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En ville, le paysage qui compose les espaces boisés ou jardinés comme les espèces qu’ils abritent sont soumis à de fortes influences humaines. Certaines municipalités, à l’instar de Rennes ou Angers, ont la double volonté d’offrir un cadre de vie de qualité et de protéger l’environnement et la biodiversité. Elles ont pour cela diversifié leurs espaces verts, allant du parc botanique jardiné à l’espace naturel laissé libre. Or, si ces lieux de détente et d’agrément sont largement appréciés par les citadins, les collectivités locales sont souvent démunies lorsqu’à la faveur de modifications du paysage urbain, des espèces, comme l’étourneau ou le goéland, s’installent en nombre et deviennent envahissantes. C’est pourquoi, comprendre les modalités d’installation de la flore et de la faune dans ces espaces apparaît aujourd’hui indispensable tant pour la préservation de la biodiversité que pour la prévention des risques et la définition d’une gestion adéquate des populations invasives. Envahisseur et tolérant aux perturbations humaines : un bon profil pour habiter la villeAvec les îlots de verdure isolés ou les niches écologiques vides qu’il crée, le milieu urbain est particulièrement propice à la colonisation par des espèces invasives. Pour expliquer l’évolution de la biodiversité de ces milieux, il est intéressant de caractériser l’ensemble des espèces en fonction de leur capacité à s’y établir ou non. Dans ce but, l’équipe "Gestion des populations invasives" de la Station commune de recherches en ichtyophysiologie, biodiversité et environnement de l’Inra de Rennes, a analysé les peuplements de passereaux de 12 villes et leurs environs. Les premiers résultats montrent une homogénéité des avifaunes urbaines et une répartition des espèces en deux groupes selon leur réponse aux perturbations anthropiques. Plusieurs traits d’histoire de vie de ces espèces, reflétant le plus souvent leur tolérance aux contraintes du milieu, caractérisent ces groupes. Par exemple, les oiseaux du groupe "résistant", formé des espèces communément établies en ville, sont surtout sédentaires, alors que ceux du groupe "sensible", constitué des espèces systématiquement absentes de ces mêmes villes, sont surtout migrateurs. En outre, les traits favorables à l’invasion du milieu urbain sont similaires à ceux propices à l’invasion d’une île. Ceci suggère que le milieu urbain pourrait être utilisé pour l’analyse fine des processus généraux d’invasions et d’adaptation des espèces à de nouveaux environnements. ![]()  ©Yann Rantier, CNRSObservations et expérimentations sont menées sur plusieurs stations de référence le long d’un gradient ville-campagne.
Ecorurb, un programme pluridisciplinaire pour étudier les effets de l'urbanisation sur la biodiversité locale et l'émergence de risques
Ecorurb, pour Écologie à l’interface du milieu rural et urbain, est un programme pluridisciplinaire coordonné par l’Inra et associant 10 équipes de recherche de l’Inra, du CNRS, de l'INH, des universités Rennes 1 et 2 et de l'université d'Angers, avec les villes d'Angers et de Rennes et Rennes métropole. Courant sur la période 2003-2012, il a pour objectif de comprendre les effets de l’urbanisation sur la biodiversité locale et sur l’émergence de risques biologiques. À Rennes, plusieurs stations réparties le long d’un gradient ville-campagne, depuis le jardin botanique du Thabor au centre ville jusqu’en zone bocagère, vont permettre d’analyser la biodiversité des milieux urbain et périurbain. Les résultats devraient permettre de mieux caractériser les espèces présentes ou colonisant ces milieux et les facteurs d’évolution de la biodiversité imputables à l’urbanisation. Ils permettront de prévoir les échanges biologiques entre ville et campagne, les espèces invasives et leurs impacts, et d’orienter les pratiques de gestion des espaces naturels urbains.  |
| La station d’étude mise en place le long de la promenade Georges Brassens à Rennes (programme de recherche Ecorurb) | ©Yann Rantier, CNRS |
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