Sommaire (dans l'ordre chronologique)
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Liste ESB.
En direct de la Liste ESB, un message de Karin Irgens (Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no) sur la question de l'innocuité du muscle. Ce message exprime un point de vue personnel et n'engage que son auteur.
« La viande et le muscle, c'est la même chose, c'est synonyme. On parle de "viande" pour le muscle que l'on mange. Il n'y a pas de tissu musculaire qui ne contienne pas aussi (en plus des fibres musculaires) des vaisseaux sanguins, des filets nerveux, etc. pas de 'viande' ou 'muscle' qui ne contienne ni nerfs, ni sang, sans compter les tissus adipeux, le tissu conjonctif qui remplit les espaces entre les paquets de fibres musculaires, les aponévroses qui recouvrent le muscle .. Un muscle sans nerfs moteurs ne pourrait pas fonctionner! ... Un muscle sans irrigation sanguine dégénérerait par nécrose, suite au manque d'oxygène et d'éléments nutritifs normalement fournis par le sang (voir infarctus du myocarde, qui est un muscle pas tout à fait comme les autres, mais particulièrement indispensable. L'infarctus, c'est la nécrose consécutive à un blocage de la circulation sanguine. Sans trop de conséquences si les cellules nécrosées (= mortes) ne sont pas indispensables aux fonctions vitales. Beaucoup plus embêtant si le site de la nécrose est important).
Quelques réflexions sur la viande - et sur la crise :
- on peut dire que la 'viande pure' (la tranche de viande) est plus 'sûre'
que le steak haché, parce que vous pouvez au moins contrôler
visuellement qu'il s'agit bien de viande 100%, alors que vous n'êtes
jamais visuellement 100% sûr qu'il n'y a pas eu un petit reste de moelle
épinière incorporé dans un hachis, sauf si vous le
préparez vous-même. Cependant, les risques de mauvais
contrôles SRM dans les abattoirs ou ateliers de découpe devraient
être nettement moindres depuis 1996 au RU et en France que dans les
pays où les éliminations des SRM sont très récentes
(octobre 2000). La France a déjà 4 ans d'expérience
dans ce domaine, pour certains autres pays les mesures de précaution
sont encore trop récentes pour qu'on puisse assurer un respect total
'du jour au lendemain'. Noter cependant qu'en Belgique ou aux Pays Bas, ces
mesures doivent être en place depuis fin 1997-début 1998 au
plus tard, et au Danemark depuis mars 2000. En Suisse, je suppose que ces
mesures ont été prises bien avant 1996 ;
- sans pouvoir en juger concrètement, (n'ayant jamais mis les pieds
dans un abattoir!) je me permets de supposer que ces mesures MRS post-1996
devraient avoir été bien mieux contrôlées en France
(ou autres pays) dès 1996-97 qu'en Grande Bretagne avant 1995-96.
Au RU avant 1996, il y a eu beaucoup de négligences dans les abattoirs,
tout simplement parce que les employés n'étaient pas
réellement conscients d'un risque pour l'espèce humaine. Ce
n'est qu'en mars 1996 que la réalité du risque fut
révélée au monde entier. A tort ou à raison,
je me permets donc de supposer qu'il n'y a pas eu en France depuis 1996 les
mêmes négligences que celles qui ont été
révélées tardivement (en 1995) au RU, après une
période d'environ 7 ans d'interdiction d'abats à risque sans
que la population britannique (et les employés d'abattoirs) croient
réellement qu'il y avait un risque. Il paraît donc relativement
improbable qu'il y ait eu en France un long temps de latence avant le respect
de la réglementation SRM de 1996. Il est toujours plus facile de faire
respecter une mesure de précaution lorsqu'elle apparaît parfaitement
fondée et justifiée ;
- si cela peut rassurer partiellement certains Français, j'ajouterais
que si les contrôles dans les abattoirs britanniques furent souvent
défectueux, les abattoirs 'pour exportation' étaient tout de
même parmi les moins mauvais, notamment pour le contrôle ante-mortem
des animaux, contrôle exigé par l'UE pour autoriser ces abattoirs
à exporter. Il faudrait donc modérer un peu les perceptions
de risques historiques.... Si la France a importé pas mal de carcasses
de vieilles vaches anglaises, ces vielles vaches furent probablement mieux
contrôlées que les bovins servis à la population britannique,
dans les années avant qu'on exige enfin aussi un contrôle
sérieux des abattoirs non exportateurs ;
- on doit pouvoir dire aussi que s'il y a un risque par la viande pure, ce
risque sera statistiquement nettement moindre pour les viandes de bovins
de race à viande que pour les laitières. Je tendrais à
croire qu'il y a pas mal de vaches laitières indemnes d'ESB, on peut
même croire et espérer que c'est le cas pour la grande
majorité de la population laitière française ...et l'immense
majorité des bovins de races à viande (dont le faible nombre
de contaminés semble provenir surtout de troupeaux mixtes lait-viande).
Ce qui compte réellement, ce n'est pas la race, mais le mode
d'élevage et d'alimentation ;
- on peut dire aussi que les risques quantitativement majeurs ont été
pris avant 1996. Le risque 'résiduel' éventuel aujourd'hui
devrait être minime en comparaison (si risque il y a), en raison des
précautions prises à partir de 1996, et renforcées ces
derniers temps, surtout en France, grâce aux avis de l'AFSSA, bien
suivis par le gouvernement français. De ce point de vue, on peut dire
que les français ont la chance d'avoir une AFSSA et un gouvernement
acceptant de suivre les avis donnés par l'AFSSA. Aux dernières
nouvelles, le principe de précaution est étendu en France aux
thymus (ris de veau) et aussi à la graisse mésentérique,
ce qui me paraît une sage décision, puisque les nerfs autonomes
de l'intestin se trouvent englobés dans cette graisse et que les intestins
sont classés tissus à risque. Donc, c'est logique, même
si on n'a pas révélé la présence d'agent ESB
dans ces graisses. En comparaison avec les avis de l'AFSSA, ceux du comité
SEAC britannique ne me paraissent pas toujours logiques :
- il faut bien reconnaître que c'est la France qui a le mieux
appliqué le principe de précaution, en comparaison avec les
autres pays UE à risque de "catégorie 3" (pays déclarés
infectés ou probablement infectés) ;
- la Suisse n'est pas un pays UE, mais a été 'le pays modèle
à suivre' pour ce qui est des tests de dépistage. Pour l'instant,
seule la France a mis déjà en place un dépistage
systématique, suivant le modèle suisse. Les autres pays UE
suivront peut-être plus tard, et n'auront pas forcément tous
des programmes 'volontaires et supplémentaires' aussi sérieux
que ceux de la Suisse ou de la France. La Commission UE n'exige qu'un nombre
relativement faible de tests (8 000 exigés pour la France à
partir de janvier 2001, alors que la France s'est déjà
engagée à tester 48 000 animaux cette année 2000). Il
faut donc saluer les efforts volontaires de la France et, bien sûr,
ceux de la Suisse ;
- il est donc paradoxal de constater qu'un pays qui fait des efforts réels
de dépistage subit maintenant des 'sanctions' économiques "pour
avoir trop bien dépisté", notamment les sanctions de pays qui
refusent d'importer de France, mais dont nous ignorons les situations
réelles de risque ou d'absence de risque ESB ;
- les assurances données aux consommateurs en France ou ailleurs quant
à la diminution du risque depuis 1996 n'aident pas vraiment le
consommateur de novembre 2000, qui veut vraiment savoir s'il y a ou non un
risque résiduel dans la 'pure viande', ou si le risque est vraiment
'zéro'. Il me parait tout à fait normal et légitime
d'exiger un niveau de risque le plus proche possible de zéro, surtout
pour les enfants supposés indemnes des risques éventuels de
la période avant 1996 ;
- on peut se poser des questions sur l'état d'éveil critique
du consommateur français ou européen avant octobre 2000. En
fait, il n'y a pas d'augmentation vertigineuse des cas d'ESB en France, il
y a simplement un programme de tests s'ajoutant aux dépistages cliniques
ordinaires. Il y a eu ces dernières années même pas un
doublement du nombre des cas cliniques en France. C'est une augmentation,
certes, mais elle n'est pas énorme. L'augmentation des cas cliniques
a été peu modifiée en France cette année.
L'augmentation du nombre total de cas (cliniques + tests) est plus importante,
mais résulte en partie du programme de tests. Cette augmentation
était parfaitement prévisible et attendue. On ne trouve que
ce que l'on cherche. La Suisse et la France cherchent et trouvent. Les autres
pays ne cherchent pas et ne trouvent donc pas ;
- on ne pourra vraiment comparer les pays que fin 2001, et encore faudrait-il
que les autres pays acceptent de tester bien plus d'animaux que le programme
minimal et insuffisant imposé par la Commission UE. Si la France avait
attendu l'an 2001 pour tester seulement 8 000 bovins, au lieu d'en tester
48 000 'en avance et en supplément' du programme imposé, il
n'y aurait pas de 'crise'. On peut se poser des questions sur le retrait
des viandes dans les cantines scolaires belges ou suisses. Pourquoi maintenant
? ;
- les Français avertis devaient bien se douter que des viandes
d'exploitations non encore reconnues infectées pourraient être
commercialisées, sans qu'il y ait fraude ou tentative de fraude ou
une quelconque mauvaise intention. Pourquoi cet effet de surprise pour un
événement parfaitement prévisible ? ;
- on comprendrait mieux l'inquiétude générale en cas
de révélation subite de non respect des règles
d'élimination des SRM ;
- pour l'instant je n'ai rien lu de ce genre à propos de la France,
alors qu'au RU on a 'subitement découvert' en 1995 que les abattoirs
ne respectaient pas la réglementation SRM imposée en 1989 ;
- l'histoire de la vache à ESB détectée récemment
à l'abattoir n'a rien de scandaleux, bien au contraire. Cette histoire
montre que l'abattoir a bien fonctionné, que ses inspecteurs font
de bons contrôles ante-mortem... et que la traçabilité
des viandes a fonctionné plutôt très bien ;
- cette même histoire pourrait bien être un scandale judiciaire,
plutôt qu'un scandale de santé publique. Personnellement, j'ai
du mal à supporter l'idée de l'emprisonnement d'une famille
de 'négociants' non experts en ESB, sans qu'on nous assure de la
justification réelle d'une telle privation de liberté. J'attends
(avec impatience) de telles justifications... ou une remise en liberté
de ces accusés jusqu'à preuve de leur hypothétique
culpabilité ;
- on ne peut reprocher au consommateur une méfiance tout à
fait logique et compréhensible vis à vis des incertitudes qui
demeurent. Personnellement, je n'admets pas que l'on qualifie une
inquiétude légitime d'hystérie collective ou autre
qualificatif méprisant, même si je reconnais que la logique
ne règne pas toujour ;
- on assiste à des manifestations de confiance dans la viande
française seulement (pour les Français encore confiants), à
une confiance dans la viande britannique uniquement (pour les britanniques
encore confiants) ... à des méfiances de pays importateurs
contre la viande française seulement, ou 'au mieux' contre les viandes
française et irlandaises ... à un refus espagnol d'importer
des viandes françaises, alors que le secret officiel sur les risques
ESB pris par l'Espagne fut total jusqu'en juillet 2000... et que ce pays
fut classé dans la même catégorie (3) de risque que la
France ... et que l'Espagne a même fait des tentatives pour interdire
la publication sur Internet des résultats du rapport d'analyse de
risque sur l'Espagne du CSD-UE... ;
- à la question de savoir si la tranche de steack bovin représente
ou non un danger, je ne puis donner qu'une réponse dubitative et
ignorante: "Je ne sais pas". A la question sur les doses possibles
(théoriques) dans la 'viande pure', on ne peut que supposer que s'il
y a de l'agent ESB dans les viandes 'pures' une telle dose, si elle était
présente, devrait être de l'ordre de 10 000 à 1 000 000
de fois moindre que dans le système nerveux central d'un bovin à
ESB clinique ou pré-clinique. Nous avons la certitude du 'beaucoup
moins qu'avant' et même considérablement moins, mais il nous
manque toujours la certitude du zéro risque ;
- on nous affirme que le zéro risque n'existe pas, ce qui ne rassure
pas vraiment... et ne décourage pas forcément les tentatives
individuelles de se rapprocher le plus possible du niveau zéro risque,
surtout pour les enfants dont le risque est aujourd'hui le plus faible, et
qu'on voudrait évidemment continuer de maintenir au plus bas ;
- à la même question sur les viandes ovines, je ferai la même
réponse d'ignorance, à une différence près. S'il
y a des moutons contaminés ESB, il parait probable que leurs viandes
seraient plus contaminées que les viandes bovines. J'ignore si la
viande (le muscle) bovin est 100% indemne de prion - j'ignore si des moutons
britanniques ou français sont contaminés ESB, je suppose que
s'il y a des moutons contaminés ESB ce seraient surtout les britanniques
... et je me permets de remarquer une fois de plus que la Commission UE n'a
jamais décidé aucune mesure restrictive vis-à-vis des
exportations de moutons vivants ou viandes ou abats (notamment boyaux à
saucisses) de moutons britanniques ;
- l'incertitude vient surtout du fait que l'on n'a jamais vraiment prouvé
l'absence de prion dans la viande bovine, et donc la certitude de sa totale
innocuité. On ne peut affirmer qu'une seule chose, c'est qu'on n'a
pas pu mettre en évidence du prion ESB dans la viande bovine,
du moins jusqu'à présent... Il est difficile de prouver l'absence
d'un agent infectieux. Il est bien plus difficile de prouver l'absence d'un
agent EST sans diposer de méthodes de détection très
sensibles. Malheureusement, on n'en dispose pas. Combien d'essais ont
été faits ? Combien d'essais sur souris (très peu sensible
pour des tissus peu contaminés) ? Combien d'essais sur bovins ? Pas
tellement, je crois. Combien d'années d'observation sur bovins ayant
reçu des doses expérimentales de tissu musculaire ? Pas tellement
d'années ... On ne peut mesurer chez les animaux inoculés qu'un
seul effet, l'effet létal (= mortel) . On ne peut donc pas mesurer
les doses infectieuses sub-létales. Si on arrête une
expérience sur bovins au bout de 7 ans d'observation sans signes cliniques
d'ESB, quelle conclusion peut-on réellement en tirer ? Un bovin pourrait
vivre 3 fois plus longtemps. Très peu de bovins atteignent ces âges
dans nos élevages. Donc, on peut conclure de ces expérimentations
'négatives' qu'aucun effet pathogène mortel n'a été
observé chez quelques rares bovins pendant un tiers de leur durée
de vie théorique. Le bovin à ESB (non expérimentale)
le plus âgé jamais constaté au RU avait 18 ans, mais
on ignore la date de contamination de cette vache. Fut-elle contaminée
dans sa première année de vie ? Ou plus tard ? ;
- faut-il massacrer les bovins nés avant 1996 en France ? Ceci me
parait excessif, surtout en ce qui concerne les bovins à viande
d'élevages dont l'alimentation a été traditionnellement
'pur végétal'. Même au RU, pays au plus haut risque ESB,
on peut penser que beaucoup d'élevages de races pure viande, notamment
en Ecosse, sont probablement indemnes, et les consommateurs britanniques
ont encore le droit de consommer des viandes de bovins de plus de 30 mois
en provenance de tels élevages 'à garantie spéciale'.
