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Accueil > La science et vous > Dossiers scientifiques > Biodiversité > Questions de recherche > Agriculture et territoires > Faire appel à la biodiversité pour protéger les vergers

Faire appel à la biodiversité pour protéger les vergers

(22/02/2005)

© Inra Gotheron
Implanter des haies composées d’espèces végétales diversifiées en bordure des vergers de poiriers favorise le développement d’insectes auxiliaires qui participent à la lutte contre les ravageurs.

 

L’implantation des haies est encouragée par les politiques publiques. Traditionnellement utilisées dans la vallée du Rhône pour leur fonction de brise-vent, les haies peuvent être composées pour contribuer en outre à la protection des vergers contre les ravageurs. L’objectif des ces recherches est de proposer des critères pour raisonner le choix des essences à implanter dans ce but.

Favoriser la diversité végétale attire une faune auxiliaire diversifiée et active

La diversité végétale au sein des vergers de production de fruits, le plus souvent composés d’une seule variété de la même espèce, est particulièrement réduite. Ceci les rend d’autant plus vulnérables aux attaques des parasites et ravageurs.

Le but de ces recherches est d’introduire de la diversité végétale autour du verger pour favoriser sa protection vis-à-vis des ravageurs. En effet, plus la diversité végétale est élevée, plus la diversité animale est riche depuis les phytophages, les insectes prédateurs jusqu’aux animaux des autres niveaux de la chaîne trophique. Les haies peuvent ainsi constituer un réservoir d’auxiliaires des vergers en leur offrant nourriture et/ou abri.

Trois critères essentiels pour composer des haies diversifiées

Une étude d’une dizaine d’années conduite en collaboration avec R. Rieux (Unité mixte de recherche Écologie des invertébrés, Inra Avignon) a permis de connaître les communautés d’arthropodes hébergées par les espèces d’arbres les plus communes. Sur cette base, le choix des essences peut être raisonné selon trois critères:

  1. exclure les espèces qui hébergent des maladies ou des ravageurs de la culture. Ainsi l’aubépine est proscrite car elle est sensible au feu bactérien, maladie de quarantaine épidémique du Poirier
  2. implanter des espèces "ressources" susceptibles d’héberger et/ou nourrir une faune auxiliaire. Sont privilégiés dans ce choix:
    1. les arbres hébergeant des ravageurs spécifiques tels que le Noisetier ou le Sureau hôtes d’un puceron qui leur est propre. Ces pucerons n’infestent pas les fruitiers mais nourrissent une population diversifiée d’auxiliaires potentiellement actifs dans les vergers ;
    2. des essences à fleurs qui offrent de la nourriture aux insectes ;
    3. des espèces à feuilles persistantes, à tiges creuses ou entrelacées, qui procurent à la faune un abri pour l’hiver (Arbousier, Lierre, etc.)
  3. assurer tout au long de l’année une succession ininterrompue d’espèces "habitat" ou "garde-manger", par exemple en associant des espèces qui fleurissent très tôt comme le Viorne-tin ou très tard comme le Lierre.
fleur_noisetieri.jpg
 
fleurviornetini.jpg
 
© Inra Gotheron
Fleur de Noisetier
© Inra Gotheron
Fleur de Viorne-tin

Une technique de protection intégrée en vergers de poiriers

Les haies composites entrent dans une stratégie de protection intégrée des cultures en constituant une alternative à la lutte chimique. En effet, le psylle est un ravageur important des vergers de Poirier dans le Sud-Est de la France difficile à contrôler par la seule lutte chimique. Les haies composites permettent de maintenir une population d’auxiliaires diversifiée qui contribue à réguler précocement les populations de psylles, comme en témoignent les expérimentations réalisées sur le domaine de Gotheron (Drôme).
 

haie_composite3i.jpg
 

© Inra Gotheron
Exemple de haie composite

Agro-écosystème et paysage

Le rôle des haies ne se limite pas à la protection des cultures, elles fournissent une ressource en nourriture pour d’autres êtres vivants de l’écosystème, en particulier des petits vertébrés insectivores, des amphibiens, des reptiles, des oiseaux et des petits mammifères.

Une haie est d’autant plus riche en biodiversité animale qu’elle s’insère dans un maillage en relation avec des zones réservoirs sauvages (bois, etc.) Ces aménagements qui contribuent à la structuration du paysage agricole doivent donc être envisagés et étudiés à l’échelle régionale.

 

 

Rédaction :  Mission communication
Contact scientifique :  Sylvaine Simon
Unité :  UE695 Recherches intégrées - Gotheron UERI (26), UMR406 Écologie des invertébrés Inra-Université - Avignon (84)
Département :  Santé des plantes et environnement
Date de création : 22 Février 2005
Date de dernière mise à jour : 16 Février 2010

 

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