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Les Épingles tout frais forgées sont en haut de la pile
En épingle
L'insecte ou l'événement entomologique du jour, celui qui défraye la chronique et qui alimente les conversations en ville et dans les insectariums, sera épinglé sur cette page abricot, qui s'enrichira au fur et à mesure des événements entomologiques.

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Rédaction (sauf mention contraire) : Alain Fraval  

Pour le maintien de l'ordre, Course de bêtes (parues dans Insectes n° 155) * En 2010 : L’acacia imite le cri de la fourmi, Emprunt, La mineuse du biocarburant, Lucilie GMLa chrysomèle du biocarburant, Il met le grappin sur elle, Ya pas d'mâles, Lumière très réfléchie, Tabac de nuit ouvert le jour, Sans papier en rétention, Zombiptères nucléairesOuvrières en CDD, Entomologie spatiale (suite), Buis envahiDe la poudre jusqu'aux yeux, Maigre espoirRegarder penser les mouches, Greffe du nezProlétaire sans défenses,  La méfiance en héritage, Camions d'hiverAlteroviposition,  Le ver rose résiste à Monsanto,  Naviguer au pifMme Muscle

Droso AlzheimerAccueillante CalifornieLes voies de l’immigration clandestine,

Les Épingles de collection   * Consulter, page par page, les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002,  Les Épingles de 2003, Les Épingles de 2004, Les Épingles de 2005,  Les Épingles de 2006, Les Épingles de 2007,, Les Épingles de 2008,  Les Épingles de 2009


18 mars 2010

Les voies de l’immigration clandestine

Dans plusieurs cas, on soupçonne que l’invasion d’un nouveau territoire par un insecte (indésirable) n’est pas partie de son aire d’origine mais d’un foyer intermédiaire. Là, une population aurait acquis les caractères qui font dudit insecte une espèce « invasive ». C’est l’« effet tête de pont ».
Pas facile à prouver.
Une équipe de chercheurs de Montpellier et de Sophia Antipolis s’y est attaquée, sur le cas de la Coccinelle asiatique, Harmonia axyridis (Col. Coccinellidé). Une envahisseuse quasi cosmopolite désormais. Analysant (par une méthode statistique de comparaison de scénarios) les variations des microsatellites (courtes séquences d’ADN particulières) et les relevés historiques des premières observations, ils ont établi la carte des chemins empruntés par la coccinelle.
Depuis 1916, on l’a introduite, comme auxiliaire prédateur de pucerons ravageurs des cultures, à partir de plusieurs prélèvements en Extrême Orient et à plusieurs reprises en Amérique du Nord. Mais elle ne s’y est jamais maintenue au-delà de quelques décennies. Mêmes échecs en Europe (1982) et en Amérique du Sud (1986).
En 1988, une pullulation est signalée en Louisiane, puis une autre en 1991 en Oregon (côte nord-ouest des États-Unis). En 2001, le phénomène se manifeste en Belgique et en Argentine, en 2004 en Afrique du Sud. La gentille bête à bon dieu, le secourable agent de lutte biologique devient une peste honnie, dévorant les coccinelles autochtones, envahissant les maisons et dépréciant les récoltes de fruits. Les entomologistes sont vilipendés.
Surprise : toutes ces populations proviennent de la « souche » est-états-unienne, la tête de pont de l’invasion mondiale. En Europe, des caractères d’une souche introduite comme auxiliaire s’y mélangent (sans effet sur ses capacités « invasives »).
La coccinelle a cheminé toute seule, en passagère clandestine de billes de bois, entre autres, où elle s’était installée pour passer l’hiver.
Article source : Lombaert E, Guillemaud T, Cornuet J-M, Malausa T, Facon B, et al., 2010. Bridgehead Effect in the Worldwide Invasion of the Biocontrol Harlequin Ladybird. PLoS ONE 5(3): e9743. doi:10.1371/journal.pone.0009743. En ligne.
À (re)lire : La Coccinelle asiatique Harmonia axyridis (par Gilles San Martin, Tim Adriaens, Louis Hautier et Nicolas Ottart). Insectes n° 136 (2005-1).

Droso Alzheimer

Après avoir montré in vitro que la protéine Affibody se lie avec le peptide A-bêta, l’empêchant de former des agrégats, Leila Luheshi et ses collaborateurs (University de Cambridge, Royaume-Uni) ont vérifié ce résultat chez la Mouche du vinaigre. 
Affibody est le nom d’une firme suédoise qui produit cette petite protéine de synthèse, inventée sur ordinateur ; le peptide A-bêta (ou bêta-amyloïde) est une forme anormale et neurotoxique d’une glycoprotéine de la membrane cellulaire qui forme des plaques (dites amyloïdes ou séniles) extracellulaires dans le cortex des malades d’Alzheimer.
Des mouches d’une souche génétiquement modifiée pour développer des plaques amyloïdes dans leur « cerveau » ont été croisées avec celles d’une seconde lignée, génétiquement modifiée pour produire la protéine Affibody. Leur descendance produit bien l’A-bêta mais leur tissu nerveux ne montre pas les plaques typiques d’un Alzheimer.
Une avancée due aux progrès de l’ingénierie des protéines.
D’après « Fruit flies and test tubes open new window on Alzheimer's disease », par Nick Saffell. Lu le 15 mars 2010 à www.eurekalert.org/
Voir le cerveau de la droso en 3 D

Accueillante Californie

L’Eudémis de la vigne, après avoir, depuis l’Italie méridionale, établi il y a longtemps ses quartiers en Europe (jusqu’en Russie), en Afrique (du Nord et de l’Ouest), au Moyen-Orient a gagné tout récemment le Chili et le Japon. Des papillons de Lobesia botrana (Lép. Tortricidé), ont été pris au piège en septembre 2009 près d’Oakville (comté de Napa) – on ignore comment ils sont arrivés là - et l’inquiétude est très grande dans cette contrée de vignes et de vergers.
Les chenilles de l’Eudémis, carpophages, s’attaquent surtout aux raisins mais elles sont également potentiellement nuisibles à d’autres fruits comme, chez nous, aux groseilles et aux cassis. En Californie, les kiwis, les olives, les grenades et les kakis sont, en plus des raisins, menacés.
Les autorités ont défini une zone de quarantaine (en 2 parties) : les fruits produits à l’intérieur doivent être consommés sur place… Elles envisagent une lutte par confusion sexuelle, au moyen d’un analogue de synthèse de la phéromone de rapprochement des sexes de la femelle diffusé massivement mais discrètement.
En effet… La région vient d’être envahie par la très polyphage et très vorace Pyrale brun pâle de la pomme, Epiphyas postvittana (Lép. Tortricidé), découverte en 2006 et maintenant répandue partout. On avait l’occasion, grâce à des épandages aériens de la « phéromone » faits au début de l’installation du ravageur, d’éradiquer l’envahisseuse. Mais les gens se sont opposés aux traitements aériens, qui ont été arrêtés.
D’après « Invasive moth threatens wine grape crop”, par Peter Fimrite. San Francisco Chronicle, lu le 10 mars à www.sfgate.com/
À(re)lire l’épingle « La Pyrale de la pomme de la discorde » de 2008, en ligne à 
La fiche HYPPZ de l’Eudémis de la vigne 

PS : en 2008, une « terrible » mouche des fruits est apparue, venant d'Asie : Drosophila suzukii, qui a gagné l'Oregon voisin.
PPS : le vignoble californien a dû affronter la résurgence d’un américain de souche : voir « Phylloxéra, le retour », par Alain Fraval, Insectes n° 136 (2005-1).