Des abattages systématiques de vieilles laitières pourraient
constituer une mesure efficace, mais coûteuse, dans les départements
à dominante laitière les plus atteints (question
intéressante: dans un tel cas, l'UE devrait contribuer aux dépenses,
puisque l'UE a déjà contribué aux dépenses
énormes des mesures prises au RU) ;
- mais savons nous réellement si le risque en France est supérieur
au risque dans les pays voisins ? En fait, nous ne savons rien du tout, puisque
seule la Suisse peut être à peu près valablement
comparée à la France. Il est normal que le nombre de cas d'ESB
détectés, surtout après de réels efforts de
dépistage, seront supérieurs (à risque égal)
dans un pays à plus forte population bovine... ce qui est le cas en
France... et encore supérieurs dans les départements les plus
à risque. Contrairement à la Suisse très 'homogène',
la France présente des différences régionales importantes
;
- on pourrait même imaginer qu'il existe des pays contaminés
à relativement faibles doses, avec beaucoup d'animaux contaminés
à dose trop faible pour être décelables par Prionics
ou autres tests rapides. On pourrait avoir des résultats négatifs
'sérieux' mais donnant une fausse idée de sécurité
totale ;
- en plus, pour les pays non membres UE, nous ne savons pratiquement rien
des risques qu'ils ont pris (ou pas pris), à l'exception des rares
pays analysés en détail par le CSD- UE. Ces pays non-UE n'auront
aucune obligation de commencer en janvier prochain un programme de tests
;
- faut-il interdire les farines animales pour porcs, volailles, poissons
? Ce serait certainement un objectif à atteindre, tant du point de
vue risques EST que des points de vue de l'éthique et se la protection
animale. Nos animaux devraient avoir le droit de manger des aliments acceptables
pour le goût et l'odeur. Les consommateurs devraient avoir le droit
de ne pas être dégoûtés à l'idée
de ces recyclages plus ou moins cannibalistiques d'infâmes déchets
peu ragoûtants... Mais, compte tenu des problèmes de montagnes
de SRM, cadavres et autres substances à risque, compte tenu des risques
pour l'environnement de nuisances pénibles pour les voisinages de
ces sites et de dangers EST réels ou potentiels, il me semble, au
moins à court terme, préférable de miser le maximum
sur la séparation totale des filières d'alimentation de ruminants
et de monogastriques en attendant de cogiter sur des solutions réalistes,
afin d'éviter de remplacer un problème sérieux par un
autre problème sérieux ;
- on nous signale que des accords OMC ??? interdiraient à l'Europe
de produire plus d'aliments végétaux pour bovins, porc ou
volailles. ??? J'aimerais en savoir plus, j'appelle à l'aide et aux
infos. Jusqu'à présent, je croyais naivement que l'OMC se limitait
aux interdictions d'interdire d'importer ... ce qui est déjà
plus que suffisamment problématique. Je ne savais pas que l'OMC pourrait
interdire de produire des denrées afin d'éviter de les importer
! ;
(L'abonnement à ESB-liste est déjà gratuit... un co-listier
a suggéré récemment d'abonner Chirac. Je suggère
de proposer une invitation à José Bové, pour
bénéficier de ses réflexions et connaissances sur le
système OMC) ;
- enfin, je me demande s'il est vraiment nécessaire de pousser nos
animaux à produire sans cesse plus de lait ou croître de plus
en plus vite... On a réussi en Europe, pas totalement, mais bien mieux
qu'aux USA, à produire des viandes sans hormones, du moins sans hormones
légales. On a survécu ! Ne pourrait-on pas survivre aussi bien
à une production laitière relativement réduite, un prix
plus élevé du lait et des fromages et beurres, avec les
bénéfices potentiels d'un nombre réduit de vaches à
mammites et de distributions d'antibiotiques et donc d'apparition de souches
bactériennes antibiorésistantes ? ;
- de tout ceci, je dois malheureusement conclure que je n'ai qu'un seul espoir
pour vraiment résoudre la crise, un seul espoir d'arrêter l'angoisse
normale et compréhensible dûe à l'incertitude. C'est
l'espoir d'un test valable sur des organes autres que le sytème nerveux
central et impliqués dans les stades précoces de l'incubation.
L'intestin grêle, surtout dans sa portion terminale "iléon",
porte d'entrée la plus probable du prion ESB, serait l'organe de choix.
L'idéal serait qu'on aboutisse à un test permettant de
déduire de la négativité des intestins de x% des animaux
d'un élevage que cet élevage est vraiment non contaminé.
Si l'intestin est négatif, le muscle doit être encore plus
négatif, et sa négativité deviendrait vraiment
crédible pour les élevages ainsi contrôlés.
Dans ce but, il faut absolument que la France et tous les pays à
risque ESB ou à risque 'négligeable' pour l'ESB collaborent
pour offrir aux chercheurs concernés des prélèvements
d'intestins présumés négatifs, intestins d'animaux à
ESB clinique, intestins d'animaux de troupeaux abattus pour ESB. Les aider
au maximum pour avancer dans leurs leurs recherches de mises au point et
de validations de tests. Leur accorder les moyens financiers nécessaires,
car ces recherches demandent beaucoup de temps et du personnel compétent.
Bien sûr, si survenait entre temps une découverte de technique
valable et validée sur le sang bovin, ce serait superbe, tout deviendrait
'facile', on pourrait alors certifier des animaux vivants et oublier les
cerveaux ou intestins. »
De la liste ESB : message de Jean-Christophe Béjannin
(BEJANNIN@rocketmail.com) du 8 novembre 2000
Après les évènements de ces deux derniers jours,
une vue de la situation autour de la restauration scolaire
1) Quelles réactions des responsables ?
- Ceux qui suppriment " le buf " des menus scolaires : La région Alsace, Angoulême, Biarritz, Bordeaux, Bourges, Caen, Carcassonne, Castelnau-le-lez, Cherbourg, Clichy (Hauts-de-Seine), Dunkerque, Etampes, Grenoble, Mont de Marsan, Niort, Nogent sur Marne, Orléans, Poitiers, Pont-Audemer, Rouen, Toulon, Toulouse, Tours et Yerres (source TF1) Cahors, Dax, Decazeville, Castelsarrasin, Lavelanet, Mazamet, Montauban, Moissac, Morlaix, Nantes, Reims, Rodez, Saint-Affrique, Strasbourg, Tarbes (source AFP)
Les caisses des écoles de 11 arrondissements parisiens, organismes présidés par les maires d'arrondissement, avaient dès la semaine dernière décidé de supprimer le boeuf des menus des cantines scolaires. Il s'agit des III, IV, V, VI, VII, XI, XII, XIII, XIV, XVI et XVIIèmes arrondissements. S'y sont rajoutés mardi le XVIIIème, (dont le maire est Daniel Vaillant), les IIème, IXème, Xème et XVème, soit au total 16 arrondissements. La Ville de Paris a recommandé mardi la suspension de la viande de boeuf dans les écoles maternelles et l'offre de menus optionnels dans les écoles élémentaires.
D'autres communes non citées dans les médias ont pris des mesures de ce type, par exemple en région parisienne Antony, les Lilas, Vincennes, le Plessis-Robinson (infos provenant de co-listiers)
- Ceux qui " refusent la psychose " :
A Lyon, " Je crois que nous avons imposé l'un des systèmes les plus rigoureux en France. Ceux qui achetaient de la vache de race laitière ont raison d'arrêter le boeuf.". la ville a mis en pace depuis 1993 un cahier des charges draconien, encore renégocié l'été dernier avec la SODEXHO, qui interdit l'utilisation de viande de race laitière, y compris pour les steaks hachés et les spaghettis bolognaise. Les bâtonnets de poulet pané et les saucisses de Francfort ont également été retirés des menus : "Nous n'arrivions pas à obtenir des produits suffisamment sûrs", explique l'adjointe chargée des affaires scolaires. Le cahier des charges impose également une traçabilité complète des produits achetés. "Pour chaque aliment, indique le docteur Philippe Ritter, directeur du service d'écologie urbaine de Lyon, nous exigeons les fiches techniques de tout ce qui rentre dans la composition. Cela va jusqu'au sel." BRAVO Lyon !!!
Ou plus " cowboys " les élus Brestois qui sont allés manger du steack haché dans les cantines (OK pour le steack haché, mais ils n'ont pas demandé à goûter aux raviolis, non ???)
A Antony, par exemple, après avoir résisté la journée de Lundi (" Avenance nous garantit l'origine de la viande, si on commence à supprimer la viande, après ce sera les OGM, il faut bien que les enfants mangent, etc ") la municipalité a cédé " vue la psychose des parents et seulement pour cette raison ! ".
Certaines villes ont choisi une solution intermédiaire en offrant " à la demande " (des parents par écrit ) un plat de substitution : c'est le cas de Blagnac par exemple
- Ceux qui " réfléchissent " :
Les municipalités d'Agen (Lot-et-Garonne) et de Périgueux (Dordogne) réfléchissaient mardi à la question. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la municipalité de Bayonne devait tenir une réunion avec des "spécialistes" (médecins notamment) et arrêter une décision mercredi. Même chose pour Pau vendredi.
2) De quelle " viande de boeuf " parle-t-on ?
Selon les cas, on interdit les " plats contenant de la viande de buf " (Nantes), les " produits industriels contenant de la viande bovine, tels les raviolis ou cappeletis " (Blagnac), le " steack haché " (pour le maintenir à Brest, ou le supprimer à Morlaix), les " préparations à base de viande de buf reconstituée, notamment les steaks hachés, les boulettes de viande et préparations similaires " à Strasbourg, mais souvent plus globalement on évoque la " viande de buf " Dans le secondaire, ou les décisions de ce type semblent beaucoup moins fréquentes (les Régionales, c'est quand ???), seul le rectorat d'Alsace a demandé que soient retirés de la restauration scolaire les " saucisses et hamburgers ".
