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Accueil > La science et vous > Dossiers scientifiques > Changement climatique > Évaluer, prédire les impacts > Ravageurs et maladies dans un contexte de réchauffement climatique

Ravageurs et maladies dans un contexte de réchauffement climatique : résultats de recherche


Le réchauffement climatique se traduit et tend à se traduire par une augmentation des invasions biologiques par accroissement de la répartition géographique d’une espèce ou conquête de nouvelles aires. Le cycle de vie de certaines espèces ou leur diversité peuvent être affectés.

 

Évolutions observées

  • une extension géographique des aires de répartition de certains ravageurs
    On constate depuis plusieurs années une expansion géographique de la chenille processionnaire du pin qui cause de sévères dégâts aux résineux et des problèmes allergiques pour l’homme. Ce ravageur progresse vers le Nord de la France et en altitude : repéré à 70km de Paris en 2003, le premier nid de front se situe désormais à 36 km de Paris. Les recherches ont permis d’établir un lien clair avec le réchauffement climatique.
  • des apparitions de nouveaux ravageurs ou de nouvelles maladies
    Il est également fréquent de voir apparaître, du fait de l’expansion des transports et des échanges, des maladies ou des ravageurs venant d’autres zones géographiques (on parle alors de maladies émergentes ou de maladies invasives). Le réchauffement climatique peut faciliter leur adaptation, mais il y a encore peu d’évaluations précises de son impact sur ce point. Des études détaillées sont en cours sur les cas les plus typiques :
    • une aleurode Bemisia dans les serres du sud-est
    • la maladie de la langue bleue du mouton, apparue en Corse depuis quelques années et en Belgique et aux Pays-Bas en 2006.
  • une augmentation du nombre et de la diversité au sein de certaines populations d’insectes
    Les études de suivi du carpocapse des pommiers ont mis en évidence le passage récent dans le sud-est de deux à trois générations par an, certes facilité par l'arrivée de nouvelles variétés en majorité tardives, mais qui s'explique surtout par l'augmentation du nombre de jours où la température dépasse les 10° C, qui ont augmenté de 25% par rapport aux années 70.
    Quant aux pucerons, les piégeages n'indiquent pas d'augmentation de leur quantité, mais plutôt de leur diversité : le nombre moyens d'espèces capturées est passé de 169 entre 1978 et 1982 à 211 actuellement. Par ailleurs, la date de début des migrations est toujours plus précoce : globalement, on a observé un mois d'avance sur les sites de Rennes et Montpellier depuis 30 ans.

Tendances estimées

  • un impact potentiel accru de certains ravageurs et parasites
    Globalement, une plus grande fréquence des événements climatiques extrêmes (sécheresse, pluviosité excessive, tempêtes…) induit un stress supplémentaire sur les arbres forestiers, les rendant potentiellement plus sensibles aux attaques des ravageurs et des parasites.
  • un développement favorisé pour certains pathogènes et certains insectes
    En observant des coupes de chênes infectés par l’encre (maladie causée par un microorganisme attaquant les racines de différentes espèces forestières dont le chêne et le châtaignier), des chercheurs de l’Inra ont étudié l’évolution de cette maladie sur les 30 dernières années. Ils ont montré que le froid hivernal limite le développement de la maladie.

Une carte du risque en France a été établie en fonction des conditions climatiques (collaboration Inra – Météo France). Trois zones de risque élevé, caractérisées par des hivers doux, émergent :

  • le pourtour méditerranéen,
  • le sud-ouest
  • la zone Bretagne - Cotentin.

Parallèlement, les travaux réalisés sur la processionnaire du pin ont conduit à établir, à partir des observations récentes, une modélisation suffisamment fiable de l’aire d’expansion pour permettre de projeter l’aire d’extension future en fonction des scénarios climatiques.


Quelques exemples et résultats de recherche pour en savoir plus :

Forêts
> Impact du changement climatique sur une maladie forestière : l'encre du chêne
> Processionnaire du pin et changement climatique : d'un ravageur forestier à une nuisance urbaine
> Le réchauffement climatique peut accroître le risque de maladies des arbres. Exemples de l’encre et de l’oïdium du chêne
Cultures
> Le réchauffement climatique augmente la biodiversité des pucerons


 

 

 

Rédaction :  Mission communication & mission transversale "Changement climatique et effet de serre"
Contact scientifique :  Alain Roques, unité de Zoologie forestière, Inra, Orléans
Date de création : 26 Février 2007
Date de dernière mise à jour : 26 Juin 2009

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