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10 mars 2010

Àvoir sur Internet :

Un hôtel à abeilles au ministère du Développement durable - une action OPIE-ONF. En vidéo.

À lire sur Internet :

Un cachet contre les poux ? Par C.D. NouvelObs.com, 10 mars 2010.
" Un nouveau médicament anti-poux pourrait faciliter la lutte contre les pédiculoses, selon des chercheurs français."
À (re)lire : "L'éradication du varron : 
Inquiétudes d'un biologiste", par Thierry Lecomte. Insectes n°111 (1998) et l'encadré " Bouses toxiques", p. 7, Insectes n° 149 (2008).

Quand les papillons racontent l'histoire de la vie. Ouest France, 10 mars 2010
" L'Atlas entomologique régional a inventorié des milliers de papillons. Le Nantais Christian Perrein, son fondateur, veut éditer une Biohistoire des Papillons, qui peine à éclore en raison de son coût. "

Abeille et environnement, par INRA-Audiovisuel - 3 mars 2010 : restitution des exposés et des discussions, en vidéos.
Introduction -Économie de la filière apicole - Abeilles, pollinisation et biodiversité : les risques du déclin - Abeilles, concentrateur du paysage.
Caractère imprévisible de l’action des pesticides à faibles doses chez l’abeille - Abeilles et produits phytosanitaires : exposition et évaluation des risques  - Présentation du rapport AFSSA : Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d’abeilles - Vers la construction d’une analyse globale du déclin des abeilles intégrant les multiples facteurs explicatifs.

Mme Muscle

Au bout des 25 000 épreuves de vol qu’ils ont fait subir à des imagos de la Mouche du vinaigre, Frank Schnorrer et son équipe (institut Max-Planck), ont déterminé les 2 000 gènes qui pilotent la formation de ses muscles alaires. Des muscles qui en font une athlète hors pair, dans les toutes premières du règne animal : ils développent en effet une puissance de 100 W par kg (poids vif).
Chez Homo sapiens, le coureur du Tour de France égale le culturiste avec un petit 30 W/kg. Ces deux dernières catégories de musculeux, bien au fait que beaucoup de gènes sont communs entre eux et le Diptère Drosophila melanogaster, espèrent que ces recherches déboucheront sans tarder sur une amélioration de leurs performances. D’autres y voient des pistes pour le traitement ciblé de maladies.
D’après « Fruit Flies – A Model for Bodybuilders », lu le 10 mars 2010 à www.newswise.com/

Naviguer au pif

Cataglyphis fortis (Hym. Formicidé) est une fourmi du désert, habitante des zones salées du Sud tunisien. Son nid souterrain s’ouvre par un petit orifice, à peine visible. Ses capacités d’orientation, pour retrouver sa colonie, ont été bien étudiées. Adaptée à un milieu où les traces chimiques ne sont pas opérantes, elle dispose de plusieurs systèmes de navigation : l’enregistrement de repères visuels, un compas solaire, un podomètre et un lecteur de paysage olfactif.
Ce dernier équipement était jusqu’aux tous récents travaux des myrmécologues de l’institut Max-Plank, à Iéna (Allemagne), l’apanage de l’homme et du rat.
Des ouvrières dressées à reconnaître 4 odeurs – différentes de celle du nid – lâchées sur le sable sans relief retrouvent le trou d’accès au nid dont elles sont sorties. Ceci même si ledit trou ne correspond plus à aucun nid. Pour réussir cette performance, elles ont besoin de leurs deux antennes (portant les organes de l’olfaction) : elles perçoivent les senteurs et leur emplacement en stéréo.
Article source : Steck K., Knaden M., Hansson B.S., 2010: Do desert ants smell the scenery in stereo? Animal Behaviour, online first (doi:10.1016/j.anbehav.2010.01.011)

Le ver rose résiste à Monsanto

Les planteurs de coton l’avaient bien repéré, Monsanto l’admet – et c’est une première. Dans certaines zones de l’état du Gujarat (Inde), le cotonnier produit par la firme ne résiste plus au Ver rose du cotonnier. Le « pink bollworm » se rit désormais des toxines de Bacillus thuringiensis produites par la plante génétiquement modifiée. 
Des suivis pratiqués par Monsanto en novembre 2009 ont révélé des taux de survie anormalement élevés des chenilles du ravageur. Des échantillons ont été rapportés au labo en janvier et février : les populations de Ver rose sont bel et bien résistantes.
Rashmi Nair, directeur scientifique du semencier, conseille aux agriculteurs de semer du cotton Bollgard II, qui possède deux gènes de Bt, développé pour retarder l’apparition de la résistance. Il leur recommande en outre de ménager des refuges (des cotonniers normaux). Mais les planteurs n’y croient plus et n’envisagent pas de consacrer une part de leur terrain à nourrir la peste.
D’après « Bt cotton ineffective against pest in parts of Gujarat, admits Monsanto », par Priscilla Jebaraj, The Hindu, 6 mars 2010, lu à //beta.thehindu.com/

On ne peut lire cette Épingle sans avoir pris connaissance de la précédente sur le sujet « Alteroviposition » , tout fraîche, ni sans revenir à l’articulet paru dans Insectes n° 122 en 2001 sous « En bref… », recopié tel quel ci-dessous.

LES PAPILLONS FONT DE LA RÉSISTANCE
La presse relaie l'information depuis un certain temps déjà : non, les cotons transgéniques de la firme Monsanto ne sont pas si efficaces que cela. Ils accuseraient en effet quelques faiblesses vis-à-vis des attaques du Ver rose du cotonnier, Pectinophora gossypiella (Lépidoptère Gelechiidé)... Par quel prodige ? Des chercheurs américains ont étudié, au laboratoire, le mécanisme d'acquisition de la résistance du papillon à la toxine CryiAc de Bacillus thuringiensis. En analysant la descendance issue de croisements entre papillons résistants et non résistants, ils ont déterminé que cette résistance dépend de la concentration en CrylAc : plus la concentration de la toxine est faible (moins elle est synthétisée), plus la mutation responsable de la résistance a des chances d'apparaître en descendance. Pour éviter l'émergence d'une telle résistance, il faut donc envisager d'emblée une forte expression de la toxine bactérienne dans le coton. Ce que Monsanto n'aurait apparemment pas suffisamment pris en compte dans sa production de coton Bt...
Lu sur le Journal des biotechnologies de l'INRA

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6  mars 2010

À noter :

L'INRA organise une rencontre intitulée "Abeilles et environnement" dans le cadre du salon de l'agriculture le mercredi 3 mars de 14h à 16h30.Cette rencontre sera retransmise sur le site de l'INRA.

Cartographie des fourmilions. Appel à contribution. R.A.R.E.