3) Quelles raisons sont invoquées ?
"Souci d'apaisement des inquiétudes manifestées par de nombreux
parents d'élèves et usagers" à Nantes, afin de " rassurer
les familles " à Blagnac, en raison " d'interrogations en amont sur
la traçabilité " à Paris, " refus de céder à
la psychose " à Brest, " principe de précaution "
Bref nous autres élus on est tous des adultes bien informés,
on sait qu'il n'y a aucun risque, mais comme les parents sont un peu simplets,
on leur donne raison quelques jours juste le temps qu'ils oublient tout
ça
4) Jusqu'à quand ?
Pour JM. Ayrault, à Nantes, "dans l'attente des réponses qui doivent être apportées" et en attendant une prise de positon du préfet "pour cette semaine", "pour 15 jours", en général il s'agit de mesures " provisoires ",mais on ne reste pas inactif (on s'agite ou plus généralement on attend que l'autorité la plus immédiatement supérieure reprenne le mistigri )
5) Que dit le Gouvernement ?
J. Glavany continue de choisir avec soin les mots et l'ordre dans lequel
il les emploie : " Aux maires "qui nous sollicitent" sur cette question,
"nous répondons que nous ne conseillons pas de prendre ces mesures
qui ne reposent sur aucune réalité scientifique, aucune
évaluation du risque, aucun nouvel élément qui soit
intervenu dans la connaissance de la maladie ces derniers jours", a
déclaré le ministre.
C'est sûr que ça n'est pas pareil que s'il avait dit " nous
conseillons de ne pas prendre
" !!!
Vos beaux yeux Isabelle, d'amour mourir me font (le Ministre Gentilhomme ???)
Je trouve quand même cette déclaration de D. Gillot
particulièrement mal-t-à-propos :
" Augmentation des cas de MCJ pas forcément liés à la
vache folle " (AFP le 07/11)
La secrétaire d'Etat à la Santé Dominique Gillot a déclaré mardi à l'AFP qu'"il faut s'attendre à une augmentation des cas de maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) dans les années à venir", mais que tous ces cas "ne seront pas forcément liés au nouveau variant de la maladie", soupçonnée d'être transmise par des produits bovins.
Résultat des courses, hier soir au CA du collège de mon fils, lorsqu'on a évoqué le sujet " vache folle ", voilà-t-y pas qu'un participant me dit " vous savez, on vient d'apprendre que la MCJ ça n'a peut-être rien à voir avec la vache folle " (mais c'était encore avant l'émission de M6 )
6) Que fait le gouvernement ?
Une réunion interministérielle aura lieu mercredi sur le problème des cantines scolaires et des interdictions de consommation de boeuf. Elle réunira les ministres Jack Lang (Education) et Jean Glavany (Agriculture), et les secrétaires d'Etat Dominique Gillot (Santé) et François Patriat (Commerce et consommation).
7) Que disent les parents ?
Beaucoup sont inquiets, c'est sûr, mais peu l'assument vraiment résultat quand on évoque le sujet en assemblée on a encore des réactions un peu moqueuses, mais à titre individuel de nombreux coups de fil ont été donnés aux mairies depuis lundi de parents demandant des " dérogations " pour leurs enfants
La FCPE, par exemple, a du mal à définir une position qui ne la fasse pas accuser de succomber à l'" hystérie " des parents
Pour ma part, je suis assez confiant quand j'apprends que l'AFSSA va (enfin) être investie d'une demande d'avis sur ce qui arrive dans l'assiette de nos enfants Avec cette démarche scientifique, on va peut-être pouvoir évoquer sereinement les risques réels posés par ces circuits qui sont pour la plupart totalement opaques (J'ai à la disposition de ceux qui le souhaiteraient les extraits du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur la Sécurité Alimentaire qui évoquent la restauration hors domicile, soit une vingtaine de pages au total). Enfin, tout ça concerne les cantines scolaires du premier degré, mon fils a encore eu des boulettes de viande au lycée aujourd'hui j'espère qu'il ne s'agit pas une nouvelle fois d'écouler des stocks !!!
Communiqué de presse (20 octobre 2000)
Farine de viande dans l'alimentation des bovins : les contrôles
et les analyses de la DGCCRF
Certaines informations parues dans un quotidien le 20 octobre 2000, mettent
en cause la direction générale de la Concurrence, de la
Consommation et de la Répression des fraudes : les services de
contrôle toléreraient la présence de traces de farine
de viande dans l'alimentation des bovins.
La présentation faite de l'action de contrôle de l'alimentation
animale menée par l'administration est très loin de refléter
la rigueur et l'exigence des dispositions mises en oeuvre.
La DGCCRF rappelle que, depuis 1990, l'incorporation de farine de viande
est interdite dans les aliments destinés aux bovins.
Les farines animales autorisées pour les non-ruminants subissent un
traitement thermique à 133°C, 3 bars et 20 minutes, et doivent
être issues de produits ne contenant pas les matériaux à
risque prohibés par la réglementation.
Aucune tolérance n'existe s'agissant de l'absence de farine de viande
dans les aliments pour ruminants. En 1997, la DGCCRF a été
la première à mettre au point, grâce aux travaux de son
laboratoire de Rennes, une méthode d'analyse permettant de détecter
et de quantifier la présence éventuelle de farines dans
l'alimentation animale.
Cette méthode permet, par densimétrie puis par coloration,
la mise en évidence des fragments d'os dans les farines.
Comme toute méthode de prélèvement et d'analyse, celle-ci
comporte des marges d'erreur qui ont amené à considérer
que seuls les résultats révélant une présence
supérieure à 0,1 % de fragment d'os (soit 0,3 % de farine de
viande) sont systématiquement transmis à l'autorité
judiciaire. En deçà de ce seuil, il est procédé
à d'autres contrôles approfondis dans l'entreprise, des mesures
correctives sont exigées et leur suivi se traduit, en cas de
défaillance, par une procédure contentieuse.
Ainsi, la DGCCRF a réalisé depuis le début de l'année
482 contrôles qui, compte tenu des résultats, n'ont donné
lieu à aucune transmission au parquet.
Il faut aussi souligner que les dispositions en cours au plan national ont
déterminé un seuil analytique plus exigeant que l'évaluation
scientifique menée à bien au plan communautaire par le comité
scientifique directeur.
Réunion du comité de sécurité sanitaire autour de la politique de lutte contre l'ESB - Paris, le 25 octobre 2000
Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, ministère
de l' Aménagement du territoire et de l'Environnement, secrétariat
d'Etat à la Santé et aux Handicapés, secrétariat
d'Etat aux Petites et Moyennes Entreprises, au Commerce, à l'Artisanat
et à la Consommation.
Le Comité national de sécurité sanitaire institué
par la loi du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la
sécurité sanitaire s'est réuni ce jour sous la
présidence de Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à
la Santé et aux Handicapés, en présence de Dominique
Voynet, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement.
Ce comité à été l'occasion de retracer la politique
de sécurité sanitaire menée par ce Gouvernement et de
discuter de son adaptation à l'évolution des connaissances.
Des publications scientifiques récentes sur la transmission de l'agent
de l'encéphalopathie spongiforme bovine amènent en effet à
reprendre l'analyse du risque de transmission de l'agent du nouveau variant
de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) par le sang, ses dérivés,
par les procédures de soins, mais aussi par l'alimentation.
Afin de compléter les mesures déjà en vigueur depuis
plusieurs années en France, tant en ce qui concerne la lutte contre
l'ESB maladie animale que les mesures de protection des consommateurs, les
ministres chargés de l'agriculture, de la santé et de la
consommation ont saisi l'AFSSA le 2 novembre 1999, afin qu'elle procède
à une réévaluation globale du dispositif français
de prévention de la transmission des ESST.
Cette analyse du dispositif a d'ores et déjà conduit à
l'adoption de plusieurs mesures qui renforcent encore la sécurité
des aliments (interdiction du jonchage, réévaluation de la
liste des matériels à risques spécifiés) et de
faire progresser les connaissances sur la maladie (programme de recherche
national mettant en oeuvre les tests immunologiques rapides, évaluation
du statut pathologique des troupeaux atteints).
Des mesures complémentaires de retrait ont été
décidées et vont être prochainement publiées.
Elles concernent l'interdiction des intestins de bovins, pour prendre en
compte les avis récents de l'AFSSA et des dispositions relatives à
l'interdiction d'incorporation des graisses provenant d'os de ruminants ou
résultant de processus de transformation de produits de ruminants
non destinés à la consommation humaine. D'autre part, les
conditions de mise en oeuvre du retrait des colonnes vertébrales de
bovins sont actuellement à l'étude.
En ce qui concerne les farines de viande et d'os, déjà interdite
pour l'alimentation des ruminants, les ministres chargés de l'agriculture,
de la santé et de la consommation ont demandé la saisine de
l'AFSSA pour qu'elle procède à l'étude des risques
sanitaires liés à l'incorporation de ces farines dans les aliments
destinés notamment aux porcs et aux volailles.
Parallèlement, le gouvernement va étudier toutes les solutions
alternatives à leur utilisation en alimentation animale.
Enfin, conformément aux engagements pris, un protocole en cours de
finalisation à l'AFSSA conduira à la réalisation de
prélèvements de manière aléatoire sur des bovins
présentés à l'abattoir pour la consommation humaine.
Sur les produits sanguins et les activités de soins, les agences de
sécurité sanitaire et le comité interministériel
sur les ESST présidé par Dominique Dormont ont été
chargés de cette réévaluation. En particulier, l'Agence
française de sécurité sanitaire des produits de santé
(AFSSAPS) organisera à la mi-novembre une conférence
pluridisciplinaire d'experts afin de réévaluer les mesures
prises pour parer à l'hypothèse d'une transmission du nvMCJ
par les produits sanguins. Ce groupe analysera les données scientifiques
disponibles et entendra les associations de patients, de donneurs de sang
ainsi que les prescripteurs de produits sanguins. Un avis sera rendu avant
la fin de mois de novembre aux autorités sanitaires et sera rendu
public.
En ce qui concerne le risque de transmission des ESST par les dispositifs
médicaux, notamment lors d'interventions chirurgicales, la direction
générale de la santé et la direction de l'hospitalisation
et de l'offre de soins ont élaboré un projet de circulaire
actualisant les mesures de prévention de la transmission des ESST
en milieu de soins. Cette circulaire sera diffusée aux professionnels
concernés dès que ses principes en auront été
validés par les experts scientifiques. L'AFSSAPS engage un programme
d'action concernant les dispositifs médicaux visant à l'extension
de l'usage unique, au contrôle des dispositifs médicaux
réutilisables, des lave-endoscopes et des produits désinfectants
et au bilan des procédés de stérilisation en pratique
ambulatoire. Enfin, un système d'assurance de la qualité sera
prochainement mis en place dans les établissements de santé
pour la stérilisation des dispositifs médicaux : un effort
financier important sera consenti dans le cadre de l'objectif national de
dépenses d'assurance-maladie pour 2001.
La fraude a la viande : le communiqué de la FNSEA
ESB : les fraudeurs doivent être durement sanctionnés
Concernant la vente par le négociant en bestiaux de Beuzeville, d'un
animal atteint d'ESB, la FNSEA demande à la justice de prononcer des
sanctions exemplaires, si la fraude était avérée. Les
fraudeurs, quels qu'ils soient, doivent être punis avec la plus grande
sévérité, car on ne joue pas impunément, ni avec
la santé des consommateurs, ni avec l'image de l'élevage
français.
Les éleveurs sont en effet exaspérés devant des
dérives qui portent atteinte à toute la filière, alors
même que jamais autant d'efforts n'ont été consentis
pour assurer la sécurité alimentaire des consommateurs. Ils
ont aussi un sentiment de ras le bol devant les informations contradictoires
qu'ils reçoivent de la part des pouvoirs publics et de l'administration,
s'agissant des farines animales. Sur ce sujet, la FNSEA demande donc aux
pouvoirs publics et à son administration, d'assurer l'application
de règles claires, transparentes et connues de l'ensemble des producteurs
et des consommateurs.
Pour la FNSEA, la santé des consommateurs doit passer avant toute
autre considération. C'est pourquoi la FNSEA demande
d'accélérer l'effort de recherche pour parvenir à des
tests sur les animaux vivants, mesure qui assurera une sécurité
maximale au consommateur. En attendant, s'il le faut, des tests sur tous
les animaux présents dans les abattoirs devraient être
appliqués. A l'heure actuelle, l'abattage systématique reste
indispensable compte tenu des connaissances actuelles, car c'est la
première mesure de précaution pour les consommateurs. Par ailleurs,
il est clair que la traçabilité, que nous avons toujours
défendue, a montré toute son utilité en permettant de
circonscrire les risques dans la chaîne alimentaire.
