Séminaire sur l'animalité et les rapports homme/animal

Organisateurs :
Florence Burgat, INRA, STEPE, Ivry - Raphaël Larrère, INRA, STEPE, Ivry

Le séminaire que nous proposons de mettre en place, a pour objet de présenter et de stimuler des recherches sur l'animal et les rapports entre les humains et les animaux.
Il s'agira de confronter les approches de différentes disciplines (Philosophie, éthique, histoire, anthropologie, sociologie, sciences cognitives, neurologie, éthologie).
Les interventions sont réparties selon une logique qui vise à faire émerger une réflexion approfondie sur les conceptions et les usages de l'animal.


Trois grands axes structurent le propos d'ensemble :

  1. Comment la tradition occidentale a-t-elle pensé l'animalité, décidant ainsi du statut et du traitement des animaux ?
    Il s'agira de préciser les présupposés philosophiques (et/ou théologiques) et les conséquences éthiques du statut accordé aux animaux.
    Mais il conviendra aussi d'étudier les animaux dans l'histoire des représentations sociales et dans celle des sensibilités. Les relations d'indifférence, de prédation, d'évitement, ou bien d'appropriation, de familiarité et d'utilisation, sont par ailleurs tributaires du caractère, sauvage ou domestique, des animaux : l'histoire des processus de domestication doit ainsi permettre de brosser un tableau de la diversité des rapports que nous entretenons pratiquement avec les animaux.
    Nous nous proposons enfin de compléter cette investigation concernant notre culture par la présentation d'exemples fondés sur d'autres présupposés que ceux de la pensée occidentale : certaines sociétés intègrent ainsi animaux et humains dans la même communauté. Il s'agira d'en dégager les conséquences sur le statut que ces cultures accordent aux animaux et sur la manière dont elles les traitent.

  2. Après s'être interrogés sur le statut que les sociétés humaines accordent aux animaux (sauvages et domestiques), il s'agira de préciser ce que l'on sait du monde propre de l'animal.
    Les catégories de cognition, de comportement et de culture, utilisées aujourd'hui aussi bien par les philosophes que les psychologues ou les éthologues permettent de se demander ce qu'est l'animal, et de sortir des oppositions entre intelligence et instinct, culture et nature, qui continuent de nourrir le sens commun.
    Sera mis à jour l'effort qui consiste à s'interroger sur l'être propre des animaux, et sur la diversité de leurs manières d'être.

  3. C'est à la lumière de ces interrogations que seront abordées les formes d'exploitation des animaux et les relations qu'elles impliquent.
    On se prèoccupera ainsi d'étudier l'exploitation matérielle que constituent les différentes formes d'élevage.
    La dimension symbolique de ces pratiques, comme celle de l'élevage d'animaux de compagnie doit être analysée. Enfin l'utilisation idéologique de l'animal ne saurait être négligée.

En fin de compte, c'est la question éthique et politique du bien vivre ensemble — humains et animaux — celle de l'aménagement d'un monde commun que nous voulons poser.

La littérature concernant ces thèmes est déjà consistante, les recherches actives (en témoignent plusieurs livres récents et de nombreux colloques), les controverses nombreuses et parfois vives. Nous ne prétendons pas dans ce séminaire de recherche poursuivre une synthèse. Il s’agit de stimuler, puis d’examiner et de soumettre à critique des travaux originaux et de débattre de certaines controverses.

Le principe de ces séminaires sera donc le suivant :

  • Quinze jours avant chaque séminaire, l’intervenant fournit un texte qui sera distribué à tous les participants du séminaire. Il peut s’agir d’un article déjà soumis à une revue, ou destiné à un ouvrage collectif mais non encore publié ; de projets d’articles ou d’interventions dans des colloques ; de projets d’ouvrages ou d’ouvrages juste publiés ; de projets de recherche bien rédigés, etc.
  • Deux membres du séminaires seront chaque fois désignés pour procéder à une lecture approfondie du texte, et pour introduire sa discussion et sa critique.

A l’exception des articles et ouvrages " à paraître ", ainsi que d’éventuels projets de recherche, l’objectif est de parvenir à une publication des interventions.

Ce séminaire prévu sur trois ans (reconductibles éventuellement) veut être un lieu d’échanges et de débat autour de travaux récents ou en chantier (pas de fonds de tiroirs). Aussi son programme ne saurait-il être défini dès aujourd’hui au delà des premières interventions (c’est à dire de la première année).

voici le programme prévu pour les dix premières séances (de Novembre 2000 à Septembre 2001)