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Accueil > La science et vous > Dossiers scientifiques > Chimie verte > Questions à la recherche > Bilan environnemental des cultures à vocation non-alimentaire

Bilan environnemental des cultures à vocation non-alimentaire

Colloque "Chimie verte : questions à la recherche" 28 février 2006.


Intervention de Ghislain Gosse, président du centre Inra de Lille

 

Le principal intérêt des productions non-alimentaires est du à la photosynthèse qui assure une production de carbone renouvelable. Ces cultures lorsqu’elles se substituent à du carbone fossile comme le pétrole, le charbon… contribuent ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre – source du changement climatique que l’on observe aujourd’hui. Mais à la différence des autres sources d’énergie renouvelable, les productions de biomasse nécessitent de mobiliser des surfaces importantes pour que leur contribution soit significative par exemple 1 ha de colza produit 1.1 tonne de RME et 1 ha de betterave produit 2.8 tonnes d’éthanol. Ce besoin en surfaces à mobiliser introduit directement la notion de bassin de production avec son cortège de pollution diffuse tant au niveau local que régional. C’est donc une approche globale des impacts environnementaux qui est nécessaire avec une évaluation des impacts aux différentes échelles d’espace (global, régional et local) et de temps. 

L’analyse de vie d’un produit (ACV) est un des outils qui permet cette approche globale de la filière – du berceau à la tombe ou du puits à la roue pour les filières à base de biocarburants. Le principe de cette méthode est, pour chaque étape du process tant agricole qu’industriel, de quantifier les inputs et d’estimer les émissions ayant un impact environnemental. Cette méthode est aujourd’hui très codifiée, la transparence des procédures a largement contribué à son utilisation néanmoins certaines hypothèses comme l’allocation des inputs ou des impacts restent une source de débats. 

Aujourd’hui, les productions non-alimentaires destinées à la production de biocarburants représentent une part importante de ce type de production. Pour les deux grandes filières actuelles - ester méthylique de colza et production de bioéthanol à partir de blé ou de betterave - les engrais azotés représentent le premier poste en matière d’utilisation d’énergie fossile, de source de gaz à effet de serre (CO2, N2O) et la consommation directe de carburants fossiles pour la traction représente le second poste. 

Comme par ailleurs, les engrais azotés, avec les pesticides, sont à l’origine de plusieurs pollutions au niveau local ou régional (nitrates, ammoniac), toute réduction de la consommation ou une meilleure utilisation de ces composés se traduira par un double bénéfice : moins d’émissions de gaz à effet de serre et moins de pollution locale des nappes et de l’atmosphère. 

Par ailleurs, des progrès importants sont attendus grâce à une meilleure intégration des cultures au niveau des systèmes de production mais aussi par une meilleure gestion de l’espace. Ce constat illustre le besoin aujourd’hui d’aborder cette question du bilan environnemental avec une approche systémique. 

Le développement des carburants de deuxième génération – carburants de synthèse notamment – à partir de biomasse lignocellulosique permettra d’améliorer aussi bien la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les impacts négatifs sur l’environnement local (pesticides, azote) en particulier lorsque cette biomasse est produite par des cultures pérennes par exemple Miscanthus, taillis à courte rotation (peuplier…). Ces productions, assez voisines de la production forestière, contribuent aussi à la séquestration du carbone dans le sol.

 

Rédaction :  Ghislain Gosse, président du centre Inra de Lille
Contact scientifique :  Ghislain Gosse, président du centre Inra de Lille
Date de création : 20 Juillet 2006
Date de dernière mise à jour : 22 Septembre 2006

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