Effets des éléments boisés sur les populations de pollinisateurs dans les paysages agricoles. Proposition de thèse au CEMAGREF. Contact : Christophe Bouget (christophe.bouget(a)cemagref.fr)

À lire sur Internet :

De la part de l'INRA :
Les criquets : une valeur sûre pour la biodiversité
Une méthode d’échantillonnage fiable et reproductible, destinée à estimer le nombre de criquets présents dans les prairies d’un vaste site d’études. 
L’interaction entre pathogène et insecticide affecte la santé des abeilles
L’effet combiné induit un taux de mortalité plus élevé que chaque agent seul.
Biodiversité des pollens et santé des abeilles
La quantité et la diversité des ressources alimentaires (pollen) ont un impact direct sur la santé du pollinisateur.
Quels facteurs déterminent la biodiversité de la flore adventice en France ?
La diversité de la flore adventice analysée à une large échelle est favorisée par des systèmes agricoles peu spécialisés et peu intensifs. La conservation de cette biodiversité doit être raisonnée au niveau des territoires.

Alteroviposition

Cela fait treize ans qu’on cultive à grande échelle des cotonniers génétiquement modifiés, produisant des toxines de la bactérie Bacillus thuringiensis,  résistants aux attaques de ravageurs. Ceci se passe notamment en Inde, en Chine et aux États-Unis.
Normalement, les insectes « bioagresseurs » subissent une pression de sélection et, au bout de quelques générations, apparaissent des populations résistantes et les dégâts se manifestent. Les modèles mathématiques ont indiqué qu’il faut une dizaine de générations si les gènes sont dominants, un trentaine s’ils sont récessifs.
Pour éviter – ou tout au moins ralentir fortement – le phénomène, on a mis au point et appliqué la stratégie des refuges : des cotonniers normaux jouxtent des cotonniers GM. Ceci pour que les populations se mélangent en permanence et que les gènes de résistance se diluent.
Effectivement, on n’a observé que peu de cas de résistance, au bout d’une cinquantaine de générations des ravageurs (depuis 13 ans, les planteurs doivent semer 20 % de coton non GM).
Mais ceci ne serait pas tellement dû à l’installation des refuges qu’au comportement des femelles émergées dans les champs de coton Bt. D’après l’étude conduite par l’université de Wageningen (Pays-Bas) en collaboration avec l’université de la Caroline du Nord (États-Unis), des femelles pondent sur d’autres plantes. Leur descendance a une meilleure survie et la proportion de ces individus qui ont moins d’appétence pour le cotonnier augmente dans la population. Il en résulte des dégâts moindres, même en présence d’effectifs similaires. Et ce de façon durable.
Nos entomologistes vont maintenant vérifier leur hypothèse issue de modèles tournant sur ordinateur sur le terrain et étudier les préférences de ponte des insectes du coton dans les champs.
D’après « Oviposition behaviour of pest insects keeps Bt-cotton durably resistant », d’après l’université de Wageningen, lu le 3 mars 2009 à www.physorg.com

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23 février 2010

À lire sur Internet :

Guerre de moustiques, par J.L. Sciences-et-Avenir.com, 23 février 2010.
" Des moustiques génétiquement modifiés pour ne pas voler pourraient permettre de lutter contre la propagation de la dengue selon de nouveaux travaux. "

Les fourmis se cachent pour mourir… et protéger la colonie, par Grégoire Macqueron, Futura-Sciences, 19 février 2010.
"
Chez plusieurs groupes d’animaux sociaux, les individus mourants partent parfois finir dans la solitude. Des chercheurs allemands ont découvert que chez les fourmis cet isolement social était une tentative volontaire pour éviter de transmettre leur infection au reste de la colonie. "

Une pincée de camions d'hiver

Le philanthrope Bill Gates appuie ses discours par un lâcher d’insectes : après des moustiques (symboles du paludisme), il vient de libérer un plein bocal de lucioles (l’énergie propre…).
En Australie, le Crapaud de la canne à sucre, Buffo marinus, envahisseur envahissant originaire d’Amérique du Sud, s’avère inadapté et donc en péril face à une fourmi indigène, Iridomyrmex reburrus. Contrairement aux grenouilles du cru, il vit le jour, ne les voit pas et, trop pataud, ne leur échappe pas. D’après Rick Shine (université d Sydney), l’efficacité de l’auxiliaire autochtone de lutte biologique est grandement augmentée en disposant de la pâtée pour chats, très prisée de la fourmi, dans son habitat.
En activant ou en désactivant le gène de la production d’une protéine nommée Rac, chez une drosophile génétiquement préparée, une équipe sino-états-unienne dirigée par Yi Zhong, a provoqué ou empêché l’oubli, par ladite mouche, d’une association d’odeurs avec un petit choc électrique : son cerveau efface chimiquement les souvenirs.
En Indonésie, des ouvriers préparent une statue de bronze de Barack Obama enfant - qui a vécu dans ce pays et doit s'y rendre en mars - avec un papillon sur le doigt.

Prolétaire sans défenses

Le Puceron rose et vert du pois est un ravageur important des légumineuses. Acyrtosiphon pisum (Hém. Aphididé) est aussi l’hôte de nombreux labos pour l’étude de la symbiose, de la transmission des virus, des relations plantes-insecte et du polymorphisme.
Son génome a été décrypté (il comporte deux fois plus de gènes que celui des autres insectes analysés jusque-là) et Nicole Gerado, chef de l’International Aphid Genomics Consortium, s’est penchée particulièrement sur les gènes des défenses immunitaires. Surprise : ils manquent presque tous. Le puceron affronte donc ses ennemis (de nombreux microorganismes pathogènes, principalement des champignons, en plus des insectes parasitoïdes et prédateurs) dépourvu de la plupart des moyens d’y résister qu’ont les autres insectes.
Les pucerons s’en sortent pourtant et sont capables de rapides proliférations conduisant à de belles pullulations. Ce sont d’efficaces suceurs de sève, qu’ils digèrent avec l’aide de bactéries (Buchnera) associées avec eux depuis 50 millions d’années. Il se pourrait que la perte de défenses immunitaires soit nécessaire pour conserver ces symbiontes. Les pucerons ont en même temps « fait un choix » particulier d’« investissement » : grosso modo, toutes les ressources du puceron – des puceronnes virginipares - sont affectées à la fabrication de pucerons, et de plusieurs générations emboîtées.
Autrement dit, sa seule richesse est dans sa lignée (proles en latin), c’est un vrai prolétaire.
D’après, notemment, « Pesky aphid thrives despite weak immune system », lu le 22 février 2001 à www.eurekalert.org/

La méfiance en héritage

Le Grillon automnal, Gryllus pennsylvanicus (orth. Gryllidé nord-américain), a tout à craindre de l’araignée-loup Hogna helluo (Lycosidé). Les individus rescapés de ses tentatives de prédation, et ceux des populations qui sont en contact avec elle, se protègent mieux contre ses assauts. Et les enfants des rescapées aussi, de façon innée. Telle est la découverte faite par Jonathan Storm et Steven Lima (université de l’Indiana, États-Unis), publiée dans American Naturalist.
Ils ont déposé des femelles dans un terrarium occupé par une araignée affamée mais aux chélicères neutralisées par de la cire. Puis observé le comportement des grillons de leur descendance (il n’y a pas de soins maternels), dans les mêmes conditions. Par rapport à des témoins dont la mère n’avait pas connue l’araignée-loup, ils se protègent mieux, restant deux fois plus longtemps à l’abri et sont repoussés par les déjections et les fils de soie de leur ennemie.
C’est la première fois qu’on met en évidence ce phénomène. La transmission de facteurs de résistance à un pathogène était connue. Le mécanisme reste mystérieux.
D’après « Grillen warnen via Ei », lu le 18 février 2010 à www.scienceticker.info/

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18 février 2010

À lire sur Internet :

Le SPIPOLL - suivi photographique des insectes pollinisateurs. Programme de science participative lancé par le Muséum National d’Histoire Naturelle, l’OPIE, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme et la Fondation Nature & Découvertes.
Première présentation.