La FNSEA n'accepterait pas que l'inconscience de certains porte atteinte
à l'ensemble des éleveurs, qui exercent leur métier
de manière responsable, dans le souci de la santé des
consommateurs. Devant ce nouveau coup porté à la profession,
la FNSEA demande au ministre de l'agriculture, et au Gouvernement d'être
au côté des éleveurs qui méritent la confiance
des consommateurs et doivent pouvoir exercer leur métier dans la
sérénité.
Luc Guyau a déclaré : "Face à cette crise, je demande
de ne pas diaboliser l'information et j'en appelle à la
responsabilité de chacun : pouvoirs publics, producteurs, distributeurs,
consommateurs, médias, afin de retrouver toute la
sérénité dans une situation difficile pour tous."
Sur Internet : www.fnsea.fr
Le SNIA rappelle les mesures de précaution (18 octobre 2000)
Depuis la crise anglaise de l'ESB, les fabricants d'aliments pour animaux
ont en permanence adapté leurs actions, afin d'appliquer au maximum
le principe de précaution.
C'est ainsi que le SNIA n'a pas attendu l'arrêté d'interdiction
d'utilisation des farines de viande dans l'aliment pour bovins (24 juillet
1990). En effet, dès octobre 1989, le Syndicat demandait, par circulaire
adressée à ses adhérents, d 'appliquer immédiatement
la mesure de suppression des farines de viande dans les aliments pour bovins.
Le prion n'était pourtant pas un nouveau venu. En effet, l'un des
premiers cas a été décrit vers 1848, mais nous ne
connaissons ni les causes de son apparition, ni celles de cet état
sporadique durant plus d'un siècle.
Le caractère désormais endémique de cette maladie a
conduit les experts, depuis une dizaine d'années, à formuler
différentes hypothèses (cause alimentaire, transmission maternelle,
cas sporadiques et autres voies non explorées).
Pour leur part, depuis 1989, les fabricants d'aliments ont constamment
adapté leurs mesures de précaution en fonction des nouvelles
données des experts.
Il y a plusieurs façons de répondre à l'obligation
réglementaire vis-à-vis de l'absence des farines de viande
dans les aliments pour ruminants :
- application du Guide de bonnes pratiques de maîtrise des
contaminations
croisées par toutes les entreprises : tant dans la fabrication que
pour le transport ;
- certaines entreprises ont spécialisé des chaînes de
fabrication : d'un côté les aliments pour ruminants, de l'autre
les aliments destinés aux autres animaux ;
- d'autres ont spécialisé des usines complètes de
fabrication ;
- d'autres ont totalement supprimé les farines de viande dans les
usines.
Malgré tous les efforts déployés, un mélange,
aussi infime soit-il, est toujours possible : en cours de fabrication, pendant
le transport ou lors de l'utilisation chez les éleveurs.
C'est ainsi qu'une analyse fine pourrait révéler des traces
de fragments d'os à des niveaux d'une partie pour mille, ou moins
encore. C'est ce qui a amené la DGCCRF à appliquer une grille
d'interprétation des résultats de contrôles (des traces
inférieures à un pour mille, en ce qui concerne les fragments
d'os, sont admises par cette administration).
Il faut également noter que ces traces éventuelles proviennent
d'éléments triés et prélevés sur des viandes
reconnues consommables par l'homme. Ils ont de plus subi le traitement de
sécurité : chauffage à 133° C, sous une pression
à 3 bars, pendant au moins 20 minutes.
Si d'une manière ou d'une autre aucune trace n'était plus admise,
les fabricants d'aliments, qui ont constamment adapté leurs mesures
de précaution et qui continueront à le faire, n'auront alors
plus de solution industrielle à proposer pour la valorisation des
co-produits animaux en alimentation animale.
[R]
Un message de Karin Irgens
(Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no)
: une analyse personnelle de la réglementation des gélatines
qui n'engage qu'elle-même et non son institution
Voici le
lien
direct pour la dernière réglementation UE sur la gélatine
:
"99/724/CE: Décision de la Commission, du 28 octobre 1999, modifiant
l'annexe II de la directive 92/118/CEE du Conseil définissant les
conditions de police sanitaire ainsi que les conditions sanitaires
régissant les échanges et les importations dans la Communauté
de produits non soumis, en ce qui concerne lesdites conditions, aux
réglementations communautaires spécifiques visées à
l'annexe A, chapitre 1er , de la directive 89/662/CEE et, en ce
qui concerne les pathogènes, de la directive 90/425/CEE"
Rien que le titre est assez rébarbatif, et le texte ne vaut guère
mieux. J'avais espéré y trouver une interdiction de l'usage
des colonnes vertébrales ainsi que l'obligation de traiter par la
soude (car les traitements acides ont peu d'effet sur les agents EST). J'ai
été déçue... Voici quelques extraits :
"...considérant que ... la mise en oeuvre finale ne peut avoir lieu
qu'une fois établie la classification des pays et des régions...
et en attendant l'évaluation scientifique précitée ainsi
que les décisions qui en découleront, l'entrée en vigueur
des règles de fabrication de la gélatine issue d'os de ruminants
doit être suspendue jusqu'à ce que la législation
communautaire relative à la classification des pays ou régions
en matière de statut ESB soit applicable; que la Commission engagera
sans retard la procédure destinée à l'entrée
en vigueur des règles de fabrication de la gélatine issue d'os
de ruminants après l'adoption de la législation communautaire
relative à la classification des pays ou régions en matière
de statut ESB... "
(commentaire : mais il n'exite pas encore une telle 'législation')
"... considérant ...que, si la gélatine et le collagène
sont préparés exclusivement à partir de peaux d'animaux
sains, l'administration vétérinaire puisse en autoriser
l'importation et le transit sans restriction sur son territoire, quel que
soit le statut des pays exportateurs; ...que l'abattage des bovins dans un
abattoir dans de bonnes conditions d'hygiène et sous surveillance
évite la contamination des peaux par des matières présentant
des risques au regard des encéphalopathies spongiformes transmissibles...
"
(commentaire: l'opinion du CSD-UE sur la gélatine signale en
particulier la contamination possible de la peau par le tissu
cérébral qui s'écoule du trou formé par le pistolet
d'abattage ... d'autre part, le terme 'animaux sains' ne signifie pas 'indemne
d'ESB', mais seulement animaux sans signes cliniques à l'examen
ante-mortem)
"...La présente décision est applicable à compter du
1er juin 2000. Elle ne s'applique pas à la gélatine
destinée à la consommation humaine qui a été
produite avant cette date."
"... Le présent chapitre fixe les conditions sanitaires applicables
à la mise sur le marché et aux importations de gélatine
destinée à la consommation humaine, mais à l'exclusion
de la gélatine destinée à des usages pharmaceutiques,
cosmétiques ou autres usages techniques ainsi qu'à des dispositifs
médicaux."
"... 1. Les matières premières suivantes peuvent entrer dans
la fabrication de gélatine destinée à la consommation
humaine :
- os,
- peaux d'animaux ruminants d'élevage,
- peaux de porcs,
- peaux de volailles,
- tendons,
- peaux de gibier sauvage,
- peaux et arêtes de poisson.
2. L'utilisation d'os obtenus de ruminants nés, élevés
ou abattus dans des pays ou régions de la catégorie 4 est
interdite."
(commentaire: os : aucune interdiction des colonnes vertébrales.
Cependant le CSD considère les colonnes vertébrales comme un
matériel à risque à éviter dans la production
de gélatine. Voir à ce sujet l'analyse de risque du CSD du
13-14 avril 2000)
Quantitative
risk assessment on the use of the vertebral column for the production of
gelatine and tallow
Autres opinions CSD sur la gélatine:
http://europa.eu.int/comm/food/fs/sc/ssc/out37_en.html
et
http://europa.eu.int/comm/food/fs/sc/ssc/out09_en.html
Suite des extraits de la décision 1999/724 :
"...La gélatine doit être fabriquée selon un
procédé qui garantisse :
- que tous les os de ruminants qui proviennent d'animaux nés,
élevés et abattus dans des pays ou régions de la
catégorie 3 soient soumis soit à un procédé
garantissant que tous les os soient finement broyés,
dégraissés à l'eau chaude et traités à
l'acide chlorhydrique dilué (à une concentration minimale de
4 % et un pH 12,5) pendant une période d'au moins vingt jours, avec
stérilisation à 138-140 °C pendant quatre secondes, soit
à un procédé équivalent agréé par
la Commission, après consultation du comité scientifique
compétent,
(commentaire: le CSD a indiqué la soude comme beaucoup plus efficace...
noter que le traitement thermique est de 4 secondes seulement.)
Les fabricants de gélatine européens ont commenté la
décision dans leur rapport annuel
1999 (en anglais).
On précise que les têtes ne sont pas utilisées, et on
rappelle que les moelles épinières sont 'éliminées'.
Le rapport commente une étude en cours sur la capacité d'inactivation ESB des procédures de fabrication de la gélatine. Ces recherches sont effectuées aux USA, au RU et aux Pays-Bas et on attend les premiers résultats entre novembre 2000 et janvier 2001. Coût total 1,5 millions de dollars...
Un autre texte GME traite de la
sécurité des gélatines. Ce texte rappelle que la
gélatine est utilisée entre autres pour le traitement des blessures
cutanées et, en solution, comme substitut du plasma sanguin. Je suppose
que les matières premières pour ces gélatines
médicales proviennent de pays de catégorie 1...
Ce texte nous apprend qu'on n'a jamais trouvé d'agent ESB dans la
peau bovine ... et que les os utilisés sont 'généralement
exempts de moelle epinière'.
Ici on précise que les crânes de ruminants sont exclus, alors
que le texte précédent parlait d'exclusion de têtes.
Donc la peau des têtes bovines pourrait bien être utlilisée
?
Je comprends difficilement que l'on ait interdit l'usage de colonnes
vertébrales dans la production de viandes séparées
mécaniquement (décision 2000/418) et que l'on n'ait pas interdit
ces colonnes vertébrales pour la gélatine. Si on avait la certitude
d'éliminer à l'abattoir la totalité des tissus nerveux
en relation avec les colonnes vertébrales, il n'y aurait pas besoin
d'interdire les viandes séparées mécaniquement.
Pour finir, je rappelle la déclaration de la GME déjà
donnée dans mon courrier du 12 octobre 2000 :
Gelatin Manufacturers
of Europe (GME)...
Traduction : "Le GME a pour but ... de contrecarrer toute action négative
contre la gélatine par les législateurs, les scientifiques
et le public.... et de tenir la gélatine hors des discussions sur
l'ESB dans les média."
Ils ont parfaitement réussi, pour ce qui est des actions 'négatives'
(pour le GME) des législateurs UE...
Le numéro du 28 septembre 2000 de l'hebdomadaire L'information
agricole du Rhône consacre trois « papiers » au dernier
cas d'ESB dans le département (commune de Montrottier). J'en communique
les extraits suivants :
Extrait du communiqué des organisations agricoles professionnelles
du Rhône (Chambre, FDSEA, CDJA, GDS) :
« Il faut noter l'attitude de l'éleveur et de son épouse,
Gérard et Yvette Prothière, ainsi que du vétérinaire,
qui ont agit avec responsabilité, conscients de la légitime
inquiétude des consommateurs qui est aussi la leur. Il s'agit d'un
éleveur passionné aimant son métier et ses animaux,
profondément choqué par cette situation et qui dans un moment
particulièrement difficile a fait preuve d'une grande coopération.
