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Une civilisation du végétal pourra t-elle prendre peu à peu le relais du pétrole ? Cette question posée lors d’un colloque organisé par l’Ademe il y a 3 ans est de plus en plus cruciale.
3 raisons majeures :
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enjeux énergétiques : accroissement du prix du pétrole – pic de production bientôt atteint – consommation mondiale croissante -
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enjeux réglementaires : émission croissante de CO2 – protocole de Kyoto en 1997 – plan climat du gouvernement en 2004.
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fin de la Politique agricole commune (PAC) en 2013
Face à ces enjeux, l’utilisation de la matière végétale comme matière première apporte des premières réponses :
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économie des ressources pétrolières
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limitation des émissions de CO2 - séquestration du CO2 possible – vente de quota de CO2
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utilisation de terres agricoles pour le non alimentaire – création d’emplois (3 168 emplois crées en 2004 pour la filière carburant seule)
Si on regarde plus précisément le domaine de la chimie, un autre paramètre doit être pris en compte. Il s’agit de la réglementation Reach (enRegistrement, Evaluation, Autorisation des substances Chimiques) mise en place en 2007 au sein de la communauté européenne. Cette réglementation a pour but de maîtriser le risque lié aux substances chimiques. 100 000 substances sont concernées. Selon l’UIC (Union des Industries Chimiques), environ 1500 substances devront être remplacées par d’autres molécules qui auront les mêmes propriétés d’usage.
Dans ce cas également, le végétal apporte une réponse. On sait déjà fabriquer des bio produits pour la chimie qui ont les mêmes propriétés d’usage que ceux issus du pétrole : produits phytosanitaires, de nettoyage, encres, lubrifiants, solvants, tensioactifs, revêtements routiers… et pour les matériaux : matériaux pour emballage, de construction et d’isolation…
Les avantages du carbone végétal comme matière première pour la chimie comparés au carbone fossile sont nombreux :
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ressource variée et renouvelable
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produits non toxiques et biodégradables
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produits aux fonctionnalités souvent meilleures que celles des produits d’origine pétrolière (ex des bio lubrifiants)
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coproduits très intéressants (tourteaux, glycérol…)
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pas d’émission de gaz à effet de serre
En contre partie, on constate que :
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ces bio produits sont plus chers que ceux issus de la pétrochimie
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ils n’occupent que des marchés de niche (1 à 2 %) sauf pour le papier- produits de chimie fine
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le potentiel de production est limité par les surfaces agricoles et forestières disponibles et par les besoins pour l’alimentation et l’industrie du bois
Pourquoi doit-on être tout de même optimiste pour l’avenir ?
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grâce à la sélection variétale, on pourra adapter la production agricole aux besoins en produits d’usage
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grâce à la recherche, on pourra améliorer la performance des procédés
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réduction des coûts des produits finis
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on sait fabriquer de l’éthylène à partir d’éthanol et donc préparer les plus grands intermédiaires de la chimie lourde tous issus de l’éthylène. La rentabilité économique des procédés permettra alors de remplacer toute la pétrochimie. Dans ce cas le végétal conduira aux mêmes molécules que le pétrole.
A court terme (2010), en France, substitution de 10 % pour la chimie et 30 % en 2050. Pour les tensioactifs, 20 % en 2005 sont déjà d’origine végétale. Si le taux de substitution est de 20 % pour l’énergie et de 30 % pour la chimie et les matériaux, cela mobiliserait 6 à 7 millions d’ha sur les 27,8 millions disponibles en France (hors forêt). C’est une hypothèse réaliste.
Dans tous les cas, il faudra une politique volontariste du gouvernement à l’exemple de pays tels que les États-unis, le Brésil, la Chine, l’Inde.
Aux États-unis, dans 10 ans, le carbone renouvelable fournira 10 % des carburants, 5 % de l’électricité et chauffage et 20 % des matériaux et produits pour la chimie fine. Dans 15 ans, 40 % des terres arables serviront à la chimie et aux énergies renouvelables.
"Pour la chimie, le XXe siècle a été celui du pétrole, le XXIe sera celui de l’AGRICHIMIE. Un phénomène inéluctable est en marche" disait J.P. Decor, vice-président de Rhône-Poulenc agrochimie en 1997. Vision sans doute considérée irréaliste il y a près de 10 ans. La conjoncture actuelle semble lui donner toutefois raison.
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