Un trait caractéristique des maladies à prions est la modification
structurale d’une protéine de l’hôte : la protéine
prion. Jusqu'à présent, seule la structure de la protéine
normale a été déterminée expérimentalement,
la structure de la protéine modifiée n’ayant pu être
que suggérée ou modélisée.

| Structure cristallographique
de la protéine PrP ovine associée à un fragment
d’anticorps | Le travail mené
en commun par les chercheurs de l’INRA et les spécialistes
de Biologie Structurale du CNRS s’est appuyé sur une approche
originale. L’image de la molécule du prion a été
déduite des analyses aux rayons X d’un cristal d'un complexe
entre cette protéine et un fragment d'un anticorps spécifique
fixé sur elle.
Or, ainsi que l’a démontré
l’Institut Pourquier (associé à la publication),
cet anticorps, produit par l'INRA s’est révélé
particulièrement efficace pour reconnaître à la
fois la forme normale des différents variants de la protéine
prion ovine et la forme pathologique ovine. Ce qui permet d’affirmer
que la région de la protéine reconnue par l’anticorps
(ou épitope) est conservée dans la forme pathologique.
La présence de cet épitope suggère de plus que
la structure des deux hélices majeures de la protéine
est conservée.
La modification structurale caractéristique de la maladie ne
concernerait par conséquent qu’une zone très limitée
de la protéine, sur laquelle pourraient être ciblées
des approches thérapeutiques. C’est précisément
cette zone qui concentre chez l'espèce ovine les mutations influençant
la sensibilité à la tremblante.
Ce résultat a pu être généralisé à
plusieurs espèces de mammifères (primates compris) naturellement
ou expérimentalement sensibles aux maladies à prions, aucun
contre-exemple n'ayant été identifié à ce jour.
L'utilisation de cet anticorps a
permis de mettre au point un nouveau test rapide et simple d'emploi pour la
détection post mortem des maladies à prions sur le cerveau des
animaux abattus. Ce test français, a vu le jour dans le cadre d’un
partenariat entre l’INRA et l’Institut Pourquier. Il vient d’être
validé le 17 novembre 2004 pour la détection de l’Encéphalite
Spongiforme Bovine par l’EFSA (European Food Safety Agency) après
avoir été soumis au double filtre de l’évaluation
en laboratoire et des essais de terrain (ces derniers impliquant des analyses
sur 200 échantillons positifs, 200 échantillons négatifs
d’équarrissage autolysés ou putréfiés et
plus de 10 000 échantillons négatifs d’abattoir). La validation
certifie que les performances de ce test sont au moins équivalentes
à celles des tests déjà approuvés.
Deux objectifs ont donc pu être atteints
de pair : répondre à une question fondamentale sur la dynamique
conformationnelle de la protéine prion, et, grâce au même
outil, mettre au point un test de diagnostic des maladies à prions
animales. Référence
de l'article : F.EGHIAIAN
(2), J.GROSCLAUDE (1), S.LESCEU (3), P.DEBEY (4), B.DOUBLET (2), E.TREGUER
(2), H.REZAEI (2) and M.KNOSSOW (2).
Insight into the PrPC/PrPSc conversion from the structures
of antibody-bound ovine prion scrapie-susceptibility variants.
Proc.Natl.Acad.Sci.USA, 101, 10254-10259, 13 juillet 2004.
(1) Unité Virologie et Immunologie Moléculaires, INRA 78352
Jouy-en-Josas
(2) Laboratoire d’Enzymologie et de Biochimie Structurales, CNRS, 91198
Gif-sur-Yvette
(3) Institut Pourquier, 326 rue de la Galéra, 34097 Montpellier
(4) Muséum National d'Histoire Naturelle, 75005 Paris
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| Rédacteur : |
Service Presse INRA |
Contacts :
Contacts scientifiques :
Human Rezaei, Jeanne Grosclaude Unité Virologie et Immunologie
Moléculaires,
INRA, Jouy-en-Josas
Tel 01-34-65-27-89 , rezaei@jouy.inra.fr
, jngroscl@jouy.inra.fr
Dragos Gradinaru, Stéphanie Lesceu
Institut Pourquier, Montpellier
Tel 04-99-23-24-25, d.gradinaru@institut-pourquier.fr
, stephanie.lesceu@institut-pourquier.fr
Marcel Knossow Laboratoire d’Enzymologie
et Biochimie Structurales, CNRS, Gif-sur-Yvette
Tel 01 69 82 34 62, knossow@lebs.cnrs-gif.fr
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