Il faut souligner également la mobilisation et l'appui apporté
spontanément à cette famille d'agriculteurs par les éleveurs
voisins et l'équipe d'entraide. »
Extrait du communiqué de la FDSEA :
« Rappelons que la FDSEA a porté plainte le 29 mars contre X
auprès du procureur de la République. Une démarche identique
a été engagée par le syndicat des exploitants agricoles
d'Ouroux, Avenas, St-Mamert pour le premier cas d'encéphalite spongiforme
bovine sur notre département. Coïncidence des faits : au moment
où le troupeau de Montrottier quittait l'exploitation en vue d'être
incinéré, le président de la FDSEA était
auditionné par la gendarmerie pour la suite de la plainte
déposée fin mars par la FDSEA. »
Extraits du communiqué de M. Hervé Lacroix, au nom du syndicat
agricole de St-Julien :
« Sur la commune de Montrottier et de Saint Julien sur Bibost
(l'exploitation est à cheval sur ces deux communes) c'est la stupeur
et l'émotion. Aussitôt les rangs se sont serrés pour
affronter l'épreuve. Les voisins, les responsables locaux, la famille,
tous unis pour témoigner leur amitié et un soutien sans faille
à cet éleveur [...] Beaucoup d'éleveurs, ici comme ailleurs
s'interrogent sur l'obligation de l'abattage total. L'éleveur n'avait
il pas acheté deux génisses à Lacroix Laval (NB:
manifestation agricole départementale annuelle qui se déroule
fin août ou début septembre) qui furent en contact avec le troupeau
seulement pendant quelques heures ? "C'est difficile déjà de
voir une de ses bêtes atteinte d'ESB, mais voir tout son troupeau
éliminé, c'est insupportable. Nous comprenons qu'il faille
rechercher la sécurité sanitaire et alimentaire avant toute
chose mais pas à n'importe quel prix !" Les responsables agricoles
de St Julien sur Bibost tiennent à exprimer leur entière
solidarité avec cet éleveur. » Et plus loin : « Pour
des questions de sécurité et de respect de la volonté
de l'éleveur, une grande discrétion a été
observée par l'entourage, jusqu'au départ du cheptel vendredi
dernier. »
Un message de Vincent Beringue (v.beringue@ic.ac.uk), en direct de Grande-Bretagne (sans les accents dans le texte - NDLR : lesquels ont été généreusement fournis par le Courrier de l'environnement), à propos de l'article de l'équipe de John Collinge dans les PNAS (Proc. Natl. Acad. Sci. USA, vol. 97, issue 18, 10248-10253, 29 août 2000).
Quelques précisions à propos de l'article de l'équipe
de John Collinge qui sort dans PNAS.
Ce sont des études qui concernent le franchissement de la
barrière d'espèce dans les maladies a prion. Dans les
modèles expérimentaux de tremblante, des souches sont
adaptées a la souris et d'autres au hamster. En particulier, la souche
263K (ou Sc237 aux USA) n'induit pas la maladie, c'est-à-dire l'apparition
de signes cliniques suivie de la mort de l'animal, lorsqu'elle est inoculée
à la souris.
L'équipe de Collinge a étudié plus en détail
la transmission. Elle a montre que certains animaux, aymptomatiques accumulaient
en fait de la protéine du prion anormale (PrPsc). Lorsque le cerveau
des ces souris asymptomatiques est ensuite homogénéisé
puis inoculé a des souris et à des hamsters, les deux peuvent
developper une tremblante et induire la mort de l'animal.
Cet article est un développement de ce que l'équipe de Bruce
Chesebro avait publié il y a maintenant 2 ans dans Nature avec
des souris n'exprimant pas le gène de la protéine du prion.
Il va nettement plus loin car il montre que, lors de la transmission primaire
de la souche de hamster à la souris, il n'y a pas seulement une
persistance de la souche mais bien une propagation puisqu'il y a accumulation
de PrPsc. De plus, il y a aussi très probablement une modification
de cette souche, puisqu'au second passage elle est capable de tuer la souris,
chose que la souche primaire de hamster ne pouvait pas faire.
Si on extrapole cette étude experimentale à l'épidémie
d'ESB, il se pourrait donc que des animaux qui ont été nourris
avec des farines contaminées accumulent de la protéine anormale
et que l'ingestion de ces animaux par d'autres espèces, dont l'homme,
puisse induire la maladie. Jusqu'à present, le poulet et le porc semblent
résister à la maladie (pour le porc, après essai de
contamination par voie orale uniquement). Ces animaux pourraient donc constituer
des "porteurs sains" et représenter un serieux danger pour la consommation
humaine si tant est que la souche d'ESB puisse se propager dans un "porteur
sain" comme a pu le faire celle de hamster chez la souris.
Un papier du
Guardian
sur cet article
Un éleveur victime de l'ESB, message de Jean-Paul Vieille (jean-paul.vieille@wanadoo.fr) du 29 août 2000 intitulé
Je fais volontiers suite à la suggestion d'Y. Lepape et je viens vous
dire, en gros, comment ça se passe chez mon fils Paul, dont une vache,
découverte atteinte de l'ESB, fin juin, a entraîné l'abattage
de la totalité du troupeau.
La nouvelle que la bête était contaminée a été
un coup de massue. Paul est assez soucieux, tout comme son épouse
médecin, de fabriquer de la nourriture saine pour avoir entrepris
depuis un an et demi son passage en "bio". Il est depuis huit ans membre,
et cofondateur, du groupement vendéen "Agriculture durable" dont
l'objectif est de nourrir les vaches le plus possible a partir des
pâturages et de rechercher les espèces d'herbe les mieux
adaptées au milieu. Il donnait à ses bêtes principalement
de la nourriture produite sur son exploitation. Il achetait à
l'extérieur des aliments concentrés du type luzerne
déshydratée, pulpe de betterave, tourteau de soja. Il n'achetait
jamais d'aliments composés granulés. Les vaches n'étaient
pas suralimentées et donnaient en moyenne 6 500 l de lait par an.
Jusqu'en 1999 Paul confiait ses génisses de deux semaines à
un beau-frère qui les nourrissait jusqu'à l'âge de deux
ans. Il ne disposait pas en effet, a cette époque, de surfaces suffisantes
(32 vaches pour 33 ha). La vache malade a mangé pendant cette
période, c'est à dire de 1994 à 1996, des granulés
et du lait en poudre contenant des graisses animales (suif et saindoux)
achetés à une grosse coopérative du Maine-et -oire
(rappelons que l'interdiction des farines animales date de 1990). Il n'y
avait ni volaille ni porc chez Paul, ni chez son beau-frère. S'il
y avait contamination croisée, elle n'était donc pas du fait
de l'éleveur, mais de son fournisseur.
Lorsqu'il a été avéré que la vache "Jugeote"
était atteinte de l'ESB, Paul a décidé de déclencher,
malgré les pressions exercées sur lui par l'administration
(la Préfecture) derrière la DSV, une opération transparence
de son côté, et de l'autre une recherche des responsabilités,
même au prix éventuel d'une action en justice contre X. Exploitant
en Vendée, il a alerté la presse régionale (voir Ouest
France du 29 06). Paul Payan a fait un très bon article dans
France Soir du 30 juin. Je ne cite pas les autres journaux, je ne
les connais d'ailleurs pas tous.
La Brigade d'enquêtes vétérinaires a passé une
journée entière chez Paul, armée de deux photocopieuses,
prenante copie de toutes les factures d'achats d'aliments, y compris le lait
en poudre, des frais de vétérinaire, et notant tous les mouvements
d'animaux. En fin de journée sa conclusion a été qu'on
voyait mal ce qui s'était passé chez Paul.
Depuis cinq ans un producteur de l'agence "Point du Jour" cherchait à
réaliser un reportage sur l'ESB et l'avait propose aux Chaînes.
Récemment Antenne 2 a accepte la proposition et l'équipe de
Point du Jour a l'origine du projet s'est mise en chasse d'un éleveur
- ayant une vache atteinte de l'ESB, - disposé à en parler,
- ayant quelque chose à dire.
Laure Siaud a trouvé cet éleveur. C'est pour cela qu'une
sympathique équipe de quatre professionnels a débarqué
à Mouchamps le 27 juin, a passe une semaine sur place, logeant chez
l'habitant, assistant aux discussions entre exploitants chez Paul, et bien
entendu au départ du troupeau vers l'abattoir le 3 juillet. Quelques
dizaines d'agriculteurs étaient également présents,
dans le calme comme promis par Paul à la DSV . L'opération
n'était donc pas "confidentielle" comme l'écrivait Le Monde
du 8 Août.
Le 23 août à 8 heures tout le village attendait le premier camion
de montbéliardes. Les habitants avaient accroché sur la stabu
des pancartes de bienvenue "Point du Jour" était là et la date
de la fête annuelle du village avait été déplacée
pour coïncider avec celle de la renaissance du troupeau. (Pour en terminer
avec les médias, je crois savoir que le reportage doit être
diffusé par Antenne 2 avant la fin de l'année, un dimanche
soir.)
Paul a reçu de nombreux témoignages d'encouragement, y compris
par des missives anonymes. Il a trouvé une attitude compréhensive
et souvent sympathique à la Direction des services
vétérinaires.
L'indemnisation a été correcte. Paul a reçu 638 000
F au total pour 50 bêtes de tous âges, soit 13 000 F par animal,
qui couvrent: l'achat d'animaux de qualité prêts à produire
du lait, l'achat de jeunes animaux ,les frais d'analyse vétérinaire
d'achat, les surcoûts liés au rachat d'animaux d'origines diverses
dont le microbisme est différent, la perte économique liée
au lait non produit pendant les deux mois supposés nécessaires
pour repartir avec un nouveau troupeau, le manque à gagner lié
au retard pris dans la reconversion à la biologie, donc à la
valorisation supplémentaire du lait.
Outre les bêtes du troupeau de Paul, tout le troupeau du beau-frère
a été abattu, ainsi que 33 vaches et génisses vendues
en Vendée. Au total 130 bêtes pour lesquelles le contribuable
aura payé environ 1,3 à 1,5 MF auxquels il faut ajouter les
frais de transport des animaux et d'abattage très particulier.
L'attitude des pouvoirs publics est pour lui difficile à comprendre,
pour ne pas dire choquante dans certains cas :
- parmi les bêtes abattues on savait identifier celles qui étaient
nées chez Paul, qui n'avaient jamais mangé de farine et dont
le seul tort était d'avoir fréquenté Jugeote. C'est
donc que l'on accrédite la thèse de la contagion de bête
à bête ? ;
- on ne comprend vraiment pas pourquoi des recherches ne sont pas faites
chez les bêtes qui ont consommé, dans d'autres troupeaux, les
farines livrées à la même époque par les mêmes
fournisseurs ;
- les règlements semblent varier d'un département à
l'autre. Ainsi à ma conaissance, Paul a demandé que les bêtes
abattues subissent le test ESB. Demande d'abord rejetée, puis
acceptée, mais sans qu'il puisse avoir connaissance des résultats
(jusqu'à ce jour). Alors que (selon Ouest France du ?) les
bêtes de Jean-Benoît Rault ont été soumises au
test et les résultats (négatifs) lui ont été
communiqués. Paul a continué à livrer son lait jusqu'au
départ du troupeau, alors que Jean-Benoît Rault se l'est vu
refuser... ;
- pourquoi ne pas effectuer un test sur toutes les bêtes destinées
à la boucherie, avant de les envoyer dans le circuit de consommation
? ;
- à sa demande de conseils sur des mesures éventuelles de
désinfection à prendre avant l'arrivée du nouveau troupeau
il lui a été simplement répondu que sa question était
intéressante...Il a, de lui-même, désinfecté sa
stabu à l'eau de Javel diluée, mais n'a rien fait, bien sur,
sur ses prairies. Comme le disent Daniel Gloaguen (Valeurs mutualistes
juillet 2000) et Mme Brugère-Picoux la contagion par les
bouses n'est pas à exclure.
Paul n'a pas le temps de s'ennuyer, avec les différents médias
qu'il a accepté, en général, de recevoir, avec la recherche
dans le Jura d'un nouveau troupeau de montbéliardes et les travaux
lancés avant les "évènements" pour sa conversion au
bio et qui progressent.
Il ne pourra pas avant longtemps, je le crains, éprouver le même
sentiment de sécurité avec ses nouvelles bêtes qu'avec
celles qui ont été sacrifiées (les animaux achetés
sont-ils sûrement exempts d'ESB ?). Paul redémarrerait certainement
avec davantage d'enthousiasme s'il avait l'impression qu'en haut lieu on
pratique la transparence et si on ne s'y laissait pas intimider ou influencer
par qui que ce soit.
Le 22 août 2000, les commentaires tout à fait personnels de Karin Irgens à propos du décret du 14 août 2000, actualisant la liste des matériaux à risque spécifié.
"Art. 1er. - A l'article 31 de l'arrêté du 17 mars 1992
susvisé, le point p est remplacé par les dispositions suivantes
:
" p) i) Les abats spécifiés suivants :
" - le crâne, y compris la cervelle et les yeux, les amygdales et la
moelle épinière des bovins âgés de plus de douze
mois"
commentaire :
Ces mêmes organes de bovins > 12 mois sont classés SRM pour
les pays de catégorie II et III par décision UE 2000/418.