Quand la mouche remplace le diamant sur le crâne de Damien Hirst,  20 minutes, 4 février 2010.

La diversité des paysages au service des papillons, par Grégoire Macqueron, Futura-Sciences, 13 février 2010.
" Quand l'environnement est varié, les papillons se portent mieux. C'est ce que démontre une équipe de chercheurs britanniques. Moralité : les paysages devraient être inclus dans les programmes de conservation et il ne serait pas inutile d'en créer. "

L'OPIE-MP investit le camp militaire du Larzac. Midi Libre, 13 févrer 2010.

Une coccinelle télécommandée, par par Isabelle Burgun.  Lien multimédia, 11 février 2009.
" Ce n’est pas un robot. Mais une véritable coccinelle qui, le temps d’une « couvaison », abrite une larve de guêpe pour en assurer sa survie. Et, une fois la mission accomplie, la coccinelle retrouve sa liberté ! "
[
Dinocampus coccinellae, Hym. Braconidé]

À noter :

La biodiversité: qu'est ce que c'est ? par Laurent Pélozuelo et Le naturaliste et les fourmis, par Laurent Cournault. Conférences de l'OPIE-MP, samedi 6 mars, 14h30, à Gaillac (Tarn); Contact : lpelozuelo@yahoo.fr
 
Greffe du nez

Un bon moyen de répertorier les odeurs auxquelles les insectes sont sensibles (les aimant ou les détestant) est de transposer leurs sensilles olfactives – situées sur leurs antennes – une par une à des œufs de grenouille. Lesquels sont plongés dans une solution de la substance chimique en examen. On enregistre les variations de potentiel électriques induites en cas de réaction. On a ainsi étudié l’odorat de papillons de nuit, de l’Abeille domestique, de la Mouche du vinaigre.
L’outil ne convient pas pour des produits volatils, comme ceux qui guident les moustiques vecteurs vers leur repas de sang. D’où la mise au point d’un nouveau dispositif, certes plus long à mettre en œuvre. Il est constitué d’une drosophile mutante anosmique à laquelle on a greffé un par un les gènes des récepteurs olfactifs du moustique.
La méthode se révèle capable de repérer aussi les composés chimiques qui inhibent l’olfaction. On a pu ainsi montrer qu’Anopheles (Dip. Culicidé) possède des sensilles spécialistes à côté de généralistes et inventorier 27 substances « olfactoactives » spécifiques de la peau humaine.
Travaux conduits aux États-Unis par les équipes de Laurence Zwiebel (œufs de grenouille, à Vanderbilt) et de John Carlson (droso, à Yale).
D’après « Scientists Transplant Nose of Mosquito, Advance Fight Against Malaria », lu le 16 février 2010 à //www.sciencedaily.com

Regarder penser les mouches

Une équipe du Caltech (Institut californien de technologie) vient de réussir à enregistrer les variations d’activité de neurones du « cerveau » de la Mouche du vinaigre. Un peu (un tout petit peu) comme une IRM fonctionnelle.
Un groupe de cellules nerveuses qui participe au maintien de la stabilité du vol en réponse à des stimulus visuels voient leur réactivité doubler brusquement dès que la mouche se met à voler. Ce résultat était connu du criquet, bien plus gros ; la droso est avantageuse car son génome est parfaitement connu, ce qui permet d’aller plus loin.
Pratiquement, l’insecte dont les circuits neuronaux intéressants ont été marqués génétiquement, est scalpé ; une électrode de mesure est insérée au travers d’une sorte de casque renversé plein de liquide physiologique et collé à la fois à la cuticule et à un support. Devant notre patiente, un écran panoramique de diodes électroluminescentes lui présente un « paysage survolé » (schématique). Derrière elle, une soufflerie dispense un courant d’air qui lui fait battre des ailes. Sur le côté, des capteurs et une caméra infra-rouge.
D’après, entre autres, « Scientists record fruit fly brain waves », lu à www.upi.com/Science_News/ le 15 février 2010.
Article source (en ligne) : Maimon G., Straw A.D., Dickinson M.H., 2010. Active flight increases the gain of visual motion processing in Drosophila. Nature Neuroscience, 14 février 2010 - doi:10.1038/nn.2492

De la poudre jusqu'aux yeux 

Un asticot de Mouche du vinaigre (c’est encore elle qui expérimente) plongé dans un tube avec différentes sortes de carbone sous forme de nanoparticules s’en sort sans aucun dommage. Une mouche adulte moins bien. Les nanotubes monofeuillets (SWNT) lui sont fatals, mais le banal noir de fumée aussi. Dans tous les cas, elle contamine un tube propre.
Aveuglée, étouffée et n’arrivant pas à faire convenablement sa toilette, elle meurt au bout de quelques heures. Ce qui ressemble à l’effet de bien des poudres.
Des expériences plus fines sont sans doute en cours. Faut-il avoir peur, suite à cette manip ? Les nanoparticules font l’objet d’oppositions virulentes. Déjà incorporées dans de nombreux produits dont elles améliorent les qualités, elles sont fabriquées et mises en œuvre dans des conditions très contrôlées ; elles ne s’offrent pas aux asticots pour s’y vautrer ni aux mouches pour s’y baigner.
D’après, entre autres, « Dangerous Nanoparticles Can be Transported by Insects », lu le 12 février 2010 à www.naturalnews.com/
C'est une vieille manip, épinglée en 2007 :  "
Nanotuber les mouches "

Maigre espoir

La droso (toujours et encore elle) est plus attirée par le sucre le jour que la nuit. En détruisant une fonction « horloge » contenue dans les sensilles de sa trompe, on la rend gourmande en permanence. Son cerveau n’intervient que pour commander en réponse l’acte de lécher les jus sucrés.
Si jamais Homo sapiens possédait aussi une horloge dans ses papilles, si on arrivait à la dérégler…
D’après « Tiny Tongue of a Fruit Fly Could Offer Big Clues in Fight Against Obesity, Researcher Says », ScienceDaily, 11 février 2010, lu à //www.sciencedaily.com/

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9 février 2010

À lire sur Internet :

Des fourmis sous contrôle video, par caroline Depecker. Le Temps, 6 février 2010.

Les papillons migrateurs gardent le cap dans le vent dominant, par Hervé Morin. Le Monde, 5 février 2010.

