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Fiche de dossier de presse.
01/02/2005
La biodiversité des agarics
Les agarics sont des champignons du genre Agaricus, dont l’espèce la plus connue est le champignon de Paris ou champignon de couche, Agaricus bisporus. Les chercheurs de l’INRA1 de Bordeaux-Aquitaine ont constitué une collection rassemblant aujourd’hui 900 souches d’agarics. Les deux tiers de cette collection se composent de souches sauvages de champignons de Paris, et représentent l’essentiel des ressources génétiques connues de cette espèce. Collection unique dans le monde, elle est particulièrement précieuse pour la conservation de la biodiversité et l’étude du genre Agaricus.
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Les agarics
Il existerait environ 300 espèces d’agarics dont une centaine répertoriée en Europe. Certaines de ces espèces sont comestibles et cueillies ou cultivées dans le monde entier. Les analyses moléculaires montrent que des caractères biochimiques, et en particulier organoleptiques, sont essentiels pour classer les agarics en accord avec l’évolution. Ainsi, par exemple, toutes les espèces toxiques, aussi caractérisées par l’odeur de phénol, appartiennent à un même groupe. Toutes les espèces comestibles cultivées se retrouvent dans deux autres groupes. Le premier, caractérisé par l’odeur d’amande amère (parfois aussi anisée), contient l’agaric des jachères (Agaricus arvensis) cultivée en Europe, et une espèce largement cultivée depuis quelques années en Asie pour ses vertus médicinales (Agaricus subrufescens). Le second contient l’agaric des trottoirs (Agaricus bitorquis) et le champignon de Paris (Agaricus bisporus) initialement domestiqué en France et qui est aujourd’hui le champignon comestible le plus cultivé dans le monde. D’autres agarics comestibles de ce groupe comme Agaricus devoniensis font, pour la première fois, l’objet d’essais culturaux à l’INRA.

| La collection renferme l’essentiel des ressources génétiques du Champignon de Paris © INRA / J. Guinberteau Réf. : PCD 2242-IMG0026.PCD | La collection
La « collection du germplasm des agarics à Bordeaux » (CGAB) rassemble des souches isolées d’environ 900 spécimens sauvages d’agarics collectés principalement en Europe et en Amérique du Nord, en collaboration avec de nombreux organismes internationaux, et en partenariat avec le Centre Technique du Champignon (CTC). Les souches sont conservées en chambre froide (2°C) et parallèlement sous azote liquide. La reconstruction phylogénétique du genre actuellement en cours, c’est-à-dire la définition des liens de parenté entre les agarics au cours de l’évolution par l’étude de différents critères, s’appuie largement sur cette collection. Les 900 souches sauvages appartiennent à plus de 50 espèces différentes. Chaque espèce est caractérisée sur le plan morphologique et moléculaire, et cinq nouvelles espèces ou variétés ont été ainsi déjà décrites. Pour certaines espèces, la structure des populations a été analysée en relation avec les différents types de cycles de reproduction, pouvant d’ailleurs coexister au sein d’une même espèce.
Le champignon de Paris
Les deux tiers de la collection d’agarics sont en fait des souches sauvages de champignon de Paris. Elles représentent l’essentiel des ressources génétiques connues de cette espèce, soit presque 600 souches sauvages. Cette collection, unique dans le monde, est précieuse si l’on considère que les champignons cultivés traditionnels ne sont issus que de six ou sept souches sauvages initiales et que les populations naturelles sont en train d’être « contaminées » par les souches cultivées. Dans la nature, ce champignon a généralement un chapeau de couleur brune et peut être trouvé sur divers fumiers ou déchets végétaux. Cependant, son habitat de prédilection, sous les cyprès, n’a été que récemment découvert tout d’abord sur la côte californienne (sous Cupressus macrocarpa), puis en Grèce (sous C. sempervirens), et enfin au Mexique (sous C. benthamii). Par ailleurs, on le rencontre aussi dans des lieux arides (désert de Sonoran en Californie, dunes maritimes atlantiques en France). La variabilité observée pour la morphologie (forme, couleur du chapeau), les cycles de reproduction, et les résistances aux pathogènes est exploitée dans un programme de sélection mené conjointement avec le CTC, qui a déjà abouti à des demandes de certificats d’obtention végétale (COV) et à de nouvelles variétés en développement.
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| Rédacteur : |
Service Presse INRA |
Contacts :
Philippe CALLAC tél. : 05 57 12 24 90 ou 05 57 12 24 96 mél. : Philippe.Callac@bordeaux.inra.fr Unité de recherche « Mycologie et sécurité des aliments », départements « Santé des plantes et environnement » et « Microbiologie et chaîne alimentaire », centre INRA de Bordeaux-Aquitaine
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