 | Embryon de truite arc en ciel 10 jours après fécondation avec du sperme cryoconservé. L’embryon (ligne sombre au centre) est fixé sur les réserves vitellines de l’œuf qui le nourrissent. © INRA / A. Martoriati Réf. : PCD9032-IMG0046.PCD |
Cryobanques et cryoconservationLe développement des cryobanques s’appuie sur la nécessité croissante de préserver le patrimoine génétique de poissons d’intérêt patrimonial, en particulier les espèces en danger (l’apron, dans le bassin du Rhône, l’esturgeon dans l’estuaire de la Gironde), ou d’intérêt économique (animaux de valeur au cours des programmes de sélection génétique comme chez la truite, bar, daurade et turbot). A l’INRA, le laboratoire SCRIBE maintient une cryobanque qui contient des paillettes de sperme (truite arc en ciel, truite fario, omble chevalier) et des cellules embryonnaires (poisson rouge). Ces paillettes correspondent aux différentes souches utilisées pour la recherche. La création d’un site aquacole de la cryobanque nationale est en cours, près de Rennes. L’INRA, le SYSAAF (Syndicat des sélectionneurs avicoles et aquacoles français) et l'IFREMER sont partenaires de ce site, qui devrait être en fonctionnement en 2007. Ce site permettra la création d’un conservatoire des ressources biologiques aquacoles avec par exemple la conservation de matériel d’espèces en cours de domestication (Ombrine, …) et d’espèces d’intérêt patrimonial.
La conservation ex situ du génome des poissons peut être assurée par la cryoconservation (congélation et conservation à -196°C) de 3 vecteurs cellulaires différents :
- les spermatozoïdes, - les cellules embryonnaires - les cellules somatiques.
Les méthodes de cryoconservation ont été mises au point pour ces 3 types cellulaires au sein de l'équipe "Cryoconservation et Régénération - Sexualité et Reproduction des Poissons". Des cryoconservateurs, milieux qui protègent les cellules au moment de la congélation et de la décongélation, ont ainsi été élaborés pour plusieurs espèces en collaboration avec le SYSAAF et la société IMV (L’Aigle). Ils sont désormais disponibles sur le marché. Chaque nouvelle espèce à cryoconserver fait l’objet d’un travail d’adaptation des méthodes par l’équipe, afin de garantir la meilleure survie possible des cellules décongelées. Restauration des individus : où en sont les technologies ?Le choix du vecteur cellulaire à intégrer dans une cryobanque dépendra de sa facilité d'obtention, mais aussi de son potentiel à redonner des individus conformes au génome cryoconservé. Actuellement, seul le sperme permet de restaurer la souche d’origine, par rétrocroisements successifs (le sperme d’un mâle sert à féconder les œufs de ses filles, petites filles etc. pendant 7 générations, soit 21 ans chez la truite). Le laboratoire SCRIBE met en œuvre des recherches pour permettre une régénération des poissons à partir de tout les types cellulaires cryoconservés (cellules somatiques, spermatozoïdes, cellules embryonnaires), en une à deux génération au plus. Ces biotechnologies, dont le clonage fait partie, sont pourtant délicates à mettre en oeuvre. Elles requièrent une haute technicité pour les laboratoires qui les pratiqueront en routine. Elles restent du domaine de la recherche à l’heure actuelle, mais elles permettent déjà de considérer différemment les containers d’azote liquide et leurs précieux contenus congelés. 1 Laboratoire SCRIBE (Station commune de recherches en Ichtyophysiologie, biodiversité et environnement) |