" - l'iléon et la rate des bovins quel que soit leur âge ;"
commentaire :
Le texte 2000/418 ne prévoit de retirer comme SRM que l'iléon
des bovins de plus de 12 mois dans les pays de catégorie de risque
II et III. Ce n'est qu'au RU et au Portugal que la décision 2000/418
classe comme SRM l'intestin entier de bovins de plus de 6 mois. Donc, la
décision française est à mon avis meilleure dans le
sens de la précaution. La décision 2000/418 ne classe pas la
rate des bovins comme SRM (quel que soit l'âge) alors que la rate des
petits ruminants est SRM à tout âge... Donc aussi pour la rate
bovine, on aura suivi les recommandations de précaution de l'AFSSA.
" - le crâne, y compris la cervelle et les yeux, les amygdales et la
moelle épinière des ovins et caprins âgés de plus
de douze mois ou qui présentent une incisive permanente ayant percé
la gencive ;
" - la rate des ovins et caprins quel que soit leur âge.
commentaire : ici, pas de différence avec la décision
UE.
" ii) Les tissus suivants provenant d'animaux ayant pu être
exposés à un risque spécifique de contamination par
un agent d'une encéphalopathie spongiforme subaiguë transmissible
(ESST) :
" - le thymus des bovins d'origine française nés avant le 1er
mai 1999 ainsi que des bovins d'importation introduits en France avant cette
date ;
commentaire :
Ici aussi, la liste SRM française est plus sévère que
celle de l'UE qui ne considère comme SRM que les thymus et rates de
bovins de plus de 6 mois au RU et au Portugal, mais pas dans les autres pays.
" - les intestins des bovins nés avant le 31 juillet 1991, des bovins
d'importation introduits en France avant cette date, ainsi que des bovins
originaires de Suisse nés avant le 1er décembre 1991 ;
Je reproduis ici les commentaires de l'AFSSA :
"(l'AFSSA) ...appelle l'attention sur la nécessité, pour tenir
compte de l'hypothèse non démontrée à ce jour,
où les segments de l'intestin autres que l'iléon dans lesquels
des formations lymphoïdes sont présentes, présenteraient
une infectiosité, et comme cela a été indiqué
dans les avis précédents de l'AFSSA, d'adapter les mesures
actuellement applicables à ces matériaux, en particulier au
regard de la date du 31 juillet 1991." (avis de l'AFSSA du 11 août)
commentaire personnel :
Donc, si j'ai bien compris, l'AFSSA aurait préféré pour
les intestinsentiers la date du 1.5.1999 plutôt que celle du 31.7.1991.
Très peu de bovins (de plus de 9 ans) seront concernés par
cette mesure...
" - le crâne, y compris la cervelle et les yeux, des ovins et caprins
nés ou élevés au Royaume-Uni, quel que soit leur âge
;"
commentaire :
La décision UE 2000/418 ne fait pas de différence entre pays
II ou III et pays de catégorie de risque IV (Portugal et RU) pour
les petits ruminants. Donc ici la France classe comme SRM des tissus qui
même au RU ne sont classés SRM que pour les petits ruminants
âgés de > 12 mois. Ce qui risque de poser des problèmes,
mais puisqu'il y a déjà l'embargo sur la viande bovine britannique,
cela ne change peut-être pas grand-chose...
" - la tête entière, la moelle épinière ainsi
que les viscères thoraciques et abdominaux des ovins et caprins abattus
dans le cadre des dispositions de l'arrêté du 28 mars 1997 fixant
les mesures de police sanitaire relatives à la tremblante ovine et
caprine. "
commentaire :
Je me demande ce qu'ils font dans d'autres pays, en cas d'abattage pour cause
de tremblante. Apparemment, ce n'est pas prévu par la réglementation
UE. Au RU, la Food standards agency a maintenant publié sur son site
pour consultation
le texte
réglementaire SRM proposé aux britanniques ainsi qu'une
lettre
accompagnant le projet. Dans cette lettre, il est précisé que
la décision (2000/418) ne permet pas aux états membres d'avoir
des règles SRM plus strictes que celles données dans la
décision 2000/418... (???). Le RU ne pourra donc plus retirer comme
SRM le thymus et l'intestin entier des bovins de moins de 6 mois, ni les
têtes d'ovins et caprins de moins de 12 mois.... Ils donnent aussi
dans cette lettre le point de vue du comité SEAC britannique :
" In relation to cattle, members noted that the Commission proposal would
result in the removal of intestine and thymus from cattle over 6 months old
rather than from all cattle as is currently the case in the UK. SEAC were
content with the proposal in relation to cattle thymus but felt that the
change in relation to cattle intestine might represent an increased risk,
although this was likely to be extremely small. With sheep, members agreed
that it would be preferable to continue to remove whole sheep heads rather
than, as proposed by the Commission, the skull including brain and eyes,
and from all sheep rather than those over 1 year old. They noted, though,
that sheep SRM removal was based on the theoretical possibility that BSE
may have passed to sheep and current measures were based on a risk reduction
not a risk elimination strategy. On balance, therefore, the Committee felt
that the benefit of introducing controls on SRM across the European Union
outweighed the slight increase in risk that may arise from any consequential
change to the UK's existing controls."
En bref, le SEAC considère que pour les thymus c'est pas grave (mais je ne crois pas qu'on mange le 'ris de veau' au RU) - pour l'intestin il y aurait selon SEAC un risque augmenté, mais pas de beaucoup - quant aux têtes de petits ruminants, le SEAC note qu'il 'aurait été préférable' de continuer comme avant (tête entière, tout âge).
Ci-dessous, un extrait d'un avis précédent du SEAC, de Mars
2000 (lorsqu'on ne connaissait pas encore la liste SRM finale adoptée
par la commission UE) :
"... Members further agreed that, in the event that the EU proposal to add
intestine to the list of specified risk materials from sheep or goats were
adopted by Member States, they would not advise against this but would advise
that the whole intestine from sheep of all ages should be classified as specified
risk material...."
SEAC March 2000
Traduction :
Les membres du SEAC ne se seraient pas opposés à une
éventuelle proposition UE d'ajouter l'intestin des petits ruminants
à la liste des SRM, mais auraient dans ce cas conseillé que
soit classé SRM l'intestin entier des ovins de tout âge...
Le Danemark a classé SRM (en mars 2000) l'iléon des bovins
et ovins-caprins de plus de 12 mois. Vont-ils maintenant oublier les iléons
de petits ruminants ?
Je ne sais pas quelle est la 'politique intestinale' des autres pays.
Le 8 juin 2000, le ministère de l'Agriculture et de la Pêche et sa direction générale de l'Alimentation (mission de recherche " ESB ") publient un comunniqué de presse qui présente le programme de recherche national sur l'Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB).
Le ministère de l'Agriculture et de la Pêche a lancé
ce jour le plus important programme de recherche sur l'ESB en Europe.
Ce programme doit permettre de mieux estimer la prévalence de la maladie
(c'est-à-dire le nombre de cas dans une population déterminée)
et, d'autre part, de valider sur le terrain, en conditions réelles,
les tests dediagnostic rapide.
D'ici la fin de l'année 2000, 48 000 prélèvements seront
effectués, sur l'ensemble du territoire, sur des bovins âgés
de plus de 24 mois, morts en exploitation ou euthanasiés par un
vétérinaire, ainsi que sur des bovins abattus d'urgence pour
cause d'accidents. Parmi ces prélèvements, 12 000 sont
destinés à satisfaire par avance aux obligations
communautaires.
Ce programme de grande ampleur proposé par les scientifiques mobilisera
271 millions de francs. Il a pour objectif une connaissance scientifique
rapide et rigoureuse de la maladie. Pour autant, il ne modifie en rien les
mesures de santé publique en vigueur pour la protection du consommateur,
telles que le retrait préventif à l'abattoir des organes
potentiellement porteurs de l'agent de l'ESB, l'interdiction des farines
animales pour les ruminants. Ce programme ne modifie pas non plus l'indemnisation
des éleveurs pour tout nouveau cas d'ESB détecté.
Le test rapide mis en ouvre pour l'ensemble du programme de recherche est
l'un des trois tests sélectionnés en juillet 1999 par la Commission
européenne. Il s'agit du Prionics, choisi au terme d'un appel d'offre
européen par les trois ministères chargés de l'Agriculture,
de la Santé, et de la Consommation.
Le suivi scientifique de l'étude, ainsi que l'établissement
de son bilan, sont confiés à un comité scientifique
de suivi (CSS) placé auprès de l'Agence française de
sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). La direction scientifique
du programme est assurée par l'AFSSA. La mise en ouvre concrète
du programme de recherche est menée par les services
vétérinaires départementaux qui s'appuient pour cela
sur les vétérinaires sanitaires.
Présidé par le professeur Marc Girard, directeur du Centre
européen de recherches en virologie et immunologie (CERVI) de Lyon,
le CSS est composé de huit personnalités scientifiques.
L'annonce des premiers résultats intermédiaires se fera à
l'initiative du comité scientifique de suivi, vraisemblablement en
fonction du nombre d'échantillons collectés, soit à
la fin septembre ou au début du mois d'octobre.
Rappel
Selon le rapport du Comité Dormont du 2 mars 2000, en l'état
actuel des hypothèses en matière de transmission de la maladie,
la connaissance de la prévalence de l'infection du cheptel français
devra contribuer à optimiser l'évolution des mesures sanitaires
de lutte en vigueur.
Aujourd'hui, hormis la Suisse, aucun pays ne dispose de données
précises ou utilisables permettant d'estimer la prévalence,
y compris d'animaux en phase d'incubation et ne présentant donc pas
de symptômes cliniques caractéristiques de l'ESB. Le test
utilisé par la Suisse était aussi le Prionics.
Information presse
Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, DGA, mission de recherche
" ESB "
Tél. : 01 49 55 58 69 / 01 49 55 58 99 ; fax : 01 49 55 81 16 ;
progrechtests.dgal@agriculture.gouv.fr
Une analyse tout à fait personnelle de Karin Irgens (Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no) du rapport européen concernant la France en matière de risque d'ESB.
"Le rapport CSD-UE sur la France indique les 'challenges externes' suivants
pour la France :
Importation de bovins reproducteurs du RU : environ 100 bovins britanniques
par an de 1980 à 1990.
On considère que les années 1988, 1989 et 1990 sont les plus
dangereuses sur cette période, soit environ 300 animaux pour ces 3
ans. En 1991 et 1992 le nombre de bovins reproducteurs importés du
RU en France augmente énormément, respectivement 1 155 bovins
et 8 460 pour ces 2 années. (c'est en 1992-93 que l'épidémie
d'ESB atteint son point culminant au RU).
Jusqu'à 1996, beaucoup de veaux sont importés du RU pour
engraissement et abattage. Vu le jeune âge à l'abattage, le
risque de recyclage ESB est moindre qu'avec les reproducteurs destinés
à vivre des années.
Importation aussi de bovins irlandais, portugais et suisses. Leur nombre
n'est pas précisé.
Importations de farines du RU : le rapport ne donne les chiffres qu'à
partir de 1986 : 9 500 tonnes en 1986, 8 400 t en 1987, 10 300 t en 1988,
16 000 t en 1989 et 1.800 ten 1990. L'importation de farines en provenance
de pays UE a triplé entre 1980 (14 157 t) et 1997 (45 430 t). Les
dernières années, les FVO importés en France provenaient
essentiellement d'Italie, Irlande, Suisse, Pays Bas et Danemark."
L'analyse et les premiers commentaires tout à fait personnels de Karin Irgens (Karin.Irgens@dyrehelsetilsynet.no), en direct de la liste ESB. Ils n'engagent évidemment qu'elle-même.
Mode d'emploi :
"Pour trouver les rapports CSD-UE d'analyse de risque géographique
ESB, entrer sur :
http://europa.eu.int/comm/dg24/health/sc/ssc/outcome_en.html
Pour trouver les rapports pour chaque pays, cliquer sur 'reports'. En
fait, il est inutile de tout lire. Le rapport principal 'tous pays' donne
l'essentiel pour chacun des 25 pays analysés, en plus de la
présentation de la méthode d'analyse utilisée :
Preliminary opinion on the geographical risk of Bovine Spongiform Encephalopathy
(GBR) - 25 May 2000
http://europa.eu.int/comm/dg24/health/sc/ssc/out111_en.pdf
On peut commenter les rapports jusqu'au 19 juin. Pour les rapports individuels
par pays, il est inutile d'imprimer les 20-21 premières pages de chaque
rapport, qui sont une répétition de la présentation
de la méthode d'analyse de risque.
