MRS = matériels à risque spécifié) voit sa mise en oeuvre retardée de 3 mois.

5 décembre 1997

La Grande-Bretagne a décidé d'interdire la vente des viandes de boeuf à l'os, dont la consommation pourrait entraîner un risque très faible de transmission à l'homme de ESB. Les côtes de boeuf, les T-bone steaks et la queue de boeuf vont disparaître des assiettes britanniques à la suite de cette mesure, qui pourrait relancer la psychose sur le boeuf en Grande-Bretagne.
"Il y a un très, très petit risque" que les os puissent indirectement constituer un vecteur de contamination, a confirmé le ministre de l'Agriculture Jack Cuningham, qui détaillera la décision du gouvernement devant la chambre des Communes. "Bien que le risque soit très petit, je place la santé et le bien-être des consommateurs au premier rang de mes préoccupations", a-t-il déclaré (AFP, Londres, 3 décembre 1997).

(NDLR : pour suivre l'actualité, heure par heure, visitez Nomade, Actualité, Economie)

Lu dans la presse française
Pour Libération du 5 décembre, la crise de la vache folle est relancée en Grande-Bretagne où les éleveurs ont très mal pris l'annonce du Gouvernement. Le quotidien signale par ailleurs que le gouvernement français n'envisageait pas d'interdire la vente de viande de boeuf à l'os. "Mercredi nous avons demandé l'avis du comité français sur l'ESB, indiquait-on néanmoins au ministère de l'Agriculture. Mais la décision anglaise ne nous inquiète pas".
Dans Le Monde daté du 5 décembre on apprend également que Franz Fischler, commissaire européen à l'agriculture, a aussitôt annoncé qu'il demandait aux comités scientifiques de l'Union Européenne d'analyser les données qui ont conduit Londres à prendre cette nouvelle précaution. Quant à Marc Savey, vice-président du Comité Dormont, il déclare à ce journal que, "au plan scientifique nous sommes dans l'incertitude puisqu'une nouvelle fois une décision spectaculaire est prise par Londres sans que nous ne disposions des éléments objectifs et expérimentaux sur lesquels se fonde cette décision".

Quant à la vache folle luxembougeoise.... si on peut se permettre un peu d'humour on pourrait dire que au moment même où le Luxembourg préside aux destinées de l'Union européenne, il doit faire face à son premier cas de vache folle. Et comme chaque fois, on s'interroge ici sur l'origine des aliments qui pourraient être à l'origine de cette contamination.

On lira avec intérêt un point du vue ancien mais toujours d'actualité d'un expert en expertise, le Français Philippe Roqueplo, qui réagissait en mai 1996 à la crise de la vache folle dans le Monde Diplomatique.

Quant au ministère français de l'Agriculture, il publie sur son excellent site WEB, un bilan de son action à propos de l'ESB.


Le commissaire européen responsable de l’agriculture, Franz Fischler, a présenté, le 20 novembre 1997, un document consultatif sur la future politique de l’Union à l’égard de la farine de viande et d’os, un produit largement intégré dans l’alimentation animale jusqu’à la crise dite de la « vache folle » qui en a démontré les limites. Ce document fait le point sur la situation et évalue les conséquences pouvant résulter de nouvelles approches. Le débat a été engagé en juillet dernier dans le cadre d’une conférence scientifique dont s’est dégagé un large soutien à la politique actuelle de la commission relative à l’utilisation de protéines animales dans l’alimentation du bétail.
Ce document peut être télédéchargé sur le site de la DG-VI .
Sur cette page on trouve : - Un résumé du document ; - Un lien vers deux documents plus complet sur « 1. Exclusion des animaux trouvés morts et autre matériels condamnés ("matériel à risque élevé") de la chaîne de l’alimentation animale » et 2. Interdiction d’utiliser des protéines d’origine animale pour l’alimentation des ruminants » ; - Trois adresses pour envoyer les commentaires ou obtenir des précisions sur les deux documents ci-dessus.


30 octobre 1997 :
Une passionnante conférence de Dominique Dormont et Marc Savey, tous deux responsables du Comité des experts sur les ESST et les Prions , se tenait à Paris le 28 Octobre 1997. A cette occasion ils ont présenté un bilan de leur intervention en tant qu'experts au moment de la crise de l'ESB. Cette conférence sera publiée par l'INRA et nous ne manquerons pas de vous signaler la parution de son compte rendu le moment venu.
Nouvelles de l'Union Européenne : la Commission Européenne décide d'instaurer des contrôles concernant les mouvements de farine de viande et d'os à l'intérieur de l'Union.



Au moment où le prix Nobel vient couronner les travaux de Stanley Prusiner sur les prions, il faut signaler l’utile synthèse d’Odile Robert sur les maladies à prions, installée sur le beau site de la Fondation de la Recherche Médicale (6 octobre 1997).

