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Comprendre l'élaboration du bois
pour produire du papier en
respectant l’environnement
Le peuplier est une espèce utilisée pour la production de pâte
à papier.
Fabriquer du papier consiste essentiellement à éliminer la lignine,
substance présente dans le bois qui entraîne un jaunissement du
papier. Les traitements utilisés, chimiques et thermiques, peuvent
être coûteux et polluants. Les chercheurs de l'INRA, en association
avec des chercheurs d'autres laboratoires dans le cadre de projets
Européens, ont mis au point des peupliers génétiquement modifiés
produisant moins de lignine. Ce résultat est le produit de nombreuses
années de recherches fondamentales sur les mécanismes de formation
du bois dans la plante. Au cours de cette période, les méthodes
de la biologie ont connu une véritable révolution, depuis les approches
désormais classiques de la biochimie jusqu'aux moyens les plus modernes
de la
génomique.
De la biochimie au génie génétique
Grâce aux moyens du génie génétique, les chercheurs ont inactivé
des gènes impliqués dans la synthèse de la lignine chez le peuplier,
pour mieux en comprendre les fonctions. Ces gènes avaient été identifiés
à partir des années 1980, grâce à la purification des enzymes dont
ils gouvernent la synthèse. Ainsi, l'enzyme CAD (alcool cinnamylique
deshydrogénase) est impliquée dans la production des constituants
élémentaires de la lignine. L'inactivation du gène de l’enzyme CAD
entraîne une diminution de la teneur du bois en lignine, mais aussi,
de façon plus surprenante, un changement de structure. Les lignines
produites sont composées de chaînes plus courtes et s'éliminent
plus facilement dans le processus de fabrication du papier. On conçoit
donc l'intérêt de peupliers sous-exprimant la CAD pour cette production.
Le test grandeur nature
Encore fallait-il s'assurer que ces résultats, obtenus sur des peupliers
de six mois cultivés sous serre, se vérifiaient sur des arbres produits
en conditions de sylviculture classique. Des peupliers transgéniques
sous-exprimant diverses enzymes, dont la CAD, sont cultivés en champ
expérimental (avec l'autorisation préalable de la Commission du
Génie Biomoléculaire). Après quatre ans de culture, les chercheurs
ont pu vérifier que, au moins pour une lignée transformée, la croissance
était normale, que la sous-expression des enzymes était durable
dans le temps, et que les peupliers sous-exprimant l’enzyme CAD
donnaient une pâte à papier plus facile à traiter que les peupliers
non transformés.
La biosécurité avant tout
Les expérimentations menées en champ expérimental sont effectuées
en respectant des conditions très strictes afin d’éliminer tout
risque pour l'environnement, notamment les éventuels impacts sur
les peuplements naturels.
D’Arabidopsis au peuplier : l’apport de la génomique
La méthode d’inactivation des gènes a montré que la voie de biosynthèse
des lignines était plus complexe que ne le laissaient prévoir les
approches biochimiques. Les chercheurs travaillent aujourd'hui à
l'identification d'autres gènes, en utilisant cette fois les méthodes
les plus modernes de la génomique : ils ont en effet observé qu’Arabidopsis,
la plante modèle de la biologie végétale, produisait le même type
de lignine que le peuplier. Ce détour par Arabidopsis permettra
d'identifier beaucoup plus facilement les gènes correspondant chez
le peuplier.
Contacts scientifiques :
Lise Jouanin, Laboratoire de biologie cellulaire, centre INRA de
Versailles-Grignon
Catherine Lapierre, Laboratoire de chimie biologique, centre de
Versailles-Grignon
Daniel Cornu, Gilles Pilate et Jean Charles Leplé, Unité Amélioration,
génétique et
physiologie forestières, Centre INRA d’Orléans
Presse Info - janvier 2001
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147, rue de l'Université - 75338 Paris cedex 07
Tél : 01 42 75 91 69
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Sélectionner
des pommiers résistants aux maladies
pour diminuer l’usage des pesticides
La lutte chimique contre les champignons parasites du pommier
peut conduire à effectuer une trentaine de traitements par an. L’INRA
coordonne un programme de recherche européen, D.A.R.E
1, qui vise à obtenir des variétés de pommiers résistantes
à la tavelure et à l’oidium, les deux principaux champignons attaquant
le pommier. Ce projet, lancé en 1998, a déjà permis d’identifier
de nouveaux gènes de résistance et de les localiser sur le génome
du pommier. Il sera ainsi possible de créer de nouvelles variétés
pour substituer les variétés actuelles, trop sensibles aux champignons
parasites. Ceux-ci présentent par ailleurs plusieurs races susceptibles
d'évoluer. Les chercheurs disposent désormais d’une méthode issue
des progrès de la génomique, la sélection assistée par marqueurs.
Elle permet de repérer, beaucoup plus facilement que par les moyens
classiques, les descendants d’un croisement qui portent les meilleures
combinaisons de gènes de résistance.
Les chercheurs de l’INRA ont testé la résistance à la tavelure de
pommiers issus du
croisement entre deux variétés, Prima et Fiesta. Ils ont ainsi identifié
une nouvelle
résistance basée sur un gène unique, dénommé Vg, et ont localisé
ce gène sur la carte
du génome du pommier. Ce gène ne confère la résistance totale qu'à
une seule race du
champignon. En utilisant une démarche similaire, les chercheurs
ont également identifié et localisé plusieurs régions du génome
impliquées dans une résistance partielle, sous le contrôle de plusieurs
gènes.