Quelques commentaires (personnels) de Karin Irgens :
- L'objectivité paraît plutôt satisfaisante. La même
méthode (décrite dans les 20 premières pages de chaque
rapport) a été appliquée à chaque pays. Au moins
trois experts ont examiné chaque pays, sur documentation écrite
et par interrogatoires. Les experts n'étaient pas de même
nationalité que le pays analysé, ce qui renforce la
crédibilité des conclusions. D'ailleurs, ils ont mis le temps...
il a fallu presque 18 mois pour analyser 25 pays après 6 mois pour
mettre au point la méthodologie.
- Il faut espérer que la méthode d'analyse utilisée
par le CSD sera appliquée (plus rapidement !) à d'autres pays,
du moins les pays exportateurs de produits d'origine bovine.
- Des programmes éventuels de dépistage systématique
dans les pays catégorie 3 qui n'ont pas encore rapporté de
cas d'ESB autochtones permettraient éventuellement de confirmer les
conclusions du CSD. Pour l'instant, de tels programmes ne sont prévus
que par la France et le Danemark cette année. Les programmes de tests
obligatoires à partir de janvier 2001 concerneront un nombre limité
d'animaux.
- Ce serait bien aussi, à mon avis, de faire des tests systématiques
dans les pays de catégories 2 et 1 - mais le nombre de tests devrait
être augmenté dans les pays à risque plus faible et je
crains que les pays "bien classés" choisissent de se reposer sur leurs
lauriers.
- Enfin, il est maintenant clairement et officiellement admis que le seul
fait de n'avoir pas rapporté des cas d'ESB autochtones ne détermine
pas forcément le statut ESB d'un pays. Ainsi l'Allemagne, l'Espagne
et l'Italie, qui se disaient indemnes, sont désormais classés
dans la même catégorie de risque que la France, la Suisse,
l'Irlande, la Belgique, les Pays Bas...
- La méthode d'analyse utilisée par le CSD-UE n'est pas vraiment
quantitative (ce serait d'ailleurs impossible, par manque de données)
et ne permet pas de classer les pays de manière plus précise,
de donner des estimations quant à l'incidence réelle de l'infection
dans chaque pays.
La méthode d'analyse:
Je n'ai pas le temps de tout traduire... Pour les non anglophones, je conseille
de se reporter principalement au tableau 8, pages 29-30 du rapport "tous
pays" - je vais tenter de l'expliquer :
- Les analyses de risque sont faites sur plusieurs périodes et le
tableau donne les variations en fonction du temps.
- Deux notions sont essentielles dans l'analyse : 'stability' et
'challenge'
- que je préfère ne pas essayer de traduire (peut-être
des épidémiologistes de la liste trouveront un terme français
meilleur que "stabilité" et une traduction pour "challenge"...)
- Le 'challenge', c'est la quantité d'infection ESB susceptible d'exister
dans un pays à un moment donné (par importations d'animaux
ou de farines potentiellement infectés, par recyclage dans les farines
nationales...). Le challenge a évidemment fortement varié selon
les pays et aussi, pour chaque pays, varié dans le temps.
En page 7 du même texte, un autre tableau indique les critères
semi-quantitatifs pour juger de l'importance du challenge.
Exemples: Un challenge est "extrêmement élevé" si plus
de 10 000 bovins ont été importés du RU entre
1988 et 1993. Idem pour des quantités de farines de l'ordre de 10
000 tonnes du RU entre 1986 et 1990. Les niveaux inférieurs de challenge
sont 'très élevé', 'élevé',
modéré', 'faible', 'très faible' et 'négligeable'.
On a accordé à ces niveaux des valeurs numériques allant
de -3 (négligeable) à +3 (extrêmement élevé).
- La 'stabilité' est une qualification des systèmes en place
(ou inexistants) pour réduire la quantité d'infection.
Là, les notations vont en sens inverse de celles du challenge, les
-3, -2 et -1 indiquent une mauvaise 'stabilité', c.à d. des
systèmes ayant une capacité faible ou nulle de réduire
l'infectivité des farines ou d'éliminer les tissus infectés.
Une stabilité '0' est considérée comme 'neutre',
c.à.d. que la quantité d'infection des déchets
retraités et consommés (par ruminants) ne sera ni réduite,
ni augmentée par recyclage. Un système 'très instable'
aboutira à une amplification de l'ESB par recyclage des déchets.
Le mieux pour la stabilité c'est donc les notations +1, +2 et surtout
+3, qui est la stabilité 'optimale'. Pour obtenir +3, il faut
éliminer les SRM, avoir un système qui évite vraiment
les contaminations croisées, et avoir un traitement thermique suffisant
des farines. Alternativement, il faut avoir cessé toute production
de farines pour l'alimentation animale.
La stabilité du système varie dans le temps, s'améliore
progressivement surtout en Europe, notamment par la mise en place plus ou
moins tardive de traitements thermiques à 133 degrés, 3 bar,
20 minutes, l'élimination ou non des SRM décidée plus
ou moins tard selon les pays, et les mesures pour éviter les
contaminations croisées.
Ainsi, la plupart des pays avaient une 'stabilité' très mauvaise
dans les années 1980 (exception faite de l'Autriche et du Paraguay)
, et beaucoup de pays n'ont introduit un traitement thermique approprié
que tardivement (1997-1999) ou même pas du tout. (exemple, la Nouvelle
Zélande dont l'extrêmement mauvaise stabilité (-3) ne
s'est 'améliorée à 'très mauvaise' (-2) qu'en
1999. Le bon classement de la NZ repose donc entièrement sur l'absence
de challenge depuis 1980.
Le pays qui est le mieux noté, c'est le Paraguay, dont le risque
négligeable et la bonne stabilité sont restés invariables
entre 1980 et 1999. La Norvège a eu un risque négligeable entre
1980 et 1985, années où le système était
extrêmement instable (-3). Les importations de bovins danois qui
constituent notre seul 'vrai' risque (un peu moins négligeable) ont
eu lieu plus tard, à partir de 1991-92, lorsque le 'système
devenait plus stable'. Tout dépendra des dates où les bovins
danois importés ont été abattus et leurs déchets
recyclés. Si beaucoup d'animaux danois abattus avant 1994-95 (meilleure
stabilité du point de vue traitement thermique) la Norvège
pourrait être reclassée en catégorie 2. Il semble pour
l'instant que ces animaux reproducteurs aient pour la plupart survécu
longtemps avant abattage.
- On a tenu compte de l'interaction challenge-stabilité qui varie
dans le temps. Les risques à l'importation ont pu être pris
à des époques variables, avant ou après l'obtention
d'une 'stabilité' satisfaisante. Des challenges comparables donneront
des risques différents en fonction de la capacité du système
à éliminer l'infectivité.
- D'autre part, le challenge/risque par importation de bovins ou farines
du RU n'est pas identique pour chaque année. L'incidence par million
de bovins adultes au RU n'est estimée qu'à 1,36 pour l'année
1986, mais passe à 7 596 en 1992. De même, le challenge par
les farines britanniques varie dans le temps. Moins contaminées avant
1986 et après 1990, plus contamiées dans la période1986-90
(1990 -élimination des SRM des aliments pour porcs-volailles au RU).
- On a estimé 'en gros' que les bovins et farines importés
de pays à risque ESB autres que le RU représentaient respectivement
un risque 100 fois moindre et 10 fois moindre que si on les avait importés
du RU.
- On a modulé les estimations de risque en fonction des âges
probables à l'abattage des animaux importés. (p.ex. l'Italie
a importé beaucoup de veaux, abattus généralement entre
6 et 18 mois, donc risque nettement moins élevé que le risque
pris par l'importation d'un même nombre de reproducteurs abattus à
5-7 ans).
- Pour les détails par pays, se reporter aux rapports par pays (...)
Je signale cependant que ces rapports contiennent moins de détails
que les textes de demandes de statut ESB envoyés par les 25 pays.
J'aurais souhaité des textes UE plus complets et détaillés.
- En ce qui concerne la France, je n'ai pas eu le temps de lire (j'ai commencé par l'Espagne, l'Allemagne, les USA... ). Il est évident que le challenge a été très fort pour la France, et que la stabilité, très mauvaise au départ, comme pour presque tous les pays, s'est améliorée tardivement, par étapes (décision SRM 1996 - températures pressions 1999). Mais certains pays comme l'Espagne sont dans une situation de 'stabilité' bien plus mauvaise que celle de la France. Les stabilités de l'Irlande ou de la Suisse sont cependant meilleures que celle de la France.
Un problème de stockage de farines animales dans l'Oise, par René Gellez (rene.gellez@libertysurf.fr), président de l'Association le Gallet environnement (http://www.multimania.com/legalletenvie/), en direct de la liste ESB.
M. X ancien gérant de la SARL Garault, prévenu d'avoir à
Le Gallet ( Oise), dans l'Oise et sur le territoire national, en 1997,
procédé à des échanges intra-communautaires,
en l'espèce avec la Belgique, de marchandises ne répondant
pas aux conditions sanitaires imposées, en l'espèce des farines
animales issues de déchets à haut risque destinés à
être incinérés.
D'avoir à Le Gallet ( Oise), dans l'Oise et sur le territoire national,
en 1997 mis en vente ou vendu des denrées servant à l'alimentation
des animaux, en l'espèce des farines animales susceptibles d'être
contaminées par l'agent de la maladie de l'ESB, qu'il savait être
toxiques.
D'avoir à Le Gallet ( Oise), dans l'Oise et sur le territoire national,
en 1997, abandonné des déchets industriels, en l'espèce
des fûts d'acides et de farines à haut risques, en violation
des dispositions légales.
Le prévenu a nié les faits reprochés.
Le point du vue personnel de René Gellez à ce sujet est le
suivant :
"Notre association a su par hasard qu'une procédure était en
cours. A l'audience ce que j'ai pu retenir ( il est très difficile
d'entendre les plaidoiries complètes) :
Après enquête des services vétérinaires sur le
site de le Gallet, 3 200 tonnes étaient stockées, 2 886 tonnes
ont été évacuées, il manque 314 tonnes. Il n'a
pas été précisé qui a réceptionné
les farines mais il semblerait qu'elles étaient destinées à
la Belgique.
Devant de telles accusations, on pensait que les services préfectoraux
auraient mieux défendu leurs dossiers. La Directrice des services
vétérinaires a été entendue comme témoin,
mais n'a apporté aucune preuve. Elle n'a pas osé dire au tribunal
que le traitement a été effectué sans autorisation et
que les farines ont été stockées à même
le sol.
Notre association a été mis au courant des faits le 6 mai 2000
par un adhérent qui a reçu une convocation en tant que témoin
pour l'enquête des fûts.
Dans cette affaire il faut savoir qu' en 1994, à titre privé,
nous avions dénoncé au Préfet de l'époque que
des fûts d'acides étaient enterrés sur le site de le
Gallet, ses fûts provenant de résidus de traitement de soies
de porcs effectués sans autorisation. Le Préfet n'ayant jamais
donné suite à notre courrier. (dans notre canton l'histoire
des fûts est un secret de polichinelle).
Le procureur a demandé 30 000 F d'amende, l'avocat du prévenu,
la relaxe, délibéré le 15 juin 2000.
La justice en réclamant 30 000 F n'a pas estimé les faits
très graves. Pour l'avocat de la défense il n'y aucune preuve
d'une quelconque contamination.
A savoir qu'en mars 1998 une équipe de 52 sur la Une était
venu filmer sur le site( jamais diffusé a l'antenne).
Les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement ont été
également alertés de la situation à cette époque.
Malgré plusieurs démarches, notre association n'a jamais
été entendue dans cette affaire, mais mise en cause par le
prévenu à l'audience, de ce fait nous faisons un courrier au
Procureur de la République afin d'apporter notre témoignage,
en espérant qu'il ne soit pas trop tard (?).
Aujourd'hui (30 mai 2000) dans le quotidien Le Parisien (édition
de l'Oise) un compte rendu de l'audience du 25 mai 2000. En voici un extrait
:
"Les faits qui lui sont reprochés sont simples: il aurait
échangé, vendu et enterré des farines animales, et
également enfoui des fûts d'acide. Des faits qui remontent en
1997 et qui depuis l'apparition en 1996 de l'épidémie
d'encéphalite spongiforme, suscitent la plus grande attention des
pouvoirs publics. Dans son réquisitoire, le procureur a demandé
la requalification des délits reprochés."
A la lecture de cet article, je suis surpris que la presse locale annonce
les faits comme simples. Je pense que ni la justice, ni la presse se rend
compte du risque sanitaire lié à toute cette affaire. Je ne
suis pas spécialiste, mais un jour ou l'autre on paiera la
négligence de cette société."
R.G.
