Les insectes jouent un rôle déterminant dans les
agro-écosystèmes.
Pendant très longtemps, ils ont été catalogués d’une façon simpliste en distinguant les méchants – les ravageurs des cultures – les bons – les auxiliaires prédateurs et parasitoïdes que l’on pouvait utiliser en lutte biologique – et les indifférents – les pollinisateurs, considérés comme inépuisables -.
Le regard du public comme celui des chercheurs a considérablement changé ces dernières années. Le rôle central des pollinisateurs et les risques qu’ils courent sont apparus au premier plan. La lutte biologique s’intègre dans des processus complexes d’agriculture durable. Les risques des espèces invasives sont reconnus. L’évidence s’est fait jour que l’évolution des espèces court vite et qu’elle concerne en particulier celles qui sont spécialisées sur les milieux agricoles. La mouvance de l’environnement et les changements globaux – climat et usage des terres – a compliqué nos visions simplistes. La complexité des interfaces entre les milieux cultivés et naturels, les structures paysagères et la diversité des services écosystémiques renforce la nécessité pour la recherche d’aborder les populations, les espèces et les communautés d’insectes sous un angle fonctionnel. Il s’agit de privilégier leurs interactions avec les autres communautés pour comprendre et intervenir, d’une part, sur leur effet sur le compartiment des espèces domestiquées qui assurent la production agricole et, d’autre part, sur leur intégration dans les processus généraux de la biodiversité. Toutes ces questions, qui constituent la trame des perspectives de recherche des années à venir, nécessitent plus que jamais d’associer les concepts de l’écologie avec la connaissance du terrain et l’expertise des entomologistes.
Ce dossier vise à éclairer le public sur l’état de ces connaissances.
Laurent Lapchin, direction scientifique "Environnement, écosystèmes cultivés et naturels" de l'Inra