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Des dispositifs de conservation et de gestion de la diversité génétique d’intérêt patrimonial ont été initiés au niveau national et international. En tant qu’organisme de recherche public, l’Inra participe à ces actions. Sa mission de gestion patrimoniale des ressources génétiques est menée en cohérence avec la stratégie nationale et internationale.
L’Inra a eu un rôle central dans la création du Bureau des ressources génétiques (BRG), né en 1983 de la volonté des pouvoirs publics de se doter d'une structure particulière pour élaborer et conduire une politique nationale en matière de ressources génétiques animales, végétales et des microorganismes, permettre la concertation de tous les acteurs et disposer des expertises indispensables au plan national et international, dans ce domaine. Le BRG est un groupement scientifique qui organise la concertation au plan national et met en œuvre la stratégie en résultant, élaborée avec le concours de tous les acteurs dans ce domaine et transcrite dans la charte nationale pour les ressources génétiques.
Préserver et créer de la diversité génétique
Les ressources génétiques végétales détenues par l’Inra représentent un patrimoine public exceptionnel, que l’Inra entend durablement préserver, mais aussi valoriser et enrichir notamment par la création de nouvelles variétés. Cet enjeu est mondial : l’Europe a le devoir d’assurer son autonomie en la matière, mais aussi de garantir aux pays tiers – et notamment les pays en développement – l’accès au progrès génétique, tout en les aidant à préserver et à exploiter leurs propres ressources génétiques. L’Inra s’est engagé, en complément de l’appui déterminant qu’il apporte au BRG, dans quatre projets structurants :
- création en 2001 d’une dizaine de centres de ressources génétiques pour la préservation des génotypes sauvages d’un grand nombre d’espèces cultivées ;
- création d’un centre de ressources biologiques pour la conservation des ressources biologiques liées à la génomique des plantes, des bioravageurs et des symbiotes ;
- renforcement du pôle de recherches en biologie de la domestication et de la conservation sur le centre de Montpellier ;
- mise en place des plates-formes de génotypage à Clermont et en collaboration avec le CNG.
Concernant les ressources génétiques animales, l'Inra intervient en tant que membre du :
- GIS Cryobanque nationale, participant ainsi à la sauvegarde du matériel biologique de 12 races bovines, 22 races ovines, 6 races caprines, 10 races d’équidés (chevaux et ânes confondus), 1 race cunicole, 5 races porcines et 4 races avicoles. Les deux objectifs sont la préservation de la diversité génétique des espèces et la reconstitution ultérieure de populations en cas de besoin ;
- GIS pour l’Analyse du génome des animaux d’élevage (Agenae), pour constituer un centre de ressources biologiques pour la génomique des animaux domestiques et d’intérêt économique et gérer durablement la diversité génétique des espèces animales d’intérêt majeur.
L’Inra possède également des collections de pathogènes ou symbiotes à des fins expérimentales (microorganismes phytopathogènes ou zoopathogènes, protozoaires, nématodes…) Ces banques d’organismes sont des outils indispensables aux chercheurs de l’Inra pour connaître le comportement de ces organismes dans leur milieu et les mécanismes d’interactions qu’ils ont avec leur hôte, afin de mettre au point des méthodes de lutte.
L'Inra est membre fondateur de la charte nationale pour la gestion des ressources génétiques. Cette charte s'applique à toutes les ressources génétiques dont la responsabilité de conservation incombe à la France (métropole, départements et territoires d’outre-mer), pour les espèces animales, végétales et microbiennes d'intérêt agricole, industriel, économique, scientifique, social et culturel, gérées et exploitées par l'homme. La charte nationale intègre un important volet "recherches" pour consolider les bases scientifiques des dispositifs de gestion des ressources génétiques préconisés pour le long terme. La charte nationale résulte d'un travail collectif ayant mobilisé de très nombreux partenaires (publics, privés et associatifs) en France. Elle traduit leur volonté d'apporter leur concours à la gestion durable de ce capital génétique.
L'Inra est partie prenante du réseau des centres de ressources biologiques (CRB) qui sont un élément essentiel de l'infrastructure sur laquelle s'appuient les biotechnologies. Ce sont des centres de ressources spécialisées qui acquièrent, valident, étudient et distribuent des collections d'organismes cultivables (cellules microbiennes, végétales, animales et humaines…), des parties réplicables de ces organismes (génomes, plasmides, banques d'ADNc…) et d'organismes viables mais non encore cultivables. Les CRB peuvent aussi détenir des échantillons biologiques non renouvelables : tissus, fragments de tissus, sérums... La plupart des CRB maintient des bases de données qui sont accessibles aux utilisateurs potentiels.
Éthique et déontologie
Dans l’élaboration des connaissances, qui sont disponibles pour la société et peuvent être utilisées dans diverses innovations, comme dans les expertises conduites pour les décideurs, publics ou privés, l’Inra doit privilégier le développement et la protection des biens publics, le bien-être et la sécurité des citoyens et veiller à la préservation des ressources communes.
En outre, de nombreuses recherches sont menées en partenariat avec des chercheurs d’autres organismes, de l’enseignement supérieur mais aussi des entreprises. Lors de l’élaboration des questions de recherche ou dans leurs applications, des acteurs du monde agricole et rural, des entreprises ou des représentants de la société civile peuvent être associés. Si ces partenariats sont essentiels à la recherche finalisée, l’Inra doit veiller à leur équilibre et à leur diversité.
C’est pourquoi l’Inra s’est doté d’une charte du partenariat et d’une charte de la propriété intellectuelle et a engagé une réflexion sur la déontologie des chercheurs, conduite sur un plan national.
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