Deux articles importants paraissent cette semaine (1er octobre 1997) dans Nature. Ils peuvent être consultés directement sur le Web. Comme le résume le journal Le Monde (J.-Y.Nau, mercredi 1er octobre 1997), "une nouvelle preuve moléculaire du franchissement de la barrière d'espèces est apportée par deux équipes scientifiques britanniques". La première équipe que dirige Moira E.Bruce démontre selon Libération (C. Bensimon, 30 septembre 1997) que "l'encéphalopathie spongiforme bovine et le nouveau variant de la maladie de Creutzfeld-Jacob sont dus à un même agent infectieux". Quant à l'équipe de John Collinge, ils démontrent, en utilisant des souris transgéniques, que "l'agent qui est à l'origine de l'ESB peut modifier la protéine-prion humaine normale".
Toujours dans le journal Le Monde, Jean-Yves Nau interroge Dominique Dormont, le président du Comité des experts français qui estime que les résultats obtenus par Moira Bruce "constituent aujourd'hui le plus fort niveau de preuve que l'on puisse obtenir en faveur de l'hypothèse de la transmission de l'agent de l'encéphalopathie spongiforme bovine à l'espèce humaine". Il ajoute toutefois que la plus grande incertitude demeure sur les prévisions quant à l'incidence humaine de cette nouvelle forme de maladie de Creutzfeld-Jacob.


L’actualité de cet été, c’est en premier lieu, la décision prise à Bruxelles d’interdire « pour toute utilisation » les abats à risques à partir du 1er janvier 1998.

Agra-Presse (25 août 1997) signale par ailleurs que les Etats-Unis menacent de porter plainte contre l'Union européenne devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si cette interdiction entre en vigueur en l'état. En effet, cette règlementation menacerait les exportations américaines de suif et de ses dérivés qui sont utilisés pour la fabrication de produits pharmaceutiques et de cosmétiques.

Par ailleurs l’Agence Reuter signalait le 29 août que 2 nouveaux cas d’ESB ont été signalés en Suisse, ce qui porte à 27 le nombre de cas enregistrés cette année dans ce pays.

Une controverse est lancée à la suite de la publication en Grande-Bretagne d’un article qui suggère que, compte-tenu des exportations de bovins britanniques vers l’Europe, les cas d’ESB qui auraient dû se manifester dans les pays importateurs seraient bien plus nombreux que ceux qui ont été effectivement déclarés. (Schreuder BEC, Wilesmith JW, Ryan JBM, Straub OC. Risk of BSE from th import of cattle from the United Kingdom into countries of the European Union. Vet Rec 1997; 141: 187-90).

Enfin une personne végétarienne ayant été atteinte de la nouvelle forme de maladie Creutzfeld-Jacob, un débat important en a résulté dans les milieux scientifiques anglo-saxons dont rend bien compte la liste de diffusion BSE-L.

Le décès d'une jeune femme de 27 ans porte à 21 les victimes de cette maladie depuis 1995 en Grande Bretagne.

Juillet 1997
Un nouvel article de Nature :
Selon le Times du 17 juillet, la dernière publication de Nature concernant l'ESB montre que la maladie bovine peut être transmise à des tissus humains dans le cadre d'expériences de laboratoire.Cette transmission peut également être observée avec des protéines touchées par la tremblante du mouton. James Hope, responsable de ces recherches à l'Institut pour la santé animale de Newbury (Berkshire) a déclaré que ces résultats doivent être interprétés avec précaution, d'autres facteurs pouvant jouer dans la transmission inter-espèces. Pour le journal Libération on peut en conclure que "cela signifie que la tremblante est transmissible à l'homme" ; pour James Hope, si on retient une approche optimiste, celà pourrait vouloir dire que l'ESB est peut-être aussi faiblement transmissible que la tremblante.
Rappelons que depuis 200 ans que celle-ci est connue, on a jamais pu montrer jusq'ici qu'il y avait risque de transmission à l'homme dans les pays où elle sévissait.

Le Programme français de recherche  sur les ESST s'affiche en ligne, avec un appel d'offres.
Pas très neuf mais utile : le discours de Jacques Santer devant le Parlement Européen à propos de la crise de l’ESB le18 février 1997.

Une information est disponible en Anglais sur le débat qui a remué les grands médias des Etats-Unis à propos d'une éventuelle forme d'encéphalopathie spongiforme chez les porcs. Le ministre de l'Agriculture des Pays-Bas a confirmé que 2 cas d'ESB avaient été diagnostiqués dans ce pays, qui a été depuis rajouté sur la liste tenue par l'USDA aux Etats-Unis des pays atteints par la maladie.
En France le 27e cas a été localisé dans le département de la Manche au début du mois d'avril.

Un poème d'un jeune enfant.

Fin mars, l'AFP communique : L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé de ne pas transfuser de sang de personnes qui risquent de transmettre la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Sur ce sujet on pourra lire également (en anglais) un article de S. Dealler, soumis en 1994 , publié dans Transfusion Medicine (1996), 6, 217-222 : A matter for debate: the risk of bovine spongiform encephalopathy to humans posed by blood transfusion in UK.