La fructueuse rencontre d'une orchidée et d'un criquet, par C.D. Sciences-et-Avenir.com, 12 janvier 2010.
"Pour la première fois, un criquet a été observé se nourrissant du nectar d’une orchidée, œuvrant du même coup à la pollinisation de cette plante."
[Glomeremus sp. (Orth. Gryllacrididé / Angraecum cadetii]
L'article source est en ligne ici (en anglais) : Claire Micheneau et al., 2009. Orthoptera, a new order of pollinator. Annals of Botany ; doi:10.1093/aob/mcp299

Entomologie spatiale (suite)

Le 2 février, une fusée iranienne propulsait dans l’espace un rat, deux tortues et des « vers ».
L’occasion de rappeler que :
-    le premier animal jamais envoyé dans l’espace fut une drosophile ; c’était en 1947, la fusée était d’un modèle allemand (V2) recyclé aux Etats-Unis et la mission de ces héroïques et anonymes Diptères était d’étudier l’effet des radiations ;
-    Félix fut le premier chat spationaute. Lancé à bord d’une fusée française, il a été récupéré en bonne forme sur le plancher des vaches ; des électrodes plantées dans le cerveau, il a rapporté des informations inédites sur la transmission de l’influx nerveux ;
-    Parmi de nombreux programmes gouvernementaux avec drosophiles, œufs de phasme et de Bombyx disparate, Vers à soie, abeilles charpentières et autres fourmis moissonneuses, il faut retenir l’expédition privée Genesis de 2006. Elle fut en effet l’occasion pour la chenille du Lépidoptère Tortricidé Cydia deshaisiana (= Laspeyresia saltitans) d’orbiter (sa chenille habite et meut les pois sauteurs) ;
-    le dernier envol d’insectes, en novembre 2009, a été épinglé ici. Belles Dames et Monarques ont travaillé sur le développement.
Graines et pois sauteurs, par Remi Coutin. Insectes n° 132 (2004-1)

Buis envahi

Le buis dont on fait les rameaux, les bordures des jardins de curé et des pièces d’échecs est-il menacé ? Originaire d’Asie, Diaphania perspectalis (Lép. Crambridé) a été repérée en Allemagne en 2007. Comme signalé ici en 2009, elle a colonisé les buis alsaciens depuis 2008 et devrait étendre rapidement son aire.
La chenille est glabre, vert clair avec des lignes vert foncé et deux rangées de verrues noires  pourvues de longues soies claires. Elle se développe en 5 semaines (il y plusieurs générations par an) aux dépens des feuilles. Elle en réunit plusieurs par des fils de soie pour constituer son abri de nymphose. La chrysalide est vert jaune avec deux bandes latérales parallèles brun noir.
Le papillon, nocturne, est de couleur générale blanche (il existe des formes brunes) avec des bandes brunes sur les ailes ; son envergure est de 4 cm.
D’après Feldtrauer J.F, Feldtrauer J.J, Brua C., 2009. Bull. Soc. ent. Mulhouse, 65(4), 55-58.
Fiche Pyrale du buis (illustrée) par la Société alsacienne d'entomologie.
Le buis est déjà victime de plusieurs ravageurs installés : la Tordeuse de l’if (Ditula angustiorana, Lép. Tortricidé), la Cochenille virgule du pommier (Lepidosaphes ulmi, Hém. Diaspididé), et deux espèces européennes qui se sont répandues en Amérique du Nord, la Cécidomyie du buis (Monarthropalpus buxi, Dip. Cécidomyidé) et le Psylle du buis (Psylla buxi, Hém. Psyllidé).
Réf. : Alford D. V., 1994 - Ravageurs des végétaux d'ornement - Version française :
Commeau M. F., Coutin R., Fraval A., Quae (ex-Éd. INRA), 464 p. En ligne partiellement sur Google books.


Ouvrières en CDD

Pour une période d’essai d’un an et dans le cadre de l’effort général pour soutenir les Abeilles domestiques et la pollinisation, deux ruches seront installées à Gwent près de Cwmbran (Pays de Galles, Royaume-Uni).
La situation de l’apiculture est mauvaise, 60% des abeilles ont disparu. Le site est idéal : il donne sur un vaste parc, le Jardin du souvenir, géré en bio.
On salue donc la décision du comité directeur du crématorium, qui escompte un meilleur classement aux concours des établissements les plus verts et a tenu à préciser que cela n’affectera pas le fonctionnement normal de l’entreprise.
D’après « Honey bees plan for crematorium », BBC News, lu le 7 février 2010 à //news.bbc.co.uk/

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2 février 2010

À lire sur Internet :


Bouquet garni pour les abeilles, par C.D. NouvelObs.Com, 22 janvier 2010.
" L'alimentation des abeilles est importante pour leur santé: elles gagnent à varier les fleurs qu'elles butinent, montre une étude. "

Les abeilles capables d'abstraction pour distinguer un visage humain. AFP, 30 janvier 2010.

Libellule africaine cherche coin sympa
. La Dépêche, 24 janvier 2010.
Nature. Les scientifiques l'appellent Trithemis annulata. Elle a été surprise en juillet dans la région de Gaillac puis à Lavaur.
[Libellule purpurine, Od. Libellulidé, en Corse depuis 1989]

Zombiptères nucléaires

Ces êtres mi-insectes mi-machines, moitié vivants moitié électroniques, soumis à la volonté de leur maître et pilote, devraient bientôt équiper l’armée états-unienne et s’y voir ordonner d’aller dans des endroits pas possibles pour y faire du renseignement.
Le DARPA (département des recherches avancées du Pentagone) planche actuellement sur une source d’énergie prometteuse : une centrale atomique embarquée.
N’imaginons pas un réacteur avec une vaste cheminée, oublions la fusion comme la fission. Le générateur fonctionne au nickel 63, élément instable qui évolue en cuivre en émettant des particules bêta. La substance radioactive est fixée au bout du bras élastique d’une courte potence qui se trouve attiré vers le substrat. À son contact, il se décharge et remonte ; un capteur piézoélectrique récupère alors l’électricité produite. Et ainsi de suite, pendant un siècle, la période de l’isotope.
Le processus fournit 5 mW pendant 0,01 seconde toutes les 3 minutes. C’est assez pour alimenter les capteurs et l’émetteur dont notre insecte est harnaché. D’ailleurs, on est en train de l’améliorer.
Et notre insecte, légèrement irradié et quelque peu cuivré ? On va examiner si ses performances sont affectées.
D’après « Cyborg Insect Spies to Become Nuclear Powered », par Aaron Saenz, lu le 1er février 2010 à //singularityhub.com/
À (re)lire : «
Les insectes s’améliorent », Épingle en ligne à la suite de bien d’autres sur le sujet. http://www.inra.fr/opie-insectes
NDLR : il est rappelé que les Zombiptères sont un ordre (militaire) d’insectes caractérisés par leur association (par une greffe effectuée au stade nymphal) à un équipement électronique.

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23 janvier 2010

À lire sur Internet :

Les colonies d’insectes seraient-elles des super-organismes ? par Grégoire Matheron. Futura-Sciences, 23 janvier 2009.

