A la demande des consommateurs,
la qualité des fruits est aujourd'hui prise en compte dans les programmes
de sélection. Il s'agit d'un critère composite, multi-caractères
(aspect externe et interne du fruit, saveurs, arômes, texture), fortement
influencé par les conditions environnementales, avec des relations
antagonistes fréquentes, notamment entre qualité et quantité.
Analyse de la diversité
Les recherches menées visent à mieux maîtriser cette complexité.
L'unité INRA de Génétique et Amélioration des
Fruits et Légumes contribue à l'analyse exhaustive de la diversité
et de l'hérédité des composantes de la qualité
des tomates. Les chercheurs caractérisent des gènes et des QTL
(Quantitative Trait Locus - régions chromosomiques contrôlant
les caractères quantitatifs) ayant un rôle déterminant
pour la qualité. Les recherches sur l’amélioration de
la qualité s’appuient sur une collection de variétés
traditionnelles de tomates conservée par l'unité INRA de Génétique
et Amélioration des Fruits et Légumes (voir encadré ci-dessous).
Ces variétés, provenant du monde entier, sont caractérisées
et régulièrement multipliées. Elles fournissent le matériel
à la base d’études fines portant sur le contrôle
génétique de la qualité des fruits ou sur les résistances
aux bio-agresseurs.
Les études de diversité ont permis aux chercheurs d'identifier
une lignée, de l’espèce Lycopersicon esculentum,
aux fruits de très petite taille, de type cerise et aux caractéristiques
aromatiques remarquables. Cette lignée a été croisée
avec une lignée de la même espèce, à gros fruits
mais à valeur gustative limitée. Une population composée
de 150 lignées issues de ce croisement a été créée
et une carte génétique a été construite à
l’aide de marqueurs moléculaires. La qualité des fruits
de chaque lignée a été évaluée pour des
composantes physiques (poids, couleur, fermeté), chimiques (teneurs
en sucres, acides, pigments et composés volatils) et sensorielles (saveur
sucrée, acide, intensité aromatique, arôme pharmaceutique,
agrume, bonbon, texture ferme, farineuse, juteuse, fondante). De nombreuses
régions chromosomiques impliquées dans la variation des caractères
ont été détectées, certaines expliquant une part
importante de la variation de la qualité. Les gènes favorables
proviennent principalement du parent à petits fruits.
Un programme visant à
transférer les QTL de la lignée de type cerise dans plusieurs
lignées fermes et de bonne valeur agronomique a été ensuite
conduit. Il a permis de créer des génotypes de bonne qualité
organoleptique mais dont les fruits sont trop petits pour que ces prototypes
soient exploités directement par les circuits de production et de distribution.
Un second niveau d'approche s'avère donc nécessaire pour faire
progresser les connaissances fondamentales et les intégrer en vue de
l'innovation variétale.

| Tomates cerises aux caractéristiques
aromatiques remarquables
© INRA / J. WEBER Réf.
: PCD0028-IMG0035.PCD | La génétique
n’est qu’une composante de la qualité organoleptique
Si l’amélioration variétale constitue une première
étape dans l’amélioration de la qualité organoleptique
de la tomate, il ne faut pas exclure l’influence de nombreux autres
paramètres. Le suivi de règles optimales pour la conduite
des cultures, le choix du stade de récolte, la conservation après
récolte et la commercialisation seront en effet également
déterminants pour le niveau de qualité final de la tomate.
Par conséquent, c’est par l’intermédiaire
d’une approche multi-disciplinaire, combinant la génétique,
la physiologie, la technologie et l’agronomie que la compréhension
et la maîtrise de la qualité organoleptique pourront progresser.
|
La
collection de tomates de l’INRA
L'unité INRA de Génétique et Amélioration
des Fruits et Légumes conserve une collection de varié-tés
traditionnelles de tomates provenant du monde entier. Ces variétés
sont caractérisées et régulièrement multipliées.
Elles fournissent le matériel à la base d’études
plus fines portant sur le contrôle génétique de
la qualité des fruits ou sur les résistances aux bio-agresseurs.
La collection de l’INRA a été constituée
peu à peu dès les années 50, selon les besoins
de la sélection. Au début des années 60, l’INRA
a reçu des échantillons de graines des cultivars-variétés
fixées cultivées en France, pour les essais du Comité
technique permanent de la sélection (CTPS) dans le cadre de la
création en 1966 du Catalogue officiel des variétés
de tomate : 61 variétés ont été ins-crites
à cette date.
La tomate a été choisie comme modèle de plante
maraîchère autogame* pour la mise sur pied d'un réseau
de gestion des ressources génétiques, comprenant l’INRA
et 3 partenaires privés membres du groupement d'intérêt
économique (GIE) Clause-Limagrain (soit Clause, Tézier
et Vilmorin). En 1993 et 1994, les partenaires privés ont cessé
toute activité dans ce domaine, l’INRA seul a poursuivi
le travail entrepris.
Aujourd’hui la collection regroupe plus de 1 000 variétés,
dont un grand nombre de variétés traditionnelles françaises
(Marmande, St Pierre, Plate de Chateaurenard), mais aussi une grande
part de variétés traditionnelles provenant de pays méditerranéens
ou autres.
Il existe plusieurs collections de tomates dans le monde ; celle de
l’INRA est une collection de travail qui se distingue par le matériel
scientifique qu’elle contient. Elle est utilisée par les
chercheurs principalement pour la recherche de gènes de résistance
ou de critères de qualité.
* qui porte dans la même
fleur pollen et ovules |
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