La résistance basée sur un seul gène (monogénique) est facile à
introduire par
croisement mais présente l’inconvénient d’être facilement contournée
par de nouvelles
races du parasite. Ainsi, le gène Vf de résistance à la tavelure,
largement présent dans
les variétés récemment introduites, est actuellement mis en défaut
par de nouvelles
souches présentes dans plusieurs pays européens. D’où l’intérêt
d’associer, dans une
même variété, des résistances monogéniques et des résistances basées
sur plusieurs
gènes (polygéniques). La combinaison de différentes résistances
pourrait donner des
résistances durables face à l'évolution potentielle des champignons.
Sélectionner une variété de pommier cumulant plusieurs modes de
résistance (et pour
plusieurs parasites) est très complexe : il est ainsi difficile
de repérer parmi les
descendants d’un croisement les meilleurs combinaisons de gènes,
car les gènes de
résistance totale masquent généralement la présence de gènes de
résistance partielle.
De plus, l’expérimentation de nombreuses souches de champignons
sur de nombreux
descendants d’un croisement est très lourde. D’où l’intérêt des
marqueurs moléculaires
du génome : il s’agit de point de repères, répartis régulièrement
sur l’ensemble du
génome, qui permettent de vérifier, par un simple test sur l’ADN,
la présence dans une
plante de gènes que l’on cherche à sélectionner.
Etudier les bases génétiques de la résistance et développer de nouvelles
méthodes de
sélection ne suffit pas à mettre au point de nouvelles variétés
: il faut également étudier
la diversité des souches des champignons pathogènes et identifier
des ressources
génétiques (variétés traditionnelles et modernes, espèces sauvages
apparentées)
pouvant constituer de nouvelles sources de résistance. Il faut également
étudier l’intérêt
que les consommateurs portent à des aliments minimisant l’usage
de pesticides. Tous
ces volets sont abordés dans ce projet européen, qui réunit les
chercheurs de huit pays
et un groupement de pépiniéristes.
(1) D.A.R.E : Durable Apple Resistance in Europe
Contact scientifique :
Yves Lespinasse, Unité d'Amélioration des Espèces Fruitières et
Ornementales, INRA
Angers
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Le melon résiste au
puceron : à la recherche du gène
responsable
Le gène Vat, qui confère au melon
une résistance aux attaques de pucerons, est sur le point d’être
isolé par une équipe de l’INRA1. L’existence de ce gène a été mise
en évidence au début des années 80 à l’INRA chez une variété de
melon d’origine coréenne. Il a depuis été introduit, grâce à des
croisements classiques, dans près de 80% des variétés de melon cultivées
actuellement en France. L’isolement du gène permet d’envisager de
le transférer, par transgénèse, à d’autres espèces que le melon.
Connaître la fonction de ce gène à l’échelle moléculaire doit permettre
de comprendre les mécanismes de la résistance au puceron, ce qui
pourrait déboucher sur la mise au point de nouvelles stratégies
de lutte.
Percer le mystère des relations plante-puceron
Le mécanisme moléculaire par lequel ce gène confère une résistance
au puceron demeure inconnu. Les chercheurs ont seulement pu caractériser
cette résistance : elle est spécifique à l’espèce de puceron Aphis
gossypii, qui est la principale espèce de puceron identifiée sur
le melon. Son mode d’action est double : elle empêche que les colonies
de pucerons s’installent sur les organes de la plante et elle rend
impossible la transmission par le puceron des virus dont il est
habituellement le vecteur2. Isoler le gène doit permettre de comprendre
les bases moléculaires de ce double mécanisme, ce qui pourrait permettre
la mise au point de nouvelles méthodes de lutte contre les pucerons,
comme par exemple des bio-insecticides. On peut également envisager
de transférer le gène, par transgénèse, à d’autres espèces de plantes
sensibles à ce puceron, comme par exemple le cotonnier.
Encadrer le gène pour l’isoler
Pour pouvoir isoler un gène au sein d’un génome qui en contient
plusieurs milliers, la stratégie utilisée consiste à délimiter de
façon aussi précise que possible la portion du génome dans laquelle
on va rechercher ce gène. On commence donc par baliser le génome
de la plante avec de nombreux points de repère (les marqueurs moléculaires
du génome), régulièrement répartis. Il faut ensuite identifier les
marqueurs qui encadrent au plus près le gène. Pour cela, on effectue
des croisements entre plantes résistantes et non résistantes : les
marqueurs les plus proches du gène sont ceux qui sont toujours présents
chez les plantes résistantes. Parallèlement, les chercheurs ont
constitué une collection de fragments d’ADN de grande taille issus
d’une plante résistante, donc porteuse du gène. Ils ont ensuite
recherché (et isolé), au sein de cette collection, un fragment portant
les marqueurs qui flanquent le gène, et qui contient donc le gène.
Il s’agit maintenant, par approximations successives, d’isoler un
petit fragment d’ADN qui contienne les deux marqueurs. Le gène recherché
peut alors être localisé en analysant la séquence d’ADN ou en utilisant
la transgénèse : si un fragment d’ADN, introduit dans une plante
sensible, la rend résistante, c’est qu’il est porteur du gène recherché.
(1) Ce travail dit de “ clonage positionnel ” du gène Vat est mené
dans le cadre du Groupement d’Inétrêt Scientifique Génoplante.
(2) d’où la dénomination Vat : Virus Aphid Transmission resistance
Contacts scientifiques :
Michel Pitrat, Unité de Génétique et amélioration des fruits et
légumes, Centre de recherche d’Avignon
Abdelhafid Bendahmane, Unité de Génomique végétale, Centre de recherche
de
Versailles-Grignon
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Mise en ligne : Avril
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