
| La Géline de Touraine est sauvée © INRA / SIGT Réf. : PCD1326-IMG0063.PCD | Une race menacée...
La Géline de Touraine, appelée aussi «La Dame Noire», fait partie des principales spécialités de la gastronomie tourangelle. Elle connaît ses heures de gloire dans les années 1920, se faisant remarquer dans les concours nationaux et internationaux. La deuxième guerre mondiale anéantit cette renommée. Elle disparaît des élevages de Touraine au profit de volailles plus productives et rentables. A début des années 1980, la production de la Géline de Touraine redémarre grâce à différentes initiatives d’éleveurs et d’amateurs. Cependant, la race est menacée sur le plan sanitaire, car porteuse de nombreuses maladies, et sur le plan génétique, par suite de croisements avec d’autres races. De plus, la filière manque d’organisation.
...et sauvegardée par les chercheurs et les professionnels
Les chercheurs de l’INRA et la structure nationale de sélection, le SYSAAF (Syndicat des sélectionneurs avicoles et aquacoles français) ont collaboré au sauvetage de cette race. Celle-ci n’avait jamais fait l’objet d’un travail de sélection, mais les chercheurs ont pu retrouver auprès de collectionneurs des animaux génétiquement très proches de ce qu’ils étaient au début du siècle. Ils ont mis en place un suivi du statut sanitaire et de la généalogie des animaux, ce qui a permis de restaurer leur état sanitaire et d’éliminer les caractères génétiques qui ne sont pas propres à la Géline de Touraine. Cela a aussi permis d’éviter les problèmes de consanguinité dus à de trop nombreux croisements entre frères et soeurs.
Plus de 1300 poussins de race Géline de Touraine sont nés à l’Unité de recherches avicoles de l’INRA de Tours en mars 1997, constituant le cheptel souche, qui est renouvelé chaque année. Tous les poussins de ce cheptel sont bagués pour permettre un suivi généalogique individuel. A chaque génération, un tri est fait sur plusieurs critères : conformité au standard de la race, généalogie, poids... L’ensemble de ces opérations est réalisé sous convention avec le syndicat interprofessionnel de la Géline de Touraine, créé en 1994, qui reste propriétaire du cheptel reproducteur. Premier label rouge
Cette démarche a été jugée exemplaire par le Bureau des ressources génétiques et a reçu un avis favorable dans le cadre de l’agrément de la race pour le label rouge. La Géline de Touraine a obtenu en 2001 le premier label rouge décerné à une race ancienne, premier label rouge aussi pour une volaille élevée pendant plus de quatre mois. Ce label conforte les garanties apportées au consommateur : race pure, statut sanitaire des volailles et alimentation contrôlée, élevage de petite taille. Ce label rouge était une première étape puisque la filière « La Dame Noire » engage actuellement une démarche d’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée). Aujourd’hui, 25 000 volailles par an sont produites par 11 éleveurs tourangeaux. Ce produit « à l’ancienne » bénéficie des garanties les plus modernes : en relevant le code de l’éleveur sur la bague de chaque Dame Noire, le consommateur peut visiter l’élevage via internet (http://www.indre-et-loire.chambagri.fr, rubrique « terroirs»)... Les débouchés actuels sont les restaurateurs locaux et certains marchés parisiens. La demande s’accroît régulièrement. Avec l’obtention de l’AOC, la notoriété de la Géline de Touraine devrait être encore amplifiée. La production de la Géline de Touraine devrait continuer à se développer et constituer un facteur de diversification régionale de l’agriculture.
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