La Vache folle revient au devant de l’actualité en ce début du mois de juillet 1997 à l’occasion de l’annonce de la découverte d’une exportation frauduleuse de viande de boeuf britannique en direction de plusieurs pays européens. Cette information est reprise par une grande partie de la presse européenne mais les informations en provenance de Bruxelles restent encore très imprécises et Libération (jeudi 3 juillet) avance l’hypothèse que « la discrétion de la Commission lui est imposée par les pays membres de l’Union européenne peu désireux de perturber davantage un marché de la viande bovine déjà très déstabilisé ». Le journal ajoute même qu’Emma Bonino « essayait d’obtenir l’autorisation des autorités de ces différents pays de lever le secret sur cette affaire. En vain ».

L’actualité du mois de juin avait été marquée en particulier par l’intervention de Franz Fischler lors du Conseil agricole de Luxembourg, le 24 juin, où, selon Agra-Presse (lundi 30 juin), il a déclaré que « selon les inspections menées par ses services, aucun Etat membre ne pouvait être exempt d’ESB ou de scarpie ».

On apprenait (information Reuter transmise sur la liste de diffusion BSE-L) au même moment que le nouveau ministre travailliste de l’Agriculture, J. Cunningham, annonçait des mesures de rétorsion si l’Union européenne ne décidait pas une interdiction générale des « abats à risques ». La liste BSE-L nous apprend également que la filiale Mac Donald’s de Grande-Bretagne suivie par Burger King venaient de décider de reprendre les achats de bovins britanniques.

On avit lu, dans la presse francophone, en février-mars 1997:

Vache-qui-litLa presse française a largement commenté la publication dans Science (1997, 275, 402-404) des résultats de l'équipe de Corinne Lasmézas et Jean-Philippe Deslys qui " met en doute la responsabilité du prion dans la maladie de la vache folle " (L'Express). Anne-Marie Casteret ajoute dans cet hebdomadaire (13 au 19 mars 1997) que " l'hypothèse virale paraît pourtant loin de rencontrer un public. Le prion étant en voie de starisation, toute manifestation de doute chatouille désagréablement son inventeur [S. Prusiner] " qui a "préféré ne pas commenter la publication française " alors que " la poignée d'équipes de pointe qui travaillent sur le sujet semblent saluer bien prudemment l'observation française, par un lourd silence ". Sur le même sujet, Denis Sergent écrit, dans la revue Eureka (18 avril 1997), que ces résultats apportent de l'eau au moulin de l'Américaine Laura Manueldis ou de l'Allemand Heino Deringer qui penchent pour la théorie virale. Mais un partisan de l'hypothèse prion, le Suisse Charles Weissmann, fait remarquer qu'au bout de 14 ans de recherche, on aurait dû trouver le virus s'il existait vraiment ". D'ailleurs, C. Lasmézas elle-même aurait déclaré, selon Patrick Philippon dans Biofutur (164, février 1997), que " nos résultats ne donnent aucune indication quant à la nature de l'agent transmissible : virus, protéine ou autre ". Marie-Françoise Lantieri conclut dans l'Evénement du Jeudi (30 janvier au 5 février 1997) que " la chasse au virus est à nouveau ouverte ". Toute cette agitation médiatique suscite la réserve de deux chercheurs du CNRS, P.-M. Lledo et J.-D. Vincent qui, dans une tribune publiée par Le Monde, pose la question " pour le spectacle 'prion', était-il nécessaire que le contenu d'un article, mettant en pièces une des théories scientifiques les plus originales et les plus heuristiques qu'ait vu naître la biologie moderne, soit offert en pâture au grand public avant que les travaux et observations de la troupe française aient reçu les critiques et vérifications qui s'imposent ? ".

Au niveau de l'Union européenne, il faut noter qu'un communiqué de l'Agence Europe en date du 11 mars 1997 signale que " la Commission européenne fait état de carences, parfois graves et quasi-généralisées, dans l'application des mesures communautaires de prévention et de surveillance de la maladie de la 'vache folle' et d'autres encéphalopathies spongiformes telles que la tremblante ovine ". Le rapport général d'inspection vétérinaire intitulé " facteurs et risques relatifs à l'ESB dans la Communauté " avance par ailleurs des suggestions pour renforcer les contrôles, la prévention et la surveillance épidémiologique et signale notamment la " présence résiduelle de farines à base de viande dans l'alimentation des ruminants (jusqu'à 5%) ".

Dans une interview donnée à Jean-Yves Nau pour le quotidien Le Monde (20 mars 1997), le sociologue Bertrand Hervieu (directeur de recherches au CNRS) estime pour sa part que " cette crise nous dit brutalement la réalité, à savoir que le monde agricole est bel et bien dans la société moderne, qu'il est lui aussi coupé de la nature, même s'il fait profession de gérer le vivant ". Dressant le bilan d'un an de crise J.-Y. Nau écrit par ailleurs (Le Monde, 21/03/1997) que le recul permet de " faire une analyse extrêmement critique de la gestion, britannique d'abord, européenne ensuite, de cette épidémie [...] Faute d'avoir fait jouer en temps utile le principe de précaution, Londres a toujours été en retard d'une étape " et a " fait payer à l'Union européenne le profond désintérêt de cette dernière pour les questions de santé publique, animale et humaine ".

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Les nouvelles de 2001, 1999, de 1998 ; les très anciennes nouvelles  de 1997.


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