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L'essor des biotechnologies, l’ampleur des applications actuelles ou potentielles des sciences du vivant, ainsi qu'un certain nombre de crises sanitaires récentes, ont changé la nature des relations entre la science et la société. La société civile s’interroge sur les bienfaits ou les risques - réels, supposés ou redoutés - du progrès scientifique. Dans ce contexte, l’évaluation éthique des nouveaux développements de la science tient une place majeure.
Une éthique exigeante
Son rôle d'un institut public de recherches finalisées confère à l'Inra des responsabilités étendues vis-à-vis de la société. En effet, il élabore des connaissances qui sont disponibles pour la société et peuvent être utilisées dans diverses innovations; il conduit des expertises pour les décideurs, publics ou privés. Dans ces missions, l’Inra doit privilégier les recherches et expertises qui contribuent au développement et à la protection des biens publics, au bien-être, à la sécurité des citoyens et veiller à la préservation des ressources communes. En même temps, il doit participer à l’information et au débat citoyen. En outre, de nombreuses recherches sont menées en partenariat avec des chercheurs d’autres organismes, de l’enseignement supérieur mais aussi des entreprises. Lors de l’élaboration des questions de recherche ou dans leurs applications, des acteurs du monde agricole et rural, des entreprises ou des représentants de la société civile peuvent être associés. Si ces partenariats sont essentiels à la recherche finalisée, l’Inra doit veiller à leur équilibre et à leur diversité.
L’éthique vise à permettre d'identifier l’action juste dans un contexte particulier et en fonction de jugements moraux qui peuvent être divers et contradictoires au sein d’une société pluraliste. Si elle permet d’orienter et d’encadrer l’action par des normes, elle s’applique aussi à la méthode de production des connaissances. Orienter l’action nécessite en effet de prendre en compte ses dimensions et conséquences multiples, avec une approche résolument pluridisciplinaire pour en explorer toutes les facettes.
Une attitude active
L’Inra a adopté une attitude active vis-à-vis des questions éthiques, en les appréhendant le plus en amont possible dans la construction des projets de recherche. Cette attitude s’est concrétisée par la naissance et le développement de nombreuses initiatives :
- la fondation en 2007 du Comité consultatif commun d'éthique Inra-Cirad, composé de 14 personnalités, extrieures à l'Inra, succédant au Comité d’éthique et de précaution pour les applications de la recherche agronomique (Comepra) commun avec l'Ifremer, fondé en 1998 ;
- la mise en débat interne des avis rendus par le Comepra ;
- la création, à l’initiative de chercheurs, du groupe Ethos, formé de chercheurs de disciplines différentes, qui a organisé trois écoles de chercheurs et publié trois ouvrages ;
- des réflexions organisées sur le centre de Rennes – intitulées les "mardis d’Ethos", des conférences sur le centre de Montpellier et des interventions dans les écoles doctorales ;
- une réflexion sur la déontologie des chercheurs, conduite sur un plan national. Cette réflexion permet notamment de mieux formaliser les règles garantissant l’impartialité des expertises menées par des chercheurs Inra dans un cadre individuel ou collectif ;
- la définition d’une charte du partenariat et d’une charte de la propriété intellectuelle ;
- l’expérimentation de nouvelles modalités de dialogue avec la société dans le cadre d’une expérience pilote sur les vignes transgéniques à Colmar;
- des actions et réflexion sur le bien-être animal ;
- l’intégration d’un enseignant en éthique sur l’Agrocampus de Rennes et d’une philosophe au sein de l’Inra ;
- une implication internationale, en particulier avec l’organisation, en mars 2003 à Toulouse, de la réunion annuelle de la société internationale Eursafe, consacrée à la réflexion éthique sur l’agriculture et l’alimentation.
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