Un nouvel institut technique pour les abeilles sème le buzz chez les apiculteurs. Dépêche AFP 21 janvier

Des fleurs vont être plantées le long des routes pour les abeilles. Dépêche AFP, lue le 18 janvier 2010 à www.lesinsectes.biz/


Sans papier en rétention

Les douaniers états-uniens qui surveillent le passage sur le Gateway International Bridge qui relie Matamoros (Tamaulipas, Mexique) à Brownsville (Texas) on réalisé un belle prise. Jeudi dernier, ils interceptent une dame arborant une broche constituée d’un Coléoptère vivant orné de pierreries. La dame n’a pas été jetée en prison : elle avait déclaré le bijou. Mais le coléo s’est retrouvé expédié à la Protection des végétaux (à Los Indios International Bridge) pour vérification d’identité, car il ne possédait aucun permis d’importation de ravageur agricole.
D’après, notamment, « CBP Officers Intercept Live Jeweled Beetle », lu le 21 janvier 2010 à www.krgv.com/
PS : Jaime Zalac, porte-parole de l’association People for the Ethical Treatment of Animals est indigné : cette femme est une fashion victim ; elle fait souffrir un animal et a payé quelqu’un pour mutiler cet insecte alors que nous passons notre temps à expliquer aux gens comment replacer dans la nature les fourmis, les abeilles et les blattes égarés chez eux.
Photos de l’envahisseur

Tabac de nuit ouvert le jour

Les papillons de nuit sont les bienvenus sur les fleurs de tabac : attirés par leurs couleurs et leurs senteurs, ils en assurent la fécondation. Mais une fois repues, les femelles pondent sur les feuilles et une armée de chenilles dévore le tabac. Comment arrêter cet engrenage ?
Les blessures infligées par les mandibules des chenilles – grâce à une cascade de réactions déclenchées par leur salive et où intervient le jasmonate de méthyle (médiateur connu) – déclenchent une modification radicale de la phénologie de la plante. Au lieu de fleurir le soir, les boutons s’ouvrent au petit matin – en l’absence desdits papillons. En plus, ces fleurs ne sentent pratiquement rien. Et un nouvel agent intervient pour polliniser le tabac, le colibri.
L’oiseau s’avère convenablement efficace et la plante échappe au gros des ravages.
Ceci se passe en Amérique du Nord. Le tabac est Nicotiana attenuata, espèce sauvage autochtone, et le papillon est le Sphinx de la tomate, Manduca quinquemaculata (Lép. Sphingidé), espèce indigène univoltine.
Travaux du Max Planck Institut für Chemische Ökologie
Article source : Kessler D., Diezel C., Baldwin I.T., 2010. Changing pollinators as a means of escaping herbivores. Current Biology, Online First, January 21, 2010, DOI 10.1016/j.cub.2009.11.071

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15 janvier 2010

À lire sur Internet :

Les papillons menacés par le changement climatique et la perte d'habitat. BE Etats-Unis 191, 15 janvier 2010.

La guêpe parasite, nouvel outil génétique et pesticide. 24 heures, 15 janvier 2010.
Des chercheurs de l’Institut suisse de bioinformatique, à Genève, ont contribué à l’étude du patrimoine de l’insecte génétiquement prometteur.
[Nasonia vitripennis, Hym. Préromalidé]

À Angers, un labo invente l'insecticide du futur. Ouest-France, 15 janvier 2010.
"Une hormone sexuelle, un virus et un insecticide dans une microcapsule. Des chercheurs angevins révolutionnent le traitement des vergers et des vignes. Les doses seront considérablement réduites".
[Cydia (Laspeyresia) pomonella, Lép Tortricidé]

Les geckos, amis des ruches, Maurice Mashaal. Pour la science. 14 janvier 2010
"Les geckos pourraient débarrasser les ruches d'abeilles d'un de leurs principaux fléaux, des papillons nocturnes nommés fausses teignes."
[Galleria mellonella et Achroia grisella, Lép. Pyralidés / Hemidactylus mabouia]

La fructueuse rencontre d'une orchidée et d'un criquet, par C.D. Sciences-et-Avenir.com, 12 janvier 2010.
"Pour la première fois, un criquet a été observé se nourrissant du nectar d’une orchidée, œuvrant du même coup à la pollinisation de cette plante."
[Glomeremus sp. (Orth. Gryllacrididé / Angraecum cadetii]

Lutte contre les taupins, INRA, 2009.  Doc pdf à télécharger.
 "Les taupins sont des insectes coléoptères dont la larve vit pendant cinq ans dans le sol et se développe aux dépens des racines de cultures très variées. De nombreuses cultures connaissent une recrudescence des dégâts de taupin depuis dix ans. A la demande du ministère de l’Agriculture et de Pêche, un chercheur de l’Inra a coordonné, en collaboration avec Arvalis-Institut du végétal, un rapport présentant un état des recherches et des connaissances techniques en France et en Europe et les voies de recherche à privilégier pour lutter contre ce ravageur."
[Col. Elatéridés.]

Patrimoine naturel de Rhône-Alpes, ateliers invertébrés : Les actes. Colloque tenu les jeudi 20 et vendredi 21 novembre 2008 au musée des Confluences.

Lumière très réfléchie

Les autorités portuaires de Tauranga (Nouvelle Zélande) vont installer un nouvel éclairage pour repousser les attaques des indésirables. Ce lieu est le siège d’une intense activité d’exportation de grumes ; on y travaille jour et nuit. Le bois gisant là est à la merci, entre autres, d’Arhopalus ferus (Col. Cérambycidé, burnt pine longhorn beetle de son nom vernaculaire), attiré là nuitamment par les projecteurs.
Pendant 6 semaines, on fera l’essai d’une lumière jaune d’une longueur d’onde précise et qui, selon Steve Pawson, entomologiste chef du projet, est répulsive pour les insectes xylophages. On espère ainsi réduire les traitements au bromure de méthyle imposés par l’exigence des importateurs de se voir livrer du bois indemne de tout insecte.
D’après « Ugly lighting may deter insects », lu le 15 janvier 2010 à www.sciencealert.com.au/news/


Ya pas d'mâles

La fourmi champignonniste Mycocepurus smithii (Hym. Formicidé) se reproduit perpétuellement par parthénogenèse. C’est la seule fourmi à ne pas pratiquer, au moins de temps en temps, la reproduction sexuée.
Ce résultat a été obtenu par Christian Rabeling et Ulrich Mueller, en Amérique centrale. En élevage, il n’apparaît jamais de mâles, quelque soit le niveau de stress appliqué. Mais il existait en collection des spécimens de mâles capturés au Brésil dans les années 1960 ; réexaminés, ils s’avèrent appartenir à l’espèce voisine M. obsoletus, « normale ». Enfin, la dissection de reines fertiles a montré que leur spermathèque était vide.
M. smithii est une espèce de fourmi jeune – apparue il y a 2 millions d’années au sein des fourmis champignonnistes, vielles quant à elles de 50 millions d’années.
D’après « Fungus-gardening Ant Species Has Given Up Sex Completely », lu le 9 janvier 2010 à //engineering.curiouscatblog.net/

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12 janvier 2009

L'abeille à longues antennes est l'animal 2010. tsrinfo.ch, 5 janvier 2010.
"Pro Natura a choisi l'abeille à longues antennes comme "Animal de l'année 2010". Ces véritables "taxis à pollen" font partie des quelques 580 espèces d'abeilles sauvages de Suisse. Ils symbolisent l'incroyable diversité de ces indispensables animaux, selon l'organisation écologiste."
[Eucera longicornis, Hym. Apidé]

Lucilie GM

Des hangars d’aviation transformés en usines à mouches, des bombes au cobalt, des escadrilles d’avions pour lâcher les « mâles stériles ». C’était il y a 55 ans, les débuts réussis de la lutte autocide, appliquée à la Lucile bouchère, Cochliomyia hominivorax. Ce Diptère Calliphoridé du centre de l’Amérique pond dans les tissus vivants des animaux, notamment du bétail, causant de lourdes pertes. En 1982, l’insecte était déclaré éradiqué des États-Unis.
En lutte autocide, il s’agit de répandre dans les populations naturelles des mâles manipulés incapables d’avoir une descendance, qui copuleront à la place des individus sauvages. Si tout va bien, les effectifs de la peste diminuent très rapidement.
On fabrique actuellement les mâles stériles par irradiation. Le procédé est coûteux et les individus produits ne sont pas parfaitement compétitifs avec leurs congénères sauvages. Depuis 2004, une équipe de l’Agricultural Research Service cherche à manipuler les auxiliaires par génie génétique. Elle est parvenue déjà à créer des lucilies fluorescentes aux mâles aussi séduisants que les sauvages de l’espèce ; ce qui valide le vecteur  de la transformation (le transposon piggyBac). Reste à produire une souche qui ne donne que des mâles et des beaux.
D’après « Biotech Advance May Yield Genetically Sterile Screwworms », par Jan Suszkiw. Communiqué ARS/USDA du 29 décembre 2009, lu à www.ars.usda.gov/

La chrysomèle du biocarburant

La Chrysomèle du maïs, ravageur nord-américain récemment arrivé en Europe, sera-t-elle un ennemi de l’eulalie (Miscanthus sp.), cultivé pour l’ornement (herbe à éléphant, roseau de Chine…) et surtout pour la production d’agrofioul ?
S. Raghu, Joseph Spencer et leurs assistants (université de l’Illinois, États-Unis) ont disposé dans des cages autour de plants de Miscanthus x giganteus et de maïs des oeufs de Diabrotica virgifera (Col. Chrysomélidé) de diverses populations, ceci sous serre. Tous les plants ont assuré le développement complet de l’insecte (avec une mortalité plus forte sur les Miscanthus), y compris de la souche résistante à la rotation des cultures. Celle-ci est le cauchemar des maïsiculteurs états-uniens : les femelles pondent sur le soja.
Ils ont ensuite installé des pieds d’eulalie entre des lignes de maïs et constaté que les effectifs d’œufs pondus étaient équivalents.
Ces expériences montrent que la Chrysomèle du maïs pourrait, d’une part, constituer un problème nouveau pour l’agroléiculture et, d’autre part, aggraver la pression sur le maïs à partir de populations développées dans les champs de Miscanthus voisins.
Mais peut-être cela se traduira-t-il par un bénéfice. En effet, ces populations pourraient constituer un réservoir de chrysomèles sensibles, non soumises à la pression de sélection de lignées résistantes qu’exercent le maïs tolérant génétiquement modifié ou les traitements insecticides.
À moins qu’on n’en vienne à devoir traiter l’eulalie…
D’après « Miscanthus, a biofuels crop, can host western corn rootworm ». PhysOrg, lu le 5 janvier 2010 à www.physorg.com/
À (re)lire :
La Chrysomèle du maïs est en France, par Pierre Zagatti et Sylvie Derridj. Insectes n° 127 (2002 -4).
Biocarburer plus pour travailler moins, Épingle parue dans Insectes n° 146 (2007 – 3).
La mineuse du biocarburant (ci-dessous)

Il met le grappin sur elle

Non, la droso ne pratique pas l’insémination traumatique à l’instar de la Punaise des lits. Le mâle possède des épines crochues sur son pénis mais ce n’est pas pour blesser la femelle lors de l’intromission et faire s’écouler son sperme dans sa cavité générale, comme d’aucuns l’ont indiqué.
Armés d’un laser, Michal Polak et Arash Rashed (université de Cincinnati, États-Unis) ont retiré ces épines – des structures cuticulaires de taille de l’ordre du micron. Les cobayes, anesthésiés légèrement, étaient des mâles fraîchement émergés de Drosophila bipectina (Dip. Drosophilidé du groupe melanogaster). Des tout jeunes car, âgés de plus d’un jour, les individus gigotent trop, au risque de dégâts les rendant impropres à la suite de la manip.
Les opérés, mis en présence de femelles, copulent mais très brièvement. Ils sont pourtant tout à fait fertiles. La compétition avec des mâles normaux tourne absolument à leur désavantage.
Les crochets ne pénètrent pas ; ils servent visiblement à maintenir le mâle au contact de la femelle, agissant comme un grappin. Lequel servirait au mâle à vaincre les réticences d’une femelle peu consentante, qui rue des pattes arrières et dévagine violemment son ovipositeur (avant de s’en aller).
Ces épines crochues semblent s’accrocher presque toujours à un endroit particulier des génitalia de la femelle : des observations sont en cours pour vérifier l’hypothèse « velcro » - il y aurait là une structure cuticulaire particulière servant d’ancre. À préciser dans le cadre des recherches sur la sélection sexuelle.
D’après « Fruit flies take hooking up literally », par Charles Choi. LiveScience, lu le 8 janvier 2010 à /www.msnbc.msn.com/
À (re)lire : « Punaises ! », par Alain Fraval. Insectes n° 147 (2007 – 4).

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1er janvier 2010  En Epingle 2009

À lire sur Internet :

Le mimétisme, art guerrier animal, par Pierre Le Hir. Le Monde, 1er janvier 2010.
[Citronnelle rouillée, Opisthograptis luteolata, et Ennomos lunaire, Selenia dentaria (Lép. Géométridés)]

Les ravageurs des forêts: étude sur les insectes destructeurs des arbres
 par Henri de La Blanchère (1866) - extrait ci-contre

Les criquets migrateurs utilisent leur vue pour s'orienter. Dépêche AFP du 24 décembre 2009.

Un nouveau cafard semble avoir fait son apparition à New York. Dépêche AFP, 23 décembre 2009.

L’acacia imite le cri de la fourmi

La symbiose entre fourmis et acacias est bien connue. En Afrique des Crematogaster, en Amérique des Pseudomyrmex, profitent de l’abri (des organes creusés) et de la nourriture (nectaires extrafloraux, corps de Belt) fournis par l’arbre ; en échange, ils assurent sa protection en s’attaquant aux consommateurs de feuilles, insectes comme mammifères.
Ce service n’est pas effectué sur les fleurs (largement ouvertes et sans défense) et les pollinisateurs peuvent les fréquenter sans être agressés par les fourmis.
Nigel Raine, entomologiste à l’université de Londres, a recherché, avec son équipe, ce qui empêche les fourmis de patrouiller sur les organes floraux. C’est une odeur, émise par le pollen, présent en grande quantité dans les fleurs nouvellement écloses, qui repousse spécifiquement les fourmis – et pas les autres Hyménoptères floricoles qui seraient plutôt attirés. En mettant des fleurs dans une seringue et en en chassant l’air parfumé au-dessus d’une fourmi, on provoque un comportement agressif, analogue à celui déclenché par la phéromone d’alarme.
Il semble bien que l’acacia imite un signal chimique propre à sa foumi pour la tenir à l’écart de ses fleurs durant la pollinisation.
D’après « cacia plant controls ants with chemical », par By Victoria Gill, BBC News, lu le 27 décembre 2009 à //news.bbc.co.uk/

Emprunt

Les Homoptères opophages (pucerons, cochenilles, psylles…) ont recours à des microorganismes symbiotiques pour digérer la sève des végétaux qu’ils ponctionnent. Il s’agit notamment de bactéries logées dans des cellules circulant dans l’hémolymphe (bactériocytes) ou dans des organes particuliers appelés mycétomes (ou bactériomes).
Les fourmis Camponotines (Hym. Formicidés) exploitent des Homoptères, qui leur fournissent du miellat. Elles hébergent dans leur tube digestif, pour digérer cette nourriture, des bactéries du genre Blochmannia, présentes également chez des Homoptères.
Cette tribu de fourmis est remarquable par son succès évolutif : plus de 1 000 espèces qui exploitent des niches écologiques inaccessibles à leurs concurrents. Grâce à cet équipement, ses représentants profitent de miellats normalement indigestes.
Jennifer Wernegreen (université de l’Arizona, Tucson, États-Unis) a comparé les séquences d’ADN de diverses lignées de Blochmania de fourmis avec celles trouvées chez des Homoptères fréquentés par ces fourmis. Il en ressort principalement que les Camponotines et la bactérie ont coévolué (cospéciation), à partir d’une souche provenant d’une cochenille.
D’après « New research: ants acquired microbial symbionts from honeydew-producing insects », Myrmecos, lu le 19 décembre 2009 à
//myrmecos.wordpress.com/


La mineuse du biocarburant

La Grande Prairie nord américaine a disparu à l’exception de quelques réserves. Les plantes qui la composent éveillent depuis peu l’intérêt des agronomes : certaines sont cultivables (avec des besoins relativement faibles en intrants) et devraient « entrer dans la filière biomasse énergétique ». On sème ainsi du panic érigé (Panicum virgatum, switchgrass), une graminée pérenne.
En 2006, Paul Johnson, de l’université du Dakota du Sud, est sollicité par un producteur de graines de panic qui voit les plantules périr. L’année suivante, la perte s’élève à 40 %. Après avoir suspecté un gel tardif, au vu de trous au collet, on dispose des cages d’émergence qui piègent un petit papillon inconnu.
Des recherches poussées livrent le nom du lépido : Blastobasis repartella. L’espèce avait été décrite en 1910 sur deux spécimens mâles capturés au piège lumineux ; on la trouve tant sur les herbes sauvages que cultivées. La chenille de ce Blastobasidé (ou Coléophoridé Blastobasiné – groupe réputé réunir les papillons les plus insignifiants, esthétiquement parlant) vit en mineuse dans la tige du panic. Il y aurait une génération par an.
Une autre mineuse a été détectée, une espèce nouvelle du genre Chilophaga (Dip. Cécidomyidé) et la culture des autres plantes de la Prairie pour fabriquer de l’éthanol (barbon, spartine, silphie…) fera apparaître des ravageurs, jusque-là insectes « indifférents » négligés (car petits et moches).
Contrairement aux espérances de leurs promoteurs, ces plantes indigènes ne sont pas dépourvues de phytophages – qui peuvent devenir des ennemis très agressifs une fois qu’elles sont domestiquées, et risquent bien de ne pas échapper à des traitements insecticides…
D’après, notamment, « SDSU Scientists ‘Re-discover’ Switchgrass Moth », par Lance Nixon, Biomass Magazine, janvier 2010, lu le 29 décembre 2009 à www.biomassmagazine.com

Pour le maintien de l’ordre

L’extraction du charbon, dans les Appalaches (à l’est des États-Unis) se fait à bas coût en décapitant les collines à coups d’explosifs (la technique est nommée MTR = mountain top removing). Cette activité primaire rapporte plus de 3 milliards de dollars par an aux trois principales compagnies. Les déblais et les stériles comblent les vallées. On estime que 500 « sommets » ont été arasés et 2 000 km de rivières gravement perturbés (cours modifié, eau polluée).
Le lobby du charbon (Big Coal lobby) est inquiet. En septembre 2009, l’Environmental Protection Agency (EPA) constate que les 79 permis en vigueur violent tous le Clean Water Act (loi sur la protection de l’eau, en vigueur depuis 1972). Désormais, la délivrance des permis d’extraction, sous la coupe jusque là des ingénieurs de l’armée, sera désormais soumise au respect, par l’exploitant, de mesures de protection des éphémères. Cette audace inédite semble bien liée à la présidence de Barak Obama.
Depuis la fin des années 1990, les résultats s’accumulent sur les dommages infligés à ces insectes aux larves aquatiques. Ce ne sont pas les populations d’une espèce particulière qui sont menacées. L’ordre des Éphéméroptères tout entier risque de disparaître de ces contrées.
La pollution de l’eau potable, la destruction des forêts et des paysages et les atteintes à la santé causées par le MTR n’ont pas été suffisants pour obtenir l’interdiction de cette façon d’extraire du charbon. Le destin des éphémères touche le public et les politiques ; l’espoir renaît chez les opposants aux décapiteurs, encouragés par le précédent de la lutte contre l’exploitation de forêts anciennes, non loin de là, amenée au succès sous l'égide de la chouette tachetée.
D’après, entre autres, « Appalachia’s Spotted Owl: Will a Tiny Fly Stop Mountaintop Removal Mining?  », lu le 13 novembre 2009 à //understory.ran.org/
Décembre 2009

Course de bêtes

L’épreuve se déroule sur un terrain marqué de deux cercles concentriques : au centre se tiennent les entraîneurs ; les concurrents maintenus sous un verre renversé sont lâchés au signal de l’arbitre sur le cercle intérieur ; le premier (concurrent) qui a franchi le cercle extérieur a gagné.
Le règlement, mis au point par le Science Club, stipule entre autres que :
- ne sont pas admis à concourir les individus non vivants, d’espèces menacées ou exotiques ;
- la ligne d’arrivée sera franchie à la marche (vol, saut ou propulsion par l’entraîneur interdits) ;
- les concurrents devront être assez gros pour être visibles (les puces et les acariens sont notamment exclus) ;
- sera disqualifié tout concurrent qui en a dévoré un autre ;
- il est interdit d’apporter des modifications substantielles aux concurrents comme l’ajout de pattes ou d’ailes, l’éjointage de ces dernières ou leur collage ;
- l’usage (par les concurrents) d’anabolisants ou de dopants est strictement prohibé et les comportements suspects déclencheront des contrôles antidrogues et alcoolimétriques.
La Great American Bug Race se tient depuis 27 ans le campus de l’université à West Palm Beach, en Floride (États-Unis), au lieu-dit Orthoptera Downs. L’inscription coûte 1 $ ; si l’on n’a pas amené sa blatte, des vendeurs en proposent sur place à partir de 50 cents.
D’après « Great American Bug Race », Palm Beach Atlantic University, lu le 9 novembre 2009 à www.pba.edu/
NB. L’OPIE propose des lots de Blatte géante du Mexique, à 9 € les 6 adultes, très bien élevées et parfaitement propres du point de vue dopage mais pas spécialement sélectionnées ni entraînées pour ce genre de compétition.
Voir ici
Décembre 2009

Les Épingles de collection
Consulter, page par page, les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002,  Les Épingles de 2003, Les Épingles de 2004, Les Épingles de 2005,  Les Épingles de 2006, Les Épingles de 2007,,Les Épingles de 2008, Les Épingles de 2009
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