Le Courrier de l'environnement n°44, octobre 2001
Les Cinq-à-sept de la ME&S
La quatrième série des Chroniques de pince-neurones,

Les OGM, une technologie totalitaire ?

Vous avez dit totalitaire ?
OGM et société
Un appel aux débats
Conclusion qui n'en est pas une

Encadré : les cinq à sept


Le sujet de cette séance du 25 septembre 2001 : Depuis le début de l'été 2001, en France, le débat sur les OGM s'est encore radicalisé. Explicitement ou délibérément, bien des parties directement impliquées semblent y avoir mis du leur. La recherche agronomique est maintenant ouvertement attaquée et toute une série d'intellectuels, jusque là observateurs, prennent parti, défendant, par exemple, la recherche bec et ongles.
Le débat qui oscillait auparavant entre l'anathème (" Rétrograde ! ") et l'envolée lyrique (" Nous sauverons le monde ! ") s'est enrichi de références définitives au totalitarisme, à la Terreur, à l'épuration, au Siècle des Lumières, à l'obscurantisme, à l'Apocalypse, au Livre… Attila, Lyssenko, Staline, Rousseau, Condorcet, Jules Ferry, des Vandales d'opérette… sont invoqués très sérieusement.
Derrière ces images d'Épinal, au moins trois questions de fond se posent. (1) Les OGM sont-ils les fruits d'une technologie totalitaire ? (2) La recherche agronomique, si elle ne s'imposait pas un très haut niveau d'exigence et une transparence accrue, ne pourrait-elle pas jouer le rôle d'un nouveau Cheval de Troie ? (3) Cette façon de débattre de la recherche et de la technologie, de leurs finalités et de leurs conséquences, n'est-elle pas contradictoire avec le désir de renouvellement du débat entre Société et science ?
Autrement dit, les OGM ne seraient-ils pas une avancée technologique pour le XXIe siècle, qu'on a tenté d'introduire en société comme on le faisait au XIXe et dont on débat maintenant avec des méthodes encore plus anciennes ?

[R] Vous avez dit totalitaire ?

Le grand mot était lâché. Comment pouvait-on espérer, à partir de là, aboutir à un débat serein et objectif entre partisans et adversaires des OGM ? Et pourtant ce débat a eu lieu, courtois et modéré, preuve s'il en était besoin des vertus du dialogue lorsque ses conditions sont claires et prédéfinies sans ambiguïté. Mais n'anticipons pas.
Pour beaucoup, pas de doute, le qualificatif de totalitaire convient très bien aux OGM : ces produits sont en effet imposés aux paysans, à la société et à la Nature, sans consultation, ni dialogue. Quand il y a velléité de consultation, celle-ci est biaisée au départ, car on se trouve devant la logique du fait accompli. En témoigne cette information récente donnée par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) selon laquelle la " contamination " par les OGM serait beaucoup plus conséquente qu'on ne l'imaginait. On se trouve pris dans une logique de la fuite en avant qui a pour objectif la brevetabilité et le commerce du vivant (ce bien commun de l'humanité, selon certains). De gré ou de force, l'agriculture est prise dans cette logique qui concourt au développement du productivisme ; il en va de même de la recherche publique qui pousse ses chercheurs à la compétitivité. La recherche doit-elle être un agent de la lutte économique ou favoriser la solidarité entre les hommes ? Certains faits devraient nous faire réfléchir : le fait que les risques liés aux OGM ne soient pas aujourd'hui assurables, que les lobbies semenciers en Europe aient pu obtenir la confirmation de leur déresponsabilisation... Tout totalitarisme secrète une réaction de résistance. Malgré la violence de leurs propos et de leurs actions, les opposants aux OGM ne seraient ni des vandales (ils agissent à visage découvert), ni des obscurantistes (ils aspirent au débat). Ils se veulent dans la tradition militante de résistance à la politique du fait accompli. Ne pas agir ce serait capituler. On n'a pas le droit de renoncer, eu égard à la gravité des enjeux.
Sans partager - loin de là - cette position tranchée, nombreux sont ceux qui admettent pourtant le rôle de puissants lobbies, intéressés par le retour sur les investissements qu'ils ont consentis et, peut-être même, par les perspectives de la brevetabilité du vivant. Mais de là à parler de totalitarisme… Lorsqu'on utilise les grands mots, on se place dans une position de retrait qui nie toute possibilité de dialogue. Il faudrait d'abord s'entendre sur les mots. Que veut dire " totalitaire " ? Que les OGM recèlent des dangers, qu'ils se soient développés selon des processus que certains condamnent ne suffit pas à les qualifier de totalitaires. À ce compte-là, bien d'autres technologies pourraient être affublées de ce qualificatif (le téléphone portable, par exemple). En fait, serait totalitaire une technique ou une firme qui se développerait sans laisser d'autres choix possibles (on évoque le cas de Microsoft). Est-ce le cas des OGM ? Pas pour l'instant, en tout cas. Et quand bien même il en serait ainsi, s'interrogent les " pragmatiques ", est-on en situation d'en arrêter l'essor ?
Mais il faut affiner l'analyse : tous les OGM sont-ils à mettre dans le même sac ? Certainement pas. Tout le monde s'accorde pour distinguer au moins trois cas de figure : les OGM utilisés et confinés en laboratoire pour les besoins de la recherche fondamentale, ceux qui entrent dans les processus industriels, notamment pour la fabrication de nouveaux médicaments et, enfin, les plantes génétiquement modifiées (PGM) qui ont vocation à être cultivées en plein champ. À quelques nuances près, on s'accorde à reconnaître que les deux premières catégories ne posent pas de problèmes techniques particuliers, en tout cas pas de problèmes qui ne soient connus et pris en compte dans d'autres activités de même nature (recherche et industrie nucléaires ou chimiques, par exemple). En matière de recherche, il demeure des domaines passionnants à découvrir grâce à ce qui n'est rien d'autre qu'un outil (étude du fonctionnement des programmes génétiques, réexamen de la notion d'espèce) ; en pharmacologie, il peut y avoir encore débat sur les techniques les plus pertinentes à utiliser (l'hormone de croissance obtenue par génie génétique est irremplaçable, alors que l'insuline recombinée occasionnerait des effets secondaires), mais il n'existe pas d'opposition de principe. C'est donc sur les PGM que la contestation est vive. La critique de fond porte sur les essais de plein champ : les agriculteurs engagés dans la contestation et ceux qui partagent leur engagement en demandent avec force l'arrêt immédiat, en raison des risques non maîtrisés qui peuvent en résulter. Oui mais, répondent des chercheurs, ces techniques sont récentes et peuvent être améliorées. Rappelez-vous des craintes engendrées par le chemin de fer, au XIXe siècle. Et comment voulez-vous que nous répondions aux questions que vous nous posez (les risques de dissémination en milieu ouvert) si vous refusez les essais en condition réelle ? On ne peut pas étudier de telles questions dans des tubes à essais ! Qui donc est totalitaire ?
Quelles que puissent être les divergences de point de vue, la discussion montre que, sur ces aspects en tout cas, les positions sont plus nuancées que certains ne le pensent : il n'y a pas opposition entre deux systématismes.

[R] OGM et société

Mais les aspects scientifique et technique ne sont pas tout. Bien d'autres questions sont posées, économiques, politiques, philosophiques et éthiques notamment. Le vivant peut-il se résumer à un jeu de Lego ? Si le totalitarisme, réel ou supposé, ne réside pas dans la nature des OGM, peut-être provient-il de l'usage qui en est fait, de leur fonction dans notre société, une société qui recherche dans la technique des solutions à ses maux. On nous a fait croire au départ que ces produits n'avaient que des avantages et allaient résoudre la plupart de nos problèmes. Beaucoup se demandent si, en fait, l'hostilité aux OGM est une hostilité de fond, ou bien une hostilité aux pratiques de certaines grandes firmes multinationales, une hostilité aux modes de fonctionnement et aux errements du système capitaliste : avec, en arrière-fond, les menaces sur la santé humaine (allergies) ou sur la biodiversité, les craintes de la brevetabilité du vivant ou de la mise en tutelle des paysans. On fait remarquer que toutes ces craintes, souvent fort justifiées, ne sont pas imputables aux seuls OGM. Elles leur sont bien antérieures, dues pour partie au développement des échanges (allergies dues aux kiwis, par exemple), à la sélection d'un nombre réduit de plantes à fort potentiel productif. Faut-il pour autant restreindre les échanges, arrêter toute sélection végétale ? Quant à la brevetabilité du vivant, cette tentation mercantile n'a pas attendu les OGM pour se manifester. Certes, mais ces problèmes ont pris de l'ampleur et, fort heureusement, l'opinion publique a évolué : elle est aujourd'hui sensible à la mise en œuvre du principe de précaution et se préoccupe de la biodiversité. Dans ce contexte, les OGM sont-ils des déclencheurs, des révélateurs ou des boucs émissaires ?
De ce point de vue, la distinction entre les différents types d'OGM (techniquement acceptables ou non acceptables) perd de sa pertinence. Ce qui est en jeu c'est le sens du progrès et de son contrôle. C'est en particulier le maintien de la cohérence de la filière du progrès qui va de la recherche au consommateur final. Toute rupture de cohérence induit une dilution des responsabilités et des dysfonctionnements qui peuvent s'avérer dommageables, voire catastrophiques. Les OGM constituent un cas typique où les logiques d'acteurs (chercheurs, producteurs agricoles, industriels et consommateurs) s'opposent a priori : ce qui est perçu comme progrès par les uns ne l'est pas nécessairement pour les autres. Par exemple, il faudra convaincre les consommateurs que le renoncement au " progrès " que constituent les OGM aura un coût pour eux. Pour ce qui concerne les chercheurs, on s'accorde à reconnaître leur indispensable liberté de recherche. Encore faut-il que cette liberté soit accompagnée des moyens nécessaires dans le cadre de priorités démocratiquement et clairement définies. À cet égard, certains s'inquiètent de l'impérialisme des biotechnologies dont les dotations financières se développent au détriment des autres sciences de la nature : la Recherche aurait " choisi son camp " et, par conséquent, ne pourrait plus être un arbitre objectif. Les agriculteurs, de leur côté (du moins certains d'entre eux), sont réticents à l'usage de technologies susceptibles, selon eux, de porter atteinte à la santé humaine et à l'environnement naturel, et de conduire à un " monde sans paysans ". Les entreprises, pour leur part, réclament bien évidemment la liberté d'entreprendre en laissant le marché sanctionner la justesse de leurs choix (1). Théoriquement, le consommateur serait alors l'arbitre de ces choix. Mais encore faut-il que le consommateur soit bien informé. La cohérence tout au long de cette chaîne d'acteurs suppose donc que soient bien définies et reconnues les orientations et les responsabilités.
A défaut de cette perspective globale, chacun campe sur ses positions. On se trouverait dans la situation d'une guerre de tranchées longue et épuisante, où nul vainqueur n'apparaît clairement. Y a-t-il des intérêts qui poussent à la pérennisation de cette guerre ? Mais certains récusent cette image : ce serait plutôt la lutte du fantassin contre le rouleau compresseur des multinationales.

[R] Un appel aux débats

Sur ce sujet très controversé, passionnel et passionné, on est tout étonné de découvrir un point de consensus très fort : la nécessité d'ouvrir le débat. Les lecteurs du Courrier se souviendront peut-être que ce fut, avec le souci de la transparence, un leitmotiv de plusieurs précédents Cinq à Sept de la ME&S (2). L'importance donnée à cette question mériterait qu'on y attache un minimum d'attention et qu'on en tire des conséquences pour l'avenir : il ne suffit pas de réclamer pour se donner bonne conscience, il faut construire ce débat.
Il faut donc substituer une logique de choix réfléchis à une politique du " mange et tais-toi ", du " circuler, il n'y a rien à voir ", opposer un débat public construit à un affrontement manichéen. Ce serait alors un véritable changement culturel. Mais ne nous méprenons pas, ce n'est pas un simple débat de " cicatrisation " qui est revendiqué, c'est un réel débat opérationnel portant sur les choix de société qui s'imposent à nous. Cela commence à l'amont par une réflexion sur les finalités et les orientations de la recherche, que réclament également les syndicats de chercheurs. Mais il faut bien en peser les termes, car on craint qu'une opération du type des Assises de la recherche et de la technologie, en 1982, ne passe très largement " au dessus de la tête " de la grande masse de nos concitoyens. Cette réflexion sociale devrait porter sur l'ensemble des problèmes du vivant et ne pas se cantonner au cas des OGM. Mais, s'agissant des OGM, elle doit être menée sans pressions et sans a priori : ils ne constituent ni un tabou, ni une fatalité. Les diverses commissions d'éthique font probablement bien leur travail (encore que certains en doutent), mais ne suffisent pas à couvrir l'ensemble des questions. Ce n'est d'ailleurs pas leur vocation.
Poser le problème en ces termes ne le résout pas ; il demeure encore beaucoup d'obstacles à lever. Citons en vrac et pour mémoire un certain nombre d'idées ou de thèmes de réflexion qui ont été avancés : réunir toutes les sensibilités, lister les sujets de désaccord, respecter la dignité de chacun, éviter les mots et les attitudes extrêmes, analyser les situations au cas par cas sans esprit de système, jouer la transparence, distinguer entre utilité et acceptabilité (des OGM), etc. Des questions se posent : sur quel nouveau système représentatif fonder une telle opération (les " conférences de consensus " n'ayant pas fait, en France, la preuve de leur efficacité), de quelles expériences s'inspirer, quelles procédures adopter, quelles conditions poser au débat public, quels liens peut-il y avoir entre débat social et décision publique, comment désamorcer la violence ? Et, au-delà du débat, se pose également la question du contrôle. Mais il ne faudrait surtout pas que la problématique de l'échange exonère les responsables de leurs responsabilités : ne pas s'engager dans aucune voie qui compromette un avenir encore incertain. Il y aurait de très grands risques à vouloir casser notre potentiel de recherche et de développement en matière de biotechnologie. Il est bien évident que l'initiative d'un tel débat ne peut être que du ressort des pouvoirs publics. Pourtant, sans attendre, la Confédération paysanne semble décidée à entreprendre une telle démarche pour son propre compte. Mais une des craintes manifestées est l'interférence qu'il pourrait y avoir avec les échéances électorales futures.

[R] Conclusion qui n'en est pas une

Deux heures de discussions, c'est beaucoup et c'est peu. Comme à l'accoutumée, le Cinq à Sept de ce jour a démontré les vertus d'échanges ouverts et sans a priori. Oui, on peut confronter des opinions réputées inconciliables. Oui, on peut dégager des pistes de réflexion commune sur des sujets qui ne semblaient devoir donner lieu qu'à invectives, quand ce n'était pas actions violentes. Les oppositions ne sont pas aussi systématiques qu'il y paraît et l'apparence qu'elles nous donnent participe davantage d'un jeu d'acteurs tendant à asseoir la prééminence de leur message. Une première conclusion qu'on peut en tirer est qu'il est urgent de se mobiliser, de faire preuve de créativité, afin de construire ce débat social que chacune des parties appelle de ses vœux. Ce ne sera pas chose aisée. C'est évidemment aux pouvoirs publics d'en prendre l'initiative. Mais le sauront-ils, paralysés qu'ils sont par leur traditionnelle pesanteur ? Dans cette perspective, il serait malvenu de conclure ici sur les questions posées pour introduire cette réunion. Quels que puissent être nos a priori sur ce problème, il faut honnêtement admettre qu'il n'est pas aussi simple (aussi simpliste, peut-être) que certains veulent nous le faire croire. Il ne se résoudra pas en arrachant des pieds de maïs, ni en faisant le siège des supermarchés, ni par la tentation de la politique du fait accompli. Il est d'autant plus difficile de conclure que beaucoup de questions de fond n'ont pu être abordées ou bien l'ont été trop succinctement. On évoquera ici trois d'entre elles.
Observons d'abord que le thème de la technologie totalitaire n'a été que superficiellement abordé. Pourtant, en plusieurs fois, l'analogie avec le débat sur l'énergie nucléaire a été avancée. En fait la controverse alors n'était pas uniquement focalisée sur les aspects économiques et techniques, ni sur les seuls risques technologiques. On s'interrogeait aussi sur le type de société que supposait la nécessaire concentration des moyens mis en œuvre : une société hyper-centralisée, soumise à de très stricts contrôles, policiers notamment. Il est probable - mais il faudrait en débattre - que la société des OGM participe de la même logique, eu égard à l'importance des moyens à mettre en œuvre et des précautions à prendre.
Comme beaucoup de débats sur ce thème, la discussion fut trop " datée " et trop " hexagonale ", comme si la seule réalité valable était la France d'aujourd'hui. Il est bien évident que notre pays ne peut décider d'une attitude qui ne tienne pas compte du reste du monde. Si, par hasard, nous décidions d'arrêter toute recherche fondamentale et appliquée sur les OGM, les Américains et même les Chinois, déjà bien avancés en ce domaine, en feraient-ils autant ? Par ailleurs, chacune des thèses opposées appelle à la barre des témoins les pays du Tiers Monde, les unes pour dénoncer le pillage de leurs ressources génétiques et la déstructuration de leurs agricultures paysannes, les autres pour faire miroiter l'espoir d'éradiquer la faim dans le monde. Et si on leur demandait tout simplement leur avis ? L'expérience montre cruellement que les pays nantis sont de bien mauvais interprètes (ou des interprètes intéressés) de leurs besoins et de leurs aspirations réelles.
Dernière observation et non des moindres : le conflit sur les OGM constitue un excellent révélateur des dysfonctionnements de notre société contemporaine. L'exemple le plus flagrant est celui de l'usage de la violence comme mode de résolution des antagonismes. Oublier ce fait est d'autant plus étrange que nous sommes suspendus à une actualité qui en est emplie (3). Le vivant est devenu de nos jours l'enjeu et le terrain d'affrontement de passions adverses. Ainsi des automobilistes, furieux de ne pouvoir commettre des excès de vitesse sans risque, vont-ils tronçonner les arbres le long des routes ; ainsi des chasseurs, mécontents qu'on leur interdise de traquer le gibier d'eau pendant la période de reproduction, vont-ils massacrer symboliquement des espèces d'oiseaux protégées. Contre les nuisances qui nous affectent une seule solution : l'éradication. À mort les ours et les loups dévoreurs de troupeaux. Au crématoire, les bovins seulement suspectés d'être atteints d'une maladie, pourtant guérissable et qui peut être prévenue par la vaccination (la fièvre aphteuse) (4). La violence de l'arrachage sauvage de quelques malheureux pieds de maïs ou de colza qui n'ont, pour l'instant encore, fait de mal à personne, répond à la violence, moins visible, de firmes " se trompant " dans l'étiquetage de leurs semences ou faisant " fliquer " les agriculteurs. Les prospectivistes se trompent souvent : Alvin Toffler (Les nouveaux pouvoirs) avait pronostiqué, il y a plus de dix ans, que le pouvoir de l'argent, qui a succédé à la force brutale, serait à son tour supplanté par le pouvoir de l'intelligence et de la connaissance. Erreur, la violence est de retour !


Notes

(1) Ce dernier mot donné au marché n'est évidemment pas accepté de tous.[VU]
(2) La récapitulation des chroniques des 5 à 7 figure dans l'encadré en tête de cet article. Voir, notamment, " OGM, essais et désir de transparence. ".[VU]
(3) Remember 11 septembre 2001.[VU]
(4) En fait, il s'agit là d'un problème économique : la vaccination systématique serait trop coûteuse et les animaux vaccinés non exportables. Encore un bel exemple qui montre que la société contemporaine est organisée de telle sorte que le respect du vivant passe après celui de l'argent.[VU]

[R]


[R] Encadré

Les Cinq-à-sept® de la mission Environnement-Société réunissent, entre 17 et 19 heures, en nos locaux, un peu dans la bibliothèque, un peu dans le stagiairarium, trente à quarante individus de tous horizons (invités expressément une semaine avant), assis plus ou moins confortablement pour écouter deux exposés introductifs brefs puis passer, toujours sous la houlette (légère) de Patrick Legrand, à une discussion libre mais ordonnée, en veillant à conserver pour d'autres occasions langue de bois et messages convenus. Pierre Marsal écoute et prend des notes pour sa chronique (exemples ci-dessous) où il tentera de restituer l'agitation neuronale de ces cent-vingt minutes ; il n'y citera personne pour conforter la liberté des débats. Puis, à 19 heures, les participants se lèvent et se laissent servir le " vin de ME&S ", blanc et frais, qui, tout en ramenant leurs axones, dendrites et synapses à une température moindre, leur inspire visiblement des sujets de débats complémentaires et supplémentaires. Les plus passionnés finissent (leur discussion) sur le trottoir.

Précédentes chroniques : - La Bataille de La Villette (Courrier n° 36) ; - Mériter la confiance du consommateur et du citoyen ; - OGM, essais et désir de transparence (Courrier n° 37) ; - Les experts et la vache folle (Courrier n° 39).

[R]