Plantes sauvages, plantes cultivées
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Connaître et exploiter les ressources génétiques
Collecter les ressources génétiques
Caractériser les ressources génétiques
Echanger l'information sur les ressources génétiques
Conserver les ressources génétiques
Exploiter les ressources génétiques
 

Connaître et exploiter les ressources génétiques

Depuis qu'il a développé l'agriculture, l'homme s'est approprié une partie de la biodiversité naturelle pour créer des plantes adaptées à ses besoins. Une maîtrise grandissante des processus de sélection lui a permis d'exploiter cette diversité, des espèces sauvages aux espèces cultivées, jusqu'aux formes récemment créées, en passant par les variétés anciennes. C'est cet ensemble qu'on appelle ressources génétiques.

L'usage de ces ressources sert des objectifs différents : les impératifs agronomiques, productivité, résistance aux parasites, réduction des coûts en intrants, la préservation de l'environnement (variétés consommant moins d'azote), et les exigences de plus en plus pointues de l'industrie agro-alimentaire. En effet, 80 % de la production agricole fait aujourd'hui l'objet d'une transformation. Des variétés aux qualités diverses voient donc le jour : blés adaptés aux machines agricoles, ananas calibrés pour un conditionnement en boîte ! Autant d'objectifs atteints en puisant dans la diversité des ressources génétiques.

Exploiter efficacement les ressources génétiques sous-entend une démarche en plusieurs étapes :

D'abord, collecter et recenser les plantes susceptibles de détenir des caractères intéressants.

Ensuite, décrire ces ressources et les caractériser pour connaître précisément leur qualité et leur diversité.

Enfin, gérer ces ressources : il s'agit de les conserver, en conciliant le choix d'une technologie adaptée (conservation en plein champ, conservation in vitro() et son coût. Cette lourde tâche est partagée, en France, entre des partenaires publics et privés. Parallèlement, il faut veiller à l'accès aux ressources génétiques (échange d'informations passant par la création de bases de données).  


Collecter les ressources génétiques

Le chou

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Choux-fleurs, choux romanesco, choux de Bruxelles, brocolis... Les choux sont la première production légumière française. Dans les années 80, la prise de conscience de l'érosion de leur diversité génétique, due à la création de variétés très homogènes, a conduit à entreprendre une vaste collecte de graines, parmi les populations cultivées anciennes et les espèces sauvages apparentées. Cette collection constitue un réservoir de variabilité utilisable par les sélectionneurs.


Caractériser les ressources génétiques

Les chênes à feuilles caduques

Les chênes constituent 40% de la surface forestière française, et sont essentiellement représentés par les chênes sessiles et les chênes pédonculés. Les dépérissements survenus suite à la sécheresse de 1976 ont mis en évidence une méconnaissance des exigences écologiques de ces espèces, et de leur variabilité génétique.

L'histoire de la recolonisation de l'Europe par les chênes après la dernière glaciation, reconstituée grâce à l'étude des pollens fossiles et de l'ADN des chênes actuels, explique une large part de cette variabilité. On observe par ailleurs des différences entre populations, liées à des adaptations au climat ou au sol. Ces travaux conduisent à conseiller aux forestiers d'utiliser les ressources génétiques régionales pour régénérer les chênaies.


Echanger l'information sur les ressources génétiques

Les agrumes

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La Station de Recherches Agronomiques INRA-CIRAD de San Giuliano en Corse, assure la gestion française des ressources génétiques d'agrumes (Citrus), et regroupe ainsi 1300 accessions. La création d'un logiciel (EGID), donnant accès à l'ensemble de cette base de données, s'inscrit dans un réseau international d'échange des connaissances entre instituts de recherche.


Conserver les ressources génétiques

La vigne

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Le domaine de Vassal, situé près de Montpellier et géré par l'INRA, est la référence internationale en matière de ressources génétiques de la vigne. Il abrite sur 11 ha, 7503 introductions provenant de 35 pays, fruit d'une collecte amorcée en 1876. La nécessité d'une conservation est apparue suite aux dommages importants qu'ont subi les vignes françaises par le passé (Phylloxera, mildiou, Oïdium...), et à la généralisation de la culture de quelques cépages renommés qui a affaibli leur diversité.

Le domaine de Vassal est implanté sur un banc de sable pauvre en argile, notamment exempt de Phylloxera. La conservation des vignes peut donc se faire en plein champ. Néanmoins, les collections au champ sont exposées aux accidents climatiques et à des agents pathogènes. Un moyen de limiter ce risque est la culture in vitro. La vigne s'y prête d'ailleurs assez bien. On peut aussi pratiquer la cryoconservation : stockage, dans l'azote liquide à basse température, de bourgeons ou de cultures de cellules embryonnaires, à partir desquels on peut régénérer les plantes entières.


Exploiter les ressources génétiques

Le blé

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A travers l'évolution des objectifs de sélection, se dessine l'histoire de l'agriculture française sur le dernier demi-siècle.

Dans les années 50, des variétés de blé à fort rendement ont été créées pour faire face à la pénurie alimentaire. Une fois l'autosuffisance atteinte, les excédents ont conduit à développer les exportations. Puis, la France est entrée en situation de surproduction. Les sélectionneurs ont peu à peu adapté leurs objectifs de sélection aux demandes spécifiques de l'industrie de transformation (bonne qualité boulangère...), et aux exigences environnementales (résistance aux maladies diminuant l'utilisation de produits phytosanitaires...).

On cherche également de plus en plus à développer les usages non alimentaires du blé (énergies nouvelles, biomatériaux...).

L'INRA a créé le blé Renan, commercialisé depuis 1989. Cette variété cumule des résistances plus ou moins élevées à de multiples maladies (Oïdium, rouille...), tout en ayant une bonne valeur agronomique et boulangère. Par ailleurs, l'INRA développe aussi un axe de recherche sur l'adaptation à diverses conditions de sols et de climats.