En direct de la liste ESB un message d'Alain Mangé (Alain.Mange@igh.cnrs.fr), daté du 24 mai 2000, à propos d'un article de Science signé par Fabio Montrasio, Rico Frigg, Markus Glatzel, Michael A. Klein, Fabienne Mackay, Adriano Aguzzi, et Charles Weissmann intitulé "Impaired Prion Replication in Spleens of Mice Lacking Functional Follicular Dendritic Cells" (Science, 19 mai 2000, 288: 1257-1259)
"Alors dans les faits, il faut être plus prudent ! Lors du meeting
de Tubingen, plusieurs laboratoires (notamment M. Bruce et C.Weissmann) avaient
montré l'importance des cellules dendritiques folliculaires (FDC)
de la rate dans la réplication de la prpsc... ces cellules étant
décrites comme un lieu de réplication et d'accumulation de
la PrPSc. La PrPSc pourrait ensuite être transférees vers les
lymphocytes et entraîner la neuro-invasion du système nerveux
central.
Les équipes de C. Weissmann et d'A. Aguzzi confirment ces données
sur l'importance des FDC. La formation et le développement des
FDC nécessitent la présence de facteur tel que le TNF (Tumor
Necrosis Factor) ou la lymphotoxine. L'inhibition du signal déclenché
par la lymphotoxine (en saturant les récepteurs membranaires avec
une protéine fusion) empêche la maturation des FDC
(vérifié par la disparition de marqueurs spécifiques
des FDC matures)... mais cause aussi de sévères modifications
dans la structure de la rate en cas de traitement prolongé.
Des souris ont donc été traitées avec la protéine
fusion une semaine avant ou une semaine après l'inoculation (en IP)
avec des prions... et la déplétion de FDC mature a été
maintenue en traitant les souris pendant plus de 7 semaines avec la
protéine fusion. L'examen immunohistologique confirme la disparition
des FDC matures une semaine après le traitement...Dans les souris
contrôlees, la PrPSc est détectée dans la rate 8 jours
après l'inoculation et reste détectable dans cet organe tout
au long de la maladie (la rate devient infectieuse 7 jours après
l'inoculation avec un plateau entre 3 et 7 semaines). A l'opposé,
dans les souris traitées, la PrPSc n'est pas détectée
dans la rate et ce, que les souris soient traitées une semaine avant
ou après l'inoculation.
Les auteurs ont regardé ensuite l'infectivité de la rate (un
homogénat de rate est injecté en IC à un groupe de 4
souris)...
- dans le cas où les souris sont traitées une semaine avant
l'inoculation, aucune infectivité n'est détecté dans
les rates après 3 ou 8 semaines post-inoculation. Dans la même
configuration (traitement une semaine avant inoculation), il existe des traces
d'infectiosité dans la rate une semaine post
inoculation...infectivité provenant peut être de l'inoculum
d'origine.
- dans le cas où les souris sont traitées une semaine après
l'inoculation...les extraits de rates sont, dans certains cas, infectieux
(hypothèse: la réplication de l'agent infectieux a commencé
au cours de la 1ère semaine).
- de manière gênante, les souris traitées avec un
contrôle négatif (immunoglobuline non spécifique) montrent
une diminution de l'infectivité de la rate...
En ce qui concerne les effets sur le développement de la maladie,
les souris ont été traitées toutes les semaines avec
la protéine fusion et ce pendant 8 semaines post-inoculation. Quand
le traitement débute une semaine après l'inoculation, les souris
développent la maladie 25 à 30 jours plus tard que les souris
contrôlees (soit 236+/- 19 contre 206+/-2). Quand le traitement
débute une semaine avant l'inoculation, l'effet est plus prononcé
et les souris tombent malade 50 jours après les contrôles (256
j contre 206)...une des souris traitée préventivement a
survécu plus de 340 j.
Les souris traitées avec l'immunoglobuline non spécifique
développent la maladie 211+/-3 jours après l'inoculation. L'analyse
de la rate des animaux malades montre que le réseau de FDC a
été reconstitué après l'arrêt du traitement
à la 8e semaine et que de la PrPSc est de nouveau
détectable dans ce tissu.
Ces résultats confirment donc que les FDC sont bien indispensables
pour l'accumulation de la PrPSC et pour l'infecitvité de la rate.
Quant à l'effet du traitement, il faut les comparer à ceux
obtenus avec l'amphotéricine ou le rouge congo par exemple qui augmentent
le temps d'incubation de 25 à 130% (contre 15 à 25% dans cette
étude). Néanmoins dans cet article, les souris n'ont
été traitées que pendant 8 semaines post-inoculation...
peut être à cause des effets annexes du traitement sur la rate
!
Alain Mange
Biologie des Encéphalopathies Spongiformes
Transmissibles
IGH CNRS UPR 1142 (Montpellier)
« supplique.com »
A Lyon, le 11 avril 2000.
Monsieur le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche,
Madame la Secrétaire d'Etat chargée de la Santé,
Madame la Secrétaire d'Etat chargée de la Consommation.
Madame le Ministre,
Monsieur le Ministre,
En tant que citoyens et, pour un certain nombre d'entre nous, également en tant que professionnels, nous nous sentons particulièrement concernes par les problèmes que soulève l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) en France et dans l'Union Européenne pour la santé humaine et pour la santé animale.
Dans le cadre d'une liste de discussion créée sur Internet, la "liste ESB", nous suivons de près l'actualité scientifique, réglementaire et politique sur ce sujet avec un groupe de 180 personnes composé de chercheurs, de vétérinaires, de médecins, de responsables d'organisations de l'agriculture et de l'élevage, d'ingénieurs de l'industrie agro-alimentaire, de responsables d'abattoirs ou d'industrie de la viande, de responsables de la distribution ou de la restauration collective, de journalistes, de responsables d'associations de consommateurs, d'associations de parents d'élèves et d'associations de défense du cadre de vie et de l'environnement et de citoyens concernés pour des raisons sanitaires personnelles ou familiales, ou tout simplement de citoyens qui s'intéressent à cette grave question. Le nombre et la diversité des participants à cette liste, la qualité du contenu des échanges et leur intensité, rendent ce groupe assez représentatif des préoccupations citoyennes et professionnelles sur l'état de l'épizootie d'ESB en France.
A partir de ce suivi collectif et quotidien, nous sommes arrivés à la conviction qu'un certain nombre d'informations devraient être régulièrement portées à la connaissance du public, si nous voulons, grâce a une plus grande transparence de l'information, répondre aux interrogations des professionnels, d'une part, et de la population d'autre part. Certaines de ces données ont été ponctuellement communiquées à la presse, notamment a l'occasion de la dernière réunion du Comité national de sécurité sanitaire du 23 février 2000. Il s'agit, pour ce qui concerne notre pays, des données issues du réseau de surveillance épidémiologique, relatives aux suspicions et aux cas confirmés, autochtones et importés, d'ESB, par département , par an et par mois, par année de naissance. Ces informations pourraient donc être actualisées et communiquées régulièrement. Mises à disposition sur un site Web, elles seraient disponibles facilement pour toute personne intéressée.
Les enquêtes épidémiologiques conduites après chaque cas confirmé visent à rechercher les causes possible de ces cas, d'un point de vue individuel, mais aussi d'un point de vue épidémiologique. Les conclusions épidémiologiques qui sont tirées de ces enquêtes par les services compétents chargés de leur dépouillement et de leur analyse devraient, à notre point de vue, être communiquées au public, avec toutes les précisions possibles ne mettant pas en cause des opérateurs économiques désignés.
La publication de l'ensemble des données relatives à la situation
sur le plan scientifique, technique et épidémiologique
contribuerait :
- d'une part à donner aux professionnels de l'élevage, de
l'industrie et du commerce les informations objectives les aidant à
prendre les décisions les plus adaptées au degré de
sécurité qu'ils souhaitent pouvoir assurer au-delà des
critères réglementaires ;
- d'autre part à calmer les inquiétudes du public pour lequel
le secret entretenu sur des informations existantes ne peut qu'être
le signe d'une gravité que l'on cherche à cacher.
Nous souhaitons simplement contribuer par cette démarche a vous signaler ce qui paraît a notre avis participer a la concrétisation du souci de transparence que vous avez régulièrement souhaitée et que nous partageons totalement avec vous.
Nous vous prions d'agréer, Mesdames, Monsieur, les Ministres l'assurance de notre haute considération.
Pour les signataires dont la liste est jointe,
Laurent Berthod,
Yves Le Pape
Liste des signataires de la lettre "supplique.com" du 11 avril 2000
- Marc L. André, consultant agroalimentaire
- Hugues Aubin, webmestre, conseil en NTI
- Marc Barbier, chercheur en gestion
- Philippe Baralon, vétérinaire, consultant en sécurité
des aliments
- Jean-Christophe Béjannin, ingénieur agronome, membre d'une
fédération de parents d'élèves
- Olivier Belbéoch, démographe, université de Paris-V
- Claude Bineau, ingénieur, mère de famille
- Jean-Baptiste Brunet, médecin
- Guy Charbonnier, directeur du Groupement de défense sanitaire du
Rhône
- Bruno Deshoullières, maître de conférences à
l'université de Poitiers
- Bernard Devalois, médecin hospitalier, vice président du
parc naturel régional Périgord-Limousin, secrétaire
départemental des Verts de Haute-Vienne
- Michel Duprés, vétérinaire
- Jacqueline Estades, sociologue
- Jacques Grassi, chercheur
- Alain Gonthier, docteur vétérinaire, maître de
conférences Qualité et Sécurité des aliments,
Ecole nationale vétérinaire de Lyon
- Romain Guegan, ingénieur agroalimentaire
- Helga Rachel Hogasen, vétérinaire, chercheur,
épidémiologiste
- Pierre-Benoît Joly, chercheur
- Partrick Lahouze, citoyen de la République
- Claude La Bonnardiere, directeur de recherche
- Alain Lachapelle, directeur d'abattoir
- Serge Le Doaré, producteur de lait, vice-président de la
FDSEA 29
- Annie Leroy, Coordination des riverains d'usines d'équarrissage
- Alain Mangé, chargé de recherche dans un laboratoire de recherche
public sur les EST
- Pierre Mayaux, vétérinaire praticien dans les
Côtes-d'Armor
- Sylvie Mondet : présidente APE primaire et maternelle (Val-d'Oise,
maman d'enfants mangeant en restauration scolaire)
- Pierre Minonzio, pharmacien, trésorier de "Pharmaciens sans
frontières", Comité international
- Jean-Pierre Moreau, ingénieur agronome
- François Nève, étudiant en medecine
vétérinaire
- Marie-José Nicoli, présidente de l'UFC-Que Choisir ?
- Mari-Jo Paulet, présidente du Centre d'éditions et de recherches
creusoises
- Pascal Prod'homme, maître de conférence
- Fred Romano, écrivain et webmestre
- Marc Roux, professeur de Zootechnie à l'ENESAD-Dijon
- Helene Rudyk, chimiste medicinale
- Michèle Souply, père décédé de MCJ
- Benoit Tabaka, juriste en droit public
- Beatrice Viale, juriste - organisme de recherche public
- François Veillerette, président du Mouvement pour les droits
et le respect des générations futures (MDRGF)
- Bernard Wolfer, chercheur
- Laurent Berthod, ingénieur agronome, directeur du GIE lait viandes
Rhône-Alpes
- Yves Le Pape, ingénieur de recherche, modérateur de la liste
ESB
ainsi que Karin Irgens, Pierre Lavie, Josette Hercelin et Fredric Bevernage.
De la liste ESB : lettre du 11 avril 2000 aux
ministres ; liste des signataires.
De la liste ESB : message d'Alain Mangé du 24
mai 2000,
De la liste ESB : message de René Gellez du
31 mai 2000,
De la liste ESB : message de Karin Irgens, du 2 juin
2000.
De la liste ESB : message de Karin Irgens, du 8 juin
2000,
Du MAP, le PRNESB (8 juin 2000),
De la liste ESB : message de Karin Irgens, du 22 août
2000
De la liste ESB : message de Jean-Paul Vieille, du
29 août 2000
De la liste ESB : message de Vincent Beringue, du
30 août 2000
De la liste ESB : message de Laurent Berthod du 3 octobre
2000
De la liste ESB : message de Karin Irgens du 16 octobre
2000
Le SNIA rappelle les mesures de précaution (18
octobre 2000)
La fraude à la viande (24 octobre 2000)
Communiqué de comité de sécurité
sanitaire (25 octobre 2000)
Communiqué de presse de la DGCCRF (20 octobre
2000)
De la liste ESB : message de Jean-Christophe Béjannin
du 8 novembre 2000
De la liste ESB : message de Karin Irgens (13 novembre
2000)
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Vache folle en ligne. Vers la
Liste ESB.