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Il y a près de 4,6 milliards d’années, la Terre se forme.
Au cours de l’ère primaire (- 400 millions d’années, dévonien inférieur), des insectes de formes primitives et vraisemblablement aquatiques apparaissent.
Dès l'époque carbonifère (- 320 millions d’années), avec le développement du règne végétal, les Insectes deviennent plus nombreux et les premières formes ailées apparaissent. A côté d’espèces aujourd’hui disparues, cohabitaient des insectes primitifs qui ressemblaient aux blattes, éphémères, libellules, mantes, phasmes et autres insectes actuels.
Les premiers insectes bénéficiaient d’une nourriture abondante et de l’absence de prédateurs.
Quelques-uns atteignaient une taille gigantesque, comme Meganeura monyi que l'on peut imaginer comme une libellule de près de 70 centimètres d’envergure.
Meganuera monyi Brongniart . In K.A.von Zittel, Text-Book of Paleontology
Ed. Charles R. Eastman, 1937, Londres
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Toutefois, ces insectes géants furent à leur tour la proie de vertébrés qui conquièrent les terres.
Les insectes types des ordres actuels font leur apparition à l'époque secondaire (-245 millions d’années, mésozoïque). Apparaissent ainsi successivement les Coléoptères, les Diptères, les Hyménoptères et enfin les Lépidoptères. Dès le milieu de l'époque tertiaire (- 65 millions d’années à - 650 000 ans), la faune entomologique a quasiment son profil actuel.
Plus près de nous, il y a 4 400 ans, les Égyptiens de l’Ancien Empire sont les premiers à domestiquer les abeilles dans des ruches en poterie alors qu’auparavant, les hommes allaient chercher le miel dans la nature.
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A la même époque, le bousier joue un grand rôle dans l'art funéraire comme dans la religion des Egyptiens, son comportement en fait l'image même de la transformation, du renouveau et de la résurrection.
Pectoral de Toutankhamon avec au centre le scarabée sacré
Source : Musée du Caire, Egypte
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Aristote mentionne déjà 47 espèces d'insectes dans l’Histoire des animaux tandis que Pline l’Ancien, auteur romain du premier siècle de notre ère, traite des insectes dans Naturalis Historia.
A partir du Moyen Age, se succèderont de nombreux écrits sur les insectes.
Au XVIIe siècle, Johan Swammerdam (1637-1680) consacre sa vie à l'entomologie. Son Histoire naturelle des Insectes (1682) distingue les insectes à métamorphoses complètes et incomplètes et décrit avec soin ces transformations.
Au XVIIIe siècle, l'étude des insectes devient un sujet à la mode suite aux travaux de scientifiques tandis que leur classification se dessine.
1734 : René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757) fait paraître le premier tome de ses Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes.
1735-1798 : plusieurs éditions du Systema Naturae de Karl Linné (1707-1778) se succèdent. La mise en œuvre d’une nomenclature binominale fondée sur la notion du genre et de I'espèce divise le règne animal en six classes (quadrupèdes, oiseaux, amphibiens, poissons, insectes et vers). Celle des insectes compte sept ordres dont la distinction est basée sur les ailes.
Couverture de la première édition de Systema Naturae (1735)
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1796 : Pierre André Latreille (1762-1833) sépare les insectes des crustacés, des arachnides et des myriapodes dans son Précis des caractères génériques des insectes, disposés dans un ordre naturel.
Au XIXe siècle, il est de bon ton de posséder des collections naturalistes et notamment d'insectes.
Au coeur du centre de recherche Inra Antilles-Guyane, Les collections entomologiques hébergées ont pour vocation la conservation de spécimens d’insectes collectés aux Antilles depuis des dizaines d’années. Elles sont valorisées scientifiquement lors d’accueil de chercheurs, ou de prêts. Elles servent de support pour des actions pédagogiques ou de communication (boîtes thématiques, expositions). En savoir plus...
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1800 : Le nombre total d'espèce d'insectes est estimé à 20 000.
Jean-Baptiste Antoine Pierre Monnet de Lamarck (1744-1829) émet l'idée que les êtres complets dérivent de la transformation d'êtres simples et établit une classification des animaux invertébrés. Il distingue définitivement les crustacés des autres arthropodes.
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Homme de sciences accompli, Jean Henri Casimir Fabre (1823-1915), a consacré sa vie à l’étude des insectes. Son œuvre maîtresse, les Souvenirs entomologiques, rassemble ses observations a été publiée intégralement en dix séries. Une onzième série comporte une biographie du Docteur G.-V. Legros et un index de l'ouvrage.
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1832 : Création de la Société entomologique de France.
Les sociétés savantes, en permettant aux naturalistes de publier, rapidement et à peu de frais, le résultat de leurs recherches dans leurs périodiques, contribuent aux progrès de la biologie.
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1834 à 1890 : Parution des Suites à Buffon formant avec les œuvres de cet auteur un cours complet d'histoire naturelle embrassant les trois règnes de la nature, confié aux plus célèbres naturalistes et habiles écrivains plus connues sous le titre de.Suites à Buffon auxquels participent de nombreux naturalistes. Cet ouvrage constitue une réalisation en 89 volumes dont 35 sur l’entomologie de l'éditeur Nicolas Roret (1797-1860).
Amyot, C. J.-B. et J. G. Audinet-Serville (1843). Histoire naturelle des insectes. Hémiptères. Paris, Librairie encyclopédique de Roret. Planche IX.
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1837-1842 : Victor Audouin (1797-1841) fait paraître l’Histoire des insectes nuisibles à la vigne et particulièrement de la Pyrale.
1854-1856 : Émile Blanchard (1819-1900) rédige la Zoologie agricole où il présente les espèces nuisibles.
Ces travaux signent le début de la recherche scientifique sur les insectes nuisibles.
1878 : Charles Valentine Riley (1843-1895) organise aux États-Unis le premier service gouvernemental d'entomologie agricole.
La fin du XIXe siècle voit apparaître l'histoire paléontologique des Insectes avec les travaux de Samuel Hubbard Scudder (1837-1911) et Charles Brongniart (1859-1899).A la même époque, émerge l’entomologie médicale qui associe à la biologie des insectes-vecteurs les travaux sur la transmission de maladies infectieuses humaines et animales en lien étroit avec la parasitologie.
Le XXe siècle connaît une accélération des découvertes scientifiques grâce à l'amélioration de la précision des instruments, le développement de l’informatique, l'application de découvertes dans les domaines de la biologie et de la génétique.
1909 : Fondation du Journal of Entomology, l'une des premières revues scientifiques consacrées à l'entomologie économique.
1939 : La découverte des propriétés insecticide du dichloro-diphényl trichloréthane, substance organochlorée destinée à détruire les insectes plus connue sous les initiales DDT, par le chimiste suisse Paul Hermann Müller (1899-1965) lui vaut de recevoir le prix Nobel de médecine en 1948.
Synthétisé la première fois par le chimiste allemand Othmar Zeidler en 1874, commercialisé dès 1943, le DDT est utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale par les militaires pour contrôler les insectes porteurs du paludisme et du typhus.
Après 1945, il est employé en agriculture tandis que dès 1947, apparaissent des signes de moindre efficacité des traitements, indice de l’apparition de phénomènes de résistance. Dans les années soixante, il est utilisé pour contrôler les moustiques en Afrique ou en Amérique du Nord.
Il connaîtra un fort succès commercial avant d’être interdit en raison des risques biologiques encourus et de sa persistance importante (Norvège, Suède : 1970 ; USA :1972 ; Grande-Bretagne : 1984). Toutefois, une interdiction totale de l'utilisation du DDT dans les pays où sévit le paludisme est difficilement envisageable car peu d'alternatives économiquement abordables ou suffisamment efficaces sont disponibles.
La chlordécone est un insecticide organochloré utilisé notamment contre le charançon du bananier dans les Antilles françaises. En savoir plus sur la pollution par la chlordécone et les perspectives des recherches...
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Durant la Seconde Guerre mondiale, les recherches allemandes sur les gaz de combat débouchent sur une nouvelle famille d’insecticides neurotoxiques, les organo-phosphorés. L’effet toxique des composés organochlorés et organphosphorés, est lié au fait qu’ils bloquent, par des mécanismes différents, la transmission de l’influx nerveux et provoquent la mort des insectes.
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A partir des années cinquante, se développeront d’autres familles d’insecticides (carbamates, pyréthrynoïdes et autres).
1959 : le chimiste allemand Adolf Butenandt (1903-1995) découvre la première phéromone sexuelle, le bombykol. Elle est sécrétée par la femelle du ver à soie qui est encore la larve du bombyx du mûrier pour attirer les mâles.
Dès les années 70, la protection de la biodiversité et la conservation des espèces dont les Insectes deviennent une préoccupation majeure réglementée à l’échelle mondiale (conventions de Berne et Washington), européenne et française.
Aujourd'hui, la prise en compte de la préservation des milieux naturels et de la santé des consommateurs, conduit à mettre à profit différentes techniques de lutte contre les insectes ravageurs dans des conceptions durables de la protection des cultures que sont la lutte intégrée ou la lutte raisonnée. En savoir plus...
L’année 2000 ouvre la voie vers l'abondance des données génomiques. Le séquençage et l’analyse des génomes de différents insectes vont ainsi se succéder tandis qu’explosent bioinformatique et génomique fonctionnelle.
2000 : Drosophila melanogaster ou mouche du vinaigre.
2002 : Bombyx mori ou bombyx du mûrier. Lépidoptère domestique originaire du nord de la Chine, il est élevé pour produire la soie.
2003 : Séquençage du génome de Photorhabdus luminescens, une bactérie pathogène d’insectes, par une équipe de l’Institut Pasteur en collaboration avec l’Unité mixte de recherche Inra Université de Montpellier II Écologie microbienne des insectes et interactions hôte-pathogène, d'autres équipes du CNRS et de l'Institut Pasteur et la société Bayer CropScience. En savoir plus …
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2004 : Anopheles gambiae. Cette espèce de moustique est le principal vecteur de la malaria
2006 : Apis mellifera ou abeille à miel
2007 Aedes aegypti. Cette espèce de moustique est le vecteur principal de la dengue et de la fièvre jaune
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2008 : Tribolium castaneum ou Tribolium rouge de la farine. Ce petit coléoptère omnivore et cosmopolite, est connu en tant que nuisible pour les stocks de grains. Comme la mouche du vinaigre, il constitue un organisme modèle en biologie du développement, grâce à la facilité de son élevage et de sa manipulation génétique.
Tribolium castaneum. © P Grebb, USDA
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