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Accueil > La science et vous > Dossiers scientifiques > Maladies émergentes > Maladie de Creutzfeldt-Jakob : vers une meilleure connaissance de la diversité des agents infectieux

Fiche de Presse Info. 26/05/2008

Maladie de Creutzfeldt-Jakob : vers une meilleure connaissance de la diversité des agents infectieux


Des chercheurs de l'INRA, de l'INSERM, du CEA et du National Creutzfeldt-Jakob Disease Surveillance Unit (Royaume-Uni) ont réussi à identifier chez des patients atteints de la forme sporadique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, 4 sous-groupes d'agents biochimiquement différentiables, en lien avec les différents types clinico-pathologiques décrits dans cette forme humaine de maladie à prion. Ces mêmes 4 sous-groupes ont été identifiés chez des patients contaminés par transmission inter-humaine, suggérant qu'ils pourraient être associés à des souches de prion distinctes. Le détail de ces travaux est publié dans le numéro de PLOS Pathogens du 14 mars 2008.

 

Les encéphalopathies spongiformes transmissibles ou maladies à prions sont des maladies neurodégénératives touchant un large spectre d’espèces de mammifères. Ces maladies se manifestent après une période d'incubation généralement longue (plusieurs dizaines d'années chez l’homme) et sont toujours d’issue fatale. Au cœur du processus pathologique, se trouve une protéine baptisée protéine prion. La protéine prion normale, PrPc, est exprimée à l'état naturel par de très nombreux types cellulaires. Chez les individus atteints, cette proteine  s’accumule dans les tissus sous une forme anormale dénommée PrPSc, qui. La protéine PrPSc est actuellement considérée comme l'agent infectieux à l'origine des maladies à prions.

Chez l'homme, la forme la plus fréquente d’encéphalopathie spongiforme transmissible (environ 1 cas par million d’individus et par an) est la forme sporadique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. En l’absence d'origine identifiée, les cas sont considérés comme d’origine spontanée. Une transmission inter-humaine de maladie de Creutzfeldt-Jakob, appelée iatrogène, consécutive par exemple à l’administration d'hormone de croissance extractive ou à la greffe de tissus provenant de patients en incubation de la maladie,  a été rapportée dans de nombreux pays.

Chez les cas sporadiques de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, plusieurs formes cliniques ont été décrites. Jusqu’à présent, l’étude de la protéine prion anormale (PrPsc) retrouvée chez les patients permettait de reconnaître deux variants, les Type 1 et Type 2, dont la détection ne semblait pas corrélable de façon constante à la diversité clinique de la maladie.

Vers une classification plus fine des différents types de prions

Afin de mieux caractériser les relations pouvant exister entre les différents types cliniques de cas sporadiques et la diversité des formes de PrPSc, les chercheurs ont étudié une cohorte de 41 cas sporadiques de Creutzfeldt-Jakob.

Grâce à de nouvelles méthodes d’investigation préalablement mises au point sur des souches de prions animales par les chercheurs de l'INRA et du CEA, l'analyse des échantillons issus de ces patients a permis d’identifier les Type 1 et Type 2 déjà décrits, mais également de révéler l’existence de 2 autres sous-groupes qui semblent correspondre aux différentes formes cliniques de la maladie.

Les 4 signatures biochimiques ont également été identifiées chez une cohorte de 12 patients atteints de formes iatrogènes de la maladie. Différents types de PrPSc ont pu être identifiés chez des patients français contaminés suite à l’administration d’hormone de croissance extractive. Cette observation pourrait indiquer l’existence d’une contamination des lots d’hormone de croissance extractive d'origine distincte, c'est-à-dire par des hypophyses issues de plusieurs individus atteints de Creutzfeldt-Jakob sporadique.

Ces résultats ouvrent la voie à une meilleure connaissance de la diversité des agents infectieux à l'origine de la maladie.

L'équipe de chercheurs mène actuellement des études complémentaires sur des modèles de souris afin de confirmer que chacune des signatures  biochimiques identifiées correspond à des agents biologiquement distincts.

 


Source:
Beyond PrPres Type 1/Type 2 Dichotomy in Creutzfeldt-Jakob Disease
PLOS Pathogens, volume 4, n°2, 14 mars 2008
Emmanuelle Uro-Coste1, Hervé Cassard2, Stéphanie Simon3, Séverine Lugan2, Jean-Marc Bilheude4, Armand Perret-Liaudet5, James W. Ironside6, Stéphane Haik7,8, Christelle Basset-Leobon1, Caroline Lacroux2, Katell Peoch’9, Nathalie Streichenberger5, Jan Langeveld10, Mark W. Head6, Jacques Grassi3, Jean-Jacques Hauw8, Francois Schelcher2, Marie Bernadette Delisle1, Olivier Andréoletti2

1 INSERM U858, Institut de Médecine Moléculaire de Rangueil and Service d’Anatomie Pathologique et Histologie-Cytologie, C.H.U. Rangueil, Toulouse,
2 UMR INRA/Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT) 1225, Interactions Hôtes Agents Pathogènes, ENVT, Toulouse,
3 Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), Service de Pharmacologie et d’Immunologie, DRM, CEA/Saclay, Gif sur Yvette,
4 Bio-Rad, Research and Development Department, Marnes-la-Coquette, France, 5 Hôpital Neurologique, Services de Neurochimie et de Pathologie, Bron,
6 National Creutzfeldt-Jakob Disease Surveillance Unit, Division of Pathology, University of Edinburgh, Western General Hospital, Edinburgh, Royaume-Uni,
7 INSERM, Equipe Avenir, Maladies à Prions chez l’Homme, Paris,
8 Neuropathology Laboratory, Salpêtrière Hospital, AP-HP, Paris,
9 Service de Biochimie et Biologie Moléculaire, Hôpital Lariboisière, Paris (Laboratoire associé au CNR ‘‘ATNC’’) et EA 3621 Faculté de Pharmacie, Paris,
10 Central Institute for Animal Disease Control CIDC-Lelystad, Lelystad, Pays-Bas.

 
Rédacteur :  Service Presse INRA
Contacts : 
Olivier Andréoletti
Tél : 05 61 19 38 95
o.andreoletti@envt.fr
Unité de recherche "Interactions hôtes-agents pathogènes", centre INRA de Toulouse
département « Santé animale »,
centre INRA de Toulouse.

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