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Accueil > La science et vous > Dossiers scientifiques > Agriculture biologique > Exemples et résultats de recherche > Les consommateurs de produits biologiques en France et leurs achats

Fiche de Presse Info. 01/01/2004

Les consommateurs de produits biologiques en France et leurs achats


De nombreuses sources confirment aujourd’hui encore l’audience des produits biologiques. Selon les indicateurs utilisés, 40 à 60 % des français déclarent consommer au moins occasionnellement des produits biologiques. Mais les consommateurs sont–ils fidélisés ? Cette question de la fidélisation du consommateur au concept de produit biologique, et ses conséquences sur la stabilité des marchés des produits a fait l’objet d’une recherche dans le cadre d’un programme bénéficiant d’un financement du Ministère de la Recherche et du Ministère de l’Agriculture : le programme Aliment Qualité Sécurité (AQS Bio). Des chercheurs de l’INRA(1) et du GRET ont analysé les achats des consommateurs des produits biologiques et analysé le comportement des consommateurs pour conclure sur la stabilité des marchés des produits.

 

En 2002, Les produits les plus achetés sont les produits laitiers frais (fromages frais, yaourts, beurre, desserts), achetés par 39% des consommateurs de produits biologiques en moyenne. Les œufs sont achetés par 30% des consommateurs de produits biologiques, soit près d’un consommateur sur trois. Les céréales sont également présentes sous diverses formes pour environ 20% des consommateurs, ainsi que le lait et la volaille.
Le lait bio n’a pas reculé en 2002, et au contraire, a continué à progresser du point de vue de son taux de pénétration. Pourtant, les opérateurs ont ressenti à cette époque des difficultés, qui peuvent donc être attribuées essentiellement à des questions de stratégies d’organisation au sein de la filière, et non seulement à un reflux de la demande des consommateurs. On peut faire la même constatation pour les œufs bio.

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Légumes Bio
© INRA / Christophe MAITRE – PCD4367-IMG0039.PCD
Le programme a analysé les mécanismes de fidélisation des consommateurs au travers de deux indicateurs : l’ancienneté de la consommation de produits biologiques, et la part de chaque type de produit consommé en bio. Des enquêtes sur les contenus des paniers, des entretiens qualitatifs sur les itinéraires, et des enquêtes quantitatives sur échantillon représentatif de la population française ont été menés.

Des anciens, des récents et toujours des « très nouveaux » consommateurs


Pour tous les produits, on observe une base comprenant entre 30 et 50% de consommateurs « anciens » de ce produit. Ils consomment le produit depuis plus de 5 ans. Leur comportement, par rapport aux produits biologiques, est relativement stabilisé.

Selon les produits, le nombre des consommateurs « intermédiaires » (depuis 1 à 5 ans), est compris entre 30 et 45%. Leur nombre est particulièrement élevé pour le bœuf (49,5%), les produits laitiers frais (49,3%). Le premier chiffre peut sans doute être attribué à l’ « effet ESB», qui a incité les consommateurs de bœuf à acheter du bœuf bio pour se rassurer quant à la qualité du produit. Le second est plutôt à mettre en rapport avec la présence des gammes de produits laitiers frais biologiques en grandes surfaces. Les produits y sont en effet très présents, et on sait par ailleurs que les achats des consommateurs sont liés à l’offre. Si l’offre est présente les consommateurs achètent le produit.

Pour la plupart des produits, on trouve un fort taux de « très nouveaux consommateurs », entre 15 et plus de 20% des consommateurs du produit, apparus clairement après la crise de l’ESB. Ceci signe un intérêt ou tout au moins une curiosité pour les produits biologiques qui se poursuit à un rythme soutenu encore aujourd’hui. La question de la fidélisation des consommateurs, en particulier de ceux qui découvrent le produit, représente un enjeu économique important pour les professionnels.
Ce taux de « très nouveaux consommateurs » est particulièrement important pour les plats cuisinés (46 %), et particulièrement faible (9 %) pour les fromages. Pour les plats cuisinés, l’offre est relativement récente, et les consommateurs de produits bio étaient auparavant peu nombreux à acheter des plats cuisinés. Pour les fromages, le faible taux peut être attribué au fait que l’offre en fromages bio est encore peu abondante, et surtout peu présente en grandes surfaces, qui demeure une source privilégiée d’approvisionnement.

Des lieux d’achat diversifiés : des grandes surfaces jusqu’aux marchés

 

Certains consommateurs peuvent être considérés comme « fidélisés » au concept biologique dans leurs achats. Ils consomment plusieurs produits en bio, et ont plusieurs sources d’approvisionnement, en plus de la grande surface qui constitue un circuit de distribution quasi hégémonique (80% des consommateurs concernés et plus) pour certains produits : C’est le cas des produits céréaliers bruts ou transformés (pâtes, riz, muesli …) du lait et des produits laitiers frais, ainsi que des produits de soja (mais sur ce dernier produit les boutiques spécialisées bio sont aussi très présentes), et des aliments pour bébé.

 

Cependant, près de 20% d’entre eux déclarent simultanément acheter usuellement des produits biologiques au marché (cas des fruits et légumes) ou dans un circuit spécialisé en produits biologiques. Ils sont aussi 7,4% à acheter leurs produits directement chez le producteur et 17% au marché.

Certains produits correspondent plus que d’autres à des achats en boutiques spécialisées. Les légumes secs s'achètent significativement plus que les autres en boutique spécialisée.

Fidélisation des consommateurs et stabilité des marchés


Des indicateurs globaux liés à l’ancienneté de la consommation et à la part de la consommation du en bio, ont été analysés par types de produits.
Certains, comme les fruits et légumes, présentent une grande proportion de consommateurs plutôt anciens, et/ou consommant une partie importante de ce type de produits en bio, ce qui correspond à une stabilité du marché. Le comportement de ces consommateurs peut être considéré comme stabilisé, ils ont aussi décliné le concept « bio » sur plusieurs produits. A l’opposé, pour les produits laitiers frais, une grande proportion de « très nouveaux consommateurs », et /ou de consommateurs ne consommant qu’une faible part de ce type de produits en bio, signerait un marché potentiellement plus instable. Les consommateurs ayant moins ancré leur consommation bio dans leurs pratiques.

1 Unité de recherche Economie des qualifications agro-alimentaires (UREQUA), département Economie et Sociologie Rurales, centre du Mans, en collaboration avec le Groupe de recherches et d’échanges technologiques (GRET).

 
Rédacteur :  Service Presse INRA
Contacts : 
Contacts scientifiques :
INRA : Bertil Sylvander
, tél :05 61 28 55 15
GRET - Groupe de recherches et d’échanges technologiques: Martine François, tél : 01 61 08 68 77

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