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Untitled Document Texte proposé par Marie-Claude Roland - suite du texte " Définition ". Les idées défendues par l'auteur ont trouvé leurs sources dans ses longues années d'expérience au contact de très nombreux chercheurs de divers organismes de recherche, en France et à l'étranger, et dans une bibliographie abondante.

Les chercheurs encourageront-ils la tricherie et la manipulation ? Une question de qualité, de responsabilité et d'épistémologie

Donc qui peut toucher au contenu et à la structure d'une publication scientifique? Seuls les chercheurs qui savent ce qu'ils font. S'en remettre à un responsable de revue, à un lecteur-arbitre ou à un collègue pour mettre en forme ou traduire un écrit relève de la tricherie : de la part du chercheur qui n'assume pas l'entière responsabilité de son travail, de la part du collègue, du traducteur ou du responsable de revue qui pense ou prétend aider le chercheur- "serving the scientific community by helping researchers to get published"selon une formule couramment trouvée sur les très nombreux sites offrant leurs services aux chercheurs - ; tantôt il s'agit d'une proposition très honnête, mais qui ne s'embarrasse pas de trop de réflexion sur l'acte de recherche, tantôt on a à faire à une tentative de manipulation. J'ai vu plus d'un directeur de labo manipuler ou s'approprier le travail de ses collègues ou des lecteurs- arbitres manipuler les textes qu'ils devaient évaluer, prétendant qu'ils "polissaient le style".La question est bien une question de qualité et d'épistémologie.

Anything from light proofreading for spelling and grammar …. : voilà un type de service "léger" proposé par de nombreux consultants et traducteurs professionnels ; très souvent les chercheurs sont ravis de confier les résultats de leur recherche à des mains aussi serviables!. Mais la tricherie et la manipulation risquent bien de commencer déjà là. Mon expérience m'amène en effet à poser plusieurs questions :

Je pourrais multiplier les exemples; mon expérience et les centaines de situations rencontrées ont contribué à jeter le doute sur les pratiques, surtout à considérer les enjeux scientifiques, sociétaux, humains, économiques,…- qui sont ceux de la recherche actuellement..

"…..To major rewriting of the document with proper formatting as required by individual publishers" : cette offre plus conséquente montre que les chercheurs souvent ne tiennent pas compte des normes et recommandations données par les revues - normes et recommandations qui émanent de leurs pairs (Recommandations du " Groupe de Vancouver " 1978, reprises par la plupart des revues scientifiques ; dernière édition 1997). Ils négligent les règles les plus élémentaires et laissent aux autres le soin de faire le travail

S'agissant de la formation des jeunes chercheurs, la question de la communication scientifique se pose avec acuité: qui peut leur apprendre à écrire, à rédiger - c'est à dire à structurer leur pensée, à s'affranchir de l'expérimentation, du "faire"pour formuler et sélectionner les résultats scientifiques dignes d'être publiés, formuler la question de recherche pertinente, l'argumenter, évaluer leur propre travail en le confrontant à la littérature et formuler de nouvelles hypothèses - bref leur apprendre à rédiger un article scientifique de valeur ? Seuls des encadrants responsables qui non seulement prendront le temps de développer une pédagogie et de réfléchir à la fabrication de la science, à ce qu'être chercheur et former de jeunes chercheurs veut dire.

Mon objectif est bien de "servir la communauté scientifique en attirant son attention et celle des jeunes qui aspirent à en faire partie - doctorants et post-doctorants- sur la responsabilité qui est la leur et sur les enjeux auxquels